‹ Nicole OresmeChapitre 93 sur 321 · Tr., c. 3, p. 97=:fr. XIV · texte numérisé non relu

Tr., c. 3, p. 97=:fr. XIV

4 Secundum naturalem habitudinem auri ad argentum » (Tr., c. 10, p. io5 =: fr. XXX). Cf. au même endroit la manière d'exprimer ce rapport, en prenant Targent pour unité.

c'est par rapport à l'argent que le pouvoir devra, dit-il, taxer le cours des pièces d'or (i) ; et lorsque le rapport naturel des métaux aura varié, c'est la monnaie d'or qu'il conviendra, suppose-t-il, de « muer » en valeur et en prix (2). Par sa tendance (ce n'est qu'une tendance, puisque en somme il reconnaît aux deux métaux un égal pouvoir libératoire) il serait donc plutôt monomélallisteargent ; et cela se conçoit à merveille, étant donné la rareté de Tor de son temps, et la prédominance incontestée depuis des siècles, de l'argent dans le système monétaire.

Ce qui complique passablement la question, c'est qu'Oresme paraît avoir fort bien vu que le rapport de valeur des métaux est constamment variable. Les différences sans doute sont peu fréquentes (3), souvent insensibles ; pourtant elles sont continuelles, et peuvent dans certains cas avoir des conséquences considérables. Un grave problème économique se présente donc, qui consiste à maintenir l'équivalence entre leur valeur intrinsèque et leur valeur légale (4), à « ajuster » comme on disait au temps d'Oresme « l'or à l'argent ».

Comment Oresme comprend-il le problème ? Le rapport de l'or à l'argent, suivant ce qu'il dit très nettement au chapitre X, n'est autre chose que celui de leur « préciosité » réciproque (5) ; il s'établit naturellement, suivant leur rareté et aussi leur désirabilité, par le jeu même de la production, combiné avec les demandes de

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