CHAPITRE VIII
Accré. — Le roi Opota. — Une satarnale. — Deux royaux convives.
— La flottille d'Oputa. — Le pays d'Oboshi. — L'Isuamà-Ibô.
— Tatouage des cannibales. — Religion de l'ibô. — Aro, ville sainte. — Philosophie nègre. — Une visite forcée.
Non loin de là, nous arrivâmes à un village ou plutôt à une villette où j*abordai : c'était Accré, située à la bifurcation de deux criques, par 6* 41' 15'' latitude nord et àt"" 25' 8" longitude est de Paris. Je fis faire halte et donnai à See-Breeze Tordre de préparer le déjeuner, tandis qu'escorté de douze hommes, de six Croumanes entre autres, et du guide, je poussai en avant.
De la part des indigènes, je fus un sujet d'étonnement et de curiosité extraordinaires : en un clin d*œil ils furent instruits de la venue d*un homme blanc, et ils accoururent en foule pour le voir, surtout les femmes, les jeunes filles , les enfants ; tous étaient absolument nus , paraissaient tout à fait primitifs, mais ne manifestaient aucune hostilité.
La ville d*Accré est construite en amphithéâtre sur la crique; les habitations, en sable séché, sont vastes et pour la plupart décorées extérieurement de méchantes arabesques qui figurent des léopards