Tr., c. 3, p. 97 = fr. XV
228 LA DOCTRINE d'oRESME
oublier non plus que leur valeur relative reste considérable par rapport à nos pièces de billon. En évaluant avec M. Leber (i) le pouvoir de l'argent à 5 pour cette époque, ces pièces correspondent environ à o fr. 35 et o fr. 45- Ce billon est donc plutôt comparable, comme le remarque M. Vuitry, à notre monnaie divisionnaire d'argent, qu'à notre circulation de cuivre (2). Son altération par suite devait avoir des effets économiques plus gfraves ; d'autant' que le pouvoir, qui gagnait davantage sur les basses pièces, en était arrivé plus d'une fois à ne plus frapper de monnaie d'argent, pour faire plus de basse monnaie noire (3).
Oresme ne prohibe pourtant pas absolument tout alliage, mais il ne permet d'y recourir qu'en cas de nécessité absolue (nulla mixtio débet in moneta Jieri^ nisi propternecessitatem) (4) et en vue de l'utilité de la communauté seulement, pour qui est faite la monnaie (n/«i duntaxat pro utilitate communij ratione cujus moneta est inventa) (5). Pour cette raison, en particulier, il n'admet pas que dans une circulation qui comprend des espèces d'or et d'argent, on frappe du billon d'ôr. Il ne saurait jamais, observe- t-il fort sensément, y avoir nécessité de frapper ce genre de pièces, puisque le rôle auquel elles peuvent prétendre est déjà rempli par la monnaie d'argent (6). La mixtion ne doit se faire que dans le métal le
i. Leber, Essai sur la fortune privée au M. A,, p, 2S1, 2. Vuitry, Les monnaies de Philippe le Bely dans t Journal des Economistes », 1880, t. IV, p. 436.