‹ Nobiliaire d'Auvergne (volume 2)Chapitre 43 sur 46 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

Domeyrac pendant «les siècle* (1). >oy« Laxgeac et Pa-

PABOEPF.

de ROQUEMAURKL , quelquefois ROQUEMAURET , seigneurs , puis marquis de Roquemaurel , d' Albiac , d'Espinassols ; vicomtes de Montiigut, barons de la Noaille, de Montastruc et autres lieux en Auvergne , en Quercy, en Limousin et en Languedoc.

Le chAteau qui a donné son nom à cette famille , est situé dans la commune de Cassaniouze , près de Calvinet et de Montsalvy. — Dans l'article qui précède, nous avons dit les motifs qui nous font considérer comme erronée l'assertion de M. Lainé relative à Albert et Robert de Roquemaurel , bienfaiteurs du monastère de Sauxillanpes, en 1059 et 1108. Celte observation, dictée par le seul désir de faire preuve d'exactitude, ne diminue en rien le mérite de la maison de Roquemaurel, reconnue depuis longtemps pour l'une des plus anciennes et des plus distinguées du Carladez. Son origine comme celle de presque toutes les maisons de vieille chevalerie , se perd dans la nuit des temps. — Béton de Roquemaurel, chevalier, fut présent à l'hommage queGuérin de Châteauneuf, baron d'Apchier, rendit à Jean d'Armagnac , comte de Rodez , le mardi avant la fête de saint Laurent 1323. — Autre Uéton de Roquemaurel, aussi che-

(1) Voyez Jtoivie, t. i, p. 87; t. n, p. 57.— D. Coll.— Chabrol , t. iv, p. 232.— Tablelles historiques de l'Auvergne , 1. 1 , p. 347,

valier et capitaine d'hommes d'armes, vivait en 1420 et 1428. — Aymeric , alia» Mérigot de Roquemaurel , fut inscrit à VArmorial.de 1450. — Méry, ou Aymeric de Roquemaurel , abbé de Figeac en 1410 , mourut évéque de Montauban en 1449. Antoine de Roquemaurel , camérier de Figeac en 1415, devint abbé du même monastère en 1526 ; et un autre sujet de la même famille était prévôt du chapitre de Montauban en 1542.

Plusieurs branches de cette maison subsistaient lors des recherches de 1666. La première , celle des seigneurs de Roquemaurel , d'Albiac et d'Espinassols , descendait de Guillaume de Roquemaurel, damoiseau, connu par un titre de l'an 1180, et par une transaction passée le 24 septembre 1491, entre Hélène de Beaufort, abl)esse de Leyme, en Quercy, et Jeanne de Barasc, prieure de Lissac, même province. Guillaume de Roquemaurel eut pour fils :

Pierre de Roquemaurel, qui épousa Marguerite de Jean , alias Dejean , famille du Quercy , fondue dans celle de la Font-de-Saint-Projet , en 1560.

Begon de Roquemaurel, fils du précédent, s'allia, le 10 décembre 15 18 , à Françoise de Veilhan , fille d'Edme de Veilhan et de Cécile Sluart, et fut nommé capitaine gouverneur du château de Calvinet , le 30 juillet 1563. Il laissa :

Claude de Roquemaurel , marié le $9 janvier 1582 , à Charlotte de Genouillac de Gourdon-Veillac , fille de Jean de Genouillac-Gourdon-Veillac , chevalier de l'ordre du roi, et de dame Marguerite de Ségur-Pardaillan. 11 en eut :

Antoine de Roquemaurel, seigneur d'Albiac, qui épousa, le 14 février 1610, Gabrielle de Gaulejac, fille de

Jean-Man de Gaulejae., vimmle rie Puv-Galvol , chevalier de l'ordre du roi, et de Mari»- de Gironde de Monlcléra. De celle union naquirent , entre autres enfants :

1° Jean-Mare de Roquemaurel, qui forma le degré suivant ;

2° Jeanne de Roquemaurel, reçue rhanoinesse de l'ordre «le Malt»' à Beaulieu-lssindolus, sur preuves régulières de huit quartiers , le 20 octobre 1651. Elle fit profession au même établissement le 4 juillet 1653, et devint l'une des dignitaires du chapitre le 17 février 1679.

Jean-Marc de Roquemaurel, seigneur ri'Albiae , d'Espinassols et autres lieux , s'allia le 22 janvier 1640 à Catherine de Cajarc, fille du seigneur de Gajarc et de Gailhac, en Quercy, et fut maintenu dans sa noblesse lors des recherches de 1666.

Jeax-Josepii de Roquemaurel, seigneur d'Albiac, assista , avec François de la Roque de Scnezergucs , et autres, au contrat de mariage de Jean-Gabriel de Gascq , seigneur de Mialet, avec Charlotte de Benoît , le 30 août 1700.

Le marquis de Roquemaurel , dernier rejeton de la branche d'Auvergne, n'ayant laissé que des filles, l'une d'elles épousa, avant 1760, N... de Roquemaurel , son cousin, baron de la Noaille , près de Tulle , rie sorte que la succession par mâles ne fut pas interrompue. Quatre représentants île cette famille , possessionnés en Limousin et en Auvergne , furent portés sur la liste des émigrés en 1792.

Le marquis de Roquemaurel , membre du conseil d'arrondissement de Mauriac avant 1830 , a laissé do Mlk' de

Peyrc , sa femme , un (ils et une fille ; le fils , Louis-Henri de Roquemaurel , a éj>ousé à Paris, au mois de jan- \ier 18W, M" de Long, originaire de l'Agénois, et morle des suites de œuche au mois d'avril 1850, laissant un fils «fui lui survit. La tille, AdMe de Roquemaurel , a épousé M. Louis de Douhel, liaron d'Auzers.

Outre les alliances sus-mentionnées , nous en connaissons avec les familles d'Aroux, deBarriac, «le Bessuéjouls-Ro- (luelaure , du Fa yet de la Tour , de Gascq , de Montai , de Seguy , de la Vallelte et de Veyre.

La branche des seigneurs de Monlégut, au pays de Foix, maintenu»» dans sa noblesse le 5 mai 1667, a fait de nouvelles preuves pour l'admission à l'école militaire de MM. Jourdain-Elicnne-Bernard de lloquemaurel , et Jean- François-Marie-llippolyte de Roquemaurel, frères, le 6 mars 178i.

Celle des seigneurs de l'Isle, d'L'stou et de la Tour, en Comminges, fut maintenue le 21 juin 1698.

Celle des seigneurs de Montastruc le fut le 22 avril 1700. Elles portaient toutes :

D'azur, ù trois rocs d'échiquier d'or; au chef d'argent chargé d'un lévrier courant de sable (I).

(Voyez pl. 18, flg. 1".)

i) Productions de iG&ù— Preuves pour l'ordre de Malle. — Manuxcritdc D. Coll —La Chcnoyedcx-Boix , I- vi , p. 280.— Documents divers.

df ROQUENATOU (Ripenato). — L'ancien cbateau fort de Roquenatou, ou, suivant M. Delzons, la Roque- Aton, situé dans la commune de Marmagnac, à quatre lieues d' Aurillac , fut le berceau d'une antique race de laquelle était Pierre de Roquenatou , quinzième abl>é de Saint-Geraud-d' Aurillac, mort en 1129, après une administration de vingt-deux années pendant lesquelles il enriebit et embellit le cloître de l'abbaye. — Arduin de Roquenatou (de Rupenato), fut père de Pierre de Roquenatou, dit de la Rive, marié à Esmenarde de Croset , qui fournit reconnaissance féodale au vicomte de Cariât, à raison du mas de la Rive , ou la Ribe , paroisse de Vie , en 1337. Il paraît que cette famille portait indifféremment le nom de Roquenatou, ou simplement celui de la Roque. M. Mazure, auteur de l'Auvergne au quatorzième siècle , cite , sur les indications de M. Delzons, Aton de la Roque, ou de la Roque-Aton, cbevalier de Ta compagnie de Bcrtucat d'Albret , qui fut massacré à Aurillac, en 1363 ou 136i, pour avoir tenté , de concert avec le vicomte de Villemur, Iwron de Calvinet, d'introduire les Anglais dans la ville (1). A la même époque, c'est-

(1) Nous manquons de renseignements précis pour pouvoir contester l'identité à' Aton de la Roque avec les seigneurs de Roquenatou, mais elle nous semble très-douteuse : le nom de Roquenatou, ainsi qu'on vient de le voir, était connu en Auvergne dés l'an 1100; celui a' 4 ton, entièrement isolé dans notre pays, est importé des provinces méridionales, où il était en usage dans un grand nombre de familles que nous pourrions citer. Or, tous les acteurs de l'entreprise sur Aurillac étaient Gascons : Bertucat

à-dire en 1365, vivait Pierre «le la Roque, coseigneur de Roquenalou, conjointement avec Savary «le Moisset, seigneur de Rcquiran. Viennent ensuite Jean de Roquenvtou, qui fut compris à X Armoriai de 1450, et Guillaume de la Roque, marié le 5 avril U97, 5 Atoinette «le Moisset, alias la Moissctie-de-Requiran. Ce dernier fut la tige de la maison de la Roquc-Montal , ainsi qu'on peut le voir par les productions «le cette famille en 1666 (1).

ARMOIRIES. — Inconnues.

de ROQUEPLAN, seigneurs «le la Marade, près deSaint- Paulien , vers les limites du Yela.v. Cette famille paraît originaire du Gévaudan. Guillaume de Roqueplan vivait dans

d'Albret, Gascon ; Arnaud de la Vie, vicomte de Villemur, baron de Calvinet, Gascon ; Aton de la Roque, très probablement aussi Gascon, car nous ne sommes pas éloignés de le croire de la maison de la Roque de Seoezergues , et l'on sait que celle-ci , comme celle de la Vie de Villemur, n'a été introduite en Auvergne que pour recueillir une partie de la succession d'Eustache de Beaumarchais , qui lui même était Gascon. La ebose prise de ce point de vue, on comprend très-bien que les propositions du seigneur de Scneiergucs , possesseur d'un fort chàleau à deux pas de Calvinet, cl celles de Bcrlucat d'Albret, qui , de son côté, se trouvait très à portée de se saisir, s'il ne l'avait déjà fait , de la vicomlé de Villemur, durent iutluer beaucoup sur la détermination du susdit vicomte de Villemur, baron de Calvinet, commandant d'Aurillac. De semblables considérations motivèrent très-souvent des changements de drapeau pendant celte guerre, dont l'issue resta si longtemps incertaine.

(1) D. Coll.- Noms féodaux, p. 338 — Tablettes historique* dt V Auvergne, t. u , p. 371. — V Auvergne au quatorzième siècle , p. 321 à 329.

le diocèse do Monde on 1550 ; Jacques de Roqueplan . éeuver, fit foi-hommage à cause de la maison forte, domaine et haute justice do la Marade, relevant en fief de la vieomlé de Polignae en 1669 ; Claude de Roqueplan, aussi couver, accomplit même formalité en 1718 ; et M. de Roqueplan , rapitaine au régiment du Lyonnais , était seigneur de la Marade en 1780 (1). Mais le |>ersonnago le plus important, le plus historique do relie famille , a été Claude-Amable-Vinrent de Roqueplan , né au Puv le 5 avril 1729 , entré au service en 174i , et parvenu au grade de lieulenant-général au mois de juillet 1791 , après quarante-six ans de glorieux services en Flandre, en Allemagne, en Amérique , el enfin à l'armée du Gard , où à force de zèle et d'activité , il parvint à mettre en état de défense plusieurs places do guerre qu'il avait trouvées totalement déj>ourvuos. Le général Roqueplan mourut, selon les uns, le 7 mai 1801, et selon d'autres , le :i décemhre 1819 ;2,. — Le nom de Roqueplan est avantageusement connu de nos jours dans le monde littéraire.

ARMOIRIES. — D'amr, à tae fisced'or, surmontée de doux (ours d'argent.

(Voyez pl. 18, flp.2.)

ROQUET , voyn (I'Estrkssks.

(1) Xoms féodaux t p. SU.— Chabrol, l iv. p. 273.

(2) Biographie des généraux de la Haute-Loire, par M. Ou mol n

la R0QUEV1EILLE. — Terre seigneuriale importante , à environ trois lieues au nord d'Aurillac. Elle a pu èlre le berceau de Jean de Rochevieille , que T). Coll cite comme vivant en 1288. La maison de Tournemire possédait celte terre dès l'an 1370 , au plus tard , et la conserva jusqu'à 1516, époque à laquelle Jeanne de Tournemire la porta en mariage à François de Nozières-Montal , dont l'un des petitsfils , Rigaud de, Nozières-Montal , marié à Marie de Salers , fut père de François-Gabriel de Nozières-Montal, époux d'Anne de la Tour-de-Saint-Paul et seigneur de la Roquevieille en 1666. Cette terre a passé depuis dans la maison de Caissac, qui y fait sa résidence.

de ROSIER ou des ROSIERS, seigneurs de Laval, de Moncelel ou Moncelès, de Vichel, de Saint-Cirgues , de Bonlieu , de Vazeilles , et autres lieux , élection d'Issoire. — Cette famille , qui descendait f >eut-être de Guy de Roziers, garde des sceaux des montagnes d'Auvergne en 1331) , a prouvé sa fdiation depuis Jean de Rosiers , écuyer, connu par une transaction du 20 mai 1520, et par son testament du 20 février 1557. Il laissa de Jacquette d'Auriouse-Saint- Quentin, deux fils, Annel et Jean de Rosiers, qui formèrent «leux branches.

La première, celle des seigneurs de Laval, alliée aux familles d'Oradour , d'Autier-Villemontée , de Longa, de l>igons, était représenté» en 1666 |wr Charles cl Gabriel de Rosiers, frères. Charles avait épousé , le 16 février 1665,

Marie de bigons , de laquelle il eut François de Rosiers , père d'Annet-Charles de Rosiers , lesquels firent successivement hommage au roi à cause des fiefs de Laval , Moncelet et Vichc-1 en 1669, 1716 et 172i.

La branche des seigneurs d'Herminières, alliée aux familles d'Herminières, de Roclicfort et la Valette, était représentée à ladite époque de 1666 |>ar Ballhazar de Rosiers, retiré du service depuis 1649 après dix-huit ans de campagnes, pendant lesquelles il avait assisté à de nombreux sièges et batailles et reçu huit grandes blessures qui l'avaient rendu perclus (1).

ARMOIRIES — D'aznr, au chevron d'or accompagné de trois roses d'argent.

(Voyez pl. 18, fig. 3.)

de ROSTAN (peut-être de ROSTAING). — François de Rostan , garde du corps du roi , domicilié à la Mothe, près de Brioude , ne vivait plus en 1636 ou 1666 , et sa veuve, dont on n'a pas conservé le nom , ne répondit à l'assignation que pour réclamer l'exemption de la taille seulement , ce qui fait supposer qu'elle n'avait pas d'enfants.

Il y a apparence que le vrai nom du défunt était Rostaing , famille très ancienne et très distinguée du Forez , alliée à celle de Robertet , de Lévis-Cousans , de Serpens- Gondras , de Châleauncuf-Roehebonne , de Flagcac , d' Alègre , d'Apchier, de Crussol , d'Escoubleau , etc.

(I) Production de 1666.— Nom féodaux , p. 867.

D'autres familles du nom de Rostaing ont existé en Dauphiné et en Languedoc, et l'une d'elles a fourni un signataire de l'acte de coalition de la noblesse d'Auvergne en 1791. Le marquis de Rostaing était colonel du régiment Royal-Auvergne en 1781.

Celle du Forez portait : d'azur, à me roue d'or surmontée d'une fasce ou trangie de même (1).

de la ROUE (i>e Rota), sires de la Rouë , seigneurs de Montpeloux, de Saint-Anthème , de la Chaux, d'Usson, de minières, et autres lieux en Auvergne, en Forez et Velay.

La terre et chàtellenie de la Rouë , commune de Saint- Anthèmc, près d'Ambert, relevait en lief du comté de Forez ; mais elle ressortait de la sénéchaussée d'Auvergne. Elle a été l'apanage de trois familles distinguées par leur ancienneté chevaleresque , leurs services , leurs alliances , leurs nombreuses possessions, et auxquelles elle a successivement transmis son nom. Avant la révolution on distinguait encore les ruines de l'ancien château avec une tour carrée qui avait résisté aux siècles. Les châtellenies de Montpeloux et de la Chaux en Auvergne, ainsi que celle d'Usson, en Forez , relevaient du château de la Rouë (2).

1) Voyez Noms féodaux, p. 847. —La Chenaye-det- Boit , t. ut, p. 202. 203 — Comie de Waroquier, t m, p. 92,93.— Saint- allait, t. !.

(2) Voyez Chabrol, t. iv, p. 296, 389, 778, 827.

La première maison de la Rouë , qu'Audigier croyait issue de celle de Montboissier , remontait à Humbcrt de la Rouë, qui fit des legs au prieuré de Saint-Sauveur et à l'abbaye de la Chaise-Dieu, en 1173.

Armand P'r, seigneur de la Rouë , avait pour frères Guillaume de la Rouë , prieur de Savignac en 1233, et Léotard de la Rouë, abbé de Saint-Evod du Puy en 12*7 (1). Armand eut pour enfants :

1" Pierre de la Rouë , chevalier , marié avant 1277, avec Dauphine de Lavieu, dame de Saint- Bonnet et de la Chaux , déjà veuve «le trois maris, et de laquelle il n'eul pas d'enfants ;

v 2° Armand de la Rouë, qui forma le degré suivant ;

3° Guillaume de la Rouë , prieur de la Chaux , nommé évêque du Puy en 1260. Le pape Urbain IV le sacra à Orviète le 22 février 1263, et Clément IV lui envoya le pallium avec dus reliques pour son église en 1263.

Armand II, fds puîné d'Armand l r, succéda à Pierre , son frère atné, en 1280. Il laissa de Sibylle , sa femme :

1° Bertrand de la Roué, dont nous allons parler ;

2' Sibylle de Roue , qui viendra après son frère ;

i Gallia chrUtiana 1 1. u , col. 862 cl 759.

3" Manille ou Marguerite de la Rouë, épouse du seigneur de Montaigu.

Bertrand de la Roik , sire de la Rouë et autres lieux , conduisit dix hommes d'armes h la guerre de Flandres, en 1301, transigea avec* le comte de Forez au sujet des limites des terres de la Rouë et de Montpeloux en 1311 et 1317, ut convoqué de nouveau |K>ur la guerre de Flandres avec les seigneurs d' Auvergne et du Forez, en 1318 (1), et mourut sans jx>slérilé après 13*24, époque à laquelle il fut présent à un hommage que Pierre de Te.vllet rendit au comte de Forez (2).

Sibylle de la Rôle , sœur et héritière de Bertrand de la Rouë, avait épousé, vers 12ÎH), Gilbert de Solignac, baron de Solignac et de Saint- Agrève , en Velay, avec lequel elle vivait encore en 1328. Elle en eut :

1" Léautaud ou Léotard de Solignac, qui ne laissa de Marguerite de Monteil qu'une lille unique, Marguerite de Solignac, héritière de Saint-Agrève, mariée en 1347 au vicomte de Polignac, Armand IX; 2" Bertrand de Solignac , qui suit.

Bertrand de Solignac , sire de la Rouë , prit le nom et

(1) C'est à lorl qu'on l'a désigné sous le nom de la Rode ; l'erreur vient de ce que les deux noms ont absolument la même signification et se traduisent du mol latin Rota, comme du mot patois la Roda.

;2) Hi$toire du Languedoc, par Vaissette, t. iv. — Preuve t , p. 135, 137, 138. — Baluze, t. il. p. 150. — Noms féodaux, p. 848, 927.

les armes de la Rouë, conformément aux dernières volontés de sa mère. 11 épousa vers 13âD : 1° Andrée de Saint-Triviers, fille «le Guy, seigneur de Saint-Triviers, en Dombes; 2" Marade ou Marguerite de Ghàteauneuf , veuve du seigneur de Quélus. Il eut entre autres enfants :

Armand m , sire de la Rouë , de Montpeloux , la Chaux et autres lieux, connu par une guerre sanglante qu'il eut avec le vicomte de Polignac , au sujet de la succession de Saint-Agrëve. 11 avait épousé Ahélis d'Usson , fille et héritière de Guillaume d'Usson, dit Billaud, seigneur dudit lieu, aux limites du Forez , avec laquelle il fit foi-hommage au comte de Forez en 1357 (1). De cinq enfants qu'il laissa nous n'en citerons que deux : 1° Goyet ou Guyot de la Rouë , qui servait a l'armée île Flandre , sous le duc de Bourlxm avec un chevalier et six écuyers , ainsi qu'on le voit dans la quittance de gages qu'il scella de son sceau fnscê de six pièces , le 26 août 1383. Il mourut sans postéri té, laissant sa succession à Pierre de la Rouë , son frère , qui suit :

Pierre, dit Goyet ou Guyot de la Roue, sire de la Rouë , de Montpeloux , de la Chaux , d'Usson et autres lieux, fut marié à Bellone a/uw Blonde de Langeac, fille d'Armand deLangeac et de Joffr^ze de Rochemaure, ou Roquemaure. Elle était veuve et tutrice de ses enfants lorsqu'elle fit loihommage au comte de Forez , baron de Thiers, en 1395 (2). Leurs entants furent :

(1) Voyez Baluxs, U il, p. 438. — L'Auvergne au quatorzième sUcls, p. 316, 317. - Noms féodaux, p. 833.

(2) Noms féodaux , p. 554.

1° Armand IV, qui forma le degré suivant ;

2° Jean de la Roue , qui servait en Normandie avec neuf éeuyers en 1415 , et au Pont-Saint-Esprit en 1421 ;

3° Pierre de la Roue , chanoine-comte de Lyon en 1421 , mort au Puy en 1441 ;

4" Ahélis de la Roué* , mariée à Héracle de Rocheharon , seigneur du lieu.

Armand IV, seigneur de la Rouë , de Montpeloux , d'Usson , de la Chaux , etc., etc., rendit hommage à cause de ces terres en H10, assista en 1426 au mariage de Louis de Bourbon avec Jeanne Dauphine, et fit fui-hommage au même prince en 14i7 (2). Armand IV fut marié deux fois : 1° en 1404, à Isaheau de Ghalencon ; 2° à Jeanne de Tournon. Du premier lit naquirent un fils qui suit, et une fdle nommée AntoineUV , mariée à Guillaume de Tournon. Du second lit issurent deux fils morts sans alliances.

Claude, seigneur de la Rouë, de Montpeloux, de la Chaux , d Tsson et autres lieux , épousa , en 1422, Billette de Tournon , sœur de la second»; femme de son père, de sorte qu'il y eut alors triple alliance entre les deux familles. Claude laissa :

1° Guillaume de la Rouë, qui continua la lignée ; 2° Pierre de la Rouë, chanoine-comte de Brioude en 1491 ;

3° Catherine de la Rouë , mariée à Pierre de Boulier du Chariol ;

(2) Noms féodaux , p. 847, MS.—Balute, t. il , p. 415.

i° Françoise de la Rouë , abbesse de la Séauve, près île Saint-Didier, en Velay ;

5° Anne de la Roue, épouse d'Antoine de Vissac, seigneur d'Arlenc, qui la rendit mère de Jeanne de Vissac , alliée , le 30 août 1497 , à Just de Tournon, fils de Jacques de Tournon, sénéchal d'Auvergne , et de Jeanne de Polignac.

(jUILLai'mk, seigneur de la Rouë, de Monlpeloux, de Saint- Anthème , de la Chaux et d'Usson , testa le 17 juin 1517, laissant de Gabrielle de Cbauvigny-Blot , fille de Hugues de Chauvigny et de Catherine de la Fayette :

1° Antoine de la Roué , que le roi François Ier arma chevalier sur le champ de bataille de Marignan en 1515, et qui mourut sans postérité ;

2" Louis de la Roue , qui va suivie ;

3° et 4° Jacques et Jean de la Rouë , décédés sans alliances ;

5° Anne de la Rouë, épouse de Gabriel, seigneur de Sainl-Priesl , chevalier de l'ordre du roi ;

6° Jeanne de la Rouë , mariée au seigneur de Monestier ;

7" Marguerite , altfiessc «le la Séauve après sa tante.

Lotis, seigneur de la Rouë, de Montpeioux, etc., etc.. s'allia à Louise d'Hostun-de-Clavesson. Ces époux acquirent du roi la vicomte de Lavieu vers 1537, et le mari ne vivait plus en 1510, époque à laquelle sa veuve fit déclaration pour la terre de la Rouë et ses dépendances. De ce mariage étaient nés les trois enfants ci-après désignés :

1° Charles de la Roue , qui était page de M. le Dauphin en 1543, et qui fut tué à l'assaut de Dînant en 1557 ;

2° Jacques de la Rouë , chevalier de Tordre du roi , capitaine «le cinquante hommes d'armes, mort à Paris sans postérité en 1557 ;

3° Jeanne de la Roue , demeurée seule héritière des biens do sa maison , avait éjmusé , en 1543, René d'Hérail, dit de Pierrefort, tige de la troisième race des seigneurs «le la Rouë , fondue en 1670 dans celle de Saint-Marlin-d'Aglier, marquis de Rivarol (1). Voyez Hérail , Pierrefort et Saixt-Martix-oAglier.

ARMOIRIES. — Fascé d'or el d'amr , «le six pièces.

(Voyez pl. 18, Hg. 4.)

le ROURE. — Ancienne bnronnie du Gcvaudan qui donnait entrée aux états de I;ingue«loc. La maison «le Beauvoir

(1) M. de Courcelles, dans les t. xi el xu de Y Histoire héraldique des pairs , el M. Laine , dans le l. îv des Archives de la Noblesse , ont rattaché à la première maison de la Rouë, nne famille de la Rouë-Harenc du Vwarais ; mais la Jonction n'est pas clairement Jusliiléc. 11 est évident que les premiers actes qu'on lui al* tribue concernent la maison de la Rouë de Moutpeloux. Il est ensuite a remarquer qu'il existe en Vivarais une terre de la Rouë, érigée en baronnie par lettres «fe 1693 en faveur d'Emmanuel du Rtuirg, et ce pourrait bien être celle-ci qui a été le berceau de la fi mi Ile de la Rouë-Harenc. (Voir le Comte de Waroquier, t. vu , p. 178.)

tomi v. 30

l'a possédée plus de cinq siècles. Voyez Kkaivoir-(îiumoart

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