‹ Nicole OresmeChapitre 99 sur 321 · Tr., c. 3, p. 97 = fr. XIV · texte numérisé non relu

Tr., c. 3, p. 97 = fr. XIV

LÀ DOCTRINE d'oRESME ^7

nécessaire dans certains cas pour les petits salaires journaliers, pour les « aumosnes caritatives des povres membres de Dieu » (i), ainsi que les Ordonnances royales le rappellent assez souvent.

Mais elle est aussi dangereuse : la valeur nominale du billon étant généralement supérieure à sa valeur réelle, elle laisse ainsi au pouvoir qui Témet un bénéfice plus ou moins grand. La tentation peut devenir forte, pour un gouvernement peu scrupuleux, d'augmenter encore ce rendement, en dépréciant progressivement le titre, d'autant qu'une pareille fraude est souvent malaisée â découvrir. Oresme le,3aitbien, et que c'est sur les monnaies d'alliage que se font d'ordinaire ies plus désastreuses mutations (2). Aussi déclare-t-il qu'a priori toute monnaie de billon est de mauvais renom : omnis talismixtio de se suspecta est (3).

Cette rigueur se comprend, car la monnaie de billon du ittoyen âge n'avait en réalité de notre moderne billon que le nom ; en réalité, et bien qu'elle fût taxée toujours à un cours bien supérieur à sa valeur réelle, elle avait force libératoire absolue, tout comme le métal pur. Ajoutons que, dans le système monétaire du xive siècle, les espèces mixtes avaient une tout autre importance que dans la circulation moderne. Sous le roi Jean, par exemple, toute la monnaie dite d'argent n'était plus que de la monnaie noire, à divers degrés d'altération ; et en s'en tenant même aux pièces qui occupent le bas de l'échelle monétaire, et quiétaient légalement de l'alliage, comme le petit tournois ou le petit parisis, il ne faut pas

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