M DCCC LIX
Nos lecteurs auront entendu dire que des hommes auxquels généralement on reconnaissait quelque savoir et quelque capacité, tels que Grotefend, Silvestre de Sacy» Guillaume de Humboldt, Schlégel, Bopp, de Saint-Martin, Rask, Eugène Bumouf, de Saulcy, sir Henry Rawlinson, Wilson, ou ont contribué activement au déchiffrement des inscrip* tiens dites cunéiformes y ou ont approuvé les résultats obtenus par d'autres.
Nos lecteurs ont été trompés. Tous ces hommes ont fait fausse route; seul, tout dernièrement, M. le comte Arthur de Gobineau, premier secrétaire de l'ambassade de Franco à Téhéran, a eu des révélations d'un genre tout autre et qui renversent les systèmes de ses devanciers. Les savants malheureux que je viens de citer, avaient eu le tort de se servir de moyens de déchiffrement qui, dans toute autre occurrence, auraient paru très-naturels. Que l'on ne connaisse pas les caractères arméniens, mais qu'on ait à sa disposition, et un livre arménien rempli de beaucoup de noms propres, et la traduction de ce même livre, on pourra arriver, par la comparaison de ces noms, h la connaissance plus ou moins complète de l'alphabet arménien. Des inscriptions écrites en plusieurs lan-4 gués , dont l'une était connue , ont conduit à l'intelligence des textes égyptiens, phéniciens, celtibériens , lyciens, phrygiens, et môme, on aurait pu le croire , à celle des inscriptions cunéiformes. Ces érudits médiocres ont aperçu, par exemple, que tel signe se trouvait à la place voulue dans les noms d'Ariaramnès, Citrantachmès, /{agès, Fradès, Sarangie et autres; ils ont donc invariablement attaché à ce signe la valeur syllabique de ra. Ainsi ils ont obtenu les valeurs de beaucoup de signes, attendu que dans les inscriptions assyriennes, accompagnées de traductions, se trouvent encore quatre-vingt-dix noms propres.
Tout dernièrement, la Société Asiatique de Londres, pour savoir oii en était le déchiffrement des écritures assyriennes, demanda à quatre personnes, à savoir MM. Rawlinson, Hincks, Talbot et Oppert, la traduction d'une longue inscription cunéiforme. Tous les quatre tombèrent d*accord sur le nom du roi Tiglatpilesar et sur les points principaux, en s'écartant naturellement beaucoup dans les détails. La Société Asiatique de Londres eut la faiblesse de conclure que, quoiqu'il restât encore beaucoup à faire, les bases du déchiffrement étaient inattaquables. Malheureuse Société Asiatique ! malheureux compétiteurs! pour avoir suivi les principes vulgaires» vous êtes tombés d'accord, et cet accord porte en lui-même la condamnation de la science humaine.
Le9 révélations particulières dcmt M. de Gobineau a eu le suprême avantage, lui ont permis de ne pas s'inquiéter de ces principes de déchiffrement vulgaires, bons tout au plus pour les Silyestre de Sacy et les Eugène Burnouf. Tel signe qui est ra, se lit, selon les caprices impénétrables de l'inspiration, ou I, ou se, ou re. Poursuivons notre recherche et prosternons-nous. Nous mettrons en caractères majuscules quelquesunes des valeurs que les esprits disposant seulement du savoir humain avaient cru jusqu'ici acquises à la science.
Kl est ys (p. 134), re (p. 136), ese (p. 151), l (p. 17»), te (p. 175), scA«(p. 178), s (p. 17d).
y AN est n (p. 173, 1. 1), s (môme page, 1. 5), he (p. 176, I. 1), en (p. 177, 1. 1), ne (même page, même ligne), etc.
■y NA est n (p. 173), r (p. 174, 1. 5), y (la ligne suivante), s (p. 177), re (p. 184), he (p. 185), «e{p. 188).
Le roste, à l'avenant, bat en brèche tout ce que nous croyions être des découvertes. Il y a peu de signes, par exemple, qui ne signifient pas ré. Il paraît que cette note a plu aux Assyriens. Mais quelles sont les bases, demanderez- vous, sur lesquelles M. de Gobineau étaye ses déchiffrements? Je ne saurais vous le dire. Sans doute il y en a; mais M. le comte ne les divulgue pas, et en cela personne n'oserait lui donner tort.
L*auteur de ces lignes a eu le malheur de publier» avant les rcvola-
lions dont a été favorisé M. de Gobineau, un texte assyrien qu'il a in* titulé : r%n$cript%on de Borsippa. Il a eu tort sans doute; il s'étonne néanmoins que M. de Gobineau ait bien voulu adopter cette dénomination : car cellorci se fonde sur des inscriptions trouvées sur place, et où» diaprés Vcmden système^ on lisait le nom de la ville de Borsippa, mais où la révélation a trouvé le mot arabe sebreh « le sol sablonneux d. Ainsi , un autre nom de ville que nous lisions Ba-H-lou^ et qui aurait pu être celui de Babjlone (on trouve même des milliers de briques avec ce nom de cité autour de Hillab), se prononce sentelf CQ qui, tout le monde aurait àd s'en apercevoir, est un pluriel arabe signifiant <c étendus» (p. 178, 1. 6). Ce qui est très-fâcheux pour les roisdeNinive et de Babylone, c'est qu'ils se sont trompés eux-mêmes. S'ils avaient, au moins, attendu la révélation faite à M. de Gobineau, ils ne se seraient pas intitulés en tête de leurs monuments : <c Roi du sol sablonneux et des étendus I d — Mais je ne me suis pas seulement égaré sur la lecture. Je croyais, d'après les Grecs et les Hébreux, qui ont partagé mon erreur, que les Assyriens parlaient l'assyrien. C'était un grand peuple qui a régné 1500 ans, et j'aurais bien dû me douter que, par cette raison seule, il eût parlé l'arabe. Mais notre opinion était trop peu simple et trop tirée par les cheveux.
C'est ainsi que j'ai pour ma part à signaler une infériorité marquée dont M. de Gobineau va vous rendre compte lui-même.
(c M. Oppert déclare qu'il a mis plus d'une année pour arriver h la traduction qu'il a obtenue. Quelques heures (!) m'ont suffi pour terminer ma tÂche, et ceci (sic) est d'un intérêt très-majeur sur lequel j'appelle tout particulièrement l'attention, car il en résulte que si les arabisants veulent s'occuper, comme désormais il leur est facile de le faire, du déchiffrement des textes de la troisième espèce, d'ici à peu de mois (e*e8t beaucoup ; il paraît que tous les arabisants ne sont pas de la force de M, de Gobineau), pas davantage, on peut savoir exactement à quoi s'en tenir sur la valeur historique des monuments assyriens [j*aurais mieux aimé : arabes). »
Sur ce point je me permettrai de n'être pas de cet avis. L'inspiration qui a guidé M. de Gobineau devra forcément faire défaut aux autre savauts, qui s' apercevront du premier coup, que ni l'arabe desMoallakât
et du Koran, ni celui qui s'enseigne en Europe depuis Erpénius etGolius jusqu^à MM. Fleiscjier et Reinaud, n*est le véritable arabe. L'auteur nous met en présence de deux arabes qui n'ont pas un mot de commun, maïs dont voici le bon, d'après la transcription révélée :
a Nnnemmmmresusus (trois n et quatre m de suite, cela aurait, a tout autre, paru beaucoup pour un bomme seul) ke bebelll (trois t) rese ak^ reya yedu^ ma tenessuz^ reseddum iyr^ nesek sennu^ heza nekeh, mdia an nemfrtattTo etc.» etc. Et cet arabe veut dire en français : a Nemresusus, roi de Babel, inébranlable chef, l'abondance possédant, de la splendeur celui qui s'empare graduellement, saisissant l'élévation, ordonnateur des institutions, celui qui est excellent, celui qui frappe sur la monnaie,» etc.
Grotefend, le docteur Hincks, sir Henry Rawlinson, auxquels j'eus le malheur de me joindre, avaient lu : Nahttkudurrusury sar Babilu, et traduit : ce Nabuchodonosor, roi de Babylone. d Mais nous avons eu tort, quoique le nom de Nabuchodonosor se voie dans le texte perse de l'inscription de Bisou toun % et que la traduction assyrienne porte le groupe identique à celui de l'inscription de Borsippa (ainsi que la confrontation de quelques milliers de briques babyloniennes avait paru le prouver un moment) ; quoique M. de Gobineau veuiUe bien accorder quelque autorité à ce texte perse, et que sa révélation s'en serve depuis la p. 46 jusqu'à la p. 170 : nous n'aurions jamais dû, malgré toutes ces raisons, substituer au Nnnemmmmresusus, ignoré de notre imparfaite science, le trop prosaïque et trop élémentaire Nabuchodonosor.
Il est vrai que l'auteur pouvait ignorer^ comme il le faitf les inscriptions de Persépolis, les textes de Babylone et de Ninive, et les tablettes grammaticales de Londres dont nous avons, sur l'injonction do M. Fortoul, demandé et obtenu des photographies. Notre erreur au sujet de Nabuchodonosor était d'autant plus excusable, que M. deGobineau publie (p. 189) la note suivante : <x Nemresusui, {H y manque deux n et trois m; que eont^ devenus depuis la page 173 ?) Je ne donne ce nom que pour ne pas laisser la place vide. Il s'en faut de tout que j'en garan-
1 La science humaine ) trouve le nom écrit Naboukoudralchar^ assimilé au (;rcc
^eVeiSiCiitaàe {cela nous paraît sage), et dans T impossibilité (?) où Ton est actuellement de se rendre compte de cette partie des inscriptions, f aurais volontiers conservé le nom de Nabuchodonosor donné par M.Oppert {(U Gfùtefend^ et le doeteurHincks^ et sir Henry Rawlinson)^ bien que sans 7 croire, si cette lecture, ALA RIGUEUR POSSIBLE ICI (àla hon/ne hmÊre!)f l'avait été également & la fin du texte, (itfais si elie n'est pas passibhf eeUe du nom de Nmhemmmmresusus devra également ne pas VUre^ pa» plus que celle de tout autre nom.) Je me suis donc rabattu h (!) une forme assez familière aux chroniques orientales {jusqu'ici nous n'avions poê connu cette familiaritérestreinte); mais je le répète, SANS Y ATTA- CHER AUCUNE IMPORTANCE. {Mais ce point pourrait ne pas manquer d'v/ne certaine importance pour l'appréciation du système de M. de Gobifieau.) —L'auteur continue : « Bebel {manquent deux 1). Je ne suis pas non plus sans de grands doutes sur la légitimité (!) de cette lecture ; mais pour le moment je ne les discuterai pas, afin de ne pas sortir du thème exclusif de ce livre. (Mais pourtant le thème exclusif de ce livre devraitètrela version des textes cunéiformes.) Je me borne aies indiquer.» — C'est donunage. Nous aurions volontiers assisté h la discussion des doutes de M. de Gobineau, car nous les partageons.
L'écriture cunéiforme est sortie, d'après nos idées, comme toutes les autres écritures du monde, d'un système hiéroglyphique. Des images chinoises s'est formée l'écriture actuelle ; de même que des hiéroglyphes d'Egypte dérivent les écritures hiératique et démotique, des figuresphénidennes les alphabets de l'Europe, ainsi les lettres cunéiformes se sont développéesdes anciens hiéroglyphes dits onariens. Cette écriture continua,comme celle d'Egypte, de Chine et de Phénicie, à*êiieidéographiquef c'esl-à-dire, elle exprima des notions par des signes spéciaux, comme le font nos chiffres, par exemple. De ces écritures idéographiques sont dérivés les alphabets et les syllabaires d'une manière toute naturelle. Notre A seprononce a, parce qu'il dérive de l'image de la tête de bœuf qui, en phénicien, se àiialef, et notre B a le son que nous lui donnons, parce qu'il provient de l'image de la maison, appelée bet en phénicien. « C'est ainsi que dérivent, des images anariennes, les valeurs syllabiques cunéiformes. Ce ne sont pas les Assyriens qui inventèrent cette écriture ; mais plusieurs peuples s'en sont servis, et qui naturellement ne pro>
noncèrent pas les mêmes mots d'une manière identique, précisément comme le signe idéographique 4 se prononce quatre en français, vier en allemand, Tsaaapeç en grec.
Ces principes, n'en déplaise à M. de Gobineau, exposés tout au long dans le second volume de mon Expédition en Mésopotamief ont été acceptés par tous les hommes compétents d'Europe, et encore dernièrement M. Renan, dont M. de Gobineau ne contestera pas le haut savoir et la compétence spéciale, m'a fait part de son adhésion, sinon à tous les points de détail, du moins h presque tous les principes.
Or, le principe idéographique que M. de Gobineau veut exclure, ki joue un fortyilain tour à l'égard du roi Nnnemmmmresusus. Ce principe est plus étendu en assyrien que chez nous, car nous l'avons seulement conservé pour les mathématiques; nous pouvons écrire aussi bien 4-|-3=:7 que quatre plus trois font sept^ en allemand, vierunddrei sind sieben. Le roi qu'il lit, à la fin du tente, Nnnemmmry en offre un exemple. Le signe que M. de Gobineau lit y {je le défie de dire pourquoi *) n'est autre que le caractère idéographique écrit ailleurs usur, précisément comme 4 est l'expression idéographique de quatre. C'est ce que prouvent des milliers de briques de Babylone ; et au surplus, ce signe constitue le dernier élément du nom assyrien qui, dans l'inscription de Bisoutoun, remplace la transcription perse de Nabuchodonosor. Sur tout cela M. de Gobineau parle (p. 1-10) comme un homme né aveugle des couleurs; d'une voix plaintive , il s'apitoie sur lé sort des textes assyriens et sur celui des interprètes; mais toutes ses lamentations manquent de fondement, et les faits qu'il voudrait faire accroire aux lecteurs sont en partie imaginaires.
— Sans doute, il y a des difficultés, et nous les connaissons mieux que personne ; mais il y a des faits acquis à la science. Si, d'ailleurs, il était si facile de déchiffrer et d'interpréter ces textes, quel mérite auraiton donc à y arriver?
Il y a des textes grammaticaux faits par des Assyriens pour expliquer par des lettres les caractères idéographiques; croyez-vous que M. de
1 C'est inutile . est ce que M de Gobineau a bi'soin d'une raison quelconque?
Gobineau en dise un mot? Il s'en garde bien, car ces documents pourrait ne pas donner raison à son système.
Tsâ publiéydansle Journal Asiatique de 1857, un iravail de 200 pages sur rinscription de Borsippa, qui a eu l'approbation des savants, parce que j'y rends compte de chaque lettre et de chaque mot. Ce mémoire^miitxûéEtudes assyriennes f est rempli de citationsdes inscriptions par colonne et par lignes, et au moins on peut contrôler ces questions de détail, les combattre et les infirmer, s'il y a lieu. C'est seulement ainsi qu'on sauvegarde sa probité littéraire. M. de Gobineau n'a pas besoin de s'arrêter à ce que M. Mohl a nommé des preuves {Joum. As.f 1857, rapport annuel). II met sur le dos de M. Oppert (p. 8, 1. 21) ce qui iqjpartient au roi Sardanapale V (tahktte cotée k. 110 ei inscription dite des racines)» Il a la bonne foi de tronquer un passage où je m'explique sur une particularité épigraphique, en ne reproduisant ni ce qui précède, ni ce qui suit *. Ensuite il s'écrie : « Il (M. Oppert) ne fait que reproduire l'opinion de tous les érudits qui s'occupent d'inscriptions cunéiformes. {Eh bien, je ne suispas en mauvaise société!) Corriger, modifier, rectifier les textes est le plus précieux de leurs droits. Ils en usent largement et avec tout l'orgueil impérieux de la conquête; aucun texte n'est à l'abri de leurs rigueurs, etc. , etc. t> Ce verbiage, qui comporterait une qualification plus sévère, est d'autant plus déplacé, que, dans le texte dont parle M. de Gobineau, je n'ai ni corrigé, ni modifié, ni rectifié, je ne dis pas un mot, mais même un trait. Le reste de ses griefs est tout aussi fondé que ce qui précède. On ne combat pas des faits de détail par des généralités en l'air, du genre de celles qui ont permis de prouver victorieusement que Napoléon n'a jamais existé.
Les raisons à cause desquelles M. le comte avance que l'assyrien n'a jamais existé, ne sont pas même de la force de celles-là. Est-ce que M. le premier secrétaire d'ambassade s'inquiète de la régularité des flexions sémitiques dont on lui démontre l'existence? Pas le moins du monde. a On n'a pas connu l'assyrien avant la découverte de Ninive. » Eh bien, depuis quand donc connatt-on Tosque, Tétrusque, l'ombrien, lolycien,
1 Dans 300 pages, M. de Gobineau ne trouve que cc^ deux points à nlcvcr.
]e cyprien, ie zend, le sanscrit? Depuis quand donc connaît-on l'arabe de 1|. de Gobineaii et son bouzvarech, qui n'est pas du tout le peMevi ordinure? On ne s'étonnera guère à présent de la phrase suivante (p. 1 1 f ]. 21) : a Ni dans le perse, ni dans l'assyrien, ni dans le médique, pas la moindre affinité directe f pasla moindre trace de parenté avec les langues connues pour avoir été parlées h un moment quelconque entre l'Euphrate et l'Indus. »
Nous laissons volontiers à M. de Gobineau le triste mérite de ces paroles jetées à la face d'un public qui connaît les travaux de Grotefend, Heeren, Eugène Bumouf , Lassen, Jacquet, Westergaard, Benfey, de Saulcy, Norris, Rawlinson, Mohl, Eichhoff, Chodzko et d'autres. On ne les comprend pas d'un premier secrétaire de l'ambassade de France à Téhéran, quand Ferroukh-khan a qualifié ce qu'il a tu de la langue perse comme étant l'origine de sa propre langue : L» ^b; J^m»! oeU-i zebân-i md.
Il y aura des lecteurs qui demanderont pourquoi je n'ai pas laissé mourir de sa belle mort le livre de M. de Gobineau. Au surplus, me dira-t-on avec raison, il faut une artillerie plus formidable que celle que commande M. de Gobineau pour battre en brèche les noms et les opinions de ses adversaires. — Voici ce que je répondrai : Permis aux astronomes de ne pas se soucier des gens qui doutent des questions résolues depuis Hipparque d'Alexandrie et Aristarque de Samos ; permis aux chimistes de sourire aux efforts de celui qui voudrait prouver que l'air atmosphérique est un corps simple;permi8 aux ihéologiensdenepasprêterroreille à la preuve de l'authenticité de l'évangile de saint Barnabe; permis enfin h tous les représentants des sciences arrivées, de se draper dans le manteau d'un impassible dédain & l'égard de ceux qui tentent à se faire une réputation en démolissant celle des autres. — Mais nous ne sommes pas aussi heureux. Nos études, h cause de leur nouveauté même, ne peuvent pas encore avoir, aux jeux du public, l'autorité dont elles sont dignes et qu'elles auront sûrement un jour. Nousavonsà combattre une incrédulité qui a au moins le bon côté de nous rendre plus circonspects dans notre tâche ardue. Mais à cause de cela justement, nous ne devons pas dédaigner même le plus méchant livre, même le plus faible adversaire,
même la plus ridicule aggression; ni par un silence justiûé dans d'autres cas, nous laisser enlever, dans l'opinion publique, une position que nous avons déj^y en travaillant et en luttant, durement et dignement gagnée.
THE ■OffmOWEII WNJ. M CHARQBD AN OVEROUC RE IF THIS BOOK IS NOT RETURNED TO THE LMNIAIIY ON OR KFORE THE LAST DATE STAMKD BELOW. NON-RECEm OF OVERDUE NOTICEt D0E8 NOT EXEMPT THE