‹ Nicomede tragedie de P. CorneilleChapitre 73 sur 116 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

POMPÉE, VIRIÂTE, ÀRISTIE, THAMIRE, àRCAS, Pompés.

s tous offensez pas d’ouirparler en maître ,

Grande Reine , ce n’est que pour punir un traître.

Criminel envers vous d’avoit trop écouté L’insolence où montoitsa notre lâcheté , l’ai crû devoir sur lui prendre ce haut empire ,

Pour me justifier avant que vous rien dire»

Mais je n’abuse point d’un si facile accès.

Et je n’ai jamais su dérober mes succès.

Quelque appui que son crime aujourd’hui vous enlevé fi Te vous offre la paix , et ne romps point la treve ;

Et ceux dé nos Romains qui sont auprès de vous Peuvent y demeurer , sans craindre mon courroux»

Si de quelque péril je vous ai garantie ,

Je ne veux pour tout prix enlever qu’Aristie ,

A qui devant vos yeux, enfin maître de moi.

Je rapporte avec joie et ma main et ma foi.

Je ne dis rien du cœur , il tint toujours pour elle.

Aristie.

Le mien savoit vous rendre une ardeur mutuelle $

Et , pour mieux recevoir ce don renouvellé ,

Il oublîra , Seigneur , qu’on me l’avoit volé.

Moi , j’accepte la paix que vous m’avez offerte i

,0 SERTORIUS

C'est tout ce que je puis , Seigneur , après ma perte :

Elle est irréparable ; et comme je ne voi Ni chefs dignes de vous , ni Rois dignes de moi ,

Je renonce à la guerre , ainsi qu’à l’hyménée.

Mais j’aime encor l’honneur du trône où je suis née. D’une juste amitié je sais garder les loix.

Et ne sais point régner comme régnent nos Rois.

S’il faut que sous votre ordre , ainsi qu’eux > je domine. Je m’ensevelirai sous ma propre ruine;

Mais si je puis régner sans honte et sans époux ,

Je ne veux d’héritiers que votre Rome , ou vous. Vous choisirez, Seigneur; ou si votre alliance Ne peut voir mes États sous ma seule puissance. Vous n’avez qu’à garder cette place en vos mains » Et je m’y tiens déjà captive des Romains.

Pompée.

Madame , vous avez l’ame trop généreuse Pour n’en pas obtenir une paix glorieuse ;

Et l’on verra chez eux mon pouvoir abattu ,

Ou j’y fêtai toujours honorer la vertu.

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