SCENE III
THÀMIRE, VIRIATE, ARISTIE , ÀRCAS.
Thamiki
Al ii, Madame!...
Viriate.
Qu’as-tu,
Thamirc ? et d’où te vient ce visage abattu ?
Que nous disent tes pleurs ?
Que vous êtes perdue.
Que cet illustre bras qui vous a défendue. . . .
Sertorius ?
Viriate.
Hélas ! ce grand Sertorius. . . .
Viriate.
H’acheveras-tu point ?
Madame, il ne vit plus.
, Viriate.
11 ne vit plus ! O ciçl !... Qui te l’a dit , Thamire ?
«O SERTOIUUS,
Thamiri,
Scs assassins font gloire eux-mcmcs de le dire.
Ces tigres , dont la rage au milieu du festin ,
Par l’ordre d’un perfide a tranché son destin.
Tout couverts de son sang, courent parmi la Ville Emouvoir les soldats , et le peuple imbécillc ;
Et Perpcnna par eux proclamé Général,
Ne vous fait que trop voir d’où part ce coup fatal.
Il m’en fait voir ensemble et l’auteur et la cause :
Par cet assassinat c’est de moi qu’on dispose ;
C’est mon trône , c’est moi qu’on prétend conquérir , Et c’est mon juste choix qui seul l’a fait périr...
Madame, après sa perte et parmi ses alarmes.
N’attendez point de moi de soupirs, ni de larmes.
Ce sontamusemens que dédaigne aisément Le prompt et noble orgueil d’un vif ressentiment :
Qui pleure l’afFoiblit , qui soupire l’exhale.
Il faut plus de fierté dans une ame royale ;
Et ma douleur soumise au soin de le venger. . .
Mais vous vous aveuglez au milieu du danger ;
Songez à fuir , Madame.
Thamiri.
Il n’est plu stems. Aufidc Des portes du Palais saisi pour ce perfide ,
En fait votre prison , et lui répond de vous.., .
Il vient ] dissimulez un si juste courroux »
it
Et jusqu’à cc qu’un rems plus favorable arrive.
Daignez vous souvenir que vous êtes captive.
Je sais cc que je suis , et le serai toujours ,
N’eussai je que le ciel et moi pour mon secours.