LE GIL BLAS
30 juillet
La cérémonie du vingt-cinquième anniversaire de la fondation du régiment des zouaves pontifieaux a été vraiment merveilleuse,
Dès !» veille au soir, ainsi que nous l’avions écrit déjà, les hôtels regorgeaient de moe et pourtant le dernier train de Paris amenait encore à Saint-Malo plusieurs compagnies de zouaves, on ne savait plus où coucher. Les billards des ‘afés étaient transformés en lits, on bivouaquait sur la place et l'on campait sur les banes de la plage.
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Jusqu'à une heure avancée de la nuit, les terrasses des cafés ont été bondées de consommateurs, la plupart «anciens soldats du pape, heureux de se retrouver et de parler de leurs exploits passés.
Citons au hasard MM. le baron de Rochetaille, le baron de la Vaux, le comte de Bertier, de Cadizae, de Gevry, de Chazelles, de la Villoutreys, de Vauguyon, le marquis de la Rochefoucault, le vicomte de Puget, de Soulier, le vicomte de Durfort, le comte d’Andigné, le frère du leader des blancs d'Espagne.
Entre parenthèses, une nouvelle politique qui fera sensation : on parle de l'abdication prochaine de don Juan, le prétendant actuel des blancs d'Espagne, en faveur de son second fils, le jeune frère de don Carlos, qui porte le nom de don Alphonse. Est-ce que le prince don Alphonse n'aurait pas servi comme vénéral carliste dans les dernières guerres civiles de l'Espagne ?
Entin ce matin la cérémonie a commencé par la messe solennelle dans le pare du général marquis de Charette. Plus de quinze cents personnes y assistaient : l'émotion a été très vive quand, au début de l'office divin, le général à remis entre les mains de M. Cazenove de Pradine et du jeu: : marquis de Bouillé la bannière du Sacré-Cœur, après avoir confié à l'ancien coiuuel, M. d'Albiousse, le drapeau du régiment.
Au banquet, le général de Charette à prononcé, non un discours pompeux, mais plutôt une causerie pleine de verve où il a raconté des souvenirs du régiment qui ont amené les larmes aux yeux de ses anciens soldats. Puis M, d’Albiousse a répondu par une allocution pleine de cœur, et enfin le premier aumônier du régiment a fait une improvisation remplie de finesse et d'esprit.
Jamais ceux qui ont assisté à cette fèle magnitique n'en perdront la mémoire.
Cantate au général de Charette, exécutée au château de la Basse-Motte, par la maitrise de Saint-Servan, à l'occasion de la cérémonie des noces d'argent du régiment des zouaves ponliticaux, présidée par S. Exe. Mgr di Rende, Nonce apostolique à Paris, le 28 juillet 1885; paroles de M. l'abbé Marbeuf, sous la direction de M. Le Gentilhomme.
Air de la Vendéenne
Salut! à séjour ravissant
Où s'unissent les voix des braves, Où le bataillon des zouaves .
Célèbre ses noces d'argent!
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Là retentit la devise chérie Al Qui fit trembler un insolent vainqueur :
Sauvons l'Église et la patrie Sous l'étendard du Sacré-Cœur.
Je vois se lever sur nos fronts
Une main sainte et bénissante
D'un pontife qui représente
Le Père que nous vénérons ; Comme Pice-Neuf, Léon-Treize s'écrie, En promettant un éternel bonheur :
Sauvons l'Église ct la patrie
Sous l'étendard du Sacré-Cœur.
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1 Sur nous qu’elle flotte en ce lieu 4 L'immortelle et blanche bannière é Que nous suivions dans la carrière Soldats de la France et de Dieu.
J'y vois du sang; il nous parle et nous crie : N'oubliez pas votre antique valeur.
Sauvons l'Église et la patrie Sous l'étendard du Sacré-Cœur.
Qui donc à notre âme souffla Sous les plis de cette oriflamme, La sainte ardeur qui nous enflamme?
C'est le héros de Nerola, Quand il disait à sa troupe agucrrie :
41 Piutôt mourir que de trahir l'honneur !
; | { Sauvons l'Église et la patrie 4 | Sous l’étendard du Sacré-Cœur.
1 marche, et quand son glaive à lui 1 Le zouave joyeux répète :
| Volons sur les pas de Charette, La mort recule devant lui!
nil. C'est un héros de la chevalerie, ïe Al Comme Bayard, sans reproche et sans peur ;
Sauvons l'Église ct la patrie qu
Sous l'étendard du Sacré-Cœur. pa
Gurdons les nobles souvenirs
Du jour où mugit la bataille
Où frappant d'estoc et de taille
Tombèrent nos vaillants murtyrs.
Dis-nous, Patay, quelle ardente furie Épouvanta l'audacieux vainqueur !
Sauvons l'Église et la patrie
Sous l'étendard du Sacré-Cœur.
Honneur, à Monte Rotondo, A ceux qui pour Dieu combattirent !
Honneur aux braves qui périrent Au champ de Castelfidardo!
A Mentana quand succomba l'impie, Le monde entier tressaillit de bonheur.
Sauvons l'Église et la patrie Sous l’étendard du Sacré-Cœur.
Jésus, ton Cœur peut nous sauver; Ton Cœur aime toujours la France.
Nous conservons une espérance Que noire foi vient raviver.
S'il faut lutter pour la France chérie Nous redirons pleins d'une mâle ardeur :
Vaincre ou mourir pour la patrie Sous l'étendard du Sacré-Cœur.