‹ Nidintabel; la Perse ancienneChapitre 7 sur 14 · A SUSE · texte numérisé non relu

A SUSE

Le deux du mois de thaigarcis 1 , au matin, Darius était encore avec une de ses femmes, Atossa, la fille de Cyrus \

‘ Octobre-Novembre.

’ « Darius, dit Hérodote, épousa d’abord parmi les Perses deux filles de Cyrus, Atossa et Artystone ; la première avait été femme de Cambyse, puis du mage ; la seconde était vierge. 11 épousa de plus la fille de Smerdis fils de Cyrus, dont le nom était Parmys ; enfin il possédait aussi la fille d'Otanès, celle qui avait fait reconnaître le mage, Phédyme. »

Dans l’Iran primitif, chez l’antique nation Arienne, cette

La reine préférée avait exprimé au roi lo désir de posséder des esclaves laccdéraoniennes, argiennes, al-

branclie de la famille japhétiquo qui a fourni les innombrables peuplades indo eurjpd-nn 's, lo mariage est un acte sacré et libre. Des fiançailles le procèdent. L'union des mains en est le symbole. Le mariago est le karagraha ■ la prise de la main. » — Cliez les Persans modernes, on dit maintenant dast paymûn, la promesse de la main. — C'est de là que Rome a tiré son dexlerarum conjunclio ; et nous, nous appelons encore la demande en mariage, la demande de la main.

Après la prise de la main, après les formules sacrèos prononcées en présenta du chef de la famille, plus tard du chef do la tribu, l'épouse est emmenée, — sponsam ducere, — sur un char que traînent deux bœufs blancs. — Le père do la mariée a donné à son gendre, en présent, une vache qui, d'abord, va servir au repas des noces ; daus la suite, elle sera consignée, comme dot, dans la maison du mari, goddna, le don de la vache, signe de la richesse agricole ; alphesiboai, dit HouÈnaen parlant des jeunes tilles auxquelles les prétendants ont fait un don semblable ; et dans quelques parties de la Souabe, le don de la vache persiste parmi les usages.

• Puis, ajoute M. de Riancsy, op. cil., t. I, p. 175, les cheveux de l'épouse sont partagés avec un dard; ce dard est un dard de porc-épic chez les Indions, c'était un fer de lance chez les Romains. Ajoutez le bain de l'épouse, la couleur rouge de quelques parties de son costume, la conduite auprès du feu et du hunier, ot vous retrouverez les traces dos plus anciennes coutumes ariennes non encore effacées. L'épouse est conduite au foyer domestique, et on la reçoit h la porte de sa nouvelle demeuro en lui présentant l'eau et le feu. Désormais, elle y sera traitée avec les égards, avec la dignité due A celle par qui doit se perpétuer la race. Elle y sera seule, du moins dans les premiors Ages, car la polygamie n'est qu'un vice de décadence, ot les fils de Japhot sont do

tiques et corinthiennes, et Darius venait de lui promettre de n’entreprendre qu’à son retour de Grèce,

tous les hommes ceux qui ont le plus soigneusement gardé îe précepte qui devait revivre avec l'Evangile : Solus cum soin. Elle y subira sans doute l'autorité maritale, mais c* tte autorité so tempérera par l’amour mutuel et par le respect d’un côté, et la protection de l’autre. C'est sous l’influence heureuse de ces sentiments qu’est accueillie la naissance de l'enfant, de celui «qui donne la joie, » harshayilnu ; qui «accroît le bonheur, » nandavardhaoa ; qui « chasse le chagrin, » kleçapahâ. Celle allégresse s’étendra du tils à la tille ; elle aussi sera appelée nandand, celle qui réjouit ; et entre le frère et la sœur s'établiront les doux nœuds si bien exprimés par les noms mêmes de • celui qui soutient » et do « cello qui est bonne, qui est amicale. » En même temps les fonctions domestiques se distinguent; le fils sera « le protecteur, le nourricier, >» et la tille, « la gardienne du troupeau, celle qui trait les vaches. »

Dans la loi de Zoroastre, le mariage resle en honneur. C’est encore l’acte par excellence. « Celui qui n'est pas marié est au-dessous de tout. — Une vierge de quinze ans portant des boucles d'oreille est une récompense digne d’un saint homme. — La tille qui refuse de se marier restera en enfer jusqu’à la résurrection, quelques bonnes œuvres qu'elle ait faites. » Les enfants sont dos degrés qui conduisent au ciel; plus la famille est nombreuse, plus le péro a de mérites, et plus il peut compter sur le bonheur dans l'autre vie. — Entre toutes les unions, la loi recommandait surtout celle qui avait lieu entre parents; mais elle la prohibait entre parents au premier degré. « Peut-être, dit M. Dcdbux, op. cil., p. 2ti7, le précepte de Zoroastre avait-il pour but d'empêcher les alliances avec 1rs infidèles et de conserver les biens dans les mêmes familles. »> Malheureusement la prohibition tomba en désuétude. Il y eut des mariages entre frère et sœur, mère et llls,

l'expédition qu’il projetait contre les Scythes ; quand un courrier, harassé de fatigue, couvert de sueur et

père et fille. « Ces unions monstrueuses, continue M. Dubeux, d’abord assez rares et seulement tolérées, devinrent ensuite tellement fréquentes que les auteurs musulmans, plusieurs Pères de l’Eglise, et notamment S. Jean Chrysostéme, en font un grave sujet de reproche contre les adorateurs d’Ormuzd. » « C’était moins l'effet de la passion que d'un faux jugement, » dit S. Jean. Mais cependant, l’on verra la mère d'Artaxerxès- Mnémon, Parysatis, cherchant à complaire à son fils qui avait conçu une violente passion pour une de ses filles, Atossa, lui persuader de l'épouser, de se rire des opinions et des lois des Grecs : « C’est vous, lui dit-elle, que Dieu a donné aux Perses comme la seule loi et la seule règle de tout ce qui est honnête ou deshonnête, vertueux ou vicieux. » Plutarque. Alexandre fut obligé de défendre ces unions par une loi expresse *, et c'est en vain que Beausobrb, dans son Histoire du Manichéisme, veut justifier, laver les sectateurs de Zoroastre d’un si grave reproche ; aujourd’hui encore, si les Guèbres et les Parses qui subsistent en Perse, ou vivent dans l’Inde ne permettent les unions qu’au second degré, c’est qu’ils redoutent les musulmans ou les chrétiens à côté desquels ils vivent.

Quand la Perse devint conquérante, elle eut bientôt fuit d’adopter les coutumes des vaincus -, d’autant plus vite, que, comme nous l’apprend Hérodote, c'était le peuple le plus curieux des usages étranger-s. — Le nombre des concubines devint considérable à la cour de Perse ; et des pourvoyeurs, chaque jour, durent fournir de nouvelles victimes. Cependant « le choix des épouses légitimes fut toujours fait par la cour avec une grande attention, et parmi les femmes de la première des trois tribus nobles, cello des P«6argades ou Achæménidos. Mais, à l’égard des femmes du harem, lo goût ou le caprice n’était soumis à aucune loi. Estber était une pauvre Juive, sa grande beauté lui tint lieu de naissance. De tout

de poussière, apporta au palais, la nouvelle de la révolte de Babylone.

Il avait vu les troupes assyriennes se répandre dans

temps et dans tous les pays, on a trouvé moyen de concilier les conventions socialos avec la dépravation des mœurs. Néanmoins, les femmes légitimes conservèrent chez les Perses la supériorité du rang et l’autorité. Elles étaient soumises à la loi générale qui défendait aux femmes de se montrer en public sans être voilées ; on a rappelé comme un condamnable exemple celui de la reine Statira qui enfreignit cette loi. ». M. Champollion, op. cil., p. 84.

Cicéron, contre Verrès , III, xxxm, nous apprend que les rois de Perse avaient plusieurs femmes. Strabon nous l'avait dit avant lui ; et avant Strabon, Hérodote : « Chacun d’eux peut épouser plusieurs femmes en légitime mariage. » — Des villes étaient attribuées à ces femmes pour fournir à leurs objets de toilette -, les unes étaient pour la ceinture ; d'autres pour le voile ; pour les colliers ; les ornements de la tête, etc. En Egypte, « Anlhilla, ville d’ailleurs remarquable, a été choisie pour approvisionner de chaussures la femme du roi régnant. Cet usage existe depuis que l’Egypte est soumise aux Perses. »» Hérodote, II, xcvm. Athénée, 1. I, ch. xxv, cite la même ville, comme donnée par tous les souverains de ce pays, à leurs reines. — Dans Xénophon, Anab. I, iv, on voit les troupes de Cyrus le Jeune camper dans des villages appartenant à la reine Parysatis ; « c'était un don pour sa ceinture, » dit-il. Et Platon, dans le Premier Alcibiade, nous assure qu'un homme digne de foi, ayant séjourné à la cour de Perse, avait employé un jour presque entier à traverser un pays fertile appelé par les habitants, la Ceinture de ta Reine; le môme pays dont parle Xénophon, car il se trouve aussi sur la route d’un Grec allant à Babylone, qu’un autre territoire se nommait le Voile de la Reine; et qu'eniin bien des pays, beaux et riches, portaient chacun le nom de divers

la plaine, descendre le cours de l’Euphrate, désoler les campagnes, détruire sur leur passage les bourgs et les villes.

ornements de princesses auxquels ils étaient en propriété.

Au reste, ce n'était pas seulement ù leurs femmes, mais encore à leurs protégés, leurs favoris que les rois attribuaient ainsi des revenus de provinces. Artaxerxôs donna de la sorte é Thémistocle, pour le pain les revenus de Magnésie, qui se montaient à 50 talents par an, environ 275,000 francs -, pour le vin, ceux de Lampsaque, ceux de Myunte pour les mets de la table. Thücydidb, I, cxxxvni.

Hérodote, Strabon, etc., nous enseignent bien positivement que la coutume des Perses était d'épouser plusieurs femmes. Anquetil-Doperron cependant, pensait qu’il ne fallait voir, vraisemblablement, dans ces dires que les cinq espèces de mariage que le Parse peut contracter, non pas à la fois, mais en certains cas, et celui qu'il peut contracter môme du vivant do sa première femme, quand elle est stérile, quand elle y consent, et quand le mari s'engage à la garder avec lui. — Les cinq espèces de mariage dont traite Anqcetil dans son Zend- Avesta, sont : 1° Celui de la Schah-Zan ou femme reine; celle qui est vierge et que ses parents marient pour la première fois; — 2° Celui de la Tog-Zan, ou de la femme qui se marie pour que le premier garçon qu'elle aura soit réputé appartenir à son père ou à son frère qui n’en a pas. — 3° Celui de la Saler-Zan, ou de la femme que l'on donne en quelque sorto pour une somme d'argent à un homme mort à 15 ans ou plus ôgé, sans avoir été marié, et dont alors elle est réputée être la femme. Car pour les sectateurs d'Ormuzd, nous l'avons dit déjà, les enfants sont les degrés qui conduisent au ciel; et leurs bonnes actions sont des mérites qui font passer à leurs parents le pont Tchinevad ; c'est un malheur que de mourir célibataire; on y remédiait donc do la sorte; — 4° Celui de la Tcheguer-Zan , ou de la femme veuve d’un premier mari;

A Babylono, les Perses et tous ceux qui tenaient pour le grand Roi avaient etc massacrés ; leurs corps traînés à la voirie, leurs demeures mises au pillage.

11 n’était que temps de se préparer à la défense, de courir au devant de l’ennemi pour protéger la ville de Suse qu’il menaçait.

Il redisait les paroles, les menaces qu’il avait entendues :

— 5° Celui do la Khodeschraé-Zan, ou de la tille qui refuse le mari que veut lui donner son père, et en choisit un sans son consentement.

Il ne faut peut-être rejeter que pour partie l'hypothèse d'Anq.-Duperron. Primitivement, lors que la loi était dans toute sa vigueur, les unions étaient sans doute telles qu'il les établit ; réglées et ordonnées do la sorte, et le motif en était dans ce malheur qui consiste à ne pas laisser d'enfants après soi.

La Perse conquérante a passé outre ; c'est un fait acquis, la politique l'a demandé, et Hérodote nous montre bien Darius I” réunir sur sa tête toutes les légitimités possibles ou éventuelles au trône par quatre alliances légitimes, Hérodote, livre III, lxxxviii; la loi l'avait cédé à la politique.

Mais, plus tard, quand les disciples de Zoroaslre furent persécutés, il se produisit une réaction; les persécutions mêmes engagèrent les vrais fidèles »\ rétablir dans toute sa rigueur la loi du prophète, à redonner aux prescriptions toute leur force et leur pureté; M. Léon de Rosny, analyse do l'ouvrage de üosadhoy-Framdji, lhe Parsees , Londres, 18ô8. Et les mariages tels qu'Anquetil les constata chez les Parses pouvaient fort bien n'étre qu'un souvenir de la pure doctriue, comme sont, maintenant encore, la plupart des coutumes des disciples do Zoroastre.

« Les lions de Babvlone sont sortis de leurtauière, ils vont réduire le pays de Perse en désolation.

Les villes seront brûlées. Sur les enfants, par les rues des cités, sur l’assemblée des jeunes gens, nous répandrons notre haine : le mari sera immolé dans les bras de ses femmes.

Mous grappillerons le peuple, entièrement, comme on le fait pour les raisins d'une vigne.

Les veuves y seront plus nombreuses que les grains de sable de lamer, et les corps morts resteront étendus comme du fumier, sur la surface des champs .comme une poignée d’épis que le moissonneur laisse derrière lui et que personne ne ramasse.

On n'appellera plus la vallée de Suse, la vallée des lys, mais celle de la tuerie. Et la biche abandonnera son faon dans les prairies, parce qu'elle n’v trouvera plus d’herbe pour le nourrir.

Peuples de Perse, notre colère s’est embrasée et ne s’éteindra pas; fai tes venir vos pleureuses, et que sur vous, à haute voix, elles pronoucent des lamenta- • lions'. »

1 Les courriers pour ta correspondance du gouvernement étaient organisés par stations où ils se relovaient. Les communications, par ce moyen, étaient promptes. — Eschyle, dans sa tragédie des Pertes, v. 250, et seq., fait dire au chceurapercevant le courrier qui va raconter à Atossa, femme de Darius

Immédiatement, des hérauts se dispersèrent dans la ville pour ordonnner au peuple de se prosterner et d'implorer pour le royaume le secours d’Ormuzd.

De tous côtés, sur les atesch gâhs 1 on alluma des

et mère de Xerxès , le désastre de Salamine :« Bientôt, je crois, vous serez satisfaite. A cette course rapide, on reconnaît un messager perse. Heureuse ou malheureuse, il apporte une nouvelle. » Les Grecs, pour désigner une course rapide, disaient: drorima pcrsikon. — L'invention des postes est attribuée à Cyrus ; Xênophon, Cyrop. VIII. — Cyrus avait calculé ce qu'un bon cheval pouvait fairo de chemin en un jour, sans cependant se ruiner; et tes postes de la sorte avaient été établies à distances égales.

• Rien parmi les mortels, dit Hérodote, VIII, zcviu, n'est aussi rapide que les messagers perses. Voici comment leur service est organisé; autant il y a de journées de marche, autant il y a d'hommes et de chevaux séparés les uns des antres par la distance que l'on franchit en unjour. Nul obstacle ne les empêche de fairo ce trajet avec la plus extrême vitesse ; ni neige, ni pluie, ni chaleur, ni m â me la nuit. Le premier courrier, au bout de son relai, transmet au second, et le second au troisième, le messAge, qui passe de main en main comme le flambeau chez les Grecs dans les fêles de Vulcain. Les Perses appellent angarées ces courses do courriers. »

1 Ocsecby a trouvé près de Tang-i-Kerram ou village de Kerin, un ancien autel du feu ; c'est une pierre carrée de plus de trois mètres de haut et dont les faces ont chacune environ un mètre de large ; des médaillons au cadres ronds sont creusés sur les faces sud et ouest; dans le médaillon ouest on remarque une inscription en pehlvi. A son sommet la pierre est creusée de 60 centimètres, et Anquelil-Duporron nous apprend que l'on remplit do cendres jusqu’au bord cette cavité, ce qui forme une espèce d'autel sur lequel est le

feux, on leur récita des prières; on fit des offrandes, on lut le livre de la loi.

fou sacré. Cette pierre est encore appelée Sang-i-alish Kaddah. Des débris l’entourent, ce sont les restes d'une petite muraille de pierres qui formaient l'enceinte.

A Nascht-i-RousU\n, MM. Flandin et Coste ont trouvé aussi des autels du fou.

« Sur un rocher qui s’avance un peu au-dessus de la plaine, dit M. Flandin, Voyage en Perse, se trouvent, sculptés dans sa " masse, deux autels du feu qui sont pour ainsi dire jumeaux, car ils sont exactement semblables, et ne sont sépurés que par un intervalle de quelques centimètres. Aux quatre angles sont ligurées des espèces de petites colonnes engagées, entre lesquelles sont évidées quatre niches ou arcades sur les quatre faces. A la partie supérieure règne, sur les quatre côtés, une corniche surmontée d'une dontelure en forme de créneaux. »»

M. Flandin, visitant les ruinos do PersépoÜs, eut le curieux spectacle de deux Guèbres adorant le feu : « J'aperçus, gravissant le sentier qui conduisait aux hypogées, deux individus dont le costume me parut de loin différent de celui des Persans ; c'étaient deux vieillards de petite taille, mais robustes et à l'œil vif. Au lieu du bonnet de peau d'agneau pointu, ils avaient la tête couverte d'un large turban à bouts pendants surl’épnule. Leur barbe, au lieu d'être soigneusement teinte d’un beau noir selon l’usage des Persans, était telle que les années l'avaient rendue, tout à fait blanche. A mes questions, ils répondirent que, comme presque tous les habitants de Yezd, ils étaient de religion guèbre. A peine avaient-ils achevé qu'ils se mirent à ramasser du menu bois et des herbes sèches, en formèrent une espèce de petit bêcher sur le bord do l'escarpement du rocher, et l’allumèrent en murmurant des prières dans une langue qui devait être du rend, la langue de Zoroastre. Pendant que ces deux Guèbres priaient devant leur feu, je levai les yeux sur le bas-relief supérieur de la façade du caveau

Et quelques heures plus fard, Darius avait fait rassembler tous les grands de sa cour, dans la salle des nombres.

C’était une pièce immense, située à l’intérieur du palais, et par conséquent ne recevant la lumière du jour que des ouvertures des plafonds.

Une teinte rouge-brique en colorait les parois ; audessus régnait une large corniche enluminée de tons éclatants et fleurie do palmettes d’or.

Aux quatre coins se dressait la représentation grandiose du dieu à tète d’épervier.

La loi disait de lui qu’il était le premier, impérissable, éternel, incréé, indivis, le plus dissemblable, le modérateur de tout ce qui est beau, inaccessible à la corruption, le meilleur des bons, le plus prudent des prudents.

C’était lui, le père de la bonne législation, de la justice, instruit par lui-même, naturel, parfait, sage, il était le seul inventeur de la nature divine.

funéraire devant lequel nous étions. La scène qu'il représentait était exactement semblable. Ce culte avait donc encore, après plus de 2,000 ans, des adeptes dont la foi s'était conservée malgré les persécutions di‘S sectateurs de Mahomet et d’Ali. longtemps après le départ des deux Guèbres, le petit bûcher brûlait encore, cl sa fumée montait en colonne bleuâtre vers lo ciel. »

Ce Dieu était revêtu d’une tunique courte descendant jusqu’aux genoux.

Il portail des bracelets aux bras, aux poignets; et tenait, à la main droite, un bourgeon non éclos, emblème du réveil de la nature et par extension du soleil; à la main gauche un pyrélhé, ou vase du feu sacré.

Des divisions architecturales heureusement combinées, traçaient douze panneaux sur les plans des murs.

Contre l’un deux s’appuyait le trône du roi ; et, en forme de demi-cercle, de chaque côté, étaient pour les princes et les prêtres, des rangs d’escabeaux et de coussins.

Sur chacun des autres, se détachaient en couleur noire des lettres colossales, formant un des nombres, un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf, dix, et douze.

Ces nombres, dont la salle tirait son nom, représentaient des idées religieuses.

Le chiiïre un, exprimait l’unité du dieu suprême; de l’univers; l’unité de la loi. 11 désignait qu’il n’v a qu’un soleil pur dont la lumière se répand sur le monde entier.

Deux, signifiait la création, résultat du passage un à

à deux ’ ; puis les actions principales de la vie : Recevoir, Donner.

Le suivant indiquait les trois dispositions saintes de l'homme : Penser le bien, le dire, le faire ; les trois êtres purs qui prononcent malédiction contre qui n'en a soin : le taureau, le cheval et le hom ; les trois protecteurs que l’on doit avoir en sa demeure, le bœuf 4 , le chien 3 et le coq *.

* Voyez F. Lajard, Culte public et mystères de Milhra...

* Le Bœuf dont l'urine servira aux purifications si fréquentes -, de plus, en le voyant, on se souviendra qu'il a donné naissance au genre humain. — Les purifications, dans les pays chauds, contribuent à la santé, c'est pourquoi Zoroastre les ordonne. Et si les plus efficaces se font d’abord avec burine des bœufs, c’est à cause de la vertu do cette liqueur qui rendit la santé à Djem-Schid ; ou plutôt, parce que le bœuf a donné naissance au genre humain. Ensuite, la terre sèche, jusqu’à la dernière goutte, l'urine qui s’est comme imprégnée de ce qu'il y avait de plus fort dans la souillure ; enfin on termine en se lavant avec l'eau. — Voyez Anqubtil-Dupkrron, Zcnd-Avesta.

3 Le chien que l'on doit présenter aux parents, à leurs derniers moments, pour qu'il reçoive leur dernier souffle. — « Un n’inhume pas le cadavre d’un Perso, dit Hérodote, I, cxxxx, avant qu'il n’ait été déchiré par des chiens ou des oiseaux de proie. » Voyez Anqüetil-Duperron, Zend-Avesta.

* Le coq qui, en levant la voix au gah Oschen, défend l'homme contre les mauvais génies et le réveille pour qu'il puisse adresser aux dieux des prières dignes du behescht et qui anéantissent les dews. Car, c'est à l'heure où le soleil se lève que le dew Boschap court sur l'homme, lui porte le som-

Quatre, se disait des quatre oiseaux sacrés de couleur blanche, dont les pieds sont d’or, qui reçoivent leur nourriture du ciel et parlent avec pureté :

L’Achtrenghad, l’Eoroch, l’Uoufrachmodad, l'Eoroschasp

Il se disait encore des quatre choses qui, dans le monde, sont mères :

L’eau, la terre, les arbres et la lune ;

Des quatre pères :

Le ciel, les métaux, le vent elle feu.

Le nombre cinq représentait les cinq izeds femelles qui président aux cinq jours épagomènes : llonouel, Ochtouet, Sefendarmad, Fohou-Khéchétré etFéhechtoestoech ; les cinq gahs purs qui veillent sur les cinq

meit quand la lumière commence à se répandre, dans le monde existant, et c'est à cette heure qu'il ne faut point se laisser surprendre, sans quoi l'on n'aurait pas les trois dispositions célestes, pureté de ponsée, de parole et d’action. Le coq est l'oiseau sacré Houfrachmodad -, partout les livres sacrés célèbrent son courage, sa vigilance et sa martiale physionomie. — Voyez Akqcetil-Duperron, op. cil.

1 üorres identifie Achlrenghad à l'aigle, Eoroch au corbean, Iloufrachmodad au coq : De Hauser, sans s'expliquer sur l’Achlrenghad et l'Eoroschasp, reconnaît dans Eoroch l'épervicr ou aigle si renommé chez lus Egyptiens, les Germains, les Grecs, et dans Houfrachmodad, le Simourgh, vautour allégorisé, fameux encore dans tout l'Orient comme le chef prophétique des oiseaux. » — Biographie myllwl. au mot ferrer. — Voyez Zend- Avala, Aüquetil.

parties du jour : Havan 1 , Rapitan *, Ociren 3 , Efesrouthrem‘, Oschen 1 .

Six renfermait les six époques de la création, les six fêtes créées par Rjem-Schid pour rappeler l’œuvre créatrice aux hommes.

Sept, composé de trois et de quatre, exprimait l’harmonie de l’univers ; il comprenait les six Amschaspands et Ormuzd, à leur tête; il se disait des cinq planètes : Tir, Behram, Anhouma, Anahid et Kévan*, auxquelles on adjoignait les deux étoiles à queue (lourzcher et Dojdom-Monschever ; des sept astres chargés de veiller au ciel sur les vingt-huit khordehs’ mâles des

' Havan commence au lever du soleil ; et fait du bien aux rues, aidé de ses deux hamkars ou coadjuteurs, Mithra qui rend fertiles les terres incultes et Rameschné-Kh&rom.

* Rapitan, dont le lever est & midi, et qui donne l'abondance aux villes.

1 Ociren, h trois heures prend la place de Rapitan. Il multiplie dans les provinces les êtres animés. — En hiver, il n'y a que quatre gahs ; du lever du soleil, banmdad, à Ociren, tout le temps est à Havan.

4 Efesrouthrem parait au coucher du soleil, veillo sur la vie, donne l'abondance à tous ceux qui vivent bien selon la loi de Zoroastre.

* Oschen va de minuit au lover du jour, et aidé de scs coadjuteurs Raschné-R&sl et Aschtad, remplit le monde de fruits bienfaisants.

* Mercure, Mars, Jupiter, Vénus, Saturne.

' Khordehs ou constellations.

étoiles fixes' : Taschter, Satevis, Venant!, Baftorang, Meschgâh, Khorschid et Mâh 2 . Il embrassait enfin les six feux, au-dessus desquels est Bérécécing, comme Ormuzd est au-dessus des six amschaspands 3 .

Huit était consacré à Ormuzd, à Mithra ; neuf à Àder ; dix désignait l'abondance que les divinités répandent sur les hommes de bien ; et douze, les douze

1 Ces vingt-huit khordehs sont : Pésch , Parvîz, Perouêz, Péhé, Avéser, Béscbem, Rekhad, Tarehé, Avré.Nehn, Meïan Avdém, M&schàhô, Sapner, Hosro, Srôb, Nor, Gué), Grefschè, Vareand, Gâo, Gol, Moro, Kehtser, Veht, Méiàn, Keht. — Ces astres sont faits pour venir au secours des créatures que tourmente Ahriman. Ils ont des soldats prêts à faire la guerre; 6,000 et 4h0,000 petites étoiles furent formées pour seconder les étoiles de ces constellations. — Voyez ANQUKTiL-DurBRRON, O/», ctl., Roun-déheschl-

1 Ormuzd a placé de plus quatre sentinelles aux quatre coins du ciel : Taschter, garde l’Est; Satevis, garde l’Ouest ; Venand, le midi; Haflorang, le Nord. — On appelle Meschgûh une grande étoile qui est au milieu du cieh Quand l'enuemi vient en grand nombre, cette étoile protège le raidi.— Voyez Anqubtil-Dupebron, op. cit., Doun-dtheschl .

3 Bérécécing était le feu primitif, le feu de la terre, des montagnes, des cailloux, des rochers. Il brûlait en présence d’Ormuzd et animait les rois. De ce feu primordial étaient dérivés trois autres qui n’en étaient que des rayons. : Gouchasp, le feu des étoiles; Mihr, celui du soleil; Bersin, le feu de la foudre. A la suite venaient les trois feux terrestres, Behram, des métaux; Khordad, des plantes; Nériocengh, des animaux. Chacun de ces feux était rapporté ù un être divin, ù une planète-Dieu.

mois de l'année religieuse', les douze signes du zo-

1 On attribue à Djem-Schid l'honneur d'avoir réglé l'année persane sur l'année solaire ; 360 jours divisés en 12 mois do 30 jours chacun, plus 5 jours épagoménes que l'on ajoutait à la An.

On se servit en Perse des noms des mois appartenant au culte antérieur & Cyrus, celui des Mèdes-Ariens ; et cet usage • se perpétua même après la mazdéisme. — Ces noms étaient : Premier mois , mars-avril , Bâgayadish; — deuxième mois, avril-mai, Thuravàhara-, — quatrième mois, juin-juillet, Adukanna; — cinquième mois, juillet-août, Garmapada; — huitième mois, octobre-novembre, Th&igarcis; — neuvième mois, novembre-décembre, Atfîriyàdiya ; — dixième mois, décembre-janvier, An&makaiya ; — onzième mois, janvier-février, Varkazana ; — douzième mois, février-mars, Viyokbnaya. Les noms des 3*, 6*, 2* mois n'ont pas été conservés.

Dans le Calendrier de Zoroastre, Farvardin (mars), Ardibehescht et Khordad étaient les mois de printemps-, Tir, Amerdad, Schahriver, les mois d'été; Meher, Aban, Ader, les mois d'automne-, Din, Bahman, Befendarmad, les mois d'hiver. Chaque mois étant ainsi sous la protection de la divinité dont il portait le nom.

Les jours comme les mois portaient les noms de divinités protectrices; 1, Ormuzd ; 2, Bahman; 3, ArJibehescht; 4, Schahriver; 5, Befendarmad; 6, Khordad; 7, Amerdad; 8, Déc pèh Ader, «jour avant Ader; • 9, Ader; 10, Aban; II, Khorschid-, 12, Mah; 13, Tir; 14, Gosch; 15, Dée pèh Meher, «jour avant Meher; >• 16, Meher; 17, Serosch; 18, Ilaschnér&sl; 19, Farvardin; 20, Behram; 21, Ram; 22, Bàd; 23, Dée pèh Din, «jour avant Diu ; » 24, Din; 25, Ascheschingh ; 26, Ascblèd; 27, Asman ; 28, Zemiad; 29, Mansrespand -, 30, Aniran.

Voyez k ce sujet, Akqustil-Ddpermon, op. c il. — Thomas Hydb, op. rit.

Le roi avait pris place sur son trône. Autour de lui s’étaient rangés les grands et les princes des prêtres. Le moubed-moubedan avait été placé sur un siège d’or.

Darius se leva.

« Les créatures que vous voyez si nombreuses, ditil, ont toutes un créateur. C’est de lui que viennent les biens dont elles jouissent. C’est lui que nous devons adorer; c’est à lui que nous devons accorder des louanges pour les bienfaits dont il nous comble.

Réfléchir sur les œuvres du créateur augmente la lumière de la créature; ne pas y réfléchir, augmente les ténèbres du cœur.

Le roi tient sa puissance de Dieu, et Dieu lui a donné des droits sur l'armée et sur le peuple ; à ceux-ci des droits sur le roi.

C’est à l’armée de prêter à son chef secours contre l’ennemi. C’est au roi de donner aux guerriers la nourriture do chaque jour, et do les revêtir de robes d’honneur, car ils sont, pour lui, ce que les ailes et la queue sont à un oiseau.

Le peuple doit obéir, rendre l’empire florissant, payer les tributs.

Mais il faut que le roi soit humain, juste, généreux, inaccessible à la colère ; que la miséricorde et la vérité

no l’abandonnent jamais ; qu’il les lie à son cou, et les écrive sur la table de son cœur.

Vous tous, vous avez le droit d'exiger de moi ces qualités, et je crois les posséder.

Maintenant, à mon tour, je vous demande ce que je puis exiger de vous : obéissez et combattez le rebelle qui s’est soulevé contre mon autorité.

Sauvez-moi, sauvez-vous vous-mêmes ; j’ordonnerai qu’on vous donne de bonnes armes; vous combattrez courageusement, c’est là votre devoir.

Ensemble nous prendrons nos mesures, car je suis un de vos associés dans les délibérations 1 ; ensemble nous combattrons.

La royauté n’est plus un fardeau quand d’un côté existe la droiture, l’obéissance de l’autre. »

11 se tut.

Alors tous les assistants poussèrent des acclamations :

1 On peut voir i|uet)e était cette association, d'après les paroles de Xerxès aux princes de l'Asie qu'il a rassemblés pour délibérer sur la guerre & porter en Grèce : •• Je vous ai rassemblés, leur dit-il, pour ne point paraître agir d'après mon sentiment seul, mais souvenez-vous qu'il faut bien plus m'obéir que me conseiller. » — Un Perse pouvait être admis à donner au rui un conseil sur un objet d'intérêt public, bc conseiller était placé sur une brique d'or; si l'on agréait sa proposition, cette brique était pour lui; sinon, on le chassait à coups de fouet.

— IGG —

« Nous avons entendu, nous savons, nous obéirons' »

A quelques jours de là, un peu après le lever du soleil, une foule de peuple sans cesse accrue, se pressait dans les rues de Suse, aux abords du palais, sur le chemin qu’allait suivre le cortège royal s pour se rendie dans la plaine, où l’armée était réunie.

Hors des murs, la multitude fourmillait, formant une masse compacte, agitée par intervalles de longues fluctuations, quand les flots que dégorgeaient les portes, comme autant d’embouchures de fleuves, venaient se briser contre elle.

Une large voie 3 qui seperdaitd’un côté, à l’horizon; de l’autre, sous une des portes de la ville, coupait ce peuple en deux portions.

* Voyez le discours de Minotcher dans Tabari, traduction Dubeüx.

* Ctésïas porte à quinze mille le nombre des fond ionnai res employés au service du roi, et nourris à ses frais daus le palais. • Les grands officiers étaient classés et titrés; et l'usage établi parmi les souverains modernes de se qualifier mutuellement de frères ou de cousins, u été dès longtemps précédé, dans la Perse, par l’emploi des titres do parent, d'ami, de fidèle du roi, épithètes réservées à certains ordres de fonctions qui comportaient ces qualifications honorifiques et hiérarchiques à la fois. • M. Champollion, op. cit.

1 Hérodote, V, lu, nous a laissé la description de la grande route qui conduisait de Sardes à Suse.

A perle fie vne, des deux côtés de la roule, régnait une haie de soldats, et des mastigophores' errant dans la foule qui s’ouvrait pour leur faire place, devaient frapper quiconque ferait du désordre.

Au loin, campait l’armée.

On eût (lit une nation qui émigre.

La trompette donna le signal du départ.

Un immense silence se fit.

Les portes du palais s’ouvrirent 5 .

Entre les deux hommes-taureaux ailés qui gardaient le seuil, passèrent huit chevaux qui devaient être sacrifiés au soleil ; quatre taureaux de toute beauté que l’on devait offrir au puissant Ormuzd et aux divinités que désigneraient les prêtres ; ils étaient conduits par des hommes armés de lances.

Sur des autels d’argent 1 * 3 , l’on portait le feu éternel,

1 Porteurs de fouet.

1 Derrière les palais étaient de grands parcs où l'on nourrissait des fauves ; XèaoeHOif, Cyrop, I, tv ; car la chasse était un plaisir fort goûté ; et ce ne sont pas seulement les auteurs anciens, mais les bas-reliefs que fréquemment l’on retrouve, qui l'attestent.

‘ Sur les monuments, à Koyoundjik entra autres, on a retrouvé les dessins de ces autelsque Xt.voeuos, Cyrop. VIII, ni, appelle escharai; Quintb-Curck, 111, m, altaria, et Ammikn-Marcelun, XXIII, vi. fociilos.

et las prêtres rangés autour, tenant à la main des palmes de cyprès, chantaient des hymnes religieux et nationaux.

Derrière eux sortirent trois cent soixante-cinq jeunes gens vêtus de robes de pourpre 1 ; les dix chevaux sacrés, le char blanc à timon doré, orné de dis-

1 D'après la Biblb, Etéchiei, Jérémie , Daniel, Esther..., eu Assyrie, Babylonio et Perse, etc., ou employait surtout lu pourpre tyrienne ou sidonienne, animale ; en Lydie, en Arabie, dans l'Inde, c'était la pourpre végétale. — Jl-lios-Pollcx, Onomastic. 1, 4, coutirmé par Ælian, hisl. anim. VII, 36, nous apprend que les Phéniciens, pour pêcher les pourpres, jetaient à la mer de longues cordes soutenant des paniers ayant la forme de cloches et disposés par rangs Un morceau de liège maintenait ces paniers llotlés; les app&ts aUirant 1 animal; il entrait mais ne pouvait ressortir. En Phénicie, en Judée, on distinguait surtout principalement deux espèces de pourpre, commo l’indique la Bible, la première, rouge, argaman ; la deuxième, tekéleth, bleu-violet. — Aristote, hist. anim, livre V, chapitre xm ; Pluie, hitl. nat. IX, xxxvi et seg.; Vitbdve, VII, xm, ont parlé des pourpres, ont décrit les espèces divorses, et indiqué les procédés de teinture eu usage. M. Hoeper, dans sa Phénicie, traite savammont de cette matière-, donne la liste des auteurs anciens et modernes qui ont fait dos travaux sur ce sujet, et le nom des localités où les Phéniciens avaient des fabriques et des pêcheries de pourpre. Voy. M. IIoefkr, op. cil., p. 86 et seg.

C'est un chien qui Ut découvrir les pourpres ; il avait trouvé, dit-on, un coquillage sur le rivage, c'était lu murex bran dans, il voulut le manger et eut la gueule toute rougie. — Sandonllerculc fut l'inventeur de la pourpre, dit la tradition mythologique; il en orna, selon los uns, Astarté, sa bien-aimée.

ques solaires semblables à des corolles épanouies, consacré au soleil.

Nul ne le devait monter. Il était traîné par huit chevaux niséens*; un écuyer marchait à côté et tenait les rênes ; des houssines d’or et des vêtements blancs distinguaient les conducteurs de ces chevaux.

A peu de distance, s’avancaient les Dix-Mille, disposés par carrés de cent ; on les appelait les Immortels.

11 n’était pas un corps de troupe, pour qui l’opulence eût étalé plus de luxe et de profusion. Les uns avaient des colliers d’or ; les autres des robes toutes brodées du même métal ; et leurs toniques à manches courtes étaient ornées de pierres précieuses*.

Les doryphores précédaient le roi.

Darius enfin parut sur un char élevé.

1 Une vaste plaine Je Médio a le nom de Niséenne, or celte plaine nourrit de grands chevaux... » IlénonoTB, Vit, xl.

1 Hrhodote parle ainsi de ce corps d'armée, VII, lxxxiii. — Les « dix mille sont l'élite des Perses; on les appelle Immortels pour le molif que je vais dire. 8i l'un d'eux, mort ou malade, vient à manquer, on en choisit un autre ; de la sorte, ils ne sont jamais plus, jamais moins de 10,000. Leur ajustement surpasse en éclat celui du reste des troupes ; et ils sont les plus vaillants. Equipés, comme je l'ai décrit, VII, lxi, ils se distinguent par la profusion de leurs ornements d'or. Us emmènent des chariots de voyage qui transportent leurs maîtresses, leurs esclaves, tout cela richement paré; des chameaux, des bétes de somme sont chargés de leurs provisions indépendantes de celles des autres corps. »

Il portait une tonique de pourpre relevée sur la poitrine par une broderie blanche'; il avait des anaxyrides et un candys teints en pourpre foncé. De sa ceinture d’or, semblable à celle d’une femme’, pendait un glaive dont le fourreau était tout entier de pierres précieuses.

Autour de la tiare était attaché un diadème de couleur bleue mêlée de blanc 1 .

1 Chitôna porphuroun mesolmkon, dit Xénophok; tunique de pourpre d'étoffe blanche au milieu.

* Zona aurea muliebrUer ànctus, dit Qciste-Corce. s La tiare droite entourée du diadème était la coiffure du roi; Xênophon, Anab. II, v, Cyrop. VUI, ni ; — Arries, VI, xxix; — Qointe-Curce, III, ni; III, vi. — Aristophane dans ses Aves, vers. 486, 487, compare le coq portant la crête droite au roi de Perso orné de la tiare ou cidaris. — Les Perses portent des bonnets dont la pointe flexible peut s'incliner soit en avant, soit en arrière; Hérodote, VII, lxi. Les mêmes coiffures se portent maintenant encore en Perse.

Ils étaient vêtus de la robe médique, midiki, persikt itolê Eschyle, dans sa tragédie des Perses, vers. 1015 et 1016, Tait dire à Xerxès, vaincu à Salamine, à son arrivée à Suze : « Vous voyez ce qui me reste de mes apprêts. » Et, en prononçant ces mots, le roi montre ses vêtements déchirés, jouant ainsi sur le mol stolé, (lotie, équipage. A Athènes, et dans une telle circonstance, ce jeu de mot dut obtenir grand succès. — « Les Perses, dit Hérodote, sont les plus curieux des usages étrangers. Ils ont pris l'habillement des Mèdes, s'imaginant qu'il était plus beau que le leur.. . • — Ce vêtement, dit Xénophon, parut à Cyrus devoir mieux cacher les défauts du corps, et faire paraître beaux et plus grands ceux qui le

Des hérauts proclamaient sa grandeur.

Des qu’on l’apercevait, tous l’adoraient en criant :

portaient. — Cette robe descendait jusqu’aux pieds, était à manches courtes, pour laisser voir les bracelets des poignets et du bras. On la nommait caruiys; elle était en étoffe de lin ou de coton, frangée dans le bas; celle du roi était teinte en pourpre marine-, celle des grands de la cour, en rouge commuu.

Par dessus, on mettait une tunique plus courte, en htine, et sur cette dernière une sorte de chemisette blanche que l'on appelait larapù.

Dans les batailles, les Perses portaient autour des jambes des anaxyrides, véritables pantalons collants; elles étaient en peau, dit Hérodote ; Xénophon nous les montre rayées et teintes de vives couleurs. — Cotte partie du costume des Perses les fait désigner, par Ovide, sous le nom de braccati. Mettre les anaxyrides et le candys fut pour les Grecs synonyme de s'habiller à la mode des Perses, et Alexandre n'osa pas porter les anaxyrides. — Daniel, III, 21, 27, nomme les anaxyrides, samba) as ou saraballts. — Voyez Hérodote, I, lxxi; Vil, lxi; — Xénomon, Anab., I, v; Cyrop., VU1, in.

Les Perses se ceignaient le corps d'une ceinture, portaient des colliers et des bracelets.

Leur chaussure était une simple sandale à quartier élevé couvrant seulement le talon. Un anneau dans lequel passait le gros orteil ainsi que les cordons qui se nouaient sur le cou de pied servaient à retenir la semelle. Aussi les Grecs appelaient-ils chaussure persique, une chaussure de misérable apparence.

Ni Hérodote, ni Xénophon, no parlent des boucles d'oreille, que cependant l'on retrouve fréquemment servant d'ornements aux personnages des bas-reliefs. De ce silence, on peut conclure, sinon qu'on ne les connaissait pas, du moins que l'usage n'en était pas très-répandu.

Quant au parasol, des auteurs sérieux parmi les modernes

« Majesté sacrée, Dieu bienfaisant, seigneur du monde, chéri de l’Egyptien Àmmon-Ra', seigneur

enseignent qu'il ne devait pas exister à l'époque de Darius ils s'appuient sur Xénopbon, qui, contemporain de Cyrus-le- Jeune, ne trouve, non-seulement pas do mots pour le désigner, mais encore, nous dit Cyropédie , VIII, vnr : « Aujourd'hui, la vie des Perses est beaucoup plus molle que du temps de Cyrus... ils s'abritenl sous des ombres faites mécaniquement, par des hommes qui se tiennent debout à leurs côtés. » — Toutefois, contre cette opinion, on trouve dans les Fastes de Sargon (721 à 703), traduits d'après le texte assyrien do la grande inscription des salles du palais de Khorsabad, par MM. Oppbrt et Menant, cos paroles du roi qui vient de vaincre Mérodach-Baladan, 111s de Iakin, roi de Chaldée : « Il abandonna dans sa tente les insignes de la royauté, le... en or, le trône en or, le parasol en or, le sceptre en or, le char en argent, les ornements en or, et des eflets d'un poids considérable. ■ Voir les planches de l'ouvrage de Thomas Uopk, The costume of the ancients.

1 C'est ainsi que Darius est qualifié sur l'entablement des colonnes du grand temple de l'oasis d'ËI-Khardjeh, réparé durant son règne. — Sur un autre temple de l'easis d'Ammon, ce roi est représenté faisant à des divinités égyptiennes l'offrande du feu adoré en Perse. — Il lit réparer la route commerciale de Cosseïr h la mer Rouge. — Stkabon nous apprend qu'il reprit les travaux du canal du Nil à la mer Rouge, mais que craignant de submerger lu Basse-Egypte, la mer Rouge étant plus élevée que les côtes de la Méditerranée, il les cessa.

— On possède dans les musées européens, cinq contrats égyptiens, sur papyrus, portant les dates des années, 5’, 15', 16*, 31* et 35* du règne de Darius — Darius avait su se faire aimer de l’Egypte, voy. Dionons, liv. I, 2* partie, chap. xcv.

— Lors de la conquête d'Egypte par Cumhvse, Darius faisait

de la région de Héb-osch, fils du soieil, Darius notre roi, vis éternellement. »

Et le peuple jetait des fleurs et des feuillages devant lui, tandis qu’à ses côtés, des eunuques reconnaissables à l’absence de la barbe et aux traits plus arrondis, plus efféminés de leur visage, brûlaient des parfums, agitaient des houpes de plumes *.

Puis, ce furent de longues acclamations à l’armée ; les pleurs des femmes ; les exhortations que l’on adressait aux proches ; les prières que l’on faisait aux dieux pour qu’ils daignassent conserver ceux qui étaient chers.

Combien de jours d’absence, les mères et les épouses allaient-elles compter ?

Enfin défilèrent les skeptuques 2 , les xystophores 3 ,

partie do la suito du roi ; il était alors, nous apprend Hérodote, « simple garde de Cambyse et très-mince personnage ; » et c'est à Memphis que le futur roi connut lcgrec Syloson, dont nous avons parlé au liv. II, chap. i, page 73. L’histoire de Syloson est rapportée en entier dans Hérodote; nous avons déjà renvoyé à l’historien grec.

1 Les bas-reliefs des monuments les représentent ainsi.

* Les fkeptiKjVts étaient les gardes du corps; ils portaient des bâtons, shêplron, insignes de leurs fonctions. — Dans la Cyropèdie , VIII, on voit Cyrus marcher au milieu d’un cortégo de trois cents skeptuques. -r- Homère appelle les rois, Skêplouchoi basilics.

* X istophores ou mélophorcs, porteurs de javelots, de lances.

les chars qui traînaient les femmes, les fils du roi 1 ; les mules et les chameaux qui portaient les trésors ; les

• ■ L'éducation des enfants, dilM. Cuampollion-Figeac, op. dt., était réglée par les lois et les coutumes ; la famille était l’élément fondamental de l'Etat. Il en était ainsi dans tous les pays de despotisme ; et comme la famille appartenait au souverain, qu’elle était comme un cheptel de son domaine composé du royaume tout entier, l'homme le plus estimé était celui qui avait le plus d’enfants. Le roi récompensait chaque année ceux qui se distinguaient par un si grand service. * — << L'éducation des enfants commence à 5 ans pour Unir à 20 ; olle consiste en trois choses : monter à cheval, tirer de l’arc et dire la vérité, » car le mensonge et les dettes qui entraînent le mensonge sont un déshonneur-, Hérodote, 1, cxxxvi. Le mensonge, on devait l'avoir en horreur, c’était le précepte de la loi-, toutefois, au besoin, on savait passer à côté, et à ce sujet nous voyons, dans Hérodote, Otanès tenir à Darius ce singulier raisonnement : « Quand il est nécessaire de mentir, il ne faut point s’en faire un scrupule. Ceux qui mentent, désirent la même chose que ceux qui disent la vérité ; on ment dans l’espoir d'en retirer quoique profit ; de même on dit la vérité dans la vue de quelque avantage et pour s’attirer une plus grande confiance. »

« Avant cinq ans l’enfant ne parait jamais devant son père ; il ne sort pas do l’appariement des femmes. Ils ont établi cette coutume, afin que, si l’eufanl vient à mourir en bas âge, il ne soit pas pour son père un sujet do chagrin. Je l'approuve... » Hérodote, I, cxxxvi, cxxxvu. Rapprochez de celte approbation d'Hérodote, le passage du Phédon qui nous montre Socrate, au moment de mourir, ordonnant froidement que l’on emporte hors de sa prison, ses enfants , afin qu’il puisse continuer en paix son enseignement philosophique, et ne leur adressant ni une caresse, ni une parole. — Il semble que dans l’antiquité, les hommes même les plus sages et les plus

femmes des parents et des favoris de Darius, les bagages, les vallets d’armée*.

Quand on fut arrivé aux champs sacrés, les victimes furent offertes.

El l'on se mit en marche vers Babylone.

L’armée géante s’avancait tumultueuse comme la mer à l’heure où monte le flux.

On entendait résonner la timbale qui effraie et fend

Justes n'aient jamais compris ces sentiments de tendresse , l'intérêt qui s'attache à la vie naissante d'un enfant ; toutes choses enfin que comprennent et sentent aujourd'hui les hommes les plus vulgaires.

A la cour de Perse, la succession au trône appartenait exclusivement aux tlls de la femme légitime ; mais les intrigues du sérail furent souvent plus puissantes que la loi ; c'est ainsi qu'arrivèrent au trône le second et le troisième Darius , le second que l'on appela Nolhur , le b&tard. — Le roi désignait son successeur parmi ses fils légitimes ; sur cette décision la mère avait une grande influence, et celui-là était nommé, dont elle espérait la plus passive obéissance ; celui qu'en protégé, elle avait élevé ; on égorgeait ou on crevait les yeux aux prétendants qui auraient pu prouver plus de légitimité, ou devenir trop entreprenants. — Voyez Xénophor, Cyropédie ; — Asquïtil-Duperror, op. cil.

1 XêsopHoa nous a conservé le cérémonial de ces marches royales. Après son' récit, il ajoute que ces détails, « or donnés par Cyrus, s'observent encore de son temps quand le roi sort de son palais. • — Ou pourrait croire, tant les indications de l'auteur grec sont exactes, qu'il a copié les dessins

le cœur du lâche, mais qui fait courir le brave aux armes et le remplit de courage, de plusen plus, à chaque moment, comme augmente, de jour en jour, la lune, dans la quinzaine destinée à sa croissance.

C’étaient les hennissements des chevaux, le roulement des chars, le bruit des tympanons, des conques, de la musique guerrière.

Les boucliers, les cottes de maille, les javelots, les casques projetaient, à la ronde, une lueur éblouissante.

On eût dit le soleil à son lever, ou le feu qui dévore une forêt dans la saison chaude.

Pour voir, le peuple, dans Suse, se pressait sur les murs, sur les toits des maisons, sur les monuments, dans les têtes des arbres.

Les premiers rangs de l’armée commencèrent à disparaître à l’horizon ; peu à peu, les uns après les autres, les corps de troupes.

A la nuit tombante, on ne distinguait plus qu’à peine les bannières, les têtes des dromadaires, les tours

des monuments de Khorsabad et de Nemroud. Voyez Cyropédie, VIII, ni. — A quelques détails près, QuiNTE-Ccnce, III, ut, donne les mômes renseignements.

des éléphants. Comme l’écho d’un tonnerre lointain, arrivaient, vaguement, les bruits de l’armée *.

La veille on avait fait le dénombrement des troupes. Dans une enceinte circulaire pouvant contenir cinq mille hommes ; on avait compté soixante mille soldats 2 . Outre ces fantassins il y avait dix mille chevaux,

1 « Tous les Perses étaient soldats, dit M. Champollion, op. cil. ; ceux qui possédaient des terres devaient servir dans la cavalerie. La population entière des hommes était classée par groupes de dix, de cent, de mille et de dix mille ; un chef commandait chaque groupe ; les ordres se transmettaient des uns aux autres avec uno très-grande promptitude : des armées nombreuses étaient mises inopinément sur pied. »

En lisant Hérodote, liv. VII, l’on se rendra un compte exact, d’abord du nombre colossal de combattants que pouvaient réunir les rois Perses ; ensuite des costumes, des armes des différents peuples ; enfin de tout l’attirail qui suivait ces armées gigantesques.

s C’est ainsi que Xerxôs fit le dénombrement de son armée. Hérodote, VII, lx : « On rassembla sur un point dix mille hommes, en les serrant le plus que l'on put. Autour d’eux, on traça un cercle ; ce cercle tracé, les dix mille hommes en sortirent, et sur le cercle même on bâtit un mur à hauteur d'appui. Lorsqu'on l'eut terminé, on fit entrer dans l'enceinte une autre troupe, et l’on continua, jusqu’à ce que de la sorte, tous les hommes fussent comptés. » — Darius Codoman marchant contre Alexandre, suivit l’exemple de Xerxès ; Quintb-Curcb, III, u. — Au dire de Procope, pour calculer le nombre de soldats que l’on perdait pendant la guerre, le roi faisait défiler toutes ses troupes devant lui, et chaque soldat jetait une flèche dans

cent vingt chars do guerre, des tours roulantes, quarante éléphants.

une corbeille disposée pour les recevoir et scellée ensuite avec le senau de l'empire, Après la campagne chacun reprenait une (lèche, et ainsi, l'on so rendait compte des hommes <|ui manquaient.

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