‹ Noces d'argent du régiment des Zouaves pontificaux, 1860-1885 [microforme]Chapitre 45 sur 84 · LE PÈLERIN · texte numérisé non relu

LE PÈLERIN

28 juillet NOCES D'ARGENT

Les zouaves du pape célèbrent le 28 juillet leurs noces d'argent au chiteau de la Basse-Motte (Ille-et-Vilaine).

Ils sont nés en 1860, et pendant dix ans (1860-1870), ils ont eu une légende qui rappelle les beaux jours des croisades.

Rien n'était méprisé comme un soldat du pape quand ils se tirent soldats du pape.

On ne croyait pas qu'un soldat catholique puisse avoir désormais st place dans l'armée française, quand soudain ils reviurent de Rome au secours de la France en 1870.

Nos armées n'avaient plus d'autels, plus d'aumôniers, plus de prières; on prétendait que cela efféminait les soldats. On blasphémait Dieu jusque dans les moindres parades, parce que le soldat français devait être crâne même vis-à-vis du ciel.

C'est à ce moment où chaque soldat français devait par devoir professionnel rougir de son Créateur de peur de paraitre une bonne femme, que les zouaves déployérent pour étendard à Patay la bannière immaculée du Sacré-Cœur, brodée par des Visitandines.

Le matin du ? décembre ils se mirent à genoux, beaucoup communierent, et le soir un grand nombre étaient morts à l'ombre de la sainte bannière.

Ce fut la fin de la première partie de la légende; le soldat catholique façonné par le pape, le vrai soldat français, venait de nous apparaitre avec son auréole de gloire.

Pour sauver la France, il faut tout renouveler dans le Christ.

Il lui faut des gouvernements catholiques.

11 lui faut des soldats catholiques.

Il lui faut même des députés catholiques.

Oui, il le faut!

Voilà les naïfs qui se trémoussent. Dans quel embarras le bon Dieu nous jette, quel manque d'opportunité!

Des gouvernements catholiques sont devenus impossibles, la société ne les tolérerait pas ; il faut des gouvernements athées qui n’offusquent pas les impies et qui ne paraissent pas religieux.

Telle est l’objection qui fait sourire le bon Dieu sur son trône, car du haut de

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ce trône il a dicté à David tout un psaume sur ce sujet : « Quand les gouvernements se lèvent contre le Christ, le Père répond au Christ : Tu es mon fils, demande-moi ct je te donnerai les nations en héritage, tu les gouverneras à la guise avec une verge de fer et tu briseras les gouvernements comme des pots de terre, et maintenant comprenez, rois de la terre, instruisez-vous, servons le Seigneur avec crainte, et exaltez-le en tremblant. »

S'il n'y avait plus d'hommes assez croyants pour faire un gouvernemert fidèle à son Créateur, le Créateur pourrait en créer des légions, et li France qui a très bien accepté pour la gouverner les Grévy, les Gambetta, les Ferry, tous les avocats sans cause, les médecins sans malades et les vétérinaires sans animaux, la France accepterait aussi, el @ fortiort, un Charlemagne, même un saint Louis, peut-être une Jeanne d'Arc.

Louis XIV, en 1689, dit-on, eut peur de la demande de mettre le Sacré-Cœur dans le tableau très pieux de ses armoiries.

La triple fleur de la Trinité qui avait été placée par les anges sur l'éeu de France ne se souvenait plus qu'elle n’était qu’une image religieuse destinée aux processions encore plus qu'aux combats.

Un Sacré-Cœur! cela faisait peur roi magnifique né par miracle à la suite de pèlerinages.

Il faut un gouvernement catholique. On l'aura.

Il faut aussi des soldats catholiques.

Non, disaient-ils avec rage, nous ne voulons que des soldats corrompus; il nous faut le cortège des plaisirs du camp. Un soldat, ça boit et ça fume; c’est l'idéal de son portrait en dehors de la bataille.

Eh bien, le bon Dieu ne nous donnera la victoire au Tonkin et ailleurs qu’à cette condition que le soldat soit le fils de l'Église, et aujourd’hui un marin chrétien, Courbet, nous apparait comme une belle espérance à l'approche de ces lumps nouveaux.

Les cadres de l’armée catholique existent, ils seront demain au château de la Basse-Motte. Cette race ne mourra plus.

Quant aux députés catholiques, nous publions un programme catholique à faire souscrire, et il ne faudra voter pour aucun de ceux qui n'auront pas mis sans rougir au-dessous : Je suis du parti de Dieu.

Voudrions-nous nommer des gens du parti du diable, fussent-ils vrésentés par n'importe qui ?

1 faut tailler un monde nouveau sur la croix.

Le général de Charette nous écrit : « Venez, ce seront les noces de Cana, car nous échangerons l'eau de l'indifférence dans le vin qui donne la foi et qui ouvre l'espérance aux hommes de bonne volonté, »

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Hélas! nous ne pourrons répondre à cet aimable appel, mais nous espérons contre l'espérance que des temps nouveaux vont se faire.

Pourquoi cette date du 28 juillet ?

Est-ce la journée même de la création des zouaves ? Nous l'avons oublié, mais c’est certainement celle de la fin de la Terreur, car ce jour on croyait que nul ne pouvait plus prononcer le nom de Dieu, ni aucune parole saine sans être guillotiné, Cela ne semblait pas devoir changer; or, le 28 juillet 1794 on à guillotint le guillotineur Robespicrre.

C'était juste le moment où les prisonniers eux-mêmes se résignaient, comme si la Terreur, sanctionnée par des victoires dehors, devait durer toujours.

Si la lunette de la guillotine à travers laquelle les impies commencent à jeter un regard sur l’élernité a pu servir à Robespierre pour voir l'avenir, il a découvert quatre-vingt-neuf ans plus tard, au 28 juillet 1885, les noces d'argent des soldats de l'Église prèts à défendre la France, alors que rien n’est plus debout et que l'espérance se voile la face.

L'ANTI-RADICAL Laval, 8 août NOCES D'ARGENT DU RÉGIMENT DES ZOUAVES PONTIFICAUX AU GENERAL BARON DE CHARETTE

Depuis ces vingt-cinq ans, que de déceptions,

De projets avortés, de désillusions !

On conserve un espoir! Et l'on veut à la foule

Le faire partager. EL cet espoir s'écroule.

Voici notre sauveur; pour le coup c’est certain.

Et le sauveur du jour n'est plus le lendemain.

En a-t-on assez vus surgir el disparaître ?

Cest que l'homme propose et que Dieu seul est maitre, Nous montrant chaque jour que les projets humains Restent sans son secours aussi vides que vains.

Sous ce vent du néant auquel rien ne résiste, Un homme cependant droit et ferme subsiste.

Dix fois il est tombé sanglant dans les combats, Dix fois ses ennemis ont chanté son trépas; Bien plus souvent encor les rèveurs politiques,

ons Ont dit: « Iest fini. » Dans les moments critiques, Comme dans l'Écriture, on voit à ses côtés

Tomber les plus puissants et les plus réputés.

Mais lui, sans s'émouvoir de la force et du nombre,

LE Poursuit droit son chemin modestement dans l'ombre.

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Le Qui done peut le garder sans crainte, sans ellroi,

ne Son Dieu? Pie-Neuf l'a dit: « C'est un homme de foi. » Toujours prèt au combat, mais sans devancer l'heure,

nme Quand le monde se trouble, impussible il demeure. La main sur son épée, et les yeux vers le ciel,

jeter Il attend le moment fixé par l'Éternel.

ot Quel est cet homme ? Ici chaque cœur le répète,

dats Comme partout, Messieurs, saluons, c'est Charette.

que Oui, restez calme et fort, noble soldat de Dieu !

C'est lui qui doit vous dire et le jour et le lieu. Partageant votre foi, nul de vos fils n’en doute : Ge jour, vous les verrez réunis sur la route,

Pour livrer avec vous ce combat solennel,

Qui doit briser un joug honteux et criminel.

Votre drapeau nous dit qu'il faut encor combattre, Avant qu'il soit planté triomphant sur Montmartre.

Vous donc, toujours le même après ces vingt-cinq ans, Malgré tant de dangers, tant de combats sanglants, Vivez, vivez, Charette, et que Dicu vous protège !

Pour vaincre et disperser la horde sacrilège

Qui gaspille son or, son sang et son honneur,

La France compte un jour sur votre bras vengeur. Vivez! Mais, pour nous tous, c'est croyance certaine : Après les vingt-cinq ans, viendra li cinquantaine.

Et lorsque seront blancs vos cheveux blonds encor, Vous direz aux vicillards : « Faisons nos noces d'or. »

Ch. TRESVAUX DU FhavaL.

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