ET SA COL’W.' '* M
t,e médecrn-phik)SOphe Bcnirer, revenu du Mogol depuis 16C8 et ahandonnimt à ses lirves le sdin de raconter ses vdjjiges ; * . ’ . .
6our>illo qui a restauré sa fortune et h prodigue, saus la }eter les fenêtres ;
Le nwrquis (fe la Fare qui roucoule h roroille (le fà Tourterelle (nom donné à madame de la Kahlièrc par madame de Sévigné), tandk que le Crand-Madrigalier soupire ailleurs ;
Le prince de Guéménéc,.qui a ia mine d'un arraclieur de dents cl qui, selon le vent qui .soufOc, est pétillant d’esprit ou rcnvci’sant d'idiotisme ;
Le conitc de Rrancas,' qui ne guette plus le premier cheveu gris de Ninon, occupé qu’il est près de madame de Coulanges dont il implore les bonnes grâces du même ton qu'il implore la faveur de la Vierge Mario ;
■ Charlcval qui fait’^loujours de petits vers et d'Elbènc qui fait toujours de grosses dettes.
Cos trois derniers noms en appellent un quatrième, mais nous irc citerons pis l’ex-martyr la Mesn:frdière él pour cause : nous sommés en 1672' et il est mort * dès 1663. .
La lecture des Femmes eamntcs, promise par Molière, a fdH convoquer hî ban ét rarrière-ban de la réunion qui a eu aussi la primeur du Tartuffe.
L’witeur est arrivé et Chapelle ne paraît pas, ce qui surprend tout le monde, car 6n connaK l’étroite amitié qui Funit à Molière et l'on sait que c’est lu! qui a été son
m NINON DE LENCLOS
intro<iucteup.chez <ie Lenclo». ?- Hélas !
la Oi.uto on est à sa (n»lheurO;U^I»a8^on pour le oabaret de la Poinmc-i!e-Pin, qui a fini p?r le foire exiler à jamais de l’hôtel des TfturncHcs. U s’est relire en exhalant sa mauvaise humeur dans une lirutalc épigramme. dent la pudeur oblige d’atténuer ifovant-dernier vers :
J. / I ,11 ne taut pa* qu’on t’ëUnne ^ ■
Si souvent elle raisonne
De la sublime venu - •
* • ' * Dont Piflion fét revclü ; . -
* .Car, à bien compter son- à«e. ■
* Elle peut avoir vécu ^ ,
Avec ce erand personnage. ,
Flèche lancée par une main avinée et qui n'a blessé que Chapelle.
Mais revenons à Molière qui est en train de, déplier manuscrit.
Le contemplateur, comme on J’a ^nommé, a dnqpante ans aectmiplis. Sa physio.ooraie, empreinte de jgravité, porte les traces de se$ constantes méditations et des dérèglements de la Béjart ;mais cette gravité estiçm- * pérée par une teinte de mélancolie qui révèle la douce nature de cet homme degpnie. Ajoutons, ppur compléter son portrait, qu’il n’est ni grand, .ni petit, ni gras ni maigre ; que son nçz est grçs, sa bouche large, ses lèvres épaisses, ses sonroils vigouijeux et no'u’s. — II faut voir coinmetout cela se contourne et se trémousse^ quand
‘ • ET feA cotn: sés
l^mtew du Misanthrope, fraiclnîmcnt débarqiié du coclîè de Lhïio^s, pcKii-sulvi par lés huit'nmtassins ou ebif* fan né par tes deu# suisses... ' ' * ‘
Molière lit avec la mémo ren-e. Il se plie mèrveilleuseraent, de la voix et du geste, à tous les rôles de sa eornédie : c'est plus qu'inl acteur, c’est une troupe d'acteurs. 11 n’a qu'un defaut, son éternel hoqirct, mais oe defaut centuple scs moyens comiques dans les passages qui'avoiSin'ent la clrîirge, comme dâirs la scène de Vadius' et de Tricolin. On se rappelle' que Molière avait donné d’abord à l’abbé Cotin ce pseudonyme plus que trans-» parent. . ' ‘ . ' ,
H termine su lecture sous une grêle d'applaudissements, qui est suivie d’une scène des plus burlcsques.- ’ “ Par la batbe de feu fna cbuïmère Pilou ! s’écrie madame Cornucl, wus vous entendez, mon cher Molière/ h'fesser les femmes..'. Eh! cb! {^re les vergés!... Hier, . d’etait le tbur' des précîebses, aujourd’hui c’est le tour des pédantes... qui fessercz-vOùs demain ? N’essayez pas dé mon côté t ce serait' peine perdue,’ car je ne su» d’humeur .à montrer... mes talons à peiÿonne. Mon aptV-' thicaircüui-mêmc'ne m’a jamais vue que de face!
-^Comment s’y prend-il donc? deiTfiihda naïvement** le'pêincc de Guéménée, au miHeu des rires de toute fa réunion. * ...
• ^ On vous le dira, monsieur le curieux, répliqtia madame Cornuel, quand vous nous adrez dit comment' se compibrtliiènt, aupâ'ès de madamb la princesse, MM. de
32 i . ' IMAON BK J;KNCI,OS
îl^oiUmoccnçy, ùc Sois^ons, de Doutcvinc, de Thou el le reste de lu b{mdc.>. Boji! voilà que vous riez aiis&L.. En vérité,' les cornes sont comoïc les cbtnts ; elles fopt du niai « percer, ot aprèàoiv s’en oioqueu /
Et \‘hil;u’ité de rc^lpulilt r.
Lç c«'ibpo rétabli, la JRocheJtouçauld s’approcha de Molièye qu’euli'ctcncait à pari w(tdcmoisellc de Lcnclos.
~ Mon ami, lui <;lisait elle,, vous frappez fort,, mais VQds frappez juste... Vdus n’ameuterez contre vous que les pédantes... La preuve, c’e^ l’ardeur avec laquelle
applaudissait tout à l’heure madame de la Sablière, une vraie savante celle-là, qui sait vivre, quoiqu’elle sache bt pliysiquc, l’astronomie, les naathématiques... qua saisie, moi? ,
— Et les pc(huits ? objecta la Rocl^efoucauld en souriant. , , V . ,
— Ail ! oui, je, les ouhliais, répondit inadcnioiscllo d& Lpnclos. Eh bien ! ils feront comme les pédantes :4ls clabauderont. Et le public baUi<a des mains de plus belle.
— J’ai une prière à vous adresser, mon cher poète, ajouta le duc. , . . „
— Une prière, à moi? dit Molière ; et laquelle?
- — De venir à l'iiôtel Carnavalet relire vos Femmes savantes. Je serais heureux de lâirc cette surpiise à madame de Sévigné. .
. — Je ii’uui'ai garde, monsieur le due, de manquer à u.nc aussi flaljcusu invitation.
^ —' Vous vous en. repentirez .sans dôiite, dit madanie de •
sa coin.
la Fayette s’intej^xjsant, car je ne faillirai pas à pareille aubaine, et je nie promets de vous rompre la tête... dussé-je àoe jeuiia nae rougir atfreusement les mains!
ün an plus tard, l’assemblée de rhôfel des TourneHes était encore eonvoquéeortraordinairementpourentendre une nouvelle pièce de Molière, eeHe qui devait clore sa vie. Elle accueillit le Malade imaginaire, comme la postérité a accueilli cette divertissante bouffonnerie, par un long éclat de rire. “ •
Ce jouf-là, comme on se séparait', madehioisellé de Lencios barra le passage à Gourvillé, resté en arrière et qui marchait d’un pied pesant.' • *' '
— Qae devenez-vous donc, mon cher? lui demandat-elle ; il y a quelque trois mois qu’on ne vous a vu.
— Grondez mes rhumatismes, répondit Gourvillé ; eux
seuls sont coupables. ' • '
— ^ Je gronderais plutôt votre médecin.
— Je vous en défie !
— Il est donc à l’abri de mes reproches ?
— Oui, car il est... là-haut.
— Le sot qui s’est laissé mourir !
— Allons, épargnez-le un peu pour l’amour de... \-ouS qu’il a eu l’esprit de sauver autrefois.
— Gourvillé, vous êtes un traître !... Pauvre Gui Patin ! il a plié bagage sans avertir personne, mais tout • Paris s’est trouvé là pour le suivre jusqu’au bout... Je me rappelle vous avoir aperçu, mon ami, sur le tord de