Chapitre deuxième
Tous les jours Henri revint.
Tous les jours Henri s'attacha sans relâche à cette œuvre de guërison et de salut; tous les jours le rampaient auprès d'Alice, calmer résigné, froid en.apparence, ne laissant rien voir sur 609 vlaage d^S:drages de son cœur, i n passai dfési heures entières aiq)rès d'eUe i
assis i son cheret, étudiant la marche du mal, ses progrès ou sa décroissance, épiant te souffle de la vie dans cette frêle organisation, dans cette pauvre nature, que le moindre choc semhlait devoir briser.
Il n'y eut plus .une parole , plus un mot dit entre eux sur ce fatal passé qui avait coûté tant de larmes et de désespoir. — Il semblait avoir été effacé de leur existence, rayé de leur souvenir. ' ^
Oh ! ce fut de part et d'autre une noble résolution, un nobk bouràge, iiH^ lasiquèU la Volonté de Di<su' 4«vut veiller. -«^Qiia de «aime cd appBtuB<ieI qhe deûâvrc an dedan»!
- Qui pourrait dire^ qui pôOTrait derinér, qui pourrait comprendre, tes éagtion»jdt9 oès ék'ax âmes ÛDsi napprodfaén tthaqiie ^ur et pdur aîj^î:idirs féuDMiirMBt A l!tiutiN ^ iq Uen
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paisMnt qui attache le malade souffrant à celui qui le guérit? «^ Quelles étaient leé pensée^ de éë^ deut jeunes eœui's , brîsés pai^ le même éhbèj flétris pat là même douleur, usés par là même lutte ? — Leurs yeul semblaièût ^e fuir, foiis deux semblaient i^raindre* que Tétincelle d'un regard n'allumât cet incendie si prêt & édàtér.
Aussi ce furent des heures sUeûcieuses et tristes.
Alice 6*éeoutait souffrir.
Henri était près d'elle, près d'elle comme autrefois, mais l'appelant madame , et lui pre-.
nabt la main pour qu'elle Sentît sur ses doigts cette pression du cœui^.
Il y a dans la douleur même de certaines coùsolàtions, de treftaineé joies pour ainsi dire, que ceux qui oiit longtemps soufifett peu?ent
seuls ressentir et comprendre; — si se voir tous les deux chaque jour , leur rappelait ces songes du passé anéantis si vite; se voir mettait un terme à celte solitude du cceut qui était une désolation.
Malgré elle, à son, îqsu, Alice attendait l'heure où le docteur Hermann devait entrer; — c'était pour elle un bonheur douloureux , intime et caché.
Alice était une de ces belles et nobles créatures dont les sentiments élevés et les principes du bien et de la conscience sont hautement gravés dans le cœur. — Aussi les premiers jours eut-elle la pensée de ne-plus.revoir Hei|ri , d'éloigner ce souvenir qui venait chaque jour , comme un fer brûlant , toucher la plaie de sa vie présente, elle voulut , dût-elle en mourir , ne plus appeler à son chevet le docteur Her-
maiiji» qu ieul pcat-cixc p:«Tvt apporter
quelque soaUpcfneBt à la cmcLc Inlb<^ir^ Noos devoas le dise îd, elle nlicsîu pis
dans son cœur , sa lésolutioa éuit prise , eOe
aurait dit à Hcan ces seuk mots :
— Partes, je tous en supplie! — que je
doiye liTie ou mourir, qulmporte ! pour que je Tire innocente ou que je meure tranquille , il faut TOUS âoigner.
Hais Tristan s'y exposa formellement; il demanda à sa scBur par quel étrange caprice elle ne Youlait pas conserrer les soins d'un docteur dont la réputation, quoique récente, était presque europénne, et dans lequel il avait mis toute sa. confiance et tqutson espoir; et puis, enfin, ayait-elle le droit d'ôter à. ce jeune homme la réepmpeiise de son abnégation , le fruit de tous, ses sacrifice^» de tpus ses. travaux, çUe
quiflVAll brisé si f!e, elle ^ui l'aTïit jeté dé»* espéré, hl«Urtri, âttos cette existence tenible dtl nlédectâ , qui n'a deTant les jeux que lei dôùleuts àeé AutrM.
Il De demandait qu'à la sauver ; et par as fâot, pair nil sigtife, par une lafme, avait-il tfàhi sa prottiesse? — Henri était-il venu uae Seule fois près d'Alice? — non ; — le docteur Hermann seul s'était piéseolé devant la maf" qilUèdeNIèvtemoût.
DeUJt mois se passèrent, et, dominé jour pair ]tnit, h^ate par heure, par la science qui luttait coûtré lut, le mal céda ; peu à peu Alice revint à Ib ianté. '
A*ec quelle joie! arec quel enivrement!
-a- Senri suivait la marche progressive du Wèn! -" atèc qutlle joie, avec quel enivrfrttènt, a iédtlt léi forces revenir à la malade I
•^^ sôti tirage l^ayoïiDâit à Vofr cette pauvre
jeune femme renaître ainsi à la vie $ et il é'é-
ctik dâtis reftthdiiiiasmë de son orgueil et de
son bonheur:
' ^-^ Oht fe ddvals bien que je la ganterais!
moi!...
Alice enti^ndit ces paroles^ échappées domine un tiréftÇHr îde la pensée^ ^ elle tendit à Heari sa main qui tremblait»
-^ Oui^ docteur, dit^^elle^ yond m^avez sau»* véel
• La; réputation dû docteur Hermaûn en acquît Mue ooti relie ^^élébrité, on répéta de boUeheen bouche» à la cour et à la rille que la marquUk de Nièvremont avait été sanvée par lui^ et
qu'elle allait rèpafàitr^ dans le mondes
Il y avait peut-être dans K^ette gfuérisdû: ce qui est ^t «e qui data toujouM/ le txiysiètfe im-*
pénétrable de la science, — c*est«4-dire le secret du cœur.
Bientôt madame de Niè?remont reparut dans le monde.
Ce fut une fête, une joie pour tous de la revoir.
Pendant une seobaine presque on ne parla que de cette réapparition » et les silons de la marquise redevinrent comme autrefois le reodes*vx)us habituel d'une foule empressée et élégante; — société politique 9 société littéraire, société aristocratique ; -^ rien n'y manquait ; toutes les gloires, toutes les célébrités» tous les
talents, tous les âges s'y coudoyaient et s'y donnaient la main.
Parmi les plus empressés se montrait le comte de Blerzay.
. Peudaxit tout le: temps qu'ayait duré la ma*
mtm
hdie de la murqnisc, le comte n'aTâit pas manque an seul jour de se fidre inscrire à la porte { de son hôtel, et fl avait ea grand soin de eontinuer ses relations amicales arec It baron Tristan de Kerrelane. *
n ne saraît pas bien an juste sll aimait la marquise, mais ce qu*Q j arait de positif, c'est que chacun croyait quH Taimait; -*- depuis longtemps d^i il était fort attentif auprès d'elle, et son amour-propre, son honneur, sa réputation, exigeaient qu'il menât 1 bien cette affaire.
Ses amis le plaisantaient souvent ; — car, i Paris, il j a toujours des gens pour rire et plaisauter de tout, même d'une lâcheté ou d'une mauraise action. — Paris est ainsi fait. — Aussi M. de Blerza j compta bien reprendre ses
assiduités et ' sortir victorieux de cette lutte
P«r çiet^ (Jélicmm et cette PQl)}e$8e 4h
cœur qui étaient la loi de toi)|tc;<i sei ftfitipiis, i)
ne lui pwrli i»mm de la fqèçe de l'QpérAs et, par un mot détourné dei^t nv] ne put sum 1$
tement îjYpir V»îrde n'avoir pa^ wtendu. U lui iQt çQipprcndrfs que «pq secjrçl; était resté iqyio^
lable d»Q8 sfis in^ipfi, et que \^i^M\ p^pwr. »y^it été brûlé.
Le^ femme« PBt MB t»ct exquis pow COn-
nnUre le« hommes et les jqger aeloij leurs dé--
£^^t«Q^le^|«.g^9lité4«
Bien flcïtaiijemeptlîi vicomtesse îiurait préféré aftroflter ep. faice 1?^ qolèjre de <ion mari, et s'en $ef iM ])Qnpii ^oile, qH^ 4e «onfter wjç
elle afait deviné Tristan, ellç ^T9i| (jleii^é çiçttq, Ame belle 0t n^hh JHfiqM'4 ^9 ru^e^se, ^t ^Ue était eertfiiqQ d-ayance qD'îl ferait çp qy'il ^TAlt fait. «- Seulement Iç. çci^yr 4ç Tyi^tw iiv^i^ été du mê&ie co^p bri^é et dé^çnçb^nljé^ i) Apprc^* naitohaqueJQur ^ çonpaî^rç çp onoo^d^ qguTçau dana lequel il était eptré ; qbaqwp jour $a «alvçté primitife, son cœur av()çQt Stptu^se hi^iurtaieQt à quelque çbow fUll PÇ TOyîtit psMfr ;
Chaque jour apportait à cette âme de cruels^ enseignements.
Ce désencbantement de sa vie prçqpii^§ commença par le eesur i ^m o^eH p^r. U que toutes les douleurs oa tcoitûs les Jqî^i flQWv. mencenti -rm mais «e!iiiine:U avait J'hubitode
pas (Je que l'on ifaft<n pardi câ«,il ne s'aban-
dottWa Ipas â souffrir. '
11 cSftt aimé la vîconitesBè de Galbois à lui donner sa vie, il souffrit longtemps; mais il s^'ordonha de né plus l'aimer, et comme il «a- Tait depuis longtemps ce que c*est que de s'obéir à soi-même, viéilte et sainte tradition des vieux âges, — quand il rencontra la ricomtèsse, il la regatdà à peine.
Celle-ci eh fut étonnée d'abord, blessée ensuite ; d';aiutant plus que le chevalier de Per-
thuis était parti pour une mission dîplomatique, et certainement elle dut se dire en ellemême; -^ C'est un honnête homme, mais il est bien
simple et bîen maladroit.
Quant au docteur Hermann, dont nous n'avons pas encore t)Srléi Tristan,' bien souvent,
rengagea à venir les Tôir ; mai» jaoiàis iLn-accepta. .' .' / r ♦
Quelque temps après il y avait un^ànd bal à l'ambassade de Bavière.
— Tout Paris y était* — r La tï)arquise de Nièvremont y alla* avec son frère.
Tristan, qui ne dansait pas, pour éviter la foule excessive dont les salons étaient encom-* brés, s'était réfugié dans un petit boudoir.
Trois ou quatre jeunes gens lui tournaient le dos et causaient entre eux; le nom de sa sœur, jeté dans U conversation, le fit écouter invo-* lontairement.
— La marquise de Nièvremont est bien charmante, disait Tun ; son petit air maladif et sa pâleur donnent à sa physionomie un cachet ' de beauté particulier et original.
— Et le comte^e Blerzay? dit un autre.
HOBL. I. 20
>^ Bstitll ^l où n'est'il pas? dit en liant un
troisième.
■^ Ohl le comte n'ôtt pus un homms à passer son temps à soupirer ooiiitD0 ué noTioe» ii sei soupirs ti'étàitnt pas fbrl bien dccueillisi
Tristan sentit Uil fri&son lui glacer jusqu'au cteur; un instant il eut la pensée 'de s'élancer au milieu de ceux qui parlaient ainsi. --^ Mftis un sentiment, dont il ne put se rendre compte) le cloua à sa placci et il écouta.
— Au Bois, continua un des jeunes gens, il accompagtis toujours la calèche de la tnarquise; — dans le monde, il est sans cesse au-^ près d'elle, i^ Il ne la quitte pas d'uh instant; — ^ (i'est une thdse écriïe, un livre grand ou- Tért»
— Je parierais Volontiers quelqiles ceotSineg de louis.
'- U»-.lVeDQiiii ddib, ifcipiil^ *tiiubèi'^ le tiens
dcQx eeotdllouis ; letpmfife fi0'âtt tièli¥ikalttlé^
nant, mais il parlera plmXité) ' ' ^' • ■ ■ r'v.^idetit tH)iiireBili)4i^ Tuwè dois tdéûx cents louis, aussi Haiique le roilàiqui Valâe iitéO li belle mgrquîsel "^ oa dirait lel deux ièuilles d'une même flëut !
. £t les jeunes gens rentrèrent dans le bal sans avoir aperçu la figufe pâle et frémissante de Tristan, à quelques pas derrière eîuc.
Lui 9 rest^^immcibilej se fépétapt d&ns sa pensée chaque mot qu'il venait d'entendre; .ohacuH' de cetf motârqui était à là fois àutrage et flétrissure.
La valse était terminée t^ixe Tristan était en^ core à la même place» appuyé dans Tétebrastire d^une fenêtre. -^ La voix, de sa âteur le réveillai pour ainsi dire*
mêç^e sou^ance. .
Malgré tous ses efforts, Henri «tiîl iftna cesse devant elle avec son visage si triste^ si fé" signé, veillant à son chevet comme Tange sauveur ; Henri, auquel elle avait dû les premiers
battements de son cœur, auquel elle devait maintenant la vie qu'elle avait sentie renaître en elle.
Pour' cette raison , peùt-étré; imprudente, insouciante, oubliant Ce liid dé vipère^ sûr lë-^ quel se posé 'à chaque pas le pied dTàne feinihe,' elle n*avàit^as songé à élolgilër d'elle le Cdinte de Blerzay, dont les assiduités pouràiéht être
ipal interprétée par çe§ qiti^Ui'W?* wpsit? yiJs et lii& qi4 pe fiï<>ient j^miûf a» feie»* (fit wfeP*.
I^^m h TM^gf.si p4}p,49,saA fi^à «%v.«i»
JLm I ilT^fc Jk. JtJ^CZ. *^B.
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Tristan anit pâcà
iHelv
— Je n'emmène pas ma sœur, dit-il enfin ; — c'est ma sœur qui désire se retirer.
Si Tristan eût été moins troublé lui-^mènie»
il eût remarqué, sans nul doute, le mouvement subit de mauraîse hunieur que ne put réprimer le conite en entendant ces paroles.
Cependant celui-ci affecta de sourirç et rér pondit :
— Je devrais, madame la marquise, vous en vouloir de partir si subitement après Tengage-
ment que vous aviez bien voulu accepter tout-
à-riieure.
Alice était au supplice.
' — Je me • sens très-souffranté... très-fatîguée. Je vous prie de m'excuser.
— Je n'ai droit qu'à des regrets, madame, repnt le comté eu s'tnclinant.
Le domestiqué annod^ que la toiture de
it Hisrnu^ à*: ^ifnmiuixi imji
Ajlct: st ifn TTs-aiteiii- eî anrs ar^r ssàiié
— Ji çstl TTiaif riia Oj^tffnt istfddîexx! dît le cc'Xiite;. Ccâe irr.int: ^ihh rlî&e duis lei
pasfiê Ç!^r3£: ^ LuK ; ^>:£ irc^ai de frcre hii auia îklx i;i«e ^enK: i li &p4« letliADe.