CAMILLE, LACUS, MARTI AN, ALBIANE
Camille.
JT E vous rencontre ensemble ici fort à propos.
Et voulois à tous deux vous dire quatre mots.
Si j’en crois certain bruit que je ne puis vous taire. Vous poussez un peu loin l’orgueil du ministère.
On dit que sur mon rang vous étendez sa loi ,
Et que vous vous mêlez de disposer de mou tf
thon,
Camille.
Nous , Madame ?
Faut-il que je tous obéisse.
Moi dont Galba prétend faire une Impératrice ?
L’un et l’autre sait trop quel respect vous est du, Camille.
Le crime en est plus grand, si vous l’avczperdu. Parlez , qu’avez-vous dit à Galba l’un et l’autre ?
Martuk.
Sa pensée a voulu s’assurer sur la nôtre ;
Et s’étant proposé le choix d'un successeur ,
Pour laisser à l’Empire un digne possesseur ,
Sur ce don imprévu qu’il fait du diadème Vinius a patlé , Lacus a fait de même.
Camille.
Et ne savez-vous point , et Vinius et vous ,
Que ce grand successeur doit être mon époux ? Que le don de ira main suit ce don de l’ Empire ? Galba par vos conseils voudroir il s’en dédire?
Lacus.
Il est toujours le même , et nous avons parlé Suivant ce q l’à tous deux le ciel a révélé.
En ces occasions lui qui tient les couronnes. Inspire les avis sur le choix des personnes.
Nous avons cru d’ailleurs pouvoir sans attentat Faire vos intérêts de ceux de tout l’État:
' ous nc v ° u driez pas en avoir de contraires ?
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Camille.
Vous n’avez , vous , ni lui, pensé qu’à vos affaires; ït nous offrir Pison c’est assez témoigner ....
Le trouvez-vous , Madame , indigne de regner ?
U a de la vertu , de l’esprit, du courage ; üa, de plus....
Camille.
De plus , il a votre suffrage ,
£f c’est assez de quoi mériter mes refus.
Par respect de son sang je ne dis rien de plus.
Aimeriez-vous Othon que Vinius propose ?
Othon dont vous savez que Plautinc dispose ,
Et qui n aspire ici qu’a lui donner sa foi ?
Camille,
Qu il brûle encor pour elle , ou la quitte pour moi > Ce n est pas votre affaire > et votre exactitude Se charge en ma faveur de trop d’inquiétude.
Mais 1 Empereur consent qu’il l’épouse aujourd’hui; Et moi-même je viens de l’obtenir pour lui.
Camille.
Vous en a-t-il prié ? dites , ou si l’envie ....
Un véritable ami n’attend point qu’on le prie. Camille.
Cette amitié me charme , et je dois avouer Qu’Othon a jusqu’ici tout lieu de s’en louer ,
Que l’heureux contre-tems d’un $î rare service....
Licct,
Madame . . .
Camille.
Croyez-moi , mettez bas l’artifice»
Ne vous hasardez point à faire un Empereur.
Galba connoît l’Empire, et je connois mon cœur.
Je sais cc qui m’est propre ; il voit ce qu’il doit faire > Et quel Prince à l’État est le plus salutaire.
Si le Ciel vous inspire, il aura soin de nous ,
Et saura sur ce point nous accorder sans vous.
Si Pison vous déplaît , il en est quelques autres..,. Camille.
N’attacher point ici mes intérêts aux vôtres :
Vous avez de l’esprit ; mais i’ai des yeux perçans.
Je vois qu’il vous est doux d’être les tout-puissans.
Et je n’empêche point qu’on ne vous continue Votre toute-puissance , au point qu’elle est venue. Mais quant à cet époux , vous me ferez plaisir De trouver bon qu’enfin je puisse le choisir.
Je m’aime un peu moi-meme, et n’ai pas grande envi* De vous sacrifier le repos de ma vie.
Puisqu’il doit avec vous régir tout l’univers.,..
Camille.
Faut-il vous dire encor que j’ai des yeux ouverts?
Je vois jusqu’en vos cœurs , et m’obstine à me taire; Mais je pourrois enfin dévoiler le mystère.
Si l’Empereur nous croit... .
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Camille.
Sans doute il vous croira.
Sans doute je prendrai l’époux qu’il m’offrira ;
Soit qu’ri plaise à mes yeux , soit qu’il me choque en l’amc ,
Il sera votre maître , et je serai sa femme : le tems me donnera sur lui quelque pouvoir »
Et vous pourrez alors vous en appercevoir.
Voilà les quatre mots que j’avois à voue dire.
Pcnsez-y.
( Elle ion, )