SCENE IX
V1RIATE, ARISTIE, A RCA S.
À R I S TX Z.
M apamï, c’est Areas , l’affranchi de mon frere.
Sa venue en ces lieux cache quelque mystère..,.
Parle , Areas , et dis- nous. . . .
Arca J.
Ces Lettres , mieux que moi , Vous diront un succès qu’à peine encor je cioî.
A r i s t i z lit.
«t Chere soeur , pour ta joie il esttems quctusachcs » Que nos maux et les tiens vont finir en effet:
» Sylla marche en public sans faisceaux et sans haches » x> Prêt à rendre raison de tout ce qu’il a fait.
y> II s’est en plein Sénat demis de sa puissance ,
» Et si vers toi Pompée a le moindre penchant,
« Le Ciel vient de briser sa nouvelle alliance ,
» Et la triste Æmilic est morte en accouchant.
« Sylla même consent, pour calmer tant de haines r a’ Qu’un feu qui fut si beau rentre en sa dignité ,
G iij
7 » SERTORIUS
», Et que l’hymen te rende à tes premières chaîne* «
» En meme tems qu’à Rome il rend sa liberté. »
QUINTUS ARISTUlt.
Le Ciel s’est donc lassé de m’être impitoyable î...
Ce bonheur, comme à toi , me paroît incroyable. Cours au camp de Pompée , et dis-Iui , cher Areas. . . . i
Il a cette nouvelle , et revient sur ses pas.
De la part de Sylla , chargé de lui remettre Sur ce grand changement une pareille Lettre,
A deux milles d’ici j’ai su le rencontrer.
Que! amour , quelle joie a-t-il daigné montrer ?
Que dit-il ? que fait-il ?
Par votre expérience
Vous pouvra bien juger de son impatience.
Mais rappellé vers vous par un transport d’amour Qui ne lui permet pas d’achever son retour.
L'ordre que pour son camp ce grand effet demande L’arrcte à le donner , attendant qu’il s’y rende.
Il me suivra de près , et m’a fait avancer
pour vous dire un miracle où vous n’osiex penser.
Vous avex lieu d'en prendre une alégresse égale , Madame, vous voilà sans crainte et sans rivale.
Te n’en ai plus en vous, et je n’en puis douter;
Mais il m’en reste une autre, et plus à redouter.
Home , que ce héros aime plus que lui-même, Et qu’il préféreroit sans doute au diadème ,
Si contre cet amour