‹ Ninon de Lenclos et sa cour Emile ColombeyChapitre 1 sur 33 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

ADOLPHE DELAHAYS, LIBHA IRE-ÉDITELHL

i KT fi, liUK VOLTAIIIK, i KT (1.

PKÉFAr.R

Ce livre est moius un roman qu’une étude do nweurs. Nous n’avons pas cherché à nouer une action ; nous avons essayé de peindre un siècle dont on a fail, de nos jours, des tableaux brillants, mais de pure fantaisie. Loin de nous toute pensée de comparaison ambitieuse I Nous ne voulons constater qu’une chose : la ressemblance de nos portraits. Ce n’est pas là une qualité dont se piquent les maîtres. Il nous est donc permis d’y prétendre en toute humilité.

Maintenant, si l’on nous demande pourquoi nous avons placé Ninon de Lenclos au premier plan, — nous rappellerons Molière s’honorant de son amitié c> ^ s’aidant de ses conseils. Où rencontrer un meilleiuabri que l el exemple? — Nous pourrions aussi inxo-

' ({lier riiominago éclatant rendu par la Bruyère à celte lemine exceptionnelle, &ans égale dans le passé, sans rixalité possible dans l’avenir : « Une belle femme , dit-il, qui a les qualités d’un honnête homme , est ce (ju’il y a de plus délicieux : l’on trouve en elle tout le mérite des deux sexes. Ninon de Lenclos est tout entière dans ces lignes : elle seule a réalisé ce type de perfection suprême. Voilà le secret du culte fervent (|ue lui a voué son époque.

La vie de Ninon se divise en deux périodes bien tranchées. Nous ne ferons pas ressortir ce contraste, qui est le fond même de notre récit. Seulement , avant d’entrer en matière, nous prierons le lecteur d’oublier le présent, pour se reporter au siècle que ces pages ont le dessein de rc^ssusciter. Ainsi prévenu , il se tiendia en garde contre tous les étonnements : il comprendra les écarts de Bois-Robert , — * un abbé de cour ; l’attitude singulière de la reine Christine et les boutades gauloises de mesdames Pilou et Cornuel. — Quant au rôle que joue M. de Lenclos, il faut l’accepter, malgré son caractère étrange, comme on subit une vérité invraisemblable. Et d’ailleurs n’esl-ce pas là le père que le sort devait réserver à Ninon?

PHI^rACK.

iNinon éparpillait autour d’elle les perles de son esprit, sans souci aucun de renommée posthume. Il ne reste de XÈgèrie. de Molière que les Lettres, trop rares, enfouies dans les œuvres de Saint-Evremont et remises en lumière par Douxménil, à la suite de ses Mémoires. — Mentionnons, en terminant, ce que Voltaire écrivait de Prusse, à la date de 1751 : « Quelqu’un a imprimé, il y a deux ans, des Lettres de mademoiselle de Lenclos, à peu près comme dans ce pays-ci on vend du vin d’Orléans |K)ur du Bourgogne. » L’auteur de cette supercherie était un avocat d’Angers, appelé Damours.

Un rend«K-'von8 d’aflkIreM.

— Vous ici, monsieur de Saint-Étienne ?

— Et Vous, monsieur de Rarai, je croyais qu’on vous avait donné aussi votre congé ? .

— En effet, mais j’ai reçu hier certain petit billet

■ — Ah ! et que chante ce petit billet ? ^

— Vous êtes, mon cher, d’une indiscrétion ....

— Et vous, d’une fatuité Croyez-vous être le seul

à qui l’on envoie des poulets ?

— Que voulez-vous dire ?

— Prenez et lisez.

— ^ et Monsieur de Saint-Étienne est prié de passer de- « main chez moi à deux heures. NfKOis. » Oh! oh !

— Voyons le vôtre maintenant.

— Voilà. '

— « Monsieur le chevalier de Rarai est prié de passer

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