‹ Nicomede tragedie de P. CorneilleChapitre 72 sur 116 · POMPÉE , PERPENNA , V1RIATE, ARISTIE, CELSUS, AUF1DE, ARCAS, THAMIRE · texte numérisé non relu

POMPÉE , PERPENNA , V1RIATE, ARISTIE, CELSUS, AUF1DE, ARCAS, THAMIRE

Perpenna,

S eigneur , vous aurez su ce que je viens de faire:

Je vous ai de la paix immolé l’adversaire , l’amant de votre femme , et ce rival fameux Qui s’opposoit par-tout au succès de vos voeux.

Je vous rends Aristie, et finis cette crainte Dont votre ame tantôt sc montroit trop atteinte ,

It je vous affranchis de ce jaloux ennui ,

Qu«. ne pouvoit la voir entre les bras d’autrui.

Je fais plus , je vous livre une ficte ennemie ,

Avec tout son orgueil et sa Lusitanie.

Je vous en ai fait maître , et de tous ces Romains ,

Que dt'ta leur bonheur a remis en vos mains.

Commeenun grand dessein, et qui veut promptitude, On ne s’explique pas avec la multitude ,

tragédie. S 7

Je n’ai point cru , Seigneur , devoir apprendre à tous Celui d’aller demain me rendre auprès de vous;

Mais j’en porte sur moi d’assurés témoignages.”

Ces Lettres de ma foi vous seront de bons gages.

Et vous teconnoîtrez parleurs perfides traits , Combicn R ome pour vous a d’ennemis secrets ,

Qui tous, pourAristie enflammés de vengeance ,

Avec Sertorius étoient d’intelligence.

Lisez.

(«luidàutdaluum^Jrinl. .voit apportées de R m

à Sertorius

. Aristie, à Perpenna.

Quoi , scélérat ! quoi , lâche ! oses-tu bien. • . 4 Perpenna.

Madame , jl est ici votre maître et le mien j •

II faut en sa présence un peu de modestie ;

Et si je vous oblige à quelque repartie,

La faire sans aigreur , sans outrages mêlés,

Et ne point oublier devant qui vous parlez....

( A Pompée. )

Vous voyez là , Seigneur , deux illustres iivalcs Que cette perte anime à des haines égales :

Jusque* au dernier point elles m’ont outragé;

Mais puisque je vous vois , je suis assez vengé.

Je vous regarde aussi comme un Dieu tutélaire ,

( Voyant Pompée brûler les Lettres. )

Et ne puis Mais, 6 Dieux! Seigneur, qu’allez-vou*

faire ?

P o m P É e , après avoir brûlé 1er Lettres , sans tes lire, Montrer d’un tel secret ce que je veux savoir:

* H ij

sa sertorius;

Si vous m’aviez connu , vous l’auriez su prévoir.

Rotne en deux factions trop long-rems partagée. N’y sera po nt pour moi de nouveau replongée»

Et quand Sylla lui rend sa gloire et son honneur.

Je n’y remettrai point le carnage et l’horreur....

( A Celsus, )

Oyez, Celsus.

( Il lui parle las. }

( Haut. )

Sur-tout empêchez qu’il ne nomme Aucun des ennemis qu’elle m’a faits à Rome..,.

(" à Perpenna. ) *

Vous , suivez ce Tribun i j’ai quelques intérêts Qui demandent ici des entretiens secrets.

Perpenna.

Seigneur , se pourroit-il après un tel service. . . . Pompée.

J’en connois l’importance , et lui rendrai justice 3 Allez.

Perpenna.

Mais cependant leur haine . . .

Pompée.

C’est assez s

Te suis maître , je parle; allez, obéissez.

( Perpeana , Aufide et Celsus sortent.)

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