‹ Nidintabel la Perse ancienne H. CavaniolChapitre 7 sur 16 · GO · texte numérisé non relu

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Quatre, se disait dos quatre oiseaux sacres de couleur blanche, dont les pieds sont d'or, qui reçoivent leur nourriture du ciel et parlent avec pureté :

L’Achtrenghad, l’Eoroch, l’Houfrachmodad, l’Eoroschasp 1 .

Il se disait encore des quatre choses qui, dans le monde, sont mères :

L’eau, la terre, les arbres et la lune ;

Des quatre pères :

Le ciel, les métaux, le vent et le feu.

Le nombre cinq représentait les cinq izeds femelles qui président aux cinq jours cpagomènes : Honouet, Ochtouet, Sefendarmad, Fohou-Khéchétrc et Féhechtoesloech ; les cinq gahs purs qui veillent sur les cinq

meil quand la lumière commence à se répandre, dans le monde existant, et c’est à cette heure qu’il no faut point se laisser surprendro, sans quoi l’on n’aurait pas les trois dispositions célestes, pureté de pensée, de parole et d’action. Le coq est l’oiseau sacré Houfrachmodad ; partout les livres sacrés célèbrent son courago, sa vigilance et sa martiale physionomie. — Voyez ANQCETa-DopERaoN, op. cil.

1 Gorres identifie Achlrenghad à l’aigle, Eoroch au cortTcau, lloufrachmodad au coq t De Hammbr, sans s’expliquer sur l’Achtrenghad et l’Eoroschasp, reconnaît dans Eoroch l’épervier ou aigle si renommé chez les Egyptiens, les Germains, les Grecs, et dans Houfrachmodad, le Simourgh, vautour allégorisé, fameux encore dans tout l’Orient comme le chef prophétique des oiseaux. » — Biographie mylhol. au mot /errer. — Voyez Zend-Avcsla, Anquetil.

parties du jour: Ha van ‘ , Rapitan 5 , Ociren 3 , Efesrouthrem 4 , Oschen f *.

Six renfermait les six époques de la création, les six fêtes créées par Djem-Schid pour rappeler l’œuvre créatrice aux hommes.

Sept, composé de trois et de quatre, exprimait l’harmonie de l’univers; il comprenait les six Amschaspands et Ormuzd, à leur tête; il se disait des cinq planètes : Tir, Behram, Anhouma, Anahid etKévan 8 , auxquelles on adjoignait les deux étoiles à queue Gourzcher et Dojdom-Mouschever ; des sept astres chargés de veiller au ciel sur les vingt-huit khordehs 7 mâles des

* Havan commence au lever du soleil ; et fait du bien aux rues, aidé de ses deux hamkars ou coadjuteurs, Mithra qui rend fertiles les terres incultes et Rameschné-Khârom.

* Rapitan, dont le lever est à midi, et qui donne l’abondance aux villes. #

* Ociren, à trois heures prend la place do Rapitan. Il multiplie dans les provinces les êtres animés. — En hiver, il n’y a que quatre gahs ; du lever du soleil, banmdad, à Ociren, tout le temps est & Havan.

4 Efesrouthrem parait au coucher du soleil, veille sur la vie, donne l’abondance à tous ceux qui vivent bien selon la loi de Zoroastre.

* Oschen va de minuit au lever du jour, et aidé de ses coadjuteurs Raschnô-R4st et Aschtad, remplit le monde de fruits bienfaisants.

c Mercure, Mars, Jupiter, Vénus, Saturne.

* Khordehs ou constellations.

étoiles fixes* : Tasehter, Satevis, Venant!, Ilafiurang, Mescbgàh, Khorschiil et Màh*. Il embrassait enfin les six feux, au-dessus desquels est Bérécécing, comme Ormuzd est au-dessus des six amschaspands 3 .

Huit était consacré à Ormuzd, à Mithra ; neuf à Ader; dix désignait l’abondance que les divinités répandent sur les hommes de bien ; et douze, les douze

* (.es vingt-huit Uiordehs sont: Pésch , Farvîz, Perouêz, I‘éh>\ Avéser, Béscbcm, Rekhad, Tarcbé, Avré.Nchn, Meïan Avdém, Mfachàhé, Snpner, Hosro, Srôh, Nor, Guél, Grcfsché, Varoand, Uûo, Gol, Moro, Kehtser, Velit, Méiàn, Keht. — Ces astri-s sont faits pour venir au secours des créatures que tourmente Atirimnu. Ils ont des soldats prêts à fairo la guerre; 6,000 et 4hO,üUU petites étoiles furent formées pour seconder les étoiles de ces constellations. — Voyez AmjOKTiL-DuPKiiRON, oji. cil., Doun-délicschl .

- Oriuuzd a placé de plu3 quatre sonlinelles aux quatre coins du ciel : Tasehter, garde l'Est; Satevis, garde l'Ouest ; Vcnund, le midi; llaflorang, le Nord. — On appelle Meschgàh une grande étoile qui est au milieu du ciel. Quand l'ennemi- vient on gr.iud nombre, celte étoile protège le midi. — Voyez A NQi.’kiTi l- Dr pkwion, op. cil., liouu-d hesckl

3 Bérécécing était le feu primitif, lo feu de la terre, des montagnes, des cailloux, des rochers. Il brûlait en présenco d'Orrnuzd cl animait les rois. De ce feu primordial étaient dérivés trois autres qui n'en étaient que des rayons. : Goucfausp, lo *feu dos étoiles; Mihr, celui du soleil; Bersin, lo feu de la foudru. A la suite venaient I 03 trois feux terrestres, Bohruni, 'les métaux; Khordad, des plantes; Nérioccngb, dos animaux. Chacun de cos fmx était rapporté ;t un être divin, ù une piauéte- Dieu

mois de l’année religieuse’, les douze signes du zodiaque.

1 On attribue à Djem-Schid l'honneur d'avoir réglé l'année persane sur l'année solaire; 300 jours divisés en 12 mois do 30 jours chacun, plus 5 jours épagomènes que l'on ajoutait i\ la lin.

On se servit en Perso des noms des mois appartenant au culte antérieur à Cyrus, celui des Mèdes-Ariens ; et cet usage se perpétua même après le ,mazdéisme. — Ces noms étaient : Premier mois , mars-avril , Bàgayadisli ; — deuxième mois, avril-mai, Thuravôhara; — quatrième mois, juin-juillet. Adukanna; — cinquième mois, juillet-août, Garmapada; — huitième mois, octobre-novembre, Thàïgarcis-, — neuvième mois, novembre-décembre, Athrivûdiya ; — dixième mois, décembre-janvier, Anâmakaiya ; — onzième mois, janvier-février, Varkazuna; — douzième mois, février-mars, Y iyakhnaya. Lo3 noms des 3*, 6*, 7* mois n'ont pas été conservés.

Dans le Calendrier de Zoroastre, Farvardin (mars), Ardibeheseht et Khordad étaient les moi? de printemps; Tir, Amordad, Schahrivor, les mois d'été; Meher, Aban, Ader, les mois d'automne; Din, Bahman, Sefendarmad, les mois d'hiver. Chaque mois étant ainsi sous la protection de la divinité dont il portait le nom.

Les jours comme les mois portaient les noms de divinités protectrices; 1, Ormuzd ; 2, Bahman; 3, Ardibeheschl; 4, Schahnver; 5, Sefendarmad ; 6, Khordad; 7, Amerdad; 8, Déo pèh Ader, «jour avant Ader; » 9, Ader; 10, Aban; 11, Khorschid-, 12, Mali ; 13, Tir; 14, Gosch; 15, Dée pèh Meher, «jour avant Meher; » 16, Meher; 17, Serosch; 18, Raschnéràsl; 19, Farvardin; 20, Behram; 21, Rnin; 22, Bàd;23, Dée pèh Din, «jour avant Di;i ; » 24, Din; 25, Aschcsphingh; 26, Aschlàd; 27, Asmau ; 28, Zemiad ; 29, Mansre^pand; 30, Anirun.

Voyez à ce sujet, Akquetil-Dopkrmon, oj\ cil. — Thomas Hyde, op. rit.

Le roi uvail pris place sur son trône. Autour de lui s’étaient rangés les grands cl les princes des prêtres. Le moubed-moubedfm avait été placé sur un siège d’or.

Darius se leva.

« Les créatures que vous voyez si nombreuses, ditil, ont tout&s un créateur. C’est de lui que viennent les biens dont elles jouissent. C’est lui que nous devons adorer; c’est à lui que nous devons accorder des louanges pour les bienfaits dont il nous comble.

Réfléchir sur les œuvres du créateur augmente la

lumière de la créature; ne pas y réfléchir, augmente

les ténèbres du cœur.

Le roi tient sa puissance de Dieu, et Dieu lui a donné des droits sur l'armée et sur le peuple ; à ceux-ci des droits sur le roi.

C’est à l’armée de prêter à son chef secours contre l’ennemi. C’est au roi de donner aux guerriers la nourriture de chaque jour, et de les revêtir de robes d’honneur, car ils sont, pour lui, ce que les ailes et la queue sont à un oiseau.

Le peuple doit obéir, rendre l’empire florissant, payer les tributs.

Mais il faut que le roi soit humain, juste, généreux, inaccessible à la colère ; que la miséricorde et la vérité

ne l'abandonnent jamais; 'qu’il les lie à son con, et les écrive sur la table de son cœur.

Vous tous, vous avez le droit d’exiger de moi ces qualités, et je crois les posséder.

Maintenant, à mon tour, je vous demande ce que je puis exiger de vous : obéissez et combattez le rebelle qui s’est soulevé contre mon autorité.

Sauvez-moi, sauvez-vous vous-mêmes ; j’ordonnerai qu’on vous donne de bonnes armes; vous combattrez courageusement, c’est là votre devoir.

Ensemble nous prendrons nos mesures, car je suis un de vos associés dans les délibérations 1 * * 4 ; ensemble nous combattrons.

La royauté n’est plus un fardeau quand d’un côté existe la droiture, l’obéissance de l’autre. »

Il se Lut.

Alors tous les assistants poussèrent des acclamations :

1 Ou peut voir quelle était celte association, d'après les

paroles do Xerxès aux princos de l'Asie qu'il a rassemblés pour délibérer sur la guerre à porter en Grèce : >• Je vous ai rassemblés, leur dit-il, pour ne point paraître agir d'après mon sentiment seul, niais souvenez-vous qu'il faut bien plus m'obéir quo me conseiller. » — Un Perse pouvait être admis il donner an roi un conseil sur un objet d'inlérét publie. Le conseiller était placé sur une brique d'or; si l'on agréait ko

proposition, celle brique était pour lui; sinon, ou le chassait

4 coups de fouet.

« Nous avons entendu, nous savons, nous obéirons 1 * »

A quelques jours de là, un peu après le lever du soleil, une foule de peuple sans eesse accrue, se pressait dans les rues de Suse, aux abords du palais, sur le chemin qu'allait suivre le cortège royal 3 pour se rendic dans la plaine, où l’armée était réunie.

Hors des murs, la multitude fourmillait, formant une masse compacte, agitée par intervalles de longues fluctuations, quand les flots que dégorgeaient les portes, comme autant d’embouchures de fleuves, venaient se briser contre elle.

Une large voie’ 1 qui seperdaitd'un côté, à l’horizon; de l’autre, sous une des portes de la ville, coupait ce peuple en deux portions.

1 Voyez le discours de M inotcher dans Tabari, traduction Douuux.

1 Ct/csias porte ù quinze mille le nombre des fonctionnaires employés au service du roi, et nourris à ses frais dans le paluis. • I.es grands officiers étaient dustés et titrés; cl l'usage établi parmi les souverains modernes de so qualifier mutuellement de frères ou de cousins, a été dés longtemps pré< édé, dans la l'erse, par l’emploi dos titres du parait, d'ami, de lidèle du roi, épithètes léservées à certains ordres de fonctions qui comportaient ces qualifications honoriliques et hiéj arcliiqucs à lu fois. » M. Cuami ollion, op. cil.

3 liâflODOTB, V, lu, nous a laissé la desetiption de la grande îoule qui conduisait de Saules ù Suse.

A perte de vue, des deux côtés de la route, régnait une haie de soldats, et des mastigophores 1 errant dans la foule qui s’ouvrait pour leur faire place, devaient frapper quiconque ferait do désordre.

Au loin, campait l’armée.

On eût dit une nation qui émigre.

La trompette donna le signal du départ.

Un immense silence se Ht.

Les portes du palais s'ouvrirent*..

Entre les deux hommes-taureaux ailés qui gardaient le seuil, passèrent huit chevaux qui devaient être sacrifiés au soleil ; quatre taureaux do toute beauté que l’on devait oiïrir au puissant Ormuzd et aux divinités que désigneraient les prêtres ; ils étaient conduits par des hommes armés de lances.

Sur des autels d’argent ', l’on portail le feu éternel,

1 Porteurs de fouet.

2 Derrière les palais étaient de grands parcs oii l’on nourrissait des fauves; XèwoPHON, Cyrop, I, iv, car la chasse était uu plaisir fort goûté ; et ce ne sont pas seulement les auteurs anciens, niais les bas-reliefs que fréquemment l’on retrouve, qui l'attestent.

3 Sur les monuments, à Koyoundjik ontro nuirez, on a retrouvé les dessins de ces autels que Xknopuon, Cyro VIII, in, appolle escharai; Qujnte-Curüb, 111, tir , a'taria, et Ammien-Marcblc in. XX111, vi. foculos.

et tes prêtres rangés autour, tenant à la main des palmes de cyprès, chantaient des hymnes religieux et nationaux.

Derrière eux sortirent trois cent soixante-cinq jeunes gens vêtus de robes de pourpre 1 ; les dix chevaux sacrés, le char blanc à timon doré, orné de dis-

1 D'aprè* la Bible, Eiéohiel, Jérémie, Daniel, Kslher..., en Assyrie, Bahvlonie et Perse, etc., on employait surtout la pourpre tyrieune ou sidonienne, animale; en Lydie, on Ara* bie, dans l'Inde, c'était la pourpre végétale. — Julius* Pollux, Onomastic. I, 4 , continué par Ælian, hist. anim. VII, 36, nous apprend que les Phéniciens, pour pécher les pourpres, jetaient à la mer de longues cordes soutenant des paniers ayant la forme de cloches et disposés par rangs Un morceau de liège maintenait ces paniers flottés; les appâts attirant l'animal; il entrait mais ne pouvait ressortir. En Phénicie, en Judée, on distinguait surtout principalement deux espèces de pourpre, comme l’indique la Bible, la première, rouge, argaman ; la deuxième, tekèlelh , bleu-violet. — Aristote, hist anim, livre V, chapitre XUl; Pline, hist. nal. IX, xxxvi et seq. ,* Vitruvb, VII, xiii, ont parlé des pourpres, ont décrit les espèces diverses, et indiqué les procédés do teinture on usage. M. IIûepsr, dans sa Phénicie, Irailo savamment de cette matière; donne la liste des auteurs anciens et mod rnos qui ont fait des travaux sur ce sujet, et le nom des localités où les Phéniciens avaient des fabriques et des pêcheries de pourpre. Voy. M. IIokfkr, op. cil., p. 86 et seq.

C’est un chien qui Ut découvrir les pourpres ; il avait trouvé, dit- on, un coquillage sur le rivage, c'était le murex brandaris, il voulut le manger et eut la gueule toute rougie. — Sandon- Ilcrt ule fut l’inventeur de la pourpre, dit la tradition mythologique; il en orna, selon les uns, Astarté, sa bien-aimée.

ques solaires semblables «à des corolles épanouies, consacre au soleil.

Nul ne le devait monter. U était traîné par huit chevaux niséens 1 ; un écuyer marchait à côté et tenait les rênes ; des houssines d’or et des vêtements blancs distinguaient les conducteurs de ces chevaux.

À peu de distance, s’avancaient les Dix-Mille, disposés par carrés de cent ; on les appelait les Immortels.

li n’était pas un corps de troupe, pour qui l’opulence eût étalé plus de luxe et de profusion. Les uns avaient des colliers d’or ; les autres des robes toutes brodées du même métal ; et leurs tuniques à manches courtes étaient ornées de pierres précieuses*.

Les doryphores précédaient le roi.

Darius enfin parut sur un char élevé.

1 Une vaste plaine de Média a le nom de Niséenne, or celle plaine nourrit de grands chevaux... » Hérodote, VII, xl.

2 Hérodote parle ainsi de ce corps d’armée, VU, lxxxiii. — Les « dix mille sont l’élite des Perses; on les appelle Immortels pour le motif que je vais dire. Si l'un d'eux, mort ou malade, vient à manquer, ou en choisit un autre ; de la sorte, ils ne sont jamais plus, jamais moins de 10,000. Leur ajustement surpasse en éclat celui du reste des troupes ; et ils sont les plus vaillants. Equipés, comme je l’ai décrit, VII, lxi, ils se distinguent par la profusion de leurs ornements d’or. Ils emmènont des chariots de voyage qui transportent leurs maîtressos, leurs esclaves, tout cela richement paré; des chameaux, des bétes de somme sont chargés de leurs provisions indépendantes de celles des aulros corps. »

Il portail une tunique de pourpre relevée sur la poitrine par une broderie Manche 1 ; il avait des anaxyrides et un candys teints en pourpre foncé. De sa ceinture d’or, semblable à celle d’une femme 3 , pendait un glaive dont le fourreau était tout entier de pierres précieuses.

Autour de la tiare était attaché un diadème de couleur bleue mêlée de blanc 3 .

1 Chittna porpfviroun mesoleukon, dit Xénophos; tunique (te pourpre d'étoffe blanche au milieu.

* Zona aurea mutirbriter cinctus , dit Quinte-Curcf. i t*a tiare droite entourée du diadème était la coiffure du roi; XfcNOPBUN, Anab. Il, v, Cyrop. VIII, iïi; — Arrien, VI, xxix; — Quinte-Cuhcb, 111, ni; 111, vi. — Aristophane dnn3 ses A va, vers. 48C, 487, compare le coq portant la crête droite au roi do Perse orné de la tiare ou cidorix. — Les Perses portent des bonnets dont la pointe flexible peut s'incliner soit en avant, soit en arrière ; Hérodote, VU, lxi. Les mêmes coiffures se portent maintenant encore en Perse.

Ils étaient vêtus de la robe médique, mêdikê, persikê slolé Eschyle, dans sa tragédie des Perses, vers. 1015 et 1016, Tait dire à Xerxès, vaincu à Solamine, à son arrivée à 8uze : « Vous voyez ce qui me reste de mes apprêts. » Et, en prononçant ces mots, le roi montre ses vêtements déchirés, jouant ainsi sur le mot stolé, tlotie, équipage. A Athènes, et dans une telle circonstance, ce jeu de mot dut obtenir grand succès. — « Les Perses, dit Hérodote, sont les plus curieux des usages étrangers. Ils ont pris l'habillement des Modes, s’imaginant qu’il était plus beau que le leur... • — Ce vêtement, dit Xénophon. parut h Cyrus devoir mieux cacher les défauts du corps, et faire paraître beaux et plus grands ceux qui le

Des hérauts proclamaient sa grandeur.

Dès qu’on l’apercevait, tous l’adoraient en criant:

portaient. — Celte robe doscoudait jusqu’aux pieds, ôtait à manches courtes, pour laisser voir les bracelets des poignets et du bras. On la nommait candys ; elle était en étoffe de lin on de coton, frangée dans le bas; celle du roi était teinte en pourpre marine; celle des grands de la cour, en rouge commun.

Par dessus, on mettait une tunique plus courte, en laine, et sur cette dernière une sorte de chemisette blanche que l'on appelait sarapis.

Dans les batailles, les Perses portaient autour des jambes des anaxyrides, véritables panlalous collants; elles étaient en peau, dit Hérodote ; Xénophon nous les montre rayées et teintes de vives couleurs. — Cotte partie du costume des Perses les fait désigner, par Ovide, sous le nom do braccali. Mettre les anaxyrides et le candys fut pour les Grecs synonyme de s'habiller à la mode des Perses, et Alexandre n’osa pas porter les anaxyrides. — Daniel, III, 21, 27, nommo les anaxyrides, sarabaras ou saraballcs. — Voyez Hérodote, I, lxxi; VII, lxi ; — Xénophon, Anal., I, y; Cy/op., VIII, in.

Les Perses se ceignaient le corps d'une ceinture, poilaienl des colliers et des bracelets.

Leur chaussure était une simple sandale à quartier élevé couvrant seulement le talon. Un anneau dans lequel passait le gros orteil ainsi que les cordons qui se nouaient sur le cou de pied servaient à retenir la semelle. Aussi les Grecs appelaient-ils chaussure persique, une chaussure de misérable apparence.

Ni Hérodote, ni Xénophon, ne parient des boucles d’oreille, que cependant l'on retrouve fréquemment servant d'ornements aux personnages des bas-reliefs. De ce silence, ou peut conclure, sinon qu'on ne les connaissait pas, du moins que l'usage n’en était pas très-répandu.

Quant au parasol, des auteurs sérieux parmi les modernes

« Majesté sacrée, Dieu bienfaisant, seigneur du monde, chéri de l'Egyptien Ammon-Ra’, seigneur

enseignent qu'il ne devait pas exister à l'époque do Darius ils s'appuient sur Xênofhon, qui, contemporain de Cvrus-le- Jeune, ne trouve, non-seulement pas do mots pour lo désigner, mais encore, nous dit Cyropédie , VIII, vin : «< Aujourd'hui, la vie des Perses est beaucoup plus molle que du temps de Cyrus... ils s'abritent sous des ombres faites mécaniquement, par des hommes qui se tiennent debout à leurs côtés. » — Toutefois, contre celte opinion, on trouve dans les Fastes de Sargon (721 à 703), traduits d'après le texte assyrien de la grande inscription des salles du palais de Khorsabad, par MM. OppBaTet Menant, ces paroles du roi qui vient de vaincre Môrodach-Baladan, fils de Iakin, roi de Chaldée : « Il abandonna dans sa tente les insignes de la royauté, lo... en or, le trône on or, le parasol en or, le sceptre en or, le char en argent, les ornements on or, et des effets d‘un poids considérable. » Voir les planches de l'ouvrage de Thomas IIope, The costume of lhe ancients.

1 C'est ainsi que Darius est quulifié sur l'entablement des colonnes du grand temple de l'oasis d'El-Khardjeh, réparé duraut son règne. — Sur un autre temple de l'oasis d'Ammon, ce roi est représenté faisant à des divinités égyptiennes l’offrande du feu adoré en Perse. — 11 fil réparer la route commerciale de Cosseïr à la mer Rouge. — Strabon nous apprend qu'il reprit les travaux du cunal du Nil à la mer Rouge, mais que craignant de submerger lu Basse-Egypte, la mer Rouge étant plus élevée que les côtes de la Méditerranée, il les cessa.

— On possède dans les musées européens, cinq contrats égyptiens, sur papyrus, portant les dates des années, 5*, 15*, 16*, 31* et 35* du règne de Darius — Darius avait su se faire aimor de l’Egypte, voy. Diodore, liv. I, 2* partie, chnp. xcv.

— Lors de la conquête d'Egypte par Cambyse, Darius faisait

de la région de Héb-osch, fils du soleil, Darius notre roi, vis éternellement. »

Et le peuple jetait des (leurs et des feuillages devant lui, tandis qu’à ses côtés, des eunuques reconnaissables à l’absence de la barbe et aux traits plus arrondis, plus efféminés de leur visage, brûlaient des parfums, agitaient des houpes de plumes \

Puis, ce furent de longues acclamations à l’armée ; les pleurs des femmes ; les exhortations que l’on adressait aux proches ; les prières que l’on faisait aux dieux pour qu’ils daignassent conserver ceux qui étaient chers.

Combien de jours d’absence, les mères et les épouses allaient-elles compter ?

Enfin défilèrent les skeptuqucs 1 , les xystophores 3 ,

partie de la suite du roi ; il était alors, nous apprend Hérodote, « simple garde de Carabyse et très-mince personnage -, » et c'est à Memphis que le fuiur roi connut le grec Syloson, dont nous avons parlé au liv. II, chap. i, page 73. L’histoire do Syloson est rapportée en entier dans Hérodote; nous avons déjà renvoyé à l'historien grec.

1 Les bas-reliefs des monuments les représentent ainsi.

* Les slceplutjVes étaient les gardes du corps ; ils portaient des bâtons, shiplron, insignes de leurs fonctions. — Dans la Cyropédie, 'VIII, on voit Cyrus marcher au milieu d'un cortège de trois cents skeptuqucs. — Hovière appelle les rois, Skcplovchoi basilics.

3 Xistophores ou mélophores, porteurs de javelots, de lances.

les chars qui traînaient les femmes, les fils du roi 1 ; les mules et les chameaux qni portaient les trésors ; les

' » L'éducation dns enfants, dilM. Ciiampoluon-Figeao, op . cit., était réglée par les lois et les coutumes ; la famille était l'élément fondamental de l'Etat. 11 en était ainsi dans tous les pays de despotisme ; et comme la famille appartenait au souverain, qu’elle était comme un cheptel de son domaine composé du royaume tout entier, l’homme le plus estimé était celui qui avait le plus d'enfants. Le roi récompensait chaqnu année ceux qui se distinguaient par un si grand service. » — « L'éducation des enfants commence à 5 ans pour Cmir à 20 ; elle consiste en trois choses : monter à cheval, tirer de l'arc et dire la vérité, » car le mensonge et les dettes qui entraînent le mensonge sont un déshonneur; Hérodote, 1, cxxxvi. Le mensonge, on devait l'avoir en horreur, c’était le précepte de la loi; toutefois, au besoin, on savait passer à côté, et A ce sujet nous voyons, dans Hérodote, Otauôs tenir à Darius ce singulier raisonnement : « Quand il est nécessaire de mentir, il ne faut point s’en faire un scrupule. Ceux qui mentent, désirent la môme chose que ceux qui disent la vérité ; on ment dans l’espoir d'en retirer quelque profit ; de môme on dit la vérité dans la vue de quelque avantage et pour s’attirer une plus grande contiance. »

« Avant cinq ans l'enfant ne parait jamais devant son père ; il no sort pas de l'appariement dos femmes. Ils ont établi cette coutume, alln que, si l'enfant vient h mourir on bas Age, il ne soit pas pour son pèro un sujet de chagrin. Je l'approuve... » Hérodote, 1, cxxxvi, cxxxvn. Happrochez de celte approbation d'Hérodote, le passage du Phédon qui nous montre Socrate, au moment de mourir, ordonnant froidement que l'on emporte hors de sa prison, ses enfants , afin qu’il puisse continuer en paix son enscigm monl philosophique, et ne leur adressant ni une caresse, ni une parole. — 11 semble que dans l'antiquité, les hommes même les plus sages et les plus

femmes des parents et des favoris de Darius, les bagages, les vallels d’armée ‘ .

Quand on fut arrivé aux champs sacrés, les victimes fureut offertes.

Et l'on se mit en marche vers Babylone.

1,’armée géa/ite s’avancait tumultueuse comme la mer à l’heure où monte le flux.

On entendait résonner la timbale qui effraie et fend

justes n’aient jamais compris ces sentiments de tendresse , i’intérôt qui s'attache à la vie naissante d’un enfant ; toutes choses enliu que comprennent et seutent aujourd'hui les hommes les plus vulgaires.

A la cour de Perse, la succession au trône appartenait exclusivement aux tils do la femme légitime -.mais les intrigues du sérail furent souvent plus puissantes que la loi ; c'est ainsi qu'arrivèrent au trône le second et le troisième Darius , le second que l'on appela Nolhut , le bâtard. — Le roi désignait son successeur pa-mi ses tlls légitimes ; sur cette décision la mère avait une grande influence, et celui-là était nommé, dont elle espérait la plus passive obéissance ; celui qu'en protégé, elle avait élevé ; on égorgeait ou on crevait les yeux aux prétendants qui auraient pu prouver plus de légitimité, ou devenir trop entreprenants. — Voyez XâNOPHof», Oyropédie ; — Anqobtil-Dupebron, op. cil.

• XàNOpno» nous a conservé le cérémonial de ces marches royales. Après son récit, il ajoute que ces détails, « or donnés par Cyrus, s'observent encore de son temps quand le roi sort de son palais. » — Ou pourrait croire, tant les indications de l'auteur grec sont exactes, qu’il a copié les dessin

le cœur du lâche, mais qui fait courir le brave aux armes et le remplit de courage, de plus en plus, à chaque moment, comme augmente, de jour en jour, la lune, dans la quinzaine destinée à sa croissance.

C'étaient les hennissements des chevaux, le roulement des chars, le bruit des lympanons, des conques, de la musique guerrière.

Les boucliers, les cottes de maille, les javelots, les casques projetaient, à la ronde, une lueur éblouissante.

On eût dit le soleil à son lever, ou le feu qui dévore une forêt dans la saison chaude.

Pour voir, le peuple, dans Suse, se pressait sur les murs, sur les toits des maisons, sur les monuments, dans les têtes des arbres.

Les premiers rangs de l'armée commencèrent à disparaître à l’horizon; peu à peu, les uns après les autres, les corps de troupes.

A la nuit tombante, on ne distinguait plus qu’à peine les bannières, les têtes des dromadaires, les tours

des monuments de Khorsabad et de Nemroud. Voyez Cyropédie, VIII, m. — A quelques détails près, QuiNTE-Ctnce, III, ui, donno les mêmes renseignements.

«les éléphants. Comme l’écho d’un tonnerre lointain, arrivaient, vaguement, les bruits de l’armée 1 .

La veille on avait fait le dénombrement des troupes. Dans une enceinte circulaire pouvant contenir cinq mille hommes ; on avait compté soixante mille soldais 5 . Outre ces fantassins il y avait dix mille chevaux,

1 « Tous les Perses «'talent soldats, dit M. Chasipoluon, o/>. cil. ; ceux qui possédaient des terres devaient servir dans la cavalerie. La population entière des hommes était classée par groupes de dix, do cent, de mille et de dix mille ; un chef commandait chaque groupe ; lus ordres so transmettaient des uns aux autres avec une très-grande promptitude : des armées nombreuses étaient mises inopinément sur pied. »

En lisant Hérodote, liv. VII, l’on so rendra un complo exact, d'abord du nombre colossal do combattants que pouvaient réunir les rois Perses ; ensuite des costumes, des armes des différents peuples ; enlin de tout l’attirail qui suivait ces armées gigantesques.

* C'est ainsi que Xerxôs fit le dénombrement de son armé»?. Hérodote, VII, lx : « On rassembla sur un point dix miPo hommes, en les serrant le plus que l'on put. Autour d'eux, on traça un cercle ; ce corde tracé, les dix mille hommes en sortirent, et sur le corclo môme on bâtit un mur à hauteur d'appui. Lorsqu'on l'eut terminé, on fit entrer dans l'enceinte une autre troupe, et l'on continua, jusqu'à ce que de la sorte, tous les hommes fussent comptés. » — Darius Codoman marchant contre Alexandre, suivit l’exemple de Xerxôs ; Qcinte-Cckce, 1II,ii. — Audire de Pnocot-K, pourcalculer lo nombredo soldats que l'on perdait pendant la guerre, le roi faisait défiler toutes ses troupes devant lui, et chaque soldat jetait une flèche dans

cent vingt chars de guerre, des tours roulantes, quarante éléphants.

une corbeille disposée pour les recevoir et scellée ensuite avec le sceau de l'empire. Après la campagne chacun reprenait une OAche, et ainsi, l'on se rendait compte des hommes i|ui manquaient.

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