‹ Ninon de Lenclos et les précieuses de la place RoyaleChapitre 16 sur 48 · Le 14 juillet · texte numérisé non relu

Le 14 juillet

un sein admirablement formé, et contenu par un corset lacé de soie au fermoir d’émeraude 1 . La douce figure de Mlle de la Fayette était l’expression de son caractère angélique, et la reine Anne d’Autriche l’avait déjà distinguée parmi ses filles d’honneur, quand le roi jeta sur elle ses yeux d’une triste langueur, comme s’ils demandaient un appui et un conseil.

A cette époque, le cardinal de Richelieu, après les efforts d’un pouvoir disputé, était arrivé à la plénitude de l’autorité suprême. Nul ministre n’avait plus profondément étudié l’esprit du roi : car on ne parvient à dominer un caractère qu’après avoir pénétré ses qualités et ses faiblesses. Le roi Louis XIII, souvent maladif, toujours ennuyé, avait besoin d’être distrait et conduit. Avec le sentiment extrême de son pouvoir absolu, il n’avait pas les conditions nécessaires pour l’exercer : volontaire, timide à la fois, il se plaçait naturellement sous une domination qui lui permît une certaine paresse d’esprit, une nonchalance d’affaires. On l’avait vu, sous la reine Marie de Médicis, et même sous Albert de Luynes, profondément convaincu que le connétable avait cette ferme et suprême volonté qui

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