‹ Nicole OresmeChapitre 94 sur 321 · Tr., c. 10, p. io5= fr. XXX · texte numérisé non relu

Tr., c. 10, p. io5= fr. XXX

222 LA DOCTRINE d'oRESME

la consommation. C'est donc un rapport naturel {Sissez largement variable, puisque, dans la pensée d'Oresme, il peut aller de 1/20 à 3/25 et au delà) (i), mais c'est un rapport certainement indépendant de la volonté du prince. Le prince ne peut ni ne doit le transgresser arbitrairement (2). Il ne le peut pas, car le jeu de la loi naturelle viendra toujours troubler les cours artificiels qu'il prétendra imposer ; il ne le doit pas, car il commettrait par là une iniquité, un véritable vol envers ses sujets (3). Tout son rôle, comme prince monnayer, doit se borner à suivre le cours des métaux dans leurs variations naturelles [sequi naturalem habitudinem auri ad argentum in preciositate (4), à constater ce chiffre et à le traduire visiblement dans le cours de la monnaie qu'il émet (5). A vrai dire même, c'est à la communauté seule, qu'il appartient, en bonne police, de fixer à chaque moment le taux de ce rapport : le prince ne doit être, ici encore, que son « délégué » (6).

I. Ibidem. Cf. L. Blancard, Notice sur une traduction du Traité, p. I. M. Cunningham remarque qu'Oresme n'a pas essayé de dégager expressément les causes qui font varier le rapport des métaux : The furlher question, what détermines the ratio of exchangeof gold and silver ? is one on which he does not enter ; and indeed it was nol satisfactorily dealt with even by the economistswho discussed recoinage in the time of William III ; they hâve made but little advance on the médiéval doctor » (Cunningham, Thegrowth of english industry, % 108, p. 323).

a. Nec licet voluntarie iransmulare, née potest variare, nisi propter caiisam realem, et variationem ex parte ipsium saterise » (Tr., c. 10, p. io5 = fr. XXX^.

Page 1