‹ Nobiliaire des Pays-Bas et du comté de BourgogneChapitre 203 sur 220 · LL · texte numérisé non relu

LL

v.iw.

D. Amandi de Homes D. Mart1 Comitis

de Iloiitkercke et D. Caihœ de Homes

filii D. de Geldrop, ob. 1617. Et Barb* de

Jeude-Chastilon ejus conjuges.

D. Amandi de Homes de Geldrop

D. ffi ob. 1650. Et D. Isabel" Délia Faille

de Nevele ejus conjugis.

D. Amandus de Homes, D. de Geldrop el

Warem. P. P. 0. 0. et sibi P. C. Ob. 10 Novis 1672.

D. Joes. Francisci de Homes. D. de

Hardicbvelt et Warem huius Fris

Ob. 16. Ocis 1701. Et D. Mariœ-Isabel*

Du Cariœul, ob conjugum.

Celles de son fils Amand II ont été placées Pan 1650, au-dessus de la porte de sa maison mortuaire à Bruxelles et y sont restées un an et six semaines.

Les armoiries de Marie et de Catherine de Hornes, mortes et enterrées à Bruxelles, l'une l'an 1649 et l'autre l'an 1660, ont de même été publiquement exposées en l'église dite la Chapelle de Notre-Dame au Sablon.

Celles d'Amand III, de Martin-Ignace et de Jean-François de Hornes, ont été décorées de supports en leur faveur, comme légitimement issus de la maison de Hornes par trois différents diplômes, comme on a déjà observé ci-dessus.

Martin-Ignace de Homes gît sous une tombe élevée, posée au milieu du chœur de l'église paroissiale de Niele, près d'Anvers. Son mausolée est du côté de l'évangile, surmonté de ses armes, qui sont pures comme elles sont tracées en estampe ci-jointe.

Les armes de son fils et de ses descendants se trouvent au même chœur, tel qu'il appartient à une branche légitime.

Les armoiries de Jean-François sont à Lcns et celles de son épouse à VVeert, sans la moindre marque de bâtardise ou de légitimation.

Il n'est pas nécessaire de parler de Godefroid. Car, si celui-ci avait porté les armes barrées, son fils Jean n'aurait pas pu s'arroger le droit de porter le nom et les armes en chef de la maison de Horncs, après l'extinction de la branche de Hautekerckc, et en ce regard il n'y aurait point eu de procès.

Tous ces fastes d'honneur, toutes ces distinctions et prérogatives n'étant dûs qu'à la légitimité, et Amand I, ainsi que ses descendants, en ayant publiquement joui pendant un siècle sans aucune contradiction des officiers de police, et sans aucune opposition de la part de la famille, sont des témoins irréprochables qui certifient la légitimité d'Amand I, et attestent la possession publique de son état.

Cette possession suffirait par elle-même pour établir la naissance légitime d'Amand I si on y ajoute le concours de trois autres moyens ci-dessus détaillés, la preuve de sa légitimité devient invincible.

Voyons maintenant les moyens que Platzart a employés pour la combattre.

On découvre par quelques pièces du procès qu'il a prétendu qu'Amand I. avait demandé et obtenu, au mois d'août 1609, lettres de légitimation, où il aurait exposé qu'il avait été procréé d'une fille par Martin de Hornes, comte de Hautekerckc marié, d'où il insérait que de son propre aveu il était bâtard adultérin, et, pour preuve de cette légitimation, il citait l'enregistrement que le roi d'armes, Pierre-Albert de Launay, en avait fait dans le registre de sa charge.

Platzart, lors de son attaque, s'est vraisemblablement flatté que les guerres civiles ayant détruit toutes les archives, Jean de Horncs eut été dépourvu de tout titre, et, en effet, il ne se trompait pas. Car on découvre par les dates des copies de la plupart des actes ci-devant rappelés, que ces copies n'ont été authentiquées qu'au commencement de ce siècle, époque apparente de leur découverte; la défense de Jean de Hornes le donne aussi à connaître. Car il s'est borné à maintenir qu'il n'était pas possible que son aïeul eut obtenu des lettres de légitimation dans le temps qu'il avait joui publiquement pendant toute sa vie de toutes les prérogatives qui ne sont dues qu'à la légitimité, qu'il avait ainsi été traité par Tévêque de Bruges, par les notaires dans leurs actes, nommément dans son testament, et qu'enfin sa tombe élevée, et son épitaphe, étaient des marques certaines de sa naissance pure.

Si Jean de Hornes avait alors connu l'octroi, obtenu par Amand I le A août 1609, il l'eut employé au procès contre Platzart pour faire observer aux juges qu'il est impossible que l'octroi et les prétendues lettres de légitimation subsistassent ensemble, étant contradictoire qu'Amand 1 se serait dit dans l'octroi légitime dans le temps que ces lettres portaient qu'il était récemment légitimé. Le conseil de Brabant, qui a donné plus de croyance à la possession publique qu'à cette prétendue légitimation, à la vue d'une telle contradiction, les aurait absolument rejettées.

Si Jean de Hornes avait été encore pourvu en ce temps-là de la revue de la compagnie d'Amand I, passée en la ville de Maestricht, ne l'eut-il pas combiné avec la déclaration de l'évêquc de Bruges, pour en inférer que dans les circonstances qu'Amand ayant servi le roi avec distinction pendant près de trente ans, le seul exposé de ces prétendues lettres de légitimation les rendait suspectes, n'étant pas naturel, qu'Amand I, pour les obtenir, n'eut allégué que des services rendus à des particuliers, sans faire aucune mention de ceux rendus au roi même?

En effet, peut-on croire sensément que si Amand I avait eu besoin d'être légitimé, il se serait borné à avancer taxativement et pour seul motif, pour engager le souverain à lui accorder sa légitimation, qu'il avait servi le comte d'Egmont et le marquis de Lullin (ses beaux-frères successifs), en qualité de sur-intendant de leurs terres de Heze et Lcendc, et avait eu, par là, l'occasion de repousser les Huguenots. Lui qui pouvait réclamer, avec vérité, les services signalés qu'il avait rendus au roi, pendant longues années, en qualité de capitaine d'une bande d'ordonnance, ayant fait la guerre durant les troubles civils et guerres de religion. Car, il s'était particulièrement distingué pendant le siège de Maestricht et dans le commandement d'Alost, depuis 1578 jusques bien avant en 1600; de sorte que l'exposition même de ces prétendues lettres de légitimation indique leur fabrication et fausseté.

On laisse à part l'examen, s'il est probable qu'un capitaine au service du roi, en temps de guerre, eut pu faire la fonction d'intendant de deux terres, et s'il est vraisemblable qu'il ait pu se trouver dans ces terres lorsque les Huguenots s'y présentaient, afin de les combattre et de les chasser.

Mais il semble être certain que si le conseil de Brabant avait vu, au temps de son jugement de Tan 1699, l'octroi qu'on vient de rappeler, et avait été informé des services rendus par Amand I, en sa qualité de capitaine, il n'aurait pas seulement par sa sentence maintenu provisionnellcmcnt Amand I

Tombe an milieu de l'église paroissiale de Niele, près d'Anvers.

Il est a remarquer que sur une des faceslfc la susdite tomïïe se trouve l'inscription D. 0. M. Marlinus lgna* de Homes, Sumnna de Groote coniuges et liberi, etc. L'entrée du caveau porte les mots : Oslium Monumenli.

dans sa légitimité, mais il aurait définitivement déclaré Plalzart dans ses conclusions non rccevable, ni fondé, et aurait fait agir à charge de l'auteur des ces prétendues lettres de légitimation, s'il avait été en vie.

Nou-obstant cette sentence du conseil de Brabant, les ennemis de la branche de Geldorp ne cessent pas de réclamer ces lettres dans tous leurs libelles, et séduisent ainsi le public.

Nous avouerons qu'à la lecture de ces lettres en copie, nous avons été surpris et trompés nous-mêmes, croyant de bonne-foi qu'elles existaient; mais ayant vu la sentence du conseil de Brabant, et les titres originaux dont nous venons de parler, nous avons reconnu notre erreur; ayant néanmoins la curiosité échauiïée, nous nous sommes livrés à une recherche pénible de quatre ans, et avons enfin découvert : 1° Que ces lettres sont sans date du jour de leur dépêche et ne sont pas signées par LL. AA., malgré que l'expression de la date et la signature soient des choses essentielles, qui ne sont jamais omises.

2° Que la minute de ces lettres n'a jamais été trouvée au conseil-privé d'où elles auraient dû être émanées.

5° Que leur entérinement n'a point été enregistré, ni au conseil des finances, ni à la chambre des comptes.

4° Que le grand sceau de ces lettres n'est pas renseigné au profit de Sa Majesté, quoique celui de l'octroi le soit en ces termes : « d'un octroi pour tester pour joncker Amand de Homes, seigneur » de Geldrop, et dcmlc Barbe de Jcude, sa femme, ambedeux personnes légitimes en date le 4 d'août 1609. » 5° Que l'on ne trouve pas à la chambre héraldique l'enregistrement de ces lettres, quoique l'enregistrement soit ordonné par l'édit du 2 de septembre 1595, renouvelle le 14 X^" 1616, à peine de nullité.

6° Que la prétendue note d'enregistrement est un fait hasardé par le fameux Pierre-Albert de Launay

sans en être requis par qui que ce soit, et sans avoir la qualité requise pour pouvoir enregistrer,

n'étant ni premier héraut d'armes, ni roi d'armes de la province de Brabant, qui en sont seuls chargés.

7° Que cet enregistrement en soi est un acte vicieux et indigne de toute croyance, parce qu'il est

sans date, sans signature et sans paraphe.

8° Que, dans la nqlc d'enregistrement, Launay a donné à Amand 1 des titres pour le mieux désigner, qui ne se trouvent pas dans les lettres de prétendue légitimation, malgré qu'il devait les suivre de mot à mot.

Et 9° que la note est postérieure de trente et un ans à l'année des prétendues dépêches, quoique l'enregistrement dusse se faire dans l'année de la date.

Toutes ces circonstances, de défectuosités et supercheries, dénotent clairement que ces prétendues lettres de légitimation sont fausses et fabriquées.

Il suffirait de réfléchir que la note de leur enregistrement informe est de Pierre-Albert de Launay pour rendre ces lettres suspectes de faux.

Platzart même fournit cette preuve : tout le monde sait que Platzart est l'auteur principal du livre intitulé : Théâtre de la Noblesse de Brabant, imprimé l'an 1705. Et traitant de Launay il y dit (I) en substance : « S'étant arrogé le droit d'enregistrer des patentes, il en a été interdit par deux décrets » du conseil privé en dates du 10 octobre 1658 et du 29 novembre 1664; et ensuite plusieurs de » ces actes ont été déclarés faux, fabriqués, nuls et de nulle valeur par une sentence du conseil » souverain de Brabant du 13 mars 1674. »

Ces lettres de prétendue légitimation ne méritent donc aucune attention. En effet, la sentence de l'an 1699 prouve qu'elles n'ont eu aucun succès.

Mais il est étonnant qu'après que le juge les avait abjugées, Platzart les ait encore osé rappeller, dans son Théâtre de la Noblesse du Brabant, contre la bonne foi, et même sous une date différente: « Amand de Homes, dit-il (2), seigneur de Geldrop, Hermeys, Heu, Warm, Armentiers, etc., « capitaine d'une compagnie wallonne," fils naturel de messirc Martin de Homes, comte de Haute- « kerke, seigneur de Hontscote, Braine, etc., mort le 21 septembre 1570, procréé de Catherine de » Homes, et légitimé l'an 1604, épousa Barbe de Jeude, dame de Hardinxvclt. »

Cependant Platzart avait soutenu au procès que, selon la note d'enregistrement des prétendues lettres de légitimation, Amand I avait été légitimé au mois d'août 1609, et ici il avance qu'il aurait été légitimé l'an 1604. Au procès il a parlé sans preuve suffisante, et dans son Théâtre de la Noblesse sans aucune. Il n'est donc pas croyable ni dans l'une ni dans l'autre assertion.

Si on cherche à pénétrer la raison qui a engagé Platzart à changer, dans son Théâtre de la Noblesse, l'année que ces prétendues lettres de légitimation auraient été dépêchées, on ne peut s'imaginer d'antre motif sinon que Platzart a découvert l'existence de l'octroi du 4 d'août 1C09, et, prévoyant que cet. octroi ne serait pas toujours resté caché à la connaissance de la branche de Geldorp, mais

(t) Théât. de la Nobt. du Brab., tr. des Mercedes d'honn., astériq. 10 et 11. (2) Théât. de la Nobl. du Brab., des Mercedes d'honn., ast. 17, pag. 2°.

serait venu au jour, il a pressenti ie coup mortel que cet octroi porterait à une légitimation du même mois et année. Pour autant qu'il n'est pas naturel qu'Amand I étant reconnu dans cet octroi être lég time aurait encore demandé à être légitimé, il a donc cru devoir chercher un expédient pour réconcilier l'octroi avec la légitimation.

Il a espéré de réussir en antidatant la prétendue légitimation de cinq ans, pour faire accroire au lecteur qu'Arnaud I étant légitimé l'an lfiOi aurait pu se dire de bonne foi l'an 1609, quoiqu'improprement personne légitime, et pour faire entendre que l'octroi ne serait pas absolument contradictoire aux lettres de légitimation.

Peut-on se flatter de donner ainsi le change à un public éclairé, qui s'apperçoit d'abord de fourberies entassées les unes sur les autres?

Platzart, enfin, dans son Théâtre de la Noblesse, parlant de Martin de Horncs, comte de Hautekercke, dit : « Sa première femme était Marguerite de Luxembourg; il se remaria, l'an 1539, avec » Anne de Croy, dame de Stavcle, Lecinvcrghem, etc , laquelle l'a survécu, et est demeurée sa veuve.» Voilà encore un langage bien différent de celui que Platzart a tenu au procès, où il a soutenu, avec opiniâtreté, que Martin n'avait eu qu'une femme, Anne de Croy. Ici il lui en donne deux : 1° Marguerite de Luxembourg, 2° Anne de Croy; que ne convient-il enfin de bonne foi avec ses confrères qu'il a eu une troisième femme, Catherine de Hornes?

Platzart, au procès, n'a pu vérifier son assertion, et, en conséquence, a succombé. La sentence interlocutoire étant passée en force de définitive, aucune preuve n'est encore admissible. Aussi n'eu rappelle-t-il en son Théâtre, et ainsi n'est-il pas question d'y répondre. L'anonyme, dans son Recueil généalogique, se vante de la pouvoir fournir.

Quoiqu'un sectateur ne puisse pas être plus privilégié que son chef de partie, cependant on l'entendra pour manifester son tort de tout chef.

Il cite en témoin l'épitaphe d'Anne de Croy, qui est dans l'église de Stavele, et qui est conçue en ces termes :

« Cy-git noble et puissante dame, dame Anne de Croy, vicomtesse de Furnes, dame de l'Ecluse, » Lecuwerghem, d'Oltignics, de Morsselle, de Stavele, de Crombeque, veuve de feu noble et puissant » seigneur Martin de Hornes, en son vivant chevalier baron de Gaesbccque, comte de Hanlquerq, » vicomte de Bergucs-S'-Winock, baron de Hontschote, seigneur de Heze, Leende, de Gueldrop, de » Brayne-Chàtcau, etc , qui trépassa le £6 de juin 1573. •> (11 devait dire, comme porte l'épitaphe, 157:2 ) Si cette épitaphe n'avait souffert aucune altération depuis sa construction, son témoignage donnerait sans doute de l'embarras pour la concilier avec l'épitaphe d'Amand 1, qui se trouve dans l'église de Geldorp, intacte dans sa primitive construction, et qui est absolument contradictoire à celle-ci. Mais on sait, à n'en pouvoir douter, que, vers l'an 1713, la tombe ou mausolée d'Anne de Croy a été non-seulement mutilé, mais entièrement détruit dans une seule nuit, furtivement et sans en laisser autre chose que la pierre, sur laquelle avait reposé son effigie en albâtre, et qui couvrait la tombe. Voici l'extrait d'un manuscrit, qui nous a été remis par des mains fidèles et irréprochables : « Après la mort de la susdite Anne de Croy fut dressé un mausolée très élevé devant le grand- » autel hors du sanctuaire, soutenu de plusieurs pièces de marbre, et par-dessus gisait une figure » d'albâtre, représentant la dite dame : l'épitaphe était gravée sur des plaques de cuivre. Toute cette 8 pièce a été démolie depuis quelques années. On a fait graver la dite épitaphe sur une pierre qui » couvrait le mausolée qu'on a placé au pied du grand-autel. »

On voit par cette narration d'un témoin oculaire, habitant du village de Stavcle, et homme qui y jouissait d'une juste considération, que l'épitaphe, telle qu'elle est extraite dans la prétendue réfutation ou Recueil généalogique, n'est plus celle qui a été inscrite sur le mausolée primitif, et, par conséquent, ne mérite plus aucune croyance : d'autant qu'elle a été innovée et changée sans les précautions qui sont usitées et nécessaires en pareilles occasions.

Une découverte si importante et heureuse nous a naturellement conduit à la recherche des témoins contemporains dont existaient encore deux en 1777, à qui la Providence semble avoir conservé la vie exprès jusqu'à l'âge de 75 et de 83 ans, pour déposer la vérité sur un fait si essentiel et si décisif. Voici leur déclaration :

« Les soussignés déclarent et attestent en faveur de la vérité, qu'ils ont vu qu'il y a

» eu dans l'église de Stavele, près du maître-autel, à l'endroit où on chante l'épître, contre le pilier » qui s'y trouve encore, une tombe élevée trois pieds ou environ, sur laquelle reposait une figure » d'albâtre avec un coussin sous la tête, aussi d'albâtre, et, à côté, un lion de la mémo matière. » Laquelle, selon le dire du public, y était érigée par la famille de la noble et pieuse dame Anne de » Croy, épouse de messirc Martin comte de Hornes et de Houtkcrcke, et que, vers l'an 1713, sans que » les déposants se rappellent à présent exactement le jour et l'année, la dite tombe a été démolie » dans une nuit, de manière que, le lendemain, elle était irréparable. Mais qu'ils ignorent qui ont

» été la cause ou l'auteur de cette destruction ou ruine, dont le plus grand nombre des paroissiens » ont été extrêmement surpris, d'autant plus que ce n'était pas l'effet de quelque brutalité ou » malheur. Puisque la tombe était suffisante et entière, de sorte qu'il était impossible que, dans un » temps si court, elle pouvait être ruinée, ou entièrement écroulée; mais que maître François Van » Duytsch, qui était alors curé de Stavele, voyant la tombe dans cet état, a fait ôter les débris « par Symphorien Wathez-le-Vienx, sans que les déposants sachent qui ayent profité de la ligure et « du coussin d'albâtre. Et, après que tout était emporté, la pierre de taille, qui faisait la couverture » de la dite tombe, a été placée à terre, environ de la place où la tombe avait été. Laquelle pierre

» bleue s'y trouve encore actuellement Offrant d'affirmer le tout sous serment en étant

» requis, etc. »

La déclaration légale de ces témoins oculaires, habitants du village de Stavele, et irréprochables à tous égards, prouve donc : 1° le fait, c'est-à-dire la destruction et la démolition de l'ancienne tombe d'Anne de Croy; 2° le bon état dans lequel cette tombe ou mausolée se trouvait lors de l'altération qui y a été faite en 1713 ou environ; 5° que l'inscription de l'épitaphe sur la pierre, qui couvrait la tombe, n'est plus celle qui a été auparavant gravée sur des plaques de cuivre; et 6,° que tous les habitants de Stavele étaient dans la persuasion que ce mausolée avait été élevé, par la famille, à la mémoire de la noble et pieuse dame Anne de Croy, épouse de messirc Martin comte de Hornes et de Haulekercke.

D'où vient-il que ces témoins, qui n'ont pu connaître Anne de Croy que par tradition de leurs prédécesseurs, la nomment épouse et non pas veuve ou douairière de Martin de Hornes? Cela ne peut provenir que de ce que tout le village n'avait pas d'autre idée de la qualification de la défunte que de celle d'épouse de Martin comte de Hornes, idée qui était passée de père en fils par la primitive épitaphe écrite sur les plaques en cuivre.

Si on joint à cette circonstance celle qu'on a démolie sans aucune nécessité un mausolée précieux, qui ne demandait aucune réllexion et qui, étant posé contre un pilier, n'avait pas gêné pendant un siècle le service divin, ne doit-on pas en inférer que sa destruction n'a pu avoir eu d'autre objet que de changer le mot d'épouse en celui de veuve, et de donner à sa mort, au lieu de sa véritable époque, une date postérieure, beaucoup plus jeune et plus récente, en la fixant à l'année 1572, afin de faire conclure qu'Anne de Croy avait suryécu à Martin de Hornes, son époux?

Que sont devenues ces plaques de cuivre qui avaient été incrustées dans la bordure de la tombe, selon le manuscrit et l'usage de ce temps, et qui contenaient l'épitaphe originale, primitive, et la seule digne de foi. Elles ont été enlevées : on ne les a plus trouvées après la démolition nocturne, et l'inscription par forme d'épitaphe ne se trouve plus que sur la pierre de taille sur laquelle avait été posée la figure d'Anne de Croy, en albâtre. Mais sans aucune authenticité, légalité ou précaution.

Le lecteur conclura sans doute avec nous, que cette épitaphe, transcrite par l'anonyme, ne peut mériter aucune croyance, étant suspecte de supercherie et de fraude.

L'anonyme, sentant sa défaite, aura certainement recours à une inscription qui se trouve au chœur de Stavele, du côté de l'évangile, où Anne de Croy est qualifiée de douairière, comme elle est intitulée par l'épitaphe, veuve de Martin de Hornes, et, en conséquence, il observera que, ni le manuscrit, ni les témoins, n'accusant l'inscription avoir été altérée, et, se trouvant conforme à l'épitaphe, elle rend toute la croyance à l'épitaphe qu'une démolition imprudente aurait pu lui avoir ôtée.

Voici l'inscription en propres termes :

« Noble et puissante dame, Anne de Croy, comtesse douairière de Hautekerckc, vicomtesse de » Furnes, dame de l'Ecluse, de Lecuwcrghem, d'Ottignies, de Moorsele, Stavele, Crombcke, etc., » trépassée à Braine-Chàtiau, le 26 juin de l'an 1372, et son corps ici transporté et devant le grand- » autel de cette église de Stavele enterré, a, pour le salut de son âme, fondé à perpétuité une chapcl- » lanic d'une basse-messe quotidienne de Requiem, qui sera célébrée au dit grand-Autel devant sa » sépulture, dont sera patron et collateur le sieur ou dame de la maison et cour de Stavele. Ayant » encore, la dite dame, fondé cinq anniversaires d'une haute-messe de Requiem, à chanter et célébrer » à dix heures du matin, avec diacre et sous-diacre, sur le dit autel, par chacung an au jour de son » trépas avec une belle aumoinc aux pauvres, d'une rente de XX florins par an, comme le tout plus » amplement est déclaré au testament de la dite dame, en date XXIII de juin XV<=. LXXII, et les » lettres d'une constitution d'une rente de cent et VI florins par an, à rachat le denier seize, faite et f> reconnue par les curés, marglisseurs, maîtres des pauvres et autres parodiions au dit Stavele, » par-devant landt-houders, échevins et ceurheers du terroir de Furnes, le IX d'août XV0. LXXII, » en accomplissement du dit testament en droit de trois légats y mentionnés, savoir : LXXX florins » par an pour la dite chapellanie, VI florins par an pour l'anniversaire, et XX florins par an aux

» dits pauvres, à payer et distribuer par les manibours des pauvres au dit Stavcle. Prie Dieu pour » son ànie. P. N »

C'est une vérité incontestable, qu'afin d'éviter toute contradiction, la qualification de la dame Anne de Croy, exprimée dans l'inscription, dut être conforme à celle énoncée dans l'épitaphe; mais c'est aussi une conséquence nécessaire, qu'ayant altéré l'une, on ait dû altérer l'autre.

On a prouvé ci-devant que l'ancienne épitaphe a été démolie avec le mausolée; et on a démontré, en même temps, que celle démolition n'a pu avoir d'autre but que de changer la date de la mort d'Anne de Croy, et de substituer en l'épitaphe le mot de veuve à celui de femme, afin de combattre l'épitaphc de Geldorp, qui attribue à Martin de Homes une troisième femme.

Ayant, à cet effet, changé l'épitaphe, on a dû nécessairement changer l'inscription pour ne pas tomber dans la contradiction.

Il est vrai que ni le manuscrit, ni les témoins ne disent pas qu'on ait fait quelque changement a l'inscription; mais il n'est point étonnant quand on considère que l'inscription étant gravée sur une plaque de cuivre, attachée à la muraille, il fut facile d'y substituer une nouvelle plaque un peu souillée, sans que le public, qui n'était pas prévenu d'un tel changement, pût s'en apercevoir.

Au moins il est certain que, si Anne de Croy avait été qualifiée de veuve dans les anciennes épitaphes et inscriptions, Platzart en aurait fait emploi au procès de l'an 1594. Il était certainement plus à portée de les connaître que l'anonyme du Recueil généalogique ; il n'a épargné ni peines ni dépenses à faire partout des perquisitions, ce qui échappait à ses recherches, fut fourni par l'envie, et ce qu'on ne trouvait nulle part fut hasardé dans des libelles diffamatoires.

Platzart donnant au jour, l'an 1705, son Théâtre de Noblesse du Brnbant, et y accusant Amand I d'avoir été légitimé, a bien senti qu'un auteur ne peut parler sans preuve, et en conséquence, il a cité des lettres de légitimation de l'an 1604, qui n'existaient pas, en y ajoutant le fait qu'Anne de Croy avait survécu à son mari; il aurait certainement cité, en preuve de son assertion, l'épitaphe et l'inscription de Stavele, si elles avaient existé telles qu'elles sont aujourd'hui. Cependant il a hasardé d'avancer ce dernier fait sans réclamer aucune preuve. N'est-il pas apparent qu'il était informé du projet de changement qu'on devait faire à l'épitaphe et à l'inscription, et qu'ainsi il était assuré d'une preuve qu'on a fabriquée peu de temps après, et qu'on objecte aujourd'hui avec force.

Mais Dieu, qui veille sur l'innocence opprimée, a confondu le langage des méchants. 11 a fait parvenir entre les mains de la branche de Geldorp, un avis d'avocats qui constate la fausseté de l'épitaphe et de l'inscriplion, et partant leur altération.

Cet avis a été rendu en la ville de Courtrai le 50 mars 1572, par six avocats admis au conseil de Flandre, nommés van der Piet, Caniere, Planche, Huele, van den Berghe et van der Beke.

Par cet avis, on voit que les héritiers consultants ont joint à leurs demandes deux testaments qui faisaient l'objet de leurs doutes, savoir : le testament d'Anne de Croy, leur mère, et celui de Philippe de H ornes, leur frère aîné.

Les avocats consultés ayant vu et examiné le testament de dame Anne de Croy, étaient ainsi pleinement instruits de sa qualité de femme ou de veuve de Martin de Hornes, puisque la qualification des personnes n'est jamais omise dans les actes publics. Cependant les avocats dans leur résolution, qualifient Anne de Croy de femme et non pas de veuve ou de douairière de Martin : preuve évidente qu'elle est morte avant son mari. Car il est notoire, que par le mot femme, on indique une femme mariée, dont le mari vit encore : et qu'au moment que la mort lui ravit son époux, on la nomme veuve ou douairière. C'est la première réflexion qui résulte de la consultation.

La seconde est que les mêmes avocats qui ont vu le testament de Philippe, fils aîné de Martin de Homes et d'Anne de Croy, disent en termes que Philippe est décédé le dernier, partant après sa mère, Anne de Croy.

Pour ne laisser aucun doute, sur la fidélité de la version, de l'avis qui est en flamand, en voici les propres mots : Mitsgrs. van den oudlsten genaemt Mhr. Plds. lactsten overfedenen.

Or, Philippe, de l'aveu de l'anonyme même, est mort le 5 janvier 1572; il est donc faux qu'Anne de Croy serait décodée le 26 juin 1572, comme portent l'épitaphe et l'inscription.

La date de l'avis présente une troisième réflexion, pas moins importante et décisive que les deux précédentes.

Cet avis, qui a pour objet l'examen de la validité des testaments d'Anne de Croy et de son fils Philippe de Hornes, est du 50 de mars 1572. Cependant selon l'inscription, Anne de Croy n'aurait fait son testament que le 25 de juin de la même année : et, selon l'épitaphe et l'inscription, ne serait morte que le 26 juin 1572; est-il concevable que les héritiers d'Anne de Croy eussent consulté six avocats le 50 mars, sur la validité ou invalidité d'un testament qui n'eut été fait que trois mois après; et que les avocats consultés eussent prononcé l'invalidité de ce testament, avant que la testatrice ne fut morte? Comment est-il possible que ces avocats, ayant qualifié Anne de Croy dans leur

avis, de tcslalrice, de défunte et sa maison de maison mortuaire, comment, enfin, ont-ils pu dire, que Philippe était décédé le dernier, comme est vérifié par la deuxième réflexion? »

Cependant l'avis porte toutes ces expressions et assertions. Philippe, dernier décédé, laetsten overledencn. . . ., à la première demande concernant le testament de dame Anne de Croy, l'avis est que le testament de la dite dame ne sortira son effet en Flandre. — Op d'eersle vraege van den testamentn van de voors. vrouwe Anna de Croy; es t'advys dut testament van de setve vrouwe binnen Vlaendercn geen effccl sorteren en sut. . . . Mais à l'égard des dons testamentaires faits par la défunte à sa fille et assignés sur. . . . ncmavr aengaende de gliifle testamentaire by der overledene gedacn haere dochterc ende geassigneers ende bewesen op. . . ., la même fille avantagée n'est pas fondée à demander son legs seulement à charge de. . . . de sclve begifte dochter en toeerde nyet gefondeert lmere ghiften te verliœlene aleene ten lasten van. . . . Eu ég.ird, que la dite testatrice n'avait pas le pouvoir de charger l'un enfant plus que l'autre, mais sera entière de répéter d;ms la mortuaire, etc., gemerckt dut de voors. testatresse nyet vermoghen en heeft d'ecn kindt meer te belastcn dan d'ander, maer sal gelieel slaen t'&terffhuys loe te spreken, enz.

De cet avis, qui est moulé sur le testament d'Anne de Croy et sur l'exposition faite par ses enfants, qui devaient connaître la qualité et le temps du décès de leur mère, résultent deux vérités incontestables : 1° qu'Anne de Croy est morte femme et non pas veuve de Martin de Hornes; 2° qu'elle était décédée avant le 50 mars et même avant le S janvier 1 572, d'où s'ensuit nécessairement que Pépitaphe et l'inscription qui la concernent, et qui sont dans l'église de Stavcle, ont été altérées et falsifiées, parlant qu'elles ne méritent aucune croyance.

Si une preuve si convaincante avait besoin de renfort, ne le trouverait-on pas dans les circonstances suivantes?

Tout testament qualifiant un testateur à la vue du testament d'Anne de Croy, on eut reconnu sa qualité.

Son testament devait être sous le patron ou collateur de la chapeline, ou sous le chapelain, sous le curé de Stavele, à cause de l'anniversaire. Dans les archives de l'église ou au greffe de Stavele, parce que l'église et les pauvres étaient respectivement intéressés en la fondation.

La minute de la création de la rente en faveur de la fondation devait rester au greffe de la chàtellenic de Furnes, et sa copie authentique a dû être déposée au greffe de Stavcle ou dans les archives de l'église.

On est informé de bonne part qu'aux archives en ces endroits n'est arrivé aucun malheur ni désastre. Cependant ces deux titres si essentiels ne s'y retrouvent plus : que sont-ils devenus, que doit-on en penser?

Anne de Croy est décédée à Braine-Chàteau, et enterrée à Stavele; néanmoins, on ne trouve ni dans l'un ni dans l'autre endroit la moindre note de sa mort, ni de son inhumation.

Les comptes des revenus de la terre de Stavele de l'an 1572, et des années postérieures existent. Les frais de transport du cadavre d'Anne de Croy et de ses funérailles n'y sont pas portés en mises. Peut-êlre les aurait-on trouvé renseignés dans les comptes antérieurs; mais ces comptes n'y sont plus.

Enfin le blason d'armoiries de la dame Anne de Croy, qui est ordinairement exposé dans l'église de l'enterrement, et qui porte la date de son décès, n'est derechef pas dans l'église de Stavele.

Nous abandonnons au jugement du lecteur la conclusion qui résulte de toutes ces circonstances; mais nous ne pouvons nous empêcher de réfléchir que si quelqu'un s'était appliqué à supprimer de propos délibéré tout ce qui aurait pu indiquer la date de la mort d'Anne de Croy, il n'aurait pu mieux réussir.

Au reste, il suffira d'observer que Platzart a produit et a employé, au procès de l'an 1694, le testament d'Anne de Croy; si ce testament avait porté la date que l'inscription lui attribue, Platzart aurait obtenu l'an 1699 une sentence plus favorable qu'il n'a eu; preuve évidente que le testament d'Anne de Croy est d'une date plus ancienne.

Que l'anonyme cesse donc de combattre Pépitaphe de Geldrop par des épitaphes altérées, et qui ne sont soutenues d'aucun titre, dans le temps que celle de Geldrop est restée intacte et secondée par des titres solennels et est épaulée par la possession publique.

En effet, Amand I, pendant sa vie, a constamment et publiquement été traité de frère, d'oncle et de cousin par la famille, parents et alliés. « Le public informé de cette relation l'a envisage de même, comme conste par la déclaration de l'évêque de Bruges au roi, de l'an 1613, le souverain dans son octroi de l'an 1609, l'a qualifie de légitime; les notaires dans plusieurs actes, nommément dans son testament de Pan 1617, l'intitulent de bien né; le souverain et les cours féodales le qualifient de noble. Tout marque donc sa légitimité; son alliance à l'illustre maison de Jeude de Chàlillon le confirme. Son épitaphe le porte, sa tombe relevée le dénote, et ses armoiries pleines le prouvent. »

Comment détacher un homme d'une famille dans laquelle depuis le moment de sa naissance jusqu'à

sa mort il a été pour ainsi dire enraciné par tant d'actes et reconnaissances géminées? N'est-ce pas vouloir dissoudre ce qu'il y a de plus indissoluble? Les hommes ne se connaissant que par la possession, ne serait-ce pas en quelque manière les rendre étrangers les uns aux autres?

On ne pourrait donc plus se reposer sur la foi publique, ni sur une longue habitude de se reconnaître dans un certain degré de parenté. Le frère serait obligé de se tenir en garde contre son frère, qui dans peu pourrait cesser de l'être, si la possession publique ne le rassurait contr» de telles révolutions. En un mot, ce serait ébranler les fondements de la tranquillité publique que de ne pas reconnaître l'autorité de la possession d'état.

Cc)ui qui l'a en sa faveur n'est pas obligé de remonter à d'autres preuves; elle tient lieu de tous les titres, parce que, selon le langage des lois, c'est un témoignage continuel et une tradition constante de la vérité de ce qui est passé.

Ce titre est d'autant plus respectable qu'avant l'établissement des registres publics, qui n'ont été introduits aux Pays-Bas que par l'édit perpétuel de l'an 1611, comme atteste l'ordonnance du 29 mars 1752, la possession publique était l'unique preuve qui était connue alors.

Toutes ces considérations se redoublent en force à l'égard d'Amand I, parce qu'il a vécu dans un temps de trouble et de guerre qui ont détruit les archives publiques et privées.

Nous crûmes de nous borner à ces réflexions, mais voyant que l'anonyme du Recueil généalogique renchérissait encore sur les anciennes injures répandues dans le public, contre la branche de Geldorp, aujourd'hui la seule et unique de cette illustre famille, nous avons estimé devoir réfuter aussi les assertions fausses et calomnieuses qu'il ajoute aux précédentes. Car, quoique ces sortes d'ouvrages anonymes soient plus dignes de mépris que de réponse, ils ne laissent pas de pervertir la religion du public. On sait que l'homme écoute souvent la médisance plutôt que la vérité.

L'anonyme, pour accréditer son ouvrage, l'annonce dans sa préface comme moulé sur la collection des bons mémoires sur plusieurs familles.

Allant à la source du prétendu bon mémoire qui concerne la branche Geldorp, on trouve que c'est une note insérée dans la Gazette des Pays-Bas, du jeudi 17 décembre 1767, marquée N.CL, où est dit, art. de Bruxelles, le 17 décembre : « Nous venons de recevoir de bon lieu l'information suivante. »

Cette note est très injurieuse à la mémoire du comte Augustin de Hornes et de sa douairière, lors mariée, en secondes noces, au marquis d'Hebescourt, originaire du pays d'Artois. Elle a pour auteur un anonyme et pour toute vérification une gazette.

L'anonyme du Recueil généalogique veut faire passer cette note pour une réfutation de l'apologie de la branche de Geldorp, publiée l'an 1722, et ne rougit pas d'ajouter qu'elle est restée sans réplique.

Cependant le marquis d'Hebescourt y a répondu par la Gazelle du Bas-Rhin, en date du 13 janv. 1768, en ces termes :

« Avis que M. le marquis d'Hebescourt fait donner au gazettier de Bruxelles sur certaine » information, venue de bon lieu, insérée dans sa feuille du 17 décembre 1767. » Dans une information, dit-il, qui vient de bon lieu, 31. le gazettier, l'auteur se nomme; et il » n'insulte ni les vivants, ni les morts. Votre auteur vous a fait publier anonymement des injures » contre une dame respectable, et contre la mémoire de M. le comte de Hornes, son premier mari. » Sachez que de pareils écrits sont de vrais libelles diffamatoires, et que les gazettes ne doivent jamais » servir à la médisance, à la passion et à la folie des particuliers. » La suite peut être vue dans la gazette indiquée.

L'anonyme veut ensuite combattre l'apologie de la branche de Geldorp, et il dissimule les deux moyens invincibles que l'apologie avance. Elle se borne à exposer : 1° que toute dispute vient à cesser, le conseil souverain ayant maintenu Amand I dans la légitimité de son état, et les parties légitimes ayant acquiescé à sa sentence. Et 2° que tous les hérauts d'armes ont dressé, l'an 1712, de leur propre mouvement un arbre généalogique, qui vérifie que la branche de Geldorp était devenue la chef-branche de l'illustre maison de Hornes. L'anonyme récèle à son lecteur et la sentence du juge et la déclaration des rois d'armes. N'est-ce pas se rendre plagiaire vis-à-vis du public et fauteur de la calomnie à l'égard de la branche de Geldorp?

L'anonyme ayant maltraité Amand I, maltraite également sa mère, Catherine de Hornes, fille naturelle (dit-il) de Henri de Hornes, frère à Martin. Platzart, près d'un siècle plus à portée que l'anonyme à connaître son état, ne l'a jamais taxée de bâtardise Elle eut été bâtarde et cependant il est connu aux généalogistes qu'elle a toujours porté les armes pures de la maison de Hornes écartelées avec celles d'Honscote : quelle contradiction! Elle eut été bâtarde et a épousé en premières noces le comte de Hautekercke, et en secondes le vicomte de Zélande. Enfin elle eut été bâtarde, et cependant très recherchée et très riche Cette circonstance suffit pour établir la légitimité de sa naissance.

C'est d'elle qu'Amand I a hérité les grands biens qu'il a possédés. En voici la preuve :

Les biens de Martin de Homes, étant situés pour la plus grande partie en Brabant, étaient dévolus aux enfants du second lit. Et Martin d'ailleurs était si obéré, que les principaux habitants de Lecnde et Heze, par acte de générosité sans exemple, passé devant les échevins de Lecnde le 10 mai 1570, ont levé de l'argent sur leur crédit pour dégager les biens de leur seigneur.

.Ce n'était donc pas du chef de Martin qu'Amand 1 pouvait être riche. Il ne pouvait pas l'être non plus du chef de sa femme, puisque sa belle-mère avait l'usufruit universel sur tous les biens de sa fille, comme on a observé ci-devant; ce n'est donc que du chef de sa mère qu'il a pu posséder de grands biens. Au reste l'anonyme parlant sans preuve, et étant hors d'état d'en fournir aucune, on ne peut s'arrêter à ces assertions.

Ayant par de vaines paroles flétri la naissance légitime de Catherine de Horncs, il retombe sur la prétendue illégitimité d'Amand I, son fils, en avançant qu'Anne de Croy le nomme ouvertement bâtard dans son testament du 25 de juin 1572, qu'elle lui donne une pension en forme de legs, et le recommande avec ses officiers domestiques à ses enfants. Où a-t-il trouvé le prétendu testament de cette date? où l'a-t-il vu? où est-il passé? et par devant qui? L'anonyme n'en dit rien.

Nous devons croire que ce testament est une production de l'esprit impudent de l'anonyme, à qui les fictions sont familières, à mesure qu'elles sont nécessaires à ses projets, comme on en sera convaincu ci-après. Car, si ce testament avait existé, et qu'il l'eut vu et lu, il aurait exprimé le lieu, et aurait indiqué les personnes par devant lesquelles il avait été passé. Il n'ignore pas qu'un testament demande des formalités essentielles, surtout en Brabant et en Hainaut.

On sait que Platzart a produit, au procès, un testament de la dame Anne de Croy; mais on voit, par la sentence de l'an 1699, qu'il n'était pas du 25 de juin 1572, et que le juge l'a trouvé insuffisant, comme il l'était en effet, pour établir l'illégitimité d'Amand I, contre tant d'actes qui établissent sa légitimité. Si un autre testament d'Anne de Croy avait existé, Platzart l'eut connu et l'eut employé au procès. Le testament que l'anonyme réclame est donc de son invention.

Pour corroborer son assertion, il cite aussi un don propter iiuptias, fait par le comte George de Horncs en date du 1 de septembre 1577. On lui défie formellement de produire un tel acte de la part de George de Hornes; car le mariage d'Amand I avec Barbe de Jeude de Chatillon, ne peut dater que de l'an 1584; et ainsi l'anonyme se trompe de sept ans. Car il est certain que sa femme s'est accouchée de son premier enfant Robert en 15S6, et que seulement trois de ses enfants étaient majeurs d'âge à la mort d'Amand I, l'an 1617. Nous avons vu des pièces qui constatent toutes ces dates.

Cependant quand on voudrait supposer gratis le testament de la dame Anne de Croy et le don fait par George ou autre, rien n'impliquerait de dire que le comte Martin de Horncs a eu un bâtard, nommé Amand, comme Amand I a eu une bâtarde, nommée Marie, à même temps qu'il avait une fille légitime du même nom.

S'il était nécessaire, on pourrait nommer ici les bâtards de la maison de Hornes, et même désigner leurs mères; mais il ne convient pas de troubler le repos dès morts, en relevant leurs turpitudes.

Ceux qui doivent en être instruits peuvent voir le testament de Philippe de Hornes, les lettres obtenues du roi d'Espagne le 15 février 1551, le posterit d'une lettre de la comtesse d'Egmont du 6 septembre 1597, et un testament passé par une femme avec son mari par devant le curé de Lcende, Antoine-Jean Van Haren, le 17 d'août 1586. Les autres n'en ont que faire.

Au reste, est-il croyable qu'on aurait donné des pensions à Amand I pour lui servir d'alimentation, dans le temps qu'il était si riche, qu'on trouve un acte original, passé devant la loi de Geldorp le 5 août 1599, dans lequel il est intitulé seigneur de Geldorp, et par lequel il remet à son 'débiteur, Guillaume van der Bcecke, une somme de seize cents florins. Un homme pensionné eut-il remis une dette aussi considérable?

En un mot, Platzart n'a-t-il pas objecté, au procès, tous les actes qui existaient, et qui auraient pu faire révoquer en doute l'état légitime d'Amand 1 ? Qu'a-t-il gagné, qu'une admission à preuve de plus près qu'il n'a jamais pu fournir.

L'anonyme peut-il s'imaginer qu'on dépossède facilement un homme d'un rang, dont il a joui tranquillement pendant sa vie, et dans lequel il a continué 77 ans après sa mort; peut-il se flatter d'y réussir aujourd'hui après le laps de près de deux siècles.

Il faut être extrêmement impudent pour hasarder, sans une vraie connaissance, tant d'assertions téméraires, fausses et injurieuses, comme en trouve dans le Recueil généalogique, à l'égard de cette ancienne et respectable maison qui, en tant d'occasions, à si bien mérité de son roi et de sa patrie! et dont, par conséquent, tout homme de bien devrait désirer la conservation et l'avancement. A quoi buttent les vains eflbrls de l'anonyme, sinon à plaire à des envieux, ou à nuire par lui-même? Non content d'avoir vomi les plus atroces calomnies contre le chef, il attaque successivement presque chaque descendant en son particulier, par quelque imputation aussi fautive qu'odieuse.

• Godefroid de Homes, fils aine d'Amand I, auquel son père, dit-il, avait assigné une petite » seigneurie, avait épousé, étant encore aux études, et contre le gré de son père, Catherine Van » Ilammc, fille d'un boucher à Bruxelles. »

Au défaut de preuve, l'anonyme, hazardant le fait, y supplée en prenant un ton très positif; mais ce n'est pas par un tel moyen qu'on acquiert la confiance du public.

On trouve, au contraire, un acte passé devant les échevins de Bois-lc-Duc, le 12 septembre 1612, où Amand I assigne à son fils Godefroid une portion alimentaire pour finir ses études, et même l'émancipé. Est-il concevable qu'il l'eut émancipé, si lors il avait été mécontent de sa conduite?

Par acte du 26 décembre 1615, Amand I a transporté à son fils Godefroid la seigneurie d'Hermès et une rente héréditaire de deux cent vingt-huit florins par an, hypothéquée sur la seigneurie de l'Ecluse, y ajoutant ces termes : <■ En avancement et soutien d'une alimentation conforme à son rang. Avec pouvoir » d'en disposer, comme il trouvera convenir, soit par contrat de mariage, soit par testament ou » autrement à sa volonté. »

Selon cet acte, Godefroid était dans la vingt-neuvième année de son âge, le cours de ses études était donc fini; il n'était pas encore établi. L'anonyme accuse donc, à faux, que Godefroid a épousé, pendant ses études, Catherine Van Hamme, contre le gré de son père.

Cet acte est confirmé par le testament d'Amand I de l'an 1617, pour autant qu'il y déclare d'avoir dépensé beaucoup d'argent à racheter de folles promesses de mariage, données par son fils Godefroid. Preuve que ce mariage n'a pas eu d'effet. Enfin, il dit d'avoir égalisé son fils en biens à ses autres enfants, marque qu'il n'était pas mécontent de l'alliance que son fils avait contractée après.

De Godefroid de Hornes, l'anonyme passe à son fils aîné, Jean, qu'il tâche de rendre méprisable, mais par des faits si peu apparents que le lecteur judicieux ne pourra s'empêcher de conclure que l'anonyme est un visionnaire fougueux et ridicule.

« Jean de Hornes, dit-il, né à Bruxelles le 31 janvier 162-f, s'y fit recevoir dans le métier des » merciers, et y mourut le 22 janvier 1698, ayant épousé Marie van Goor, fille d'un marchand de » chevaux, qui tînt boutique de toiles près des Augustins, où elle fut enterrée, étant décédée le » 26 novembre 1716. »

Ce Jean de Hornes est. le même qui s'est arrogé le droit d'aînesse de la maison de Hornes, que Platzart a voulu prévenir par l'action qu'il a entamée à sa charge, l'an 169£, mais dans laquelle il a succombé.

Quoi! Jean, fils de Godefroid, inspecteur et commissaire des vivres des troupes du roi d'Espagne, et neveu d'Amand II, chambellan de LL. A A. SS., se serait fait mercier, et, étant mercier, aurait prétendu les prérogatives de chef d'une si illustre maison? Un tel langage choque le bon sens.

Si ce fait avait été vrai, il ne pouvait pas être ignoré de Platzart, qui, pour attaquer Jean de Hornes, devait connaître sa personne, sa demeure, et parlant sa qualité de mercier. En ce cas, Platzart, qui ne se proposait que d'écarter Jean de Hornes du droit auquel il aspirait de chef de la maison de Hornes, se serait certainement prévalu de cette circonstance pour le faire déclarer, pas seulement incapable de succéder au droit d'aînesse, mais même déchu de noblesse. Au lieu de soutenir, comme il l'a fait à sa grande confusion, que Jean était fils illégitime de Godefroid, et y ayant succombé, d'entreprendre à grands frais, la preuve qu'il était au moins fils d'un aïeul légitimé, sans pouvoir la fournir.

On voit donc clairement que cette accusation est derechef une pure calomnie, inventée par l'anonyme.

Malgré que cette accusation n'ait aucune vraisemblance, nous avons voulu nous en éclaircir à la source même. Nous avons employé des gens impartiaux et intelligents pour faire les recherches les plus exactes sur les registres de la corporation des merciers à Bruxelles, qui nous ont remis une déclaration, en date du 26 janvier 1776, signée d'eux et des jurés du corps, contenant : « Que le • nom de Jean de Hornes, ni rien y approchant, ne se trouve dans aucun de leurs registres, soit « des aspirants, des candidats ou des maîtres. »

Nous avons fait faire les mêmes recherches dans les registres des RR. PP. Augustins à Bruxelles, dont le prieur et sacristain nous ont délivré une déclaration, en date du 22 janvier 1776. contenant : « Qu'après un très soigneux examen des registres du couvent, touchant les personnes y enterrées, » ils n'avaient pas trouvé le nom de Marie van Goor, ni rien qui approchait de ce nom, ni la » qualification de femme ou de veuve de Jean de Hornes. »

La femme de Jean de Hornes, nommée Marie van Goor, était de la maison van Goor, issue de celle de Hornes, comme est attesté par les hérauts-d'armes qui l'ont connue, et n'était pas fille d'un marchand de chevaux, comme l'anonyme le dit. Elle a été enterrée au village d'Udcn, en Hollande, le 26 novembre 1716. Nous en avons vu l'extrait mortuaire. Et lui n'est pas mort en 1698, puisqu'à la prononciation de la sentence du conseil de Brabant, du 2a juillet 1699, il vivait encore. Tome I. jgg

L'anonyme enfin déchire d'une manière insupportable l'honneur et la réputation du comte François de Hornes, fils de Jean, et de son épouse. Selon lui « c'est un aventurier qui a abandonné plusieurs » fois sa femme pour aller mourir à Hambourg en 1728, ayant épousé Isabelle-Catherine Cano « (Cano de Solberghe), morte le 25 juillet 1750, et enterrée aux Récollets à Bruxelles, dont la mère » était fille naturelle de Jean van der Gocs et de Jeanne Krick. »

Ayant eu recours à la généalogie de la famille van der Goes duement vérifiée, nous avons trouvé que Jean van der Goes, III8 du nom, fils aîné de Jean et de Sara Charles, a épousé Jeanne Schricck (et non pas Rrick), de laquelle il a procréé un enfant unique, nommé Jeanne-Marie van der Goes, qui a épousé Jean-Paul de Cano, père et mère d'Isabelle-Catherine Cano, femme du comte François de Hornes. Laquelle, selon son extrait mortuaire, certifié par les RR. PP. récollets à Bruxelles, le

23 janvier 1777, est morte le 25 de l'an 1725 (et non pas le 25 juillet 1730, comme

l'anonyme avance).

Voilà donc encore une bâtardise hasardée sans preuve et contraire à la vérité. 3Iais personne n'échappe à la malignité de ses traits.

Le comte François de Hornes a quitté la ville d'Anvers, en 1720, pour aller servir son auguste maître, l'empereur Charles VI, qui l'avait gratifié d'une compagnie d'infanterie dans le régiment de Colwrat. Son frère Denis comte de Hornes ayant été fait peu auparavant conseiller-privé de S. M. et vice-président des finances en Silésie.

Nous extrayons ici une lettre que l'empereur a écrite au sujet du comte François de Hornes au prince Eugène de Savoie, pour faire voir au lecteur que S. M. ne le considérait pas comme un aventurier, mais comme issu légitimement de la maison de Hornes. Voici sa teneur :

« L'Empereur et roi,

o Mon cousin. Rapport favorable m'ayant été fait l'an mil sept cent treize des mérites et circone stances du comte François de Hornes, je lui avais dès ce temps-là fait promettre un accommode- » ment proportionné à sa qualité et à son mérite. Mais l'occasion ne s'étant pas présentée encore » de lui conférer quelque charge de ma collation, je veux bien vous faire cette pour vous dire que » j'aurai pour agréable si dans les emplois militaires vous en conférez un audit comte François de « Hornes dont vous le jugerez capable. Ce fait, mon cousin, Notre Seigneur vous ait en sa sainte garde.

*> Vienne, ce 25 novembre 1719. »

Et sur le dos de la lettre, fermée d'un cachet de cire rouge couvert de papier blanc, était écrit :

« A mon cousin le prince Eugène de Savoie, chevalier de l'ordre de la toison d'or, général- » lieutenant de mes armées, maréchal de l'empire, président de mon conseil aulique de guerre, » lieutenant-gouverneur et capitaine de mes Pays-Bas. »

De celte lettre il résulte : 1° que S. M. a regardé François de Hornes comme légitimement issu de l'illustre maison de Hornes. Car autrement tout accommodement de quelqu'espècc qu'il put être eut été proportionné à son état; 2° que S. M. lui a accordé le titre de comte en deux reprises comme au successeur légitime du droit d'aînesse après la mort de Philippe- Maximilien, dernier rejeton mâle de la branche aînée, décédé l'an 1709; 3° que S. M. ne l'a fait qu'après qu'elle fut instruite des tracasseries que l'on avait suscitées à la branche de Geldorp, avant et depuis l'extinction de la branche aînée pour faire passer le titre de grand-veneur-héréditaire de la branche de Baucignies.

Le comte François de Hornes n'est pas mort en 1728, comme l'anonyme l'affirme sans preuve, puisqu'il a écrit de Vienne, en 1759, à son fils, le comte Charles-Maximilien, domicilié à Anvers, la lettre qui suit :

« Mon fils. Je veux bien vous dire par ces lignes d'être fort surpris que vous restiez si longtemps » sans me donner de vos nouvelles et de votre santé. J'espère que vous serez toujours digne de ma » tendresse. Ayez surtout la crainte du Seigneur qui est le commencement de la sagesse...

» Je suis, mon fils, votre affectionné père, «

» Le comte de Hornes.

. Vienne, le 9 mai 1739.

« P. S. Mon adresse doit être : A M. le comte de Hornes, grand-veneur-héréditaire de l'empire. »

Le lecteur remarquera qu'il a porté à Vienne, sous les yeux de la cour, le titre de comte de Hornes et de grand-vencur-héréditaire de l'empire. Son épouse, en son extrait mortuaire, est de même qualifiée de femme du comte de Hornes.

Ce titre de comte dont S. M. même a qualifié François de Hornes, dans sa lettre de l'an 1719, réduit l'anonyme au désespoir. Mais, ne pouvant lutter avec S. 31., il récèle au public une lettre si nécessaire à son instruction, et s'en prend à l'auteur du Mémoire apologétique qu'il blâme d'avoir titré François de Hornes de comte. N'est-ce pas tâcher de surprendre le lecteur, quand l'anonyme se trouve absolument hors d'état de contredire les alliances illustres que la branche de Geldorp a faites il se tait, et fait parler le Mémoire apologétique. N'est-ce pas une affectation qui marque une

partialité outrée; quand le mémoire rapporte la décision du conseil de Brabant, et la déclaration de tous les rois-d'armcs du pays, quoiqu'il les ait sous les yeux, il les cache au lecteur? N'est-ce pas absolument vouloir en imposer au public?

Tel est le ciractère de l'anonyme que nous réfutons II donne ses rêveries pour des extraits de bons mémoires, et il supprime ce qui est contraire à ses vues insidieuses, en se disant un copiste fidèle. En un mot son ouvrage à l'égard de la branche de Gcldorp est un vrai libelle diffamatoire, dont le public ne peut assez se méfier.

Avant de finir, nous répéterons volontiers que nous avons vu et lu en original, ou en copie authentique, toutes les pièces, actes, contrats et lettres que nous avons citées ou extraites; on peut donc tabler sur la vérité, ainsi que sur la fidélité de nos assertions.

DE HORNES (Suite).

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