‹ Nicomede tragedie de P. CorneilleChapitre 106 sur 116 · GALBA, CAMILLE, RUTILE, ALBIANE · texte numérisé non relu

GALBA, CAMILLE, RUTILE, ALBIANE

Galba.

JT E vous le dis encor , redoutez ma vengeance ,

Pour peu que vous soyiez de son intelligence.

On ne pardonne point en matière d’État ;

Plus on chérit la main , plus on hait l’attentat;

Et lorsque la fureur va jusqu’au sacrilège , .

Le sexe, ni le sang n’ont point de privilège, Camille.

Cet indigne soupçon seroit bientôt détruit ,

Si vous voyiez du crime où doit aller le fruit.

Othon , qui pour Plautine au fond du cœur soupire » Othon qui me dédaigne à moins que de l’Empire, S’il en fait sa conquête et vous peut détrôner , Laquelle de nous deux voudra-t-il couronner i Pourrois-je de Pison conspirer la ruine ,

Qui m’arrachant du trône y porteroit Plautine ? Croyez mes intérêts , si vous doutez de moi ,

Et , sur de tels garant assuré de ma foi ,

Tournez sur Vinius toute la défiance '

Dont veut ternir ma gloire une injuste croyance.

Galba.

Vinius par son zele est trop justifié :

Voyez ce qu’en un jour il m’a sacrifié.

Il m’offre Othon pour vous, qu’il souhaitoitpour gendre: Je le rends à sa fille ; il aime à le reprendre.

Je la veux pour l’ison ; mon vouloir est suivi :

Je vous mets en sa place , et l’en trouve ravi.

Son ami se révolte ; il presse ma colere :

Il donne à Martian ïMautinc à ma priere.

Et je soupçonnerois un crime dans les voeux D’un homme qui s’attache à tout ce que je veux ^ Camille.

Qui veut également tout ce qu’on lui propose.

Dans le secret du coeur souvent veut autre chose s Et, maître de son ame, il n’a point d’autre foi Que celle qu’en soi-même, il ne donne qu’à soi.

Galba

Cet hymen toutefois est l’épreuve derniere D’une foi toujours pure, inviolable, entière. Camille.

Vous verrez à l’effet comment elle agira ,

Seigneur , et comme enfin Plautine obéira.

Sur de sa résistance , et se flattant peut-être De voir bientôt ici son cher Othcn le maître.

Dans l’état où pour vous il a mis l’avenir.

Il promet aisément plus qu’il ne veut tenir.

Galba.

Le devoir désunit l’amitié la plus forte »

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VINIUS,

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Mais l'amour aisément sur ce devoir l’emporte , Et son feu , qui jamais ne s’éteint qu’à demi , Intéresse un amant autrement qu’un ami...

( A Rutile. )

l'apperçois Vinius. Qu’on m’amene sa fille.

( Rutile sort. )

J’en punirai le crime en toute la famille ,

Si jamais je puis voir par où n’en point douter i Mais aussi jusqucs-là j’aurois tort d’éclater...

Je vois d’ailleurs Lacus.

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