‹ No. X., Les espèces d'Alpheidae rapportées de l'Océan IndienChapitre 8 sur 13 · A. gracilis Heller · texte numérisé non relu

A. gracilis Heller

Chagos, Salomon. Coetivy.

35. A. gracilis var. alluaucli H. Coût., Alph. Mald. et Lace. p. 882.

Providence Island, 1 sp. mutilé.

36. A. paragracilis H. Coût., Alph. Mald. et Lace. p. 883, pl. 76, fig. 22.

Coetivy.

Alpheus sp.? (Plate 62 , fig. 15.)

Metalpheus n. gen. ?

Il s’agit ici d’une forme très remarquable, peut-être identique à VA. rostratipes Pocock,

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ce que je ne saurais décider en l’absence du type. Cette identité ou valeur spécifique est d’ailleurs secondaires en l’espèce, en présence des différences qui séparent ces formes du genre Alpheus lui-même, et conduisent presque à la formation d’un nouveau genre.

Le rostre émerge entre les échancrures obliques des voûtes orbitaires, qu’il égale en longueur. La protection des ophthalmopodes n’est pas assurée du côté antéro-interne.

Comme chez VA. rostratipes, les articles antennulaires sont aussi larges que longs. Toutefois, le 3 e est 1 '5 fois aussi long que large. Le stylocérite atteint le milieu de l’article médian. La large écaille du scaphocérite atteint le tiers proximal, et son épine la moitié de l’article distal antennulaire. Le basicérite est volumineux, beaucoup plus haut que long surtout, avec une forte épine latérale, et le carpocérite, dépassant l’antennule de la moitié au moins de l’article distal, n’est guère que l‘5 fois aussi long que large.

Le volume de l’antenne contrastant avec le faible développement du scaphocérite, l’épaisseur des articles et des fouets antennulaires sont des caractères insolites chez Alpheus , rappelant surtout les genres Arete et Alpheopsis.

Le labre possède également un volume excessif. Il descend verticalement entre les bases des antennes, et sa hauteur égale celle du céphalothorax, de façon à constituer une sorte de mufle qui donne à l’espèce une physionomie très spéciale. La partie inférieure en est enfermée, comme dans des valves, entre les psalistoines très élargis des mandibules, dont le palpe est entièrement invisible du dehors. Le psalistome porte une dizaine de faibles dents sur une courte portion de son bord supérieur. Le processus molaire est inclus, comme toujours, entre le labre et les paragnathes, très développés également. C’est là une forme de la mandibule unique jusqu’à présent chez les Alpheidæ.

La maxillule et la maxille ont leur forme normale. Sur le 1 er maxillipède, l’article distal du sympodite est largement arrondi, l’endopodite et l’exopodite soudés sur leur tiers proximal, ce dernier avec un très étroit lobe a (Boas).

Le 2 e maxillipède a son épipodite en fonne de sac membraneux. Le 3 e a son article distal foliacé, très élargi (un peu plus de 2 fois aussi long que large) excavé de façon à recevoir la masse du labre, des mandibules et des maxillipèdes précédents, comme chez V Alpheopsis jissipes H. Coût. L’article distal est conique, pourvu des soies sériées habituelles, sans épines terminales. Il y a un bourgeon d’arthrobranchie à la base du membre, avec une trace de bifurcation.

Par une malchance singulière, les 2 spécimens que j’ai étudiés ne possèdent qu’une seule des pinces de la I e paire, de même que les types de VA. rostratipes. Je suis porté à croire que les deux pinces sont semblables. Sur un spécimen sec de VA. rostratipes (S. Kensington Muséum) la seule pince présente est si volumineuse qu’elle représente bien plutôt la grande. Sur un des deux spécimens de la forme ici étudiée, la pince opposée est en voie de régénération, elle a dépassé le stade de forme indifférente, et apparaît très semblable à son opposée comme aspect général et proportions.

La 2 e paire est courte et massive. Les segments du carpe décroissent du 1 er au 4 e , ce dernier plus large que long, le 5 e égal au 1 er . La 3 e paire a le méropodite très massif, inerme, 3 fois aussi long que large. Le dactyle est bifide, avec une saillie ventrale surnuméraire plus marquée chez le $.

La 4 e paire n’a pas d’épipodite en crochet. Les rames des pléopodes, chez le $, sont

beaucoup plus courtes que le sympodite, presque dépourvues de soies et de longueur égale. La 2 e paire fait exception en ce que la rame interne est étroite et très longue.

Chez la $ les rames sont plus longues et aussi plus larges que le sympodite, et le rétinacle de la rame interne est lui-même très élargi, si bien que la rame paraît simplement bifurquée sur son tiers distal.

Volume des fouets antennaires et de l’antenne, incomplète protection des yeux, volume du labre, forme très spéciale des mandibules, du 2 e maxillipède, du 3 e maxillipède, des pinces de la I e paire (?), brièveté de la 2 e paire, réduction du nombre des épipodites, forme très spéciale des pléopodes, tels sont les caractères que l’on pourrait invoquer pour la séparation de VA. rostratipes et des formes affines. Le nouveau genre pourrait recevoir le nom de Metalpheus s’il était conservé.

D’autre part, ces espèces montrent avec VA. paragracilis H. Coût, une ressemblance très grande, au point que tous leurs caractères différentiels s’y retrouvent, y compris l’absence d'épipodite sur la 4 e paire. Mais ces caractères sont pour la plupart atténués. Il en est ainsi pour le volume de l’antenne et sa disproportion d’avec le scaphocérite, pour le volume du labre, la grandeur du psalistome des mandibules, du sympodite du 1 er maxillipède, la largeur de l’article basal du 3 e maxillipède, le volume de la petite pince, la brièveté de la 2 e paire, pour la forme même des pléopodes. En un mot, VA. paragracilis ne possède plus en propre qu’un seul caractère le séparant nettement du genre Alpheus, l'épipodite du 4 e péréiopode. Et si l’on passe à des espèces telles que VA. socialis, également très voisine, ce dernier détail disparaît.

On voit donc l’intérêt qui s’attache à la connaissance plus complète de VA. rostratipes (et de l’A. sp ? qui en est peut-être distinct) surtout pour savoir si la grande pince est ou non celle d’un Alpheus.

On peut noter que VAlplieopsis Jissipes, la nouvelle espèce décrite plus avant, possède, seule du genre, les maxillipèdes de la 3 e paire très élargis et les dactyles bifides. Si, là encore, les pinces de la l re paire étaient connues, peut-être possèderait-on un repère précieux pour fixer la validité du genre Metalpheus. Par son rostre, VAlplieopsis jissipes se rattache à VA. equalis, dont les pinces ne sont pas sillonnées. On conçoit très bien dès lors qu’une forme telle que Metalpheus, dans l’hypothèse où ses pinces seraient semblables et non sillonnées, soit sortie d’une autre telle que VAlplieopsis jissipes.

D’autre part, le groupe megacheles, parmi les Alphées, présente comme je l’ai montré, les ressemblances les plus étroites avec les Alpheopsis tel que VA. trispinosus et VA. chilensis, à pinces sillonnées. Comme les 2 sections du genre Alpheopsis sont fort voisines, il n’est pas étonnant de rencontrer chez leurs dérivés Alpheus et Metalpheus des convergences comme celles qui rapprochent VA. rostratipes et VA, paragracilis.

37. Alpheus amirantei H. Coût., Bull. Soc. Phil. 1908, p. 15. (Plate 63 , fig. 16.)

Cette espèce se rapproche plus de VA. paragracilis H. Coût, que d’aucune autre, mais elle en est facilement séparable.

Le rostre étroit se continue par une faible crête, un peu élargie derrière les voûtes orbitaires ; il est séparé de celles-ci, en avant, par deux très faibles sinus concaves du bord frontal, le reste du bord étant régulièrement convexe et inerme.

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