‹ Niger et Bénué: voyage dans l'Afrique centraleChapitre 143 sur 145 · CHAPITRE XV. 2y · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV. 2y

Ai-je besoiu d'ajouter qu'après mon débarquement sur le sol belge, mon premier soin fut de transmettre au roi la lettre dont Tévêque du Niger m'avait chargé pour S. M. Léopold II?

Après m'étre acquitté de ce premier devoir, j'en remplis un second , en remerciant Tamiral baron de la Roncière-le Noury de son bienveillant appui et de ses encouragements. C'est à lui en partie, à ses conseils, à ses lumières, que je suis redevable du succès de mon entreprise, et mon cœur m'est garant que je ne l'oublierai point.

En même temps, je remis à l'Association internationale africaine de Bruxelles, qui les accueillit favorablement, mes notes, mes cartes, mes observations, et un rapport succinct sur mon voyage.* J'y joignis un travail sur le Loualaba, destiné à attirer l'attention des futurs explorateurs de la région des Grands- Lacs sur V existence présumable d'un bras important de ce fleuve entre le lac Kamolondo et le point de jonction du Loukouga avec Lououa. Puisse le nom de mon pajs s'attacher à la résolution de ce grand problème !

Quant à mes collections, elles ont enrichi les musées ethnographiques et d'histoire naturelle de mon pays.

Parti de Bordeaux le 5 avril, mon voyage avait duré huit mois, et durant ces huit mois, je n'avais eu ni fièvre, ni aucune de ces affections qui déjà

ont coûté la vie à tant d'autres voyageurs. Contre toute attente, le climat de TAfrique m'avait été pitoyable. En dépit de mille privations, de mille dangers, malgré les rigueurs d*un ciel de feu, malgré les miasmes pestilentiels , malgré les moustiques, malgré les insomnies, malgré les tracas que me causait incessamment Texiguïté de mes ressources, malgré les ennuis, les lenteurs, les contretemps qui en étaient la suite inévitable ; en un mot, malgré des misères de tous genres, ma santé n'avait subi aucune atteinte. Profondément ému de ce bonheur inespéré, je revenais Fâme allègre en bénissant le ciel de m'avoir permis de retrouver sains et saufs, eux aussi , ceux que j'aimais.

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