SCÈNE III
Les mêmes, JEANNETTE. **
JEANNETTE, s'avançont, à pan.
jWi bien î en voilà des opinions agréables pour nous.
• Nisus, Jeannette, Euryale.
* Euryale, Jeannette, NisuK
NISUS et EURYALE, criant.
Ohé!... la maison!... y a-t-il quelqu'un ici... S'il n'y a personne, ne vous dérangez pas... (// frappent sur les tables.)
JEANNETTE
y^Qu'est-ce qu'il vous prend, à vous autres...
^ EURYALE
Tiens!,., Une Bavaroise!...
JEANNETTE
/Oui... de Versailles ! {A pan.) Il ne me reconnaît seulement pas!...
NISUS
Française !...
- JEANNETTE. "
^/ A moins que la Seine-et-Oise soit passée allemande.. .
< EURYALE
Française!,.. {L'examinant.) Et pas déchirée du tout, au moins... En v'ià un 'hasard, de rencontrer une compatriote... hein ? dis donc Nisus ?
NISUS
Oui!...
EURYALE
Mais comment diable une Seine-el-Oisaise jeune et gentille comme vous, se trouve- t-elle égarée dans ce pays de choucroute ?
JEANNETTE. ,n
Ah ! voilà... Vous n'êtes pas sans avoir connu une vivandière qu'on appelait... {Hésitant.) qu'on appelait... Cat...
NISUS
Hein?... Si je l'ai connue!...
EURYALE
Parbleu !... elle s'en allait toujours :
{^Fredonnant). Vivandii-re du n'-gimenl
C'est Cal... riru; qu'on me nomme!...
NISUS
Nous l'avons laissée par ici, il y a cinq ans, je m'en souviens... Elle était brave comme un démon, et dans une bonne peignée, elle a atlra|)é un atout...
JEANNEI ri;, avec (motion.
Oui... une balle, en pleine poitrine... Et si vous vous en .souvenez., une ix'titc: fille (i(> dix ans, la suivait depuis la frontière de Krance, tantôt inatclianl ù ses côtés, tantôt nionlant sur Hon dos, ({uaiid ses petites jambes ne pouvaient plus avancer. . .
NISUS
C'était sa nirce, je m'en rappelle bien !