CHEZ LE GÉNÉRAL CHARETTE
Saint-Malo et ses environs sont en fête, il s’agit des noces d'argent des zouaves pontificaux. Les hôtels regorgent. L'étendard du Sacré-Cœur flotte à la grille du parc de la Basse-Motte.
Vis-à-vis l'habitation ce ne sont que festons et astragrales ornant une statue du Sacré-Cœur, C’est un zouave qui s’est chargé de la décoration, Nommons-le : M. Lionnel Royer, Derrière l'autel, car il y a un autel, sont un orgue et une
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maitrise composée d'une quarantaine de choristes. La messe est célébrée par Mgr Sacré, prélat de la maison du pape et premier aumônier des zonaves,. a cérémonie terminée, le général de Charette à adressé au Nonce et au représentant de son ancien régiment le discours suivant :
Monseigneur, veuillez me permettre, au nom des zouaves pontificanx, de vous remercier, avec mon cœur de soldat, du grand honneur que vous nous faites en venant présider à nos noces d'argent; et vous tous, Messieurs et Mesdames, qui avez bien voulu aussi prendre part à cette fète de famille, au nom de mes amis et au mien, merci.
Le général a retracé l'historique de son régiment, créé par le général Lamoricière en mai 1860 sous le nom de corps franco-belge. Puis terminant :
Allez, Monseigneur, conclut-il, en se tournant vers le Nonce, allez dire à Léon XIE que le régiment reste fidèle à sa légende, qu'il est tout prèt, sur un signe de lui, à reprendre sa place parmi les défenseurs de la papauté et de la grande cause qu'elle représente, Dites-lui, Monseigneur, que le jour où la France aura besoin de nous, nous lui demanderons une bénédiction spéciale afin de rester toujours dignes de notre beau régiment.
Dites-lui que je ne puis oublier les belles paroles qu'il nous a adressées : « Restez fidèles à l'honneur, ce sera la vraie manière de rester fidèles aux grandes et nobles traditions de votre pays. Dieu fera le reste, »
Après ce discours, un hanquet de seize cents couverts à été servi aux anciens zouaves.
Parmi les personnes présentes, citons : le colonel d'Albiousse, portant la bannivre pontificale; M. de Cazenove de Pradine, portant li bannière des zouaves qu'il a prise à Patay des mains de Verthamon et des deux Bouillé, tués en la défendant; le jeune fils de Fernand de Bouillé, tuë à Patay; le général de Biré; l'amiral Véron, le nouveau sénateur, et la veuve du général Lamoricière.