‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 119 sur 145 · CHAPITRE XllT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XllT

en visant IV^Dakô, Tesclavage nous fait horreur, et nous le combattrons partout, toujours, et sans merci. »

Sur ces entrefaites, Vamiral, qui s^était rapproché de nous, parlait à Ben-Ali :

ce Fuyez vite, me dit celui-ci. N*Dak5 apporte à Kpanaki Talliance du roi de Bida, et lui amène deux cents cavaliers armés qui l'aideront à faire une grande razzia, dont ils partageront les profits. Il craint que vous ne vous y opposiez, car il ignore combien d'hommes vous avez à bord. Mais sûrement il médite votre perte. L'amiral vous engage à fuir au plus vite, n

En effet, depuis qu'ils avaient entendu les dernières paroles du roi , les guerriers qui nous entouraient, les musulmans surtout, s^étaient renfrognés. Au dehors il s'élevait de grandes clameurs. De tous côtés brillaient des armes nues. Je m'acheminai résolument vers la sortie, frayant à mes compagnons un passage au milieu de la foule, qui, pour se précipiter sur nous, avait l'air de n'attendre qu'un signal.

Arrivés au rivage, nous y fûmes rejoints par Vamiraly qui nous fit en hâte monter en pirogue, tout en confirmant ce que Ben-Ali nous avait assuré i

tt Je suis ennemi de N'Dakè, ajouta-t-il; mais je suis contraint de lui obéir, car le roi est fier d'une

alliance qui lui assure le succès dans la lutte quMI a entreprise. Voyez plutôt «

Et de la main il nous montrait le camp où régnait une prodigieuse animation. Les konkos y sonnaient avec frénésie, les tam-tams y faisaient rage, tous y couraient aux armes, et le roi Epanaki, vêtu d'une robe écarlate, montait à cheval, ayant à ses côtés N'Dakb.

Sur le rivage, femmes et enfants couraient effarés, entassant péle-méle leurs effets dans les canots, et s'apprêtaient à y entrer eux-mêmes, afin de s'abriter sur le fleuve, pendant que l'armée s'en irait détruire Amara, et en capturer les habitants qui seront ensuite vendus aux trafiquants d'esclaves.

L'évêque Crowther devait rétrograder avec le Henry-Venn jusqu'au confluent, pour se rendre de là à Bida, sur la rivière Lafùn. Il me fallut donc le quitter. Mais auparavant il me voulut laisser un souvenir et un témoignage de notre rencontre.

Je lui avais fait part de la généreuse initiative prise par le roi des Belges ; je l'avais longuement entretenu de la conférence de Bruxelles * , et des résolutions qu'elle avait adoptées; je lui avais parlé de mes compatriotes Macs et Crespel, morts l'un et l'autre sur la terre d'Afrique. A son tour, avant de nous séparer, il me dit :

> Tenue au palais du Roi, en septembre \ill.

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