‹ Noblesse obligeChapitre 9 sur 9 · Chapitre iroûi^^ioe · texte numérisé non relu

Chapitre iroûi^^ioe

la railuKc Sfcc

jKçsar

rent pasiuisecl

laeur drs réreibêra, cEe royait le visigc

son fràe toiqoan bce.

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yV/5 f^TenX arrivés et quMls se trouvéf seuls tous les deux :

^Maintenant, mon frère, lui dit-elle, apprends^moi ce qui est arrivé ?

— Rien, répondit brusquement Tristan en allant s^asseoir dans un fauteuil près de la cheminée.

— Tu me trompes, mon frère, ce n'est pas bien. — Grois-tu que je ne lise pas sur ton visage combien ton cœur est agité ? Regarde-toi seulement dans cette glace, et tu verras.

-«^Eh fbitn:^ ouii dit Ctfu^à-^eoup ïriflOtH) nq posant ^lui fftefiir sas paroles qui déluor*

daiettl malgré -lul.il*. ses lèv^ee* -^ Tout4iVhfiVirei 4ap^ e^ sal^n ou t^ la'as trouvé, pli^rieurs î^unf s ge^i^i de ces fats à l'écple^ comme le »obd0 e», fqprmilU» caii99Li90t^ entr^ eux; — ils parlaient de toi d'une manière hontes*

et Mlsésiblèi •<- lé iièin fl« fl. dé ftlérUy «tait mêlé à lëdHi plkîéinWHéSi eî! Hé (&s«i6ùf ^ue tu es sa maitrease, '

— Mon frère !

-* Ati ! c'est bien cela le monde! m^. sœurp je t'aasure, le monde aii milieu duquel nous ▼iyoni aujourd'hui. — Cette société si brillante et si corron^puey-^llionneut ne peut pas exis>ter, sflon elle. *- Le devoir et la Tertu sont def mots qu'elle ne connaît pas^ qu'elle méprise ou qu'elle raille. — A ses yeux, il n'est pas un honnête homme et il n'existe pas une hon-

nête femme ; — les paroles dé l'un doivent tou<«

jours souiller et flétrir le cœur de l'autre. —

Oui... oui, c'est bien cela! — Et tu t'étonnes

' . . Il

que l'on ne t'ait pas plus ménagée qu'une

àtitre?

:,/n-.Al»r ^*^^^ inffln[)e},i:^péta deux fois Alice^ --T El; que ^sMcnjtrîl?- 4pnq eirtre e^x ?

— Ils disaient, — je ne voulais pas te parler de tout cela, mais tu m'y as forcé, — ils disaient que le comte de Blerzay n'était pas un homme à s'occuper inutilement d'une femme.

-^ Inutilement^ dans le langage d'aujourd'hui, veut dire : hdtiorer et respecter. — Et puisqu'il était ainsi assidu prèd de toi, c'est qu'il était ton amaiit.^Toilà ce qu'ils ont dit, — Usent (larié cent louis, -deux cents louis, — - que saisje?

Ah! je ne comprends pas comment j'ai eu assez de force sur moi-même pour ne pas écraser ensemble les uns contre les autres ces

moucherons venimeux !

Tristan était dans un état d'exaltation ex-

tiémi^ 7. il! se |yraine»ait à grands pas 'dans la chambre. • •

— Il y a dés propos trop vils et trop bas pour qu'on daigne les relever, reprît la jeune femme avec un air de mépris.

*— - Ils le diraient . de leur mère, continua Tristan, ils le diraient de leur sœur^ parce qu'avant tout, il leur faut quelque chose à souiller. — J'aurais dû m'en douter, la première fois que je suis allé chez le comte de Blerzay et que je les ai entendus causer entre

eux, — c'est à se cacher le visage de honte !

J'aurais dû fermer la porte à ce comte, leur idole et leur modèle.

— Oh! mon frère, songes-y, ne fais pas cela, c'est une insulte, un outrage!-— il te provoquerait.

HOBU !• SA

'--Jeté 4i8, A^ice^ que M^ de Blèrsaf ôe mettra plus les pieds ici.

— Mais que pourras-tu lui dire ?

— Par Dieu ! je ne me gênerai pas, -r— tu ne les as pas entendus^ toi?

Vois-tu, Alice, depuis bientôt deux ans que je suis ici, j'ai le cœur brisé, découragé; j'en suis arrivé à ce point, que parfois je doute de moi-même.

Dieu m'est témoin que jamais sur toi, ma sœuv^ il ne m^est venu une pensée de doute et de soupçon ; mais ici le mal est partout, dans Tair que Ton respire et sur la terre que Ton touche de ses pieds, les bons sentiments sont honnis et conspués.

Ah! je comprends pourquoi nôtre Vieilx t)ère s'était retiré dans son ehâteau \ pourquoi ses cheveux blancs et son noble front avaient fui

leta dlèi I ^ L«É t^tti et l«é âfttfeft i'httic4ndiiflseilt

Alice s'était -approchée de son frère, elfe à^ pu5ra doucemcctt seis deux mkiûÈ istir le li^aB de Tristan. -. . .

*^Moa ami, lai dit^ellé d\iili toix bien douce, il ne faàt pas vouloir ïifùiiàet U^ôi- ' ciété dans laquelle on fit \ ^ qti'itnjfièrtenf les par6les de quelques méchants I -^ Estimies^tu ' si peu l'honneur et la réputation d-une femtne qu'ils soient ainsi à la mer^i de touà ? -^ A ôôté de. tout ce mal que tu y6{s et qui té blessé, il y a- encore, sois-en sûr, de nobles pèuâées ;**^les • mauvaises paroles retournent à ceu^ qtii leis ^ di9é£Lt $ A quelquefois on les écoute, on leur fait bien rarement Vhônneur de les croire.' . • -

La Voix de te jeune femme était sérieuse et grave en parlant ainsi.

— «8 — . A peine si Tristao l'écoutait, tant fl était ^ sorbe lui-même dans ses propres pensées. — U s'écriât

— Ils ne savent pas! eux, ce que c'est que l'honneur d'une maison et de toute une lace à conserver pur et intact I ils ne sarent pas avoir en vivant le respect de ceux qui ont vécu avant eux ; — ils ont des blasons et ne se souvieDnent plus que le moindre sou01c les ternit et les souille. Ile se disent nobles, et oublieot ce grand précepte : NobtesK oblige.

Le jeune homme s'arrêta portant à plusieurs reprises sur son front ses deux mains brûlantes, puis il dit avec calme :

— Hais il se fait tard, ma sœur, tu dois être fatiguée... rentre dans tes appartements.

— Tristan, tu me promets de ne rien dire à H. de Blerzay?

— Sois tranquille. • • sois tranquille, répéta deux fois Tristan d'un ton moitié tendre, moitié impatient.

Et embrassa Alice au front.

Le lendemain, la première chose que ût Tristan, fut de donner Tordre que si le comte de Blerzay se présentait à Thôtel, on le priât de passer chez lui.

En effet, sur les deux heures, le comte arriva.

Il était, selon son habitude, dans la toilette la plus recherchée et avait le sourire de la satisfaction sur les lèvres.

— Bonjour, cher baron, dit-il en posant sur une table sa cravache, merveille de richesse et d'élégance. Me voici tout à vous.

— Monsieur le comte, dit Tristan, je vous prie instamment de ne pas prendre en mauvaise

]39rt ce que je vais vous dire ; ^ laîsoos qu'il me serait désagréable de you£| expliquer ici^ me font vous prier, quoique à mon grand C^gret^ de vouloir bien cesser vos visite;?, i^njp^èsr 4^ la marquise de NièvremoAt, jpa 3CPur-^ ,

Le comte était ci |oîa ,d,e. s^'^!t]tçfi.dïe; à ce. qu'il veji^it d'entendre, qu'il resta qu^ques, iA^tap'U comme étourdi sous le coup.

— Mais je ne voius çopp^ndç Jjw^ Y^jus dites. . •

— Que je VQi|s 9,aprai u» gç4 ift^i d'î^îy/érfer à la deimqinde que je viens de vous faiçi^ .

— Elle est, vous m'avouerez^, un p,eu éXv^^ng^^

— Peut-être> monsieur. le çaipte.,.si vousrçfl.échissiez un peu , la trouv.eriiezrvojus mpiofi étrange que vous ne voulejK bien le dire^*.

Le comte se redressa, et répondit. d'uJ^ ton •eci '■',■■ ^ • .

— Ma^axne la marquise si'a toujours reçu ^Yec ^iwv«illaui«i et je ne me priverai du plaîsiir 4e la Yoir <jpi« â aa porte m'est refusée par elle-même.

— Puisque tous le voulèi^ afaaolumeDt, elle

Jfi sera, monsieur le comte, leprit Tristan avec

le calme 4]\i'îl s'était Jbieo promis à luiHoaême

de conserver pendant son entretien avec hL de

Blerzay.

— Monsieur de Kervelane , continua le comte, avant de vous dire ^e que je dois peaser de vos paroles, vous me permettrez -de vousdejuaoder quelles raisAaa , puissantes je n'en 4oute pas, vous les ont dictées, et â quelle brusque et inconcevable réaoluiioa je dois l'ac* pueil que vous, i^e faites»

-7 P<^çe que vps 9iP^i jEPQUsieur, ou plutôt les personnes qui vo^s ^«tourratj népndettt

des bruits compromettants sur la réputation de ma sœur, et que vos ?isites fréquentes à l'hôtel deNièvremont,eû l'absence du marquis, pourraient les motiver.

-r Nommez-moi ces personnes, dit fièrement le comte, et j'irai leur demander raison des paroles qui, en touchant à l'honneur de madame de Nièvremont, m'outragent autant que vousmême.

— Je ne vous en demande pas tant, monsieur, votre absence dira plus que tous vos -coups d'épée.

Le comte se mordit les lèvres ; car il sentait combien sa position était mauvaise. — Bien souvent on a dit entêté comme un Breton ; et il savait à quoi s'en tenir sur le caractère de Tristan. -^ Son amour-propre blessé se changea subitement en tolère*

xjpc c^cst B2S rrww^'iw* ^nsït vvÊt vous nx

— Â Pzrk os 2?pptilie ètunc ceb une înscJte?

rcjKCidh CE BinirlsŒil Tnsisir ; on efl, je le toîs. bkji fiQMtepiIi/je el Lieu acc(»iiir3:»djLiît toiir-4-

Cc Kffit d» EMPOIS de caopipic

v<#iis dite; — je n^'ai pis csodR pr» odks ée la Tilk.

— J*en suis fidié pour tous, Mooskiir k baroiiy car 3 €tt des dmses fDc roB detnft tit* thitr d'apprcDdue et qui scMt bomicsi safoir à tontâçe.

— J*ai la tèle date, mais le cœor droilt dBl Tristan d'une voix hante et fenne.

IL de'Blcmy aTait repris sa cratachfei et il

jouait aonchalamment avec elW es la faisant fiits entre se« deux maûs., — Sa physionomie avait repris son caçlpiet liahituGl d'insouciance et de supériorité ; il passa ses doigts dans la touffe élégamment irisée de se» cheveux, et api^s aroiir fait un deçai-tour sur ses talons, 4 ^outa:

— Il fait très-beau aujourd'hui, monsieur le baron ; je T«is laire le tour du B«û au jgalop ; «{) rev-euant f'Aumi l'honneiur de m'airéter devant l'hôtel de Nièvremont pouc peéseolef ânes «aspects A madaoK la maniisiae.

,-tr U«4ain£, It; faaxquifte at woesrt fik ^Alors»(wu iMperonett««id'ee|]|écerl'h9Pneur de vous rencontrer demain matin à unqe 4(euiest à r««tréje du boi^ de Viocoim^s.

— J'y serai foft wad;. . .

gnf, dit le rr*ntf cm ^^m^pi M. de KflrvclaBc, aranl de se retirer.

Le £<*ir, i lltesire dm dloer, ua valet de pied apporta deux caitef dont les coins étaîeaft plies; toutes deux élaienl da comle doBks*' uj I — r«De pow Tmtaa^ Tauiie pon madame de XièTTemaal.

. — Je B^ sois pas sortie reprndaRt. de iMte la journée, dit Alice.

— C^est moi, ma sœur, qui avais dit ^'on ne laissit monter persomie; car j'étais sur de cette TÎsite du comte» et, après œ ^nt s'est passé, TOUS ne derez plus 1» necevoir.

— Mon frère, dit Alice arec anxiété, prenn gvde ; Q arrirera quelque, maihjeur.

— QalmpQfte pe qui geot anim flt oe ^fu

arrivera ! L'honneur et le deyoir passent ayant tout* — C'est la loi de tout rrai gentilhomme.

Alice baissa la tête sans répondre, et toute la soirée elle fut triste.

Le lendemain, il était deux heures de Taprès-midi quand Tristan deRenrelane, qui était absent depuis le matin, entra dans le salon.

— Ah ! te Toilà Tristan, dit Alice d'un ton de reproche ; j'étais bien inquiète.

Tristan était très-pâle. — Sa sœur s'en aper^ çut.

~ Qu'as-tu, mon frère ? Gomme tu es pâle I

Elle alla à lui et lui prit le bras.

Tristan fit un mouvement brusque quand sa sœur lui toucha le bras, et son visage se contracta.

—-Tristan!... Tristan!... s'écria-t-ielle aus- »im, tu t-eibitta.;, tu èlsblfessé !. w " '

Ob' ■ J'ai

vrwR

Pendant tout le temps que s*^étaîeiit passés les événements qne lious rénohs de tacontet, comme lioiis Tavonâ vu, Henri avait tenu sa parole ; il n^arait pas remis lé^ ptéds 3 ThÀtel de Nîèvreiïiont.

Plus à^iiû moiâ â'étàit écôulë et tt étatt i^sté

fidèle à sa promesse, fidèle à cette rolonté puisée au fond de sa conscience*

Pour se soutenir dans cette lutte terrible qu'il avait entreprise, il lui fallait cette mission de salut et ce devoir sacré à remplir devant lesquels il s'oubliait lui-même, vivant tout entier dans une noble pensée.

Il comprenait que son courage peut-être viendrait à faillir malgré lui, que cette enveloppe de froideur et d'indifférence jetée sur ses épaules et qui le brûlait comme la robe de Nessus, laisserait paraître & nu toutes ses douleurs et toutes ses agitations.

Cette lutte cruelle de la pensée dans laquelle s'épuisaient toutes les forces d'Henri, croyei-vous qp'Alice en fût exempte?— Malgré sa volonté et sa conscience, les crîs étouffés de son cœur parvenaient à se faire entendre. —

Alors c 'étaient de douloureuses et incompréhensibles agitations, là pauvre jeune femme courait dans le monde pour y chercher des distractions, des plaisirs qui la fatiguaient, sans qu'elle pût y trouyer l'oubli. — Elle épuisait le corps croyant briser le cœur*

Aussi la santé d'Alice, si frêle, si chancelante, ne put y résistera

La principale condition de bien<-être pour ces organisations étiolées rendues à la vie à force de soins et de précautions, c'est le calme, lé repos et surtout l'absence complète des émotions vives. — La pauvre Alice retomba bientôt malade.

La volonté de Dieu rappelait le docteur Hermann près d'elle.

C'était, croyex-le bien, une fatale destinée, que celle de cette jeune femme toujours face à

HOBL. L iz

~ 292 — fac< avec eUe«*méme, à laquelle ataient été si jeune arrachés toutes les joies, toutes les espéranceSi tous les bonheurs ; sans autres forces dans la vie qu'elle«*même, et doublement épuisée ^oua cette douleur du cœur et spus cette maladie du corps^-^c'était une bien triste destinée que cette existence, toute radieuse de bonheur et d'ayenir, il y a quelqqes année», maintenant perdue et enveloppée dans la fatalité du hasard.

Vous toutes, jeunes et belles femmes qui vive* de cette vie heureuse que Dieu réserve à ses élus, vous, austqaelles tout a souri depuis la première aurore de votre berceau, vous qui -avcr. grandi dans les bras d*une mèfe et plus tard avez donné à un mari tout ce besoin d'affectîon et d'amour que renfermé une jeune âme I si parfois malgré vous, malgré votre con-

stiente, malgré ces Aoblei cris éa dercwTom cœur biblit, et t<nis lèwci dans le sOeiioe de ▼os naits quelque bonheur imposaUe, songes doiés d*ane imagination ardente.....

Songex à cette jeune femme jetée dans le monde, solitaire, onbfiée de tout» les affections qui s*attacbent à la jeunesse, ajant perdu sa mère avant que Dieu lui ait permis de jHononcer son nom ; songez i cette panne femme, à ses nuits, à ses pensées, i ses larmes, i ses douleurs incessantes, et dites du fond de TOtre cœur et de votre conscience, si tous auriex eu plus de forée qu'elle n'en eut ; et si un jour comme elle, épuisée, haletante, tous ne seriez pas tombée comme elle tomba, en disant à Henri, i ce rêre de sa jeunesse, à cet amour de son cœur, i ce sauveur inespéré :

— Au nom du eîtl! Henri, partez!... Je

n'ai plus la forée pour souffrir ; Dieu veuille que je n'en aie plus pour vivre! — Ohl nous étions insensés tous deux. Henri, partezi...

partez !••• laisse^ioi dans ma vie déserte et abandonnée, — laissez*moi dans la solitude de mon cœur ; car à côté du baume qui me guérit, vous m'apportez aussi le poison qui me tue.

'. Mais le jeune homme était devant elle, les mains jointes, le front incliné, comme elle sans force, comme elle sans courage.

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