IG
Niniveoudc Babjlonc nous raonlrent ces moiaes monogrammes substitués à leurs expressions phonétiques ; les uns nous apprennent le sens des signes, les autres nous en enseignent la prononciation. Quelquefois aussi les mêmes idées se retrouvent a PersépoUs exprimées des deux manières; mais le lecteur saura déjà que nous avons seulement 1 (ou un) texte trilingue sur 500 (ou cinq cenls) inscriptions indépendantes. Cela explique suffisamment le secours que nous pouvons attendre de l'étude d<e ces dernières.
Toutes les conclusions peu rassurantes dû M. Renan tombent donc avec les faits mêmes. Mais ce n'est pas la seule objection ; qu'on l'écoute :
« Je suis porté à croire que, dans la simple constatation do l'identité graphique dos cagractères, et dans leur reproduction typographique, MM. les assyriologues, quelle que soit leur habileté^commetlent beaucoup d'inexactitudes, et si le lapicide assyrien ressuscitait, il verrait que bien souvent on s'est trompé sur ses intentions. »
M. Renan a entre le^ mains les syllabaires, les inscriptions de Ninive^ la grande majorité des textes dont je dispose et dont je lui rends l'usage facile par mes citations ; le Louvre est ouvert pour lui comme pour moi : n'aurait-il pas dû, pour donner du poids à ses croyances, prouver nos inexactitudes, ne fût-ce que par un seul exemple, au lieu d'attendre la résurrection du lapicide assyrien ? Car la crainte ^e ce lapicide ne troublera pas le sommeil de MM. les assyriologues.
Ces vagues contradictions ne peuvent que propager le doute dans le public incompétent, sans rendre aucun service à la science. M. Renan croit que « ce labyrinthe de difficultés devait rendre l'écriture assyrienne presque illisible pour les Assyriens eux-mêmes. » Et pourquoi se sontils donc servis de cette écriture dans leurs inscriptions, soit textes publics, soit contrats et lettres de change ? Est-ce, par hasard, pour que, deux mille ans plus tard, les uns aient l'occasion de faire des livres, et les autres celle de faire des articles? L'écriture assyrienne est compliquée, sans doute, mais elle est beaucoup plus lisible que la plupart des écritures orientales aujourd'hui en usage, telles que le shikesteh^ le divâni et d'autres, et que Ton lit pourtant, on ne comprend presque pas comment. Elle est même énormément plus lisible quo le pehlevi et lo koufique. Je voudrais aussi voir le passage où j'ai annoncé que « nos
avantages » s'étendent jusqu'à lire mieux que les Assyriens leur propre écriture; personne, jusqu'ici, n'a cru que nous lisions mieux que les Assyriens.
M. Renan n'a pas prévu une autre réponse qui renverse toutes ses objections au sujet du sémitisme. Nous avons d'un côté la traduction d'un texte, nous en connaissons mot par mot le sens, de l'autre le texte assyrien que nous sommes en mesure de transcrire, de manière à ce que M. Renan lui-même est forcé à accepter les résultats. Nous prenons le texte de Van, dans lequel se trouvent quarante- trois mots ; de ce nombre, vingt-buit se retrouvent avec la même signification dans les autres idiomes sémitiques ; des quinze autres, dix sont formés do mots qui s'y trouvent, mais avec une autre signification ; cinq enfin ne ' s'observent pas dans les autres langues. Toutes les formations verbales qui s'y trouvent sont faites selon le génie du sémitisme. Dans les inscriptions trilingues, les mots cte/, terre^ dieu y roi y grand, hommcy lan^ gue, pèrcy frère, mèrey maison , porte y et beaucoup d'autres sont purement sémitiques. Les notions pour lesquelles il existe en assyrien une expression spéciale, présentent justement le même phénomène dans toutes les autres langues sémitiques. Prenons la première phrase de la Bible, et traduisons-la dans ces langues :
En hébreu : herëshil hara elôhim eth hashshama^im weeth haares * ,
En arabe : hilihtida khalaq allah ussamaiDdt walardh.
En cbàldaïque : heqadmin bera elaha shemdia wear'd.
En syriaque : brishit bre aloho yot shmayo weyot ar*o.
En éthiopien : beqadUmi gabra ecziabher (!) semdya wamedra (!).
En assyrien : in qadmi bana iluhu shaml au irsit.
Cela montre que si l'assyrien s'éloigne dans les mots abstraits des autres dialectes, il n'en est pas de même pour les mots fondamentaux. Voyons le mot arabe qui veut dire créer : c'est en arabe seul que khalaq a cette acception, car en hébreu il veut dire <( être lisse, différer d, et en assyrien « détruire » . Faire se dit en arabe 'amaJ, en hébreu 'osa, en chaldaïque 'abad, en éthiopien gabary en assyrien 'ahash.
I Lf s romain tranicril le y.
&{. R«uan déplore « que les habitudes de la grammaire générale des langnei, séœitiquss j (c'«t-àf dire, dans les inw^iptions- as^jriennes) sont sourent violées. » Quelles sont ces habitudes-là? « Pour compi«|idi^ réfopi^eniçnt, qu^ caisse ce, fait., i| ffti}t,se rapml^ Ip gi;^d caractère d'imité defi langu$9 s^iifiliques. », Enj:»)^ ici, c'esit u^e. eI;r^^c: cetla, unit^ n'existe que dfins la simillttide dp 1% fleiiot^, le. m^m^iprâL- ~cipe d'altéE^lion. d^ racm^ tiilitëies. 0^ ce prjocip^ ejjistf /lo, aasjpttf ■ Tau^ les p^^ef 7 sont 1^ mâme^ qup pa^Içi^afllem^, et qiéifie pji^, coplorœ^ a|is au^'es i4ippiie?, qup ceui:dv,sj.i;ia3i;q.I^.tp.ri>l>^4d.Pfl8T i^gaison.le niphaj,pa^|, iphtflal, sl«iElij^l,.i^t(i^j sftre^ftmRfinieft, a^sjtien; il n'j a ipSpe rjea, d^ Kb'a^p.Bl, df;,suJb^l.».; nemf'jr efl, artifîpiçil.) t^uteslfond^ sui un sjstèn;^ çpnfp^^aiig^^desIft^gilQ^. sçmitiques, I^ç t^f^. ào conjugaisons .q^ift j'aj, di^^ ^n. ÎQpf, fgi ,
L'assyriep, a, sjuis doute, malgré, sqn intime pfir^nt^ a;ifQC, l'hiébieu.. l'arabe^ l'ac^néen, r.élhiopi^9,deç(tifféc^!ipessijt,q^alquefi,pftin}a,içi)lft|, d^s le graf4 tuiOl^f^, de? ^V-^i ^>S es^çe,qHe l'h^brem, k^cbpgiie, instant, ne montre [kas de dù^embli^ceï. avç^ l'^^i^b^i l'ariapi^tg^ l'asr sjrienî Oi», sauten.hplifçu et /ei,(apgHe(,aî^nffi, tf;,vfl«| àmm^ 9k pên vwt-il di^ que norpas? pil,^llQ.iin| qu'eD.arAhq, /kjp))t,,dii^.^f, 'an de, and auprès de? Oi), ailleurs qu'en él^çpieji(e(^Q^^j[]^Qp),uft est une prépoiitionî Bien souvent les mots qui, nous avaient jiJisqii'ici paru isolés dai lurent juï^fqei^t eif assyrien,; le
chi&e hébreu ie^^el^aa utvt.écntdfpujsd^ui
mille ans, n'est ii'oifS«tque^'ùA^tn veut dire tfn
enassfnei^, et ign|^Eie tm.id ifÙE, Est-ce qu'on- a
contesté le sén et pouctaijt quelles tonQ|s i^oy-
TcUes ne a'j p )usditdonc que, si nous connais-
sions aussi parfoi tement l'ancien hébreu popula inquenoussavonsl'arabe vulgaire, nous n'f trouverions pas d'autres fonnes atsyriiaatet, et sans analogie aucune dans la langue écrite ? L'arabe vulgaire ne renferme-tii) pis beaucoup de tournures dé ce genre, parraitemenl isolées, mais trèssémitiques, et qui, pour n'être pas dans l'usage des lirres. n'en appartiennent pas moins au fond mênie de la langue?
le ne m'étendrai pas sur la difEârence des racines dans les différentes langues sémitiques qui s'éloignent partout où il^ne s'agît p^|s;de,çhoseF
concrètes. J'ai déjà écmaé un eitattiplé de la divergence de ces idiomes poar la notion àd- faire; les' notions tle saixnr, vaùlbi^ypùuvoir^ dé-» veir, veniry aller y forriWj et beaucoup d'autres, de Tusage le plus( comman, ont diins cblacUbe des langues sémitiques des expressioils qui né' se retrouvent pas dans les antred idioiliesde làiïlêiilë race. L'hébreu à' un mot spécial pour prier {hithpalàl) que l'on cherche en vain dalii? lôs langues arabe, araméenne, assyrienne, qui toutes ont là racine sala n^jf • D'un autre côté, les mots rendant les fonctions vitales, telles que vtrre, mourir, naître^ engendrer j maeiger^ ^oire, sont communes k toutes leï langues sémitiques, et si un idicime s'en éloigne, c'estTarsto, ei non l'assjrien.
M. Renan dit : (c La langue séotttique que nous donne M. Oppert blesse en plusieurs pdrUs le sentiment que je crois avoir d'une languesémitique, y) En plusieurs points^ mais non pas dians le? points prind* paux, non pas dans Ums les points. Et puisque nous retrouvons les mô^ mes phénomènes dans toutes les familles sémitiques, nous toumoiKs ' môme le syllogisme de M. R^nuii contre lui. Notre savant critique semble dire :
La langue assyrienne blesse' le séMimeni'dé'Ml Rerutn sur' lés langues' sémitiques en plusieurs points :
Donc la langue assyrienne n* est pas sémititjàe';
Nous, qui ne constatons que des faits , nous dirons :
La langue assyrienne blesse le sentiment de M. Renan sur Us langues sémitiques en plusieurs points :
Donc M. Renan n'a peut-être pas le vrai sentiment de ces idiomes.
Il ne suffit pas de nous citer deux prépositions assyriennes, quand l'immense majorité des suffixes pronominaux et verbaux, tout l'organisme de la conjugaison assyrienne, dont M. Renan aurait dû parler, montre une physionomie sémitique très-prononcée : chose reconnue par toutes les personnes compétentes, en Allemagne, en Angleterre, en Espagne, en Italie, en Russie, en Hollande, en Turquie môme, ainsi que par toutes les personnes qur se sont occupées de cette question en France.
M. Renan n'est que spécieux quand il dit : « Un des traits les plus essentiels des langues sémitiques, c'est la netteté' et la régularité de leur
orthographe. » Je m'étonne que M. Renan ait oubhé d'ajouter que j'ai étabh ce qu'il a admis pleinement, que l'écriture cunéiforme a été inventée par un peuple non sémitique. Que les Assyriens sémitiques ont accepté une écriture d'une autre nation, tandis qu'il pouvaient en choisir une qui aurait mieux convenu à leur langue S c'est regrettable, mais ce n'est pas la faute de MM. les assyriologues.
J'aimerais aussi que M. Renan n'eût pas écrit le passage suivant : « Toutes les troisièmes personnes masculines du futur ^, parexemple, devraient commencer par un même signe correspondant au i (t) préformant. Il semble que la trilitérité (!) des racines sémitiques se remarquerait également. » •
D'abord, presque toutes les formes de mon travail que M. Renan cite comme non sémitiques sont trilitères, on peut s'en convaincre ; mais cela n'est rien encore. La troisième personne en assyrien commence partout par un t, mais pas par le même signe, parce que l'écriture estsyllabique. Dans l'inscription de Van il y a les troisièmes personnes : ibnû, il a fait, iddin il a donné, iqabbi il a dit, istakan il a fait, ibis il a fait, istur il a écrit, yutaamd ils ont ordonné. Ces formes sont différentes de ahnû j'ai fait, addin j'ai donné , tahnu tu as fait, taddin tu as donné, nahnu nous avons fait, naddvn nous avons donné, taddinû vous avez donné, iddinU ils ont donné : flexions tout à fait sémitiques.
Donc, le % se trouve. Nous nous étonnons cependant d'une objection qui peut faire impression sur les personnes qui ne connaissent pas les langues sémitiques ; car M. Renan, qui est un syriologue éminent, doit savoir qu'en syriaque la troisième personne commence par un n, et pourtant il n'a pas, que je sache, retranché cette langue de la famille sémitique.
Il n'y a pas parmi les remarques générales de M. Renan une seule que Ton ne puisse réfuter par des faits. M. Renan dit, par exemple, que « aucune famille des langues n'a si profondément distingué le son du
1 Les Français, comme tous les peuples ariens de TBurope et de l'Asie, se servent d'une écriture sémitique, et cette écriture, en usa^ également chez les Sémites, est probablement elle-même d'origine cbamite.
S Mieux vaudrait dire l'aoriste.
sens, et ûe s'est moins souciée dans son orthographe de peindre la prononciation )). Cela n'est vrai que pour Tarabe, mais non pas pour l'hébreu et l'éthiopien. M. Renan se plaint « de la façon plate » d'écrire les mots assyriens, et en même temps, il reproche à MM. les assyriologues « à* offrir une langue dans laquelle la représentation du son matériel semble le but unique que se propose l'écriyain. » Mais est-ce de notre faute, que les Assyriens se sont servis d'une écriture non sémitique? Faut-il s'en prendre aux interprètes des textes turcs et persans, de ce que les langues de la Turquie et de la Perse sont écrites a?ec l'alphabet arabe peu conforme à leur génie?
Toutes les digressions sur nos « subtilités » et nos « bizarreries » sont plus insaisissables encore; il n'y a pas un seul chef d'accusation. Nous pourrons dire, au contraire, que cette subtilité avec laquelle nous appliquons les différentes règles grammaticales (par exemple, celles des impératifs, infinitifs et autres formes que nous ayons retrouvées) prouve en faveur de notre ((esprit méthodique» et de notre ((sentiment sémitique.))
Après l'exposition des objections générales, dont aucune n'a une grande force, M. Renan aborde les détails pour faire voir ce qu'il y a <c de certain, de probable et d'incertain ». J'aurais voulu que M. Renan eût distingué d'une manière plus logique entre (( le certain, le possible et le faux »; mais heureusement'pour moi, cette dernière catégorie manque dans son appréciation ; il y manque d'ailleurs celle du certain, excepté un ou deux cas reconnus depuis cinquante ans. M. Renan ne connaît, dans les détails, que les choses assez probables et peu probables; il ne sort pas de là. Il analyse une inscription accompagnée d'une traduction ; quand un groupe assyrien remplace constamment les mots perses ciely terre, homme, etc., le sens lui en parait assez probable; mais quand on a le bonheur de prouver, par des pages entières do citations de textes (que M. Renan aurait dû vérifier), la prononciation sémitique de ces roots, cette prononciation est peu probable.
Voici la traduction du texte trilingue :
« C'est un grand dieu qu'Ormuzd, le plus grand des dieux, qui a créé le ciel, qui a créé la terre, qui a créé les hommes, qui a donné aux hommes leur supériorité, qui a fait roi Xerxès, roi de beaucoup de rois, et dont les serviteurs commandent h la totalité des pays.
QC Je suis Xerxèsy graad wi, roi des rois» roi des pays oîi se parlent toutes Lps langues, roi de cette terre vaste et graude, fils du roi Darius, Achéménide.
« Xerxès roi fait savoir : Le roi Darius, lui qui fut mon père, fit, par la gr&ce d'Ormuzd, beaucoup de monuments, et il rendit un décret pour faire un,e table dans ce roc, mais il n'y grava pas d'inscriptions. Alors, j'ai rendu un décret pour faire une inscription sur cette table.
a Que me protège Ormuzd ayec tous les dieux, moi et mon empire, et ce que j'ai fait. »
Cette inscription se trouve gravée ^ Yaa en Arménie, en trois langues, en perse, en médo-scjthique et en assyrien. Les paragraphes T, II et IV se retrouvent partout répétés & Persépolis, Hamadan, etc.; aussi H. Renan accepte, comme nous, le sens de cette inscription. Quelquefois la suite de la rédaction est un peu différente ; par exemple, on lit aussi 9i quia eréé la terre^ qui a créé le ciel; » la fin du premier paragraphe est souvent ainsi conçu : (k seul roi de beaucoup de rois, seul gouverneur de beaucoup de gouverneurs. »
Le premier qui ait analysé le texte assyrien de cette inscription, est 11. de Saulcy. Il y a bientôt dix ans, c'est-à-dire avant la publication du texte capital de Bisoutoun, que ce savant, induit en erreur par la ré« daction perse, assimila le groupe ciel k là terre, et terre au ciel. M. Renan s'est servi de l'erreur surannée de son confrère pour parler des oc incertitudes de ces recherches; » mais on pourrait lui prouver d'autre part que ces études ne sont pas tellement incertaines, puisque cette confusion est dans ce genre la seule que M. de Saulcy ait commise, même h cette époque-lè. Au lieu de rappeler gratuitement l'erreur de M. de Saulcy, If. Renan aurait peut-être mieux fait de montrer en quoi mes lectures, tout en faisant « honneur à ma sagacité, sont loin d'emporter la conviction ». Pai prouvé par les inscriptions trilingues oii le mot terre se trouveseul, lequel des deux groupes signifiait cie/, et lequel dénote terre; j'ai ensuite démontré que chez les Assyriens ciel se disait swniy et terre ir»it: et j'ai cité pour cela huitpassages des imcriptions^ que l'on retrouve plus de trente fois. La véritable raison de ces incertitudes est le caractère sémitique de ces mots, car si j'avais obtenu un mot non sémitique, M. Renan douterait moins de ma transcription.
a Des doutes {leiqueh ?) restent également sur Texpresâiônque M.Oppert traduit par terre; elle devrml it lire kt^tiv très-souvent. y> Mais elle se lit fréquemment lit-tw, par exedipley sur lé caillou d'è Miehanx (dté Etudet aseyrienneSf p. 24) iseuleorent trois fois.
ce Cela amène le savant auteur h une théorie deja déclinait %^rienûé, ^gutièVè a«i ptckrièr icottp, iioit hti^ô^lè éèj|)iëndMnt. »
Il était boù 2i Aire qdè cette déclinaison àisyrieiine confirme les vues dé M. ftiïnk iîA fa décKiiaièôn bébraïqlib et que j'ai cHées. Je vois avec plaisir que M. Renan ne repousse pas cette idée, comme Ta fait un àiim mmU qùë, qm iin*'é^ ûWéél/L. bébah et lùi-mêmè, pèu de persbntièis en Allèmagùè bdiiâSdërent comme lînë autorité dans les rechèirclié^ d'è déchlffrétiÉièm iiémiCiquè.
Je passe sous silence la plupart des remarques de M. Renan sur la suite, qui se résument, comme réponse à une interprétation de trente pages in-quarto, dans les mots assez probahle ou peu probable; je patlerai seulement du mot iddinay où la forme babylonienne de na (signalée pourtant comme telle p. 109, n^ 59) lui fait dire à tort, que cette forme parle contre mon principe de Tabsence de Thomophonie. Il aurait dû, je crois, également prendre connaissance de mon déchiffrement du signe Il (p. 38) qui se lit des milliers de fois, avant de douter de la lecture du mot lisan langue. Le doute est également, è cette occasion, déterminé par le sémitisme incontestable de ce mot.
Je ne puis pourtant passer soùs silence sa remarque vers la lin dupremier paragraphe :
« Je n'insiâtèi^ài pj9ts( èur là hardiesse dés corrections que M. Oppert est obligé de fkii^ h Éàh texte, en cet endroit, pour obtenir la lecture qu'il désire. Supposons que le membre de phrase que nous discutons en ce moment doive se lire en effet : MisinV** "ilU TinD irCU ]H Hf O V nV V (( cujus servi orbiterrarwnimperant » ; je demande à ceux qui connaissent les langues sémitiques, si une telle phrase est acceptable. »
Je demande d'abôi-d à H. Renaii pourquoi il n'insiste pàè suf la hai:diesse de mes corrections. Je n'insisterai pas sur une réponse que je puis tùii donner à moi*mème : Il n'y a pas de correcliom t Mais c'est an
oubli S et il faut passer outre. Ceux qui connaissent les langues sémi*
tiques demanderont à leur tour à M. Renan, comment il traduirait cette
phrase, en arabe et en hébreu ; en bon sémitiste, M. Renan sera obligé
de leur offrir justement la construction qu'il repousse et qui est la seule
possible :
En arabe : elladzi khadamiJi f djumleth-el-mamâlik yahkumUn,
En hébreu : asher *abaddv 'al kol-gehûlôth ères yimleku.
On rend, dans toutes les langues sémitiques, cujus servi par çut servi
Donc Tobjection de M. Renan au sujet de la construction est écartée; reste l'analyse des mots. Nous commençons par le mot^a&6t, qui veut dire a tout ».Le savant critique n*en conteste ni la signification, ni la lecture, caraussi,il faut l'avouer, jusqu'ici nous n'avons pas trouvé un mot analogue dans les langues sémitiques. Mais nous ne savons pas non ' plus citer un mot hébreu parent à l'arabe djumlelh et qui veuille dire « totalité )>.
Quant au moCidisa minister », c'est bien plus grave. En arabe il existe une racine 'adcLs « ministraré ». M. Renan me reproche d'avoir cité l'arabe ; mais l'arabe est pourtant une langue sémitique, et s'il faut s'en servir avec prudence, il ne faut pas l'exclure. M.Renan, qui est si sévère pour les nombreuses étymologies qui se trouvent dans mon livre, a presque toujours employé l'arabe pour les explications qu'il a proposéj3S dans ses écrits.
Je partage, du reste, pleinement les vues de M. Renan sur le danger qu'offre le dictionnaire arabe ; car j'ai dit, page 298 :
« On s'étonnera sans doute que nous nous soyons si longtemps arrêté à démontrer et l'identité et la coexistence de deux racines dont ni
t Ybir Expéd. en UUopoi., II, p. 159.
9 Ce qui me frappe surtout dans les apprédaUons de M. Renan, c'est quMI Uent trop peu compte, selon moi, de la langue comme forme de la peosée.Certainemenl les grammaires de l'hébreu, de l'assyrien et de l'arabe se ressemblent beaucoup en théorie ; mais ces régies, dans l'application, produisent des phrases très-différentes. La langue, dans la bouche du peuple, se conforme au génie de ce dernier, et ne se soucie pas des affinilés étroites que les philologues peuvent trouver entre elle et Pidiome d'une nation congénère. MiiSi pour se pénétrer de re fait, il faut avoir écrit ou parlé les langues dilTérentes.
Tune ni l'autre ne sera contestée par personne; mais nous dirons ici^ une fois pour toutes, qu on ne doit accepter ces identités dans Tinterprétation qu'après s'en être préalablement assuré ; car sans cela on pour*rait, dans la même phrase, défendre deux significations diamétralement opposées, tant est considérable la quantité de racines qu'on peut produire pour faire accepter son explication, surtout quand on se fourvoie dans le dictionnaire ^rabe. »
Mais ici je ne me suis point fourvoyé. Mon rapprochement de l'assy^rien «serviteur » avec l'arabe « servir )> est confirmé par les inscriptions ; car, postérieurement à la rédaction des pages 132 à 135 dans lesquelles j'établis très-longuement mon interprétation, mais antérieurement à la rédaction de l'article de M. Renan, j'ai montré à ce savant, à la Bibliothèque Impériale, sur l'épreuve photographique des syllabaires qu'il a entre les mains, l'explication du verbe idis par samas. Or ce mot assyrien rappelle la racine samas araméenne et néo-judaïque, qui veut dire servir,
M. Renan a dû oublier ce fait quand il dit que le Karrums a présente
comme des sens ordinaires et habituels , des applications indirectes et
passagères, à peu près comme si, de ce passage, Epicuri de gregepor^
ciiSjUn glossateur maladroit concluait, sans autre explica tion, que porcus^
.entre autres sens, a celui de discipulus. »
D'abord , le Kamous n'a pas commis de ces bévues-là : l'auteur en savait l'arabe mieux que ne saurait le latin le glossateur maladroit qui expliquerait porms par discipuluSf et qui prouverait par cela môme qu'il n'aurait pas lu la quatrième épltre d'Horace. Nous dirons à M. Renan : c( Nostrorum sermonum candide judex^ puisque le glossateur maladroit peut objecter que les pourceaux de Poissy sont bien des élèves , est-ce que nous serions si maladroits en faisant venir (c serviteur » de « servir » ?
La lecture phonétique étant sûre de tous points;
Le sens étant connu et accepté par M. Renan ;
M. Renan étant versé dans les langues sémitiques {
Je lui demande d'expliquer la phrase autrement que je l'ai fait.
Ainsi le perse manâ pitd veut dire a men père d; on le trouve traduit ahua, M. Renan « ne me contredira pas », mais il trouve mon
interprétation attaquable sur beaucoup de points. Qu'il attaque donc Fesh deux mots i*inM et i*tiK> et qu'il renverse lés preuves que j'ai données k plusieurs endroits ^ : qu'il détruise donc la fomiule kinia abu u ummu « comme père et mère ». Maiis les points nombreux se réduisent à ub seul : k ^miHÈtiVB du vkoI afbu.
li y a mi fait ddnt M. RèÉttii fié ddùtè pas : c'^t que de deai sigotés idéographiques, l'un signifie dieUf l'autre roi; le se^ É0kl est certain. C'est h ^ pures cé que GtDtlefend â til, il y a bientôt cinquante ans. Estce qa'(m n'atMit Itkfh his^rè éeptik lots ? 11 est pourtant aùez proha^k ifBL^Û y dit eneore qùélqiié éliosè Ae découvert, et ces découvertes doivent se ti'Otive^ p&tiÊt les tto&bréiki faite sur lesquels M. Renan garde tMi éilèilèe trop diâc^et?. SÀtts ëèmplet lés mots que contient l'ihscriptioh «t lés autres aùiqtfétis s'arrête le savant critit^e, il est, dans les trétité pttges de 121 À 154, quéstioh de tèht ^éarante formes assyriennes dônft M. Renail ne dit pas Un mol. « Dairà quelle proportion se môle d, peut ces cent quarante mots, « le certain, le probable et l'incertain? » Gomtten y en â-t-il à'assét p'i^c^ahfeê, et éombien de peu prahahles?
l'aurais préféré, dând l'intérêt de ciôs recherches nouvelles, où Ton tL besoin du contrôle d'antrài, nn eiainéifi plus net, plus décisif. Qu'on relève hardiment mes eiN^urd, n^élis (fa'on reconnaisse franchement mes découvertes. Car aucun fait dé )À critique de M. Renan n'a réformé vn iota de ce que j'ai dvaâcé^ et moitié touteà lés erreurs qui s'y trouvent Bont encore debout, ftt. RetdA a pÀ sbulever det préventions mal fondées contre ces étudeir dânâ l'éëp^t de ceux qui éont étrangers à ce^ recherches : néanmoins , àion amour de la vérité aurait de tout cœur passé sur le ton peu bienvéillakit de ses objections , si l'acerbité de la forme était excusée par la piâssianbe de la éritique.
I Bœp, Met, ll« p. 44, aes, 161 ; Éi. atiffr,, p. 147, iSOi 18t) Jomm,As.f f886« VU, p. 45».
Dans la troisième partie de mon travail, j'ai soumis à une analyse rigoureusement philologique les textes unilingues de Babylone et de Ninive. J*ai donné le texte cunéiforme, une transcription en caractères latins, une traduction interlinéaire latine, une analyse grammaticale de chaque signe, de chaque mot, une traduction française et une tranicription en lettres hébraïques. J'ai ainsi fourni assez d'éléments à Tezamen de M. Renan. Mon savant critique pouvait donc s'expliquer en quoi les inscriptions deNabuchodonosorsurses édifices, ses canaux, le temple de Mylitta, ne sont pas ce que je pense. Il pouvait contester ma traduction du fragment de la grande inscription qui traite des murs de Babylone, ou l'exactitude des vérins que je fournis des textes de Nériglissor, de Nabonid, de Naramsin. Il était à même de réfuter l'interprétation des briques de Sargon, celle de la tablette votive en l'honneur de la fondation de Rhorsabad , celle des inscriptions du Harem » celle de la légende du Louvre qui explique la scène da bas-relief qu'elle accompagne * . Il avait l'occasion de combattre mes lectures des noms royaux Tiglatpileser, Assurdanilan, Sennaebérîb,Sardanap£de^A8sarhaddoD, Assar«^ nadis, Baladan, Naboaassar, Saosdoukîn, Séleucos, Antiochus, Di§métrius.
M. Renan n'a pas oritiquë mes Lectures, il n'a pas attaqué les principes de la grammaire, il n'a pas combattu le sens général des textes que f établis. Il veut bien, dans un passage k deux fins, parler de ma « rare pénétration » ; dans un autre il loue ma « bonne foi ». Mais accepte-t-il les résultats inconnus aux lecteurs qui n'auront pas lu mon livre? Il passe sous silence de six ^ sept mille faits philologiques ; il dit seulement
« Ceti à rmierprèUlton 46 oitte Myen^o que ■. Renan aurait àA s'aUaquer, puiaqu'alle est oonlérnin m a»|al du bai raUaf, pmn l*apfrédatian da ^wl oa n*a pat beiaiki d« laf oir lira lea inacri^oua aunéiforBea.
que « j'ai l'air d'être plus hardi et ingénieux, que solide et précis ' », et cela parce que, dans une note d'un autre ouvrage, les Études assyriennesj dont M. Renan n'a pas parlé jusque-là, j'ai proposé de fausses étymologies des mots grecs :^£XTpov et (xoXuêSoç ; parce que j'ai mal interprété le second élément kudurr du nom Nabukudurrusur, Nabuchodonosor, quoique j'aie dit (p. 258) « que le sens de cet élément était encore à trouver ». Si encore les opinions de M. Renan étaient plus spécieuses que mes vues très-problématiques sur ces petits accessoires ; mais elles sont tout aussi hypothétiques.
Quand M. Renansignale h la réprobation des sémitistes la racine dagal «attendre», dont je rapproche l'hébreu e2e^e/« étendard», mon rapprochement peut être erroné ; mais que le traducteur assyrien de l'inscription de Bisoutoun l'ait employée dans ce sens plusieurs fois, et cela dans une forme très-sémitique, cela n'est réellement pas de ma faute. Puisque l'original perse esta côté, et le sens n'en est pas contesté, il aurait au moins fallu attaquer mon déchiffrement.
Ces griefs et une dizaine d'autres aussi peu graves , dont plusieurs même sont très-mal fondés, forment les seules objections que M. Renan fait valoir contre plus de deux cents pages in-4°. C'est de là qu'il déduit une foule d'accusations générales. MM. les assyriologues n'ont pas une juste idée de la fluidité (!) du langage. Je ne connais pas les idées de MM. les assyriologues sur ce point important, mais je doute que, si leurs idées sont fausses, ils trouvent beaucoup d'instruction à cet égard dans l'article de M. Renan. Mais MM. les assyriologues n'en reconnaissent pas moins le mérite hors ligne des travaux de M. Renan, quand même ils ne s'expliqueraient pas l'interprétation de Saqanmelck (où M. Renan confond un q avec un k)y les étymologies de Surmuhely de Sanchouniathon^ de OOaêocXXoOoi;, de SaXfxoeXaÔoç ^, de OuaSSY)Xoç, de Hobal (où
1 Que reut dire M. Renan , par ces paroles trés-peu précises, en rue de l'applicalion rigoureuse de régies grammaticales découvertes par moi ? M. Renan est-il précis et solide quand il traduit en langue civilisée les incartades d'un certain savant, datées longtemps aoonl l'apparition de l'expédition de Mésopotamie?
t M. Renan y voit le mot arabe ilah, dieu, allah, le dieu» dont le h, en vertu d'une loi générale des langues sémitiques, ne peut Jamais se changer en th, parce qu'il est ra<dlcal. De l'existence de ces noms, M. Renan conclut au monothéiime des Paimyréoiensi
M. Renan voit l'hébreu habaal) * et les quelques autres élymologies de notre trop sévère critique. MM. les assjriologues diront : « Pauperis est numerare pecus : quand même vous nous prouveriez la fausseté de six cents faits, soyez clément à cause des cinq mille sept cents autres ! - »
On s'étonnera peut-être de ce parti pris de malveillance à Tégard de ces études; mais nous croyons que, psychologiquement parlant, M. Renan traverse une phase qui T amènera vers la vérité. Poussé par des consrdérations ethnologiques très- contestables, M. Renan a nié d'abord le sémitisme des Assyriens. Nous ne savons pas de quel droit il a pu traiter des hommes qui étaient dans le vrai sur ce point, comme ayant plus ce de hardiesse que de philologie et de méthode ^ ». Plus tard il a accordé qu'il y avait en Assyrie un fond sémitique. Maintenant M. Renan étend cette même concession à la langue assyrienne ; et bientôt, nous espérons, il proclamera avec nous que la langue assyrienne est une branche des langues sémitiqueSy tout aussi sémitique que Thébreu, le chaldaïque, Taraméen, l'arabe et l'éthiopien.
Dans la première édition de son ouvrage, M. Renan a parlé de la langue à jamais perdue des conquérants de l'Assyrie. M. Renan dit aujourd'hui que cette épithète ne se rapporte pas à la langue des inscriptions, mais à l'idiome que parlaient les Casdim touraniens. Je suis enchanté de trouver dans cette interprétation une première influence des travaux sur les textes cunéiformes. Mais si la langue à jamais perdue n'est pas la langue assyrienne, pourquoi M. Renan cite-t-il à l'appui de son opinion les noms inexplicables f selon lui, de Sennachérib, Sardanapale et d'autres, qui sont justement des noms de cette langue assyrienne ? C'était, je crois.
Undis que la présence du th déoote ou la forme fémiDioe t7aAa(/i, la déesse, ou le pluriel olihatht les dieux. En présence de tels faits, je réclame l'indulgence pour mes erreurs.
1 Même requête. Ce serait, nous pensons, au moins habba'al, et nous ne parlons pas da aAn, au sujet duquel M. Renan rejette l'explication , inadmissible, selon lui, de Sen* naar par SinnaJuir, Mésopotamie, les deux fleuves.
1 Le nombre de faits contenus dans VExpédiUon de Mésopotamie, ce dont tout le monde peut se convaincre, est de 6,500, de ceux des Études assyriennes, 1,800. Total 8,300. Ce cbilTre s'amoindrit de deux mille, par suite des répétitions comptées dans celte éf aluation« comme par la défalcation des opinions erronées. Restent donc six mille trois €€ntt faits qui peuvent être comptés comme assez sûrs.»
3 Gela n'est juste que pour VLoise, qui était peu philologue.
une bonne occasion de prouver que.nos interprétations de ces noms ne sont pas au89i irréfutables que nous croyons l'avoir démontré dans de longs chapitres de notre livre.
Les Assyriens une fois devenus Sémites^ la langue assyrienne une fois reconnue comme sémitique, une partie du système de M. Renan sera modifiée. Mais, pour garantir Tiatégrité de ce système, devrous«-nous siicrifier la vérité?
En somme, qu'a fait la critique de M. Renan?
A-t-elle détruit les bases du déchiffrement ? Non, elle les reconnatt.
A-t-elIe ébranlé les principes du syllabisme, dé TidéograpHisme; de Torigine hiéroglyphique, de Torigine non sémitique de l'écriture cunéiforme? Non, elle les reconnaît.
A-tr-elle démontré la non-existence dé la polyphonie? Non, elle a dû se rendre h l'évidence.
A^t-elle pu trouver des raisons suffisantes pour nier le complément phonétique? Non, elle ne le trouve que bizarre.
A-t*elle pu démonirer lenon-sémitismede là langue' des inscripttons ? Non, puisque toutes ses observations, peu coneluairtès si eHes' étaient fondées, ont été réfutées.
A-tp-elle pu contester le sens général d'tine seule des inscriptions de Babylone et de Ninive? Elle n'a pas même tenté de le faire.
A-t*ellepu substituer aux explications du détail, sans doute^erronées en plus d'un point, une interprétation plus conforme à la vérité? Non, elle n'a pas même soupçonné lee rectifications que nous pouvons faire ' nous->méme.
A-tp-elle été utile à la science ? Oui, elle a consacré, pour la première fois, par la discussion, la réalité du déchiffrement des inscriptions ounéiformea.
Après ce résultat, nous pouvons nous borner à applaudir aux principes et conseils que M. Renan veut bien nous donner à la fia-: Il faut suivre une ligne rigoureusement philologique, être réservé et modeste, ne pas briguer les applaudissements du grand pvhlic et se contenter deft^ufirages de» savants d'élite !
M. Renan croit aussi qu'un changement d'esprit soit nécessaire»
]%)U$ somipoçlieureux de ppu^rQÎriapo^firlestCoiiseJil^de^Mi. Renan; Tmst plapés comme ils le 9(y^lm.^\nt 4q vi^fi <)e,l#^rbi9tpQi^^9 ils-cynl p^squQ l'air d^ reproches, e|, ce qwi est pli^ gfav^, *^ peri^qnali^^ft. Or telle oepQut être l'intentipo 4^ li^. R^pan, Il sait qij^., 4f^, bion^^ foi, ré^eryé et modeste, j'ai le QQ^rag^ c^ i^Qn igu<^i:«^GQ>, QQjfm^^lft CQDScience de ma faillibilité. U p^^t encore supposer q^^t l0 $q$)Qq4| volume de Texpédition de Mésopotamie^ n.*e§tpa^:diegtiDé poqr. le puUic: d^ la Revue des Deux-Bfonde^ etdi|,Ja^rn(yr<{eft Dfk<H9^ Nl^jQabpe d^i rinstitut, il pourrait même deviner quels soqt lçi3il)pmmei9.dQnt JQ: dér sire avant tout avoir Fapprobation.
M. Renan ne peut exiger que tout le monde ait ses rares talents d'écrivain, et puisse charmer le lecteur par sa beUe plume. Ou Tcovrewt 6eol yol^Uyzol $iSou(ti avSpafftv.
Ordinairement l'un exclut l'autre : tels hommes sont de modestes travailleurs, sans briller par leur style ; d'autres sont d'éminents écrivains, ^t peuvent vulgariser les idées des autres. M. Renan dit que Champollion et Grotéfend étaient de médiocres philologues : soit , mais ils avaient leur mérite. ^
Quant au changement d^ esprit nécessaire , je sens certainement la nécessité d'une plus grande perfection, comme celle d'acquérir de nouvelles connaissances, et de substituer à mes erreurs les résultats d'une incessante étude. Je compte sur le concours d' autrui, surtout sur les lumières d*e M. Renan, qui ne nous refusera pas de mettre le succès de sa critique future à la hauteur de sa sévérité.
Ainsi, quoique M. Renan n'ait pas infirmé un seul de nos points principaux, et qu'il n'ait pris en considération que des détails complètement indifférents, nous ne pouvons, en réponse de toutes les objections de sa part, que le remercier sincèrement de sa critique ; car nous nous sommes ainsi exprimés à la fin de notre livre :
<c Dans l'intérêt de la science, nous désirons un contrôle consciencieux, un examen désintéressé. Nous appelons de tous nos vœux la critique des détails qu'il faudra ou infirmer, ou accepter.
(C C'est la seule discussion des faits qui fera jaillir la lumière,qui mettra la vérité dans tout son jour et la fera passer dans le domaine public, en dissipant la dernière ombre qui offusque toute découverte, celle de la personnalité. Que les efforts des philologues du dix-neuvième siècle rendent lisible de nouveau une grande page depuis longtemps effacée de l'histoire humaine : peu importe celui qui en aura enseigné la lecture à la postérité, et qui aura révélé aux générations futures la vérité, comparable au diamant dont Téclat ne perd ni ne gagne, quel que soit rhumble mineur qui Tait trouvé, quel que soit le patient ouvrier qui Tait mis en œuvre. »