‹ Noces d'argent du régiment des Zouaves pontificaux, 1860-1885 [microforme]Chapitre 66 sur 84 · NOCES D'ARGENT DES ZOUAVES DE CHARETTE · texte numérisé non relu

NOCES D'ARGENT DES ZOUAVES DE CHARETTE

1 y a aujourd'hui vingt-cinq ans que le régiment des zouaves pontificaux a été créé, Ses états de service sont déjà illustres, et bien qu'il ne soit plus en activité, le régiment est toujours formé, toujours prêt à entrer en campagne au moindre signe de son chef, pour Dieu, comme dit sa devise, et pour la patrie.

Le général de Charette, qui a commandé, tant en Ttalie qu'en France, le corps des zouaves pontificaux, a pensé que ce serait faire acte patriotique que de réunir, à l'occasion de ce vingt-cinquième anniversaire, les quinze cents ou deux mille braves qu'il a toujours sous la main, bien qu'ils soient presque tous rentrés dans la vie civile. I les a convoqués à la Basse-Motte, près de Châteauneuf, à quelques kilomètres de Saint-Malo, et presque tous sont venus à son appel. On en comptait neuf cents, aujourd'hui à midi, dans le pare de la Basse-Motte, et plusieurs centaines de lettres pleines de cœur, de foi ardente, témoignaient, auprès du livre d’or où les arrivants s'inscrivent, du regret qu'éprouvaient ceux qui ne pouvaient pas venir.

La Basse-Motte n'est pas d’un accès facile, C'est un site éminemment campagnard au-dessus de Saint-Suliac. On y parvient depuis quelques années par un petit chemin de fer stratégique qui relie la poudrière de Châteauneuf à la ligne de Saint-Malo, mais les trains sont rares et le mieux est de venir soit en guimbarde le long des routes poudreuses, soit en bateau par la Rance, qui coule non loin de là.

C'est ce qu'ont fait la plupart des invités; les uns ont frété les calèches préhistoriques avec cochers en blouse bleue et harnais de corde qui font la joie des étrangers débarquant à Saint-Malo; les autres, plus select, ont organisé un voyage en steamer de Saint-Malo au petit port de Saint-Suliac. Bref, à dix heures du matin, heure fixée pour la messe en plein air sur la pelouse de la Basse- Motte, plus de deux mille invités des deux sexes, venus de tous les points du globe et en particulier des villégiatures environnantes, Dinard, Paramé, se pré-

bow Ves ;

\veté vité, ndre

OIPS air, mille dans ques \ en , €t ient, ceux

'ampar igne 1imnon

his

des

un ures sses du pré-

sentaient à l'entrée du pare. Les hommes en jaquette et chapeau de bains de mer, les femmes en toilettes idem, c'est-à-dire en blanc, en ronge, en bleu, en jaune. Le coup d'œil de cette réunion d'été par un soleil éclatant, sous un ciel bleu superbe, à l'ombre de gigantesques arbres et de charmilles infinies, était charmant au possible.

Il fallait montrer patte blanche à la grille, c'est-à-dire que le général de Charette, respectueux des lois de son pays, ne voulait pas transformer la messe en réunion publique et que les seuls invités munis de carte spéciale pouvaient entrer dans le parc. Is étaient reçus par une escouade de zouaves faisant fonctions de secrétaires, tous aimables et de joyeuse humeur, le brave et fidèle du Puget en tête.

Au seuil de la maison, les invités trouvaient les deux fées du lieu, M" la baronne de Charette, deuxième femme du général, ef M'e de Charette, fille du premier mariage, toutes deux habillées à ravir de robes semblables en flanelle blanche, avec rubans larges tout jaunes, et abritées sous d'immenses chapeaux de paille jaune à plumes jaunes et blanches, le tout dans la tradition des couleurs pontificales qui sont le blanc et le jaune.

On appusan sa signature sur le livre d'or, après avoir salué les maîtresses de la maison, et on se mettait alors à la recherche du patron où du bourgeois de l'endroit, comme vous voudrez. Cette recherche donnait l'occasion de parcourir des pelouses vertes, des chemins ombreux et des allées d’une fraicheur exquise, mais on n'arrivait à découvrir le général qu'au bout de quinze ou vingt minutes. Il était mêlé à la foule, allant et venant, faisant un bout de causette à tout le monde et disparaissant aussitôt pour aller offrir son bras à une dame qui entrait.

Charette en veston noir et en pantalon à la hussarde, le chapeau de paille noir sur la tête et la pipe dans la poche de côté, donnait l'exemple de ce laisser aller bo enfant sans lequel les fêtes à la campagne ne sont que des singeries ridicules.

Le Nonce du pape, Mgr di Rende, devait venir donner aux zouaves Ja bénédiction de Léon XITFE, mais le Gouvernement s’est, paraît-il, ému de cette inoffensive manifestation et le Nonce est resté à Paris, non sans avoir donné dans un télégramme qui a été lu par le général de Charette une exeuse fort plausible de son absence. Mais on trouve toujours une excuse. plausible dans ces cas-là.

Or, il faut le dire, durant toute cette fête intime et cordiale, personne n'a dit un mot de politique; on n’y a pas même songé, je crois, à se préoccuper de la politique militante du moment. C’est done une frayeur bien inutile qu'a eue le Gouvernement, s’il a vraiment, comme on le dit, invité le Vatican à retenir son ambassadeur à Paris le jour de la fête des zouaves qui ont servi Pie IX.

Sur la pelouse, devant la maison blanche qui sert de château au magnitique parc de la Basse-Motte, un dais de sapins coupés et entrecroisés avec leur feuil-

lage recouvrait l'autel où la messe a été dite par M. le Curé de Châteauneuf et la bénédiction donnée par Mgr Sacré, premier aumônier des zouaves pontificaux, aujourd'hui évêque.

A ce moment, première émotion de la journée; de chaque côté de l'autel se tiennent deux porte-étendards. L'un est le colonel d'Albiousse, qui tient le drapeau du pape; l'autre est M. de Cazenove de Pradine, qui tient la bannicre blanche des zouaves, celle qui fut à Mentana, à Patay, à Yvré-Lévèque, et qu'on suspendit à Frohsdorf au-dessus du lit mortuaire du comte de Chambord, À côté de M. Cazenove de Pradine se tient le jeune Guillaume de Bouillé, un adolescent de quinze ans, fils et petit-fils de ces deux Bouillé frappés à mort en combattant sous les ordres du Gouvernement de la Défense nationale en 1870, sans vouloir se souvenir d'un vers inutile de la Marseillaise à l'adresse de leur aïeul. Chacun se montrait ce jeune homme debout à côté de l'étendard que le sang de son père a taché, littéralement taché sur le champ de bataille, et pendant que la musique, dissimulée derrière l'antel, jouait une hymne religieuse, toutes les pensées de cette foule recueillie allaient bien sûr aux martyrs de la guerre franco-allemande, aux combattants d'Orléans, de Brou, de Loigny.

La messe entendue, on à déjeuné et fort bien déjeuné, ma foi, sous une tente en plein air. I y avait un millier de couverts, dix ou douze tables, dont une table d'honneur présidée par M"° la baronne de Charette, et quand on se rendait compte de la situation topographique de Châteauneuf, loin de tout organisateur de banquets plus ou moins frelatés, on était émerveillé, |

Si le général de Charette n'avait pas une carrière tout indiquée dans le militaire, il ferait certainement son chemin chez les donneurs de festins. Au dessert, le général, qui n'avait cessé d'aller de table en table, mangeant à l'une et buvant à l'autre, est monté sur l’estrade où se trouvait la table d'honneur et d'une voix claire, sonore, nous a lu le plus beau morceau d'éloquence patriotique et religieuse que j'aie entendu de ma vie, je le déclare.

Passant en revue les diverses phases que le régiment a traversées, Charette qui n’est pourtant ni orateur ni écrivain s’est élevé dans ce dithyrambe jusqu'aux régions du sublime, tant il est vrai que les grandes pensées viennent du cœur; c'est avec son cœur que le général a écrit ces vingt ou trente magnifiques pages, qui ne seraient pas déplacées dans un recueil de morale pratique à l'usage des jeunes gens.

Il a eu des phrases brèves et vibrantes comme ces alexandrins de nos grands tragiques qui font passer dans nos veines le frisson du beau. Sa description des débuts du régiment, ses souvenirs sur chacun des braves tombés pour le pape ou pour la France, son appel aux morts et sa prophétie pour l'avenir ont fait pleurer plus d'un sceptique, et c’est Rà le plus bel éloge qu’on puisse faire de ce discours.

t la ux,

| se ra ivre l'on rÔté ‘ent lant loir cun re que, de 1e,

ente une dait teur

ire, , le nt à 'OÏX

use

rette aux ur; Les,

des

nds des ou urer urs.

Après Charette, le brave d'Albiousse à parlé d'abondance avec une facilité d'élocution méridionale tempérée par le sentiment militaire de la mesure et de la sobriété. Admirable aussi cette harangue du second chef des zouaves pleine de traits fiers et de pensées grandioses. Décidément ce ne sont pas à des gens ordinaires, et je me demande ce qu'on n'obtiendrait pas de ces mille hommes le jour où, sur un signe de Charette, ils se réuniraient encore sous leur bannière légen- | daire, La fête s'est terminée par un toast chevaleresque de d'Albiousse à M"° de Charette, vers deux heures de l'après-midi.

Qui de nous verra les noces d'or des zouaves, maintenant, après avoir vu leurs noces d'argent? Ce sera pour le 28 juillet 1910. Je demande dès aujourd'hui à en être, comme tous les autres invités, d'ailleurs, Avis au secrétaire du Puget.

Pierre GirrARD.

LE GAULOIS

29 juillet LES VIVANTS ET LES MORIS

Les morts du régiment sont nombreux, aussi bien ceux qu'il a semés dans les champs brülés de la Campagne romaine que dans les neiges de li France envahie, A leur tête, il convient de citer le ministre qui organisa les zouaves et qui, lui-même, appartenait à l'armée par son passé. Mgr de Mérode, ministre des armes de Pie IX, était Belge. A peine sorti de l'École militaire, il se fit attacher, à titre étranger, à l'état-major de notre armée Il d'Algérie, et fit la guerre avec Bugeaud. || ILentra dans les ordres, devint camérier du pape, puis ministre, el montra, dans l'organisation de l'armée pontificale, des qualités d'administrateur de premier ordre.

Après le ministre, le général en chef, Lamoricière, Celui-là, c'est Bayard. Lieutenant à la LR prise d'Alger, il était général de division treize ans plus tard et avait conquis tous ses grades 1| à la pointe de l'épée. Il avait inventé et organisé les zouaves. Député de la Sarthe, ministre de ui la guerre, il resta ce qu'il avait été en Afrique, le soldat par excellence. IL fut exilé au coup (Il d'État ; reprit, en 1860, son épée à la voix de Pie 1X ; se battit comme un lion à Castelfidardo {1h

fl

et à Ancône. Il est mort en France, en 1865, comme un soldat et comme un saint,

Pimodan, c'est Dugueselin. À Castelfidardo, il n'en dit pas long à ses zouaves : « Souvenez- l vous que vous êtes catholiques et Français! » Là il fut frappé coup sur coup par trois blessures, î et à chaque balle qui lui entrait dans le corps, il répétait : « Dieu est avec nous! » Il mourut en 4h martyr la nuit suivante. sil

Voilà maintenant le comte de Quatrebarbes, gouverneur d'Ancône ; puis le comte de Baudelaire, le colonel d'Argy qui commanda la légion d'Antibes ; le comte de Bourbon-Chalus, commandant du génie de Lamoricière.

Et cet admirable vieillard qui avait nom Fernand de Bouillé : « Nous arrivons trois nous mettre

sous les ordres, Jacques, moi et mon cocher, » écrivait-il à Charette, en s'engageant comme “imple soldat pour la campagne de France, Son fils l'accompagnait et aussi son gendre de Cazenove de Pradine, et marchant entre eux deux sur le champ de bataille de Patay, il leur disait : « Si un de ces obus venait à tomber entre nous trois, il y aurait ce soir bien des veuves à la maison. » Il fut traversé de part en part d'une balle au moment où il saisissait le drapeau que venait de laisser tomber Verthamon en mourant. Son fils, le comte Jacques, releva le drapeau immortel : « À moi ! cria-t-il à côté du corps de son père ; sauvez le drapeau ! » Et il est foudroyé par une grêle de projectiles, 1 n'avait que vingt-six ans. Au moment de la charge, le vaguemestre lui avait remis une lettre de sa jeune femme qu'il n'eut pas le temps de lire.

Et Verthamon, nature à la fois mystique et élégante, C'est lui qui, le premier, porta le drapeau, à Patay. Une balle arrive et lui déchire la vessie. Il tombe avec son drapeau, se relève avec lui el continue à marcher; une seconde balle lui traverse le poumon au-dessous du cœur, et sort par l'épaule gauche, Gette lois, il tombe encore et ne se relève plus. Mais il vit, il attend dans la neige, toute la nuit, la mort qui tarde à venir. Il vécut encore cinq jours. « C'était sublime, disait-il, en parlant de la bataille, Nous savions que nous allions tous à la mort; moi, il me semblait monter au ciel! »

Georges d'Héliand est tué à Castelfidurdo. Sa mère, en apprenant sa mort, s'agenouille et récite le Te Deum. 1 avait dix-huit ans!

Le capitaine Belou, un vétéran épargné par les balles piémontaises, reçoit en plein front, au plateau d’Auvours, une balle prussienne.

Crône, tué à Monte Libretti. Sa dernière parole est celle-ci : « Je suis certain d'aller au ciel, » Meller, un licutenant engagé comme simple soldat, tué à Mentana.

Et tant d'autres, Letou, Erftmeyer, Arthur de Chalus.

Et cet héroïque Porthos des zouaves, le caporal de Jong. À Monte Libretti, il s'était jeté au milieu des Garibaldiens. Sans recevoir une seule blessure, il en assomma ou en perça quatorze. Et quand il fut fatigué, il se mit à genoux pour se reposer. Les Garibaldiens le percèrent de leurs baïonnettes. Naïf comme un héros qu'il était, il écrivait : « Quand les protestants vous diront que la chaire de saint Pierre est vermoulue, répondez-leur que cela n'est pas vrai. Dites-leur que Pierre Jong et son cousin Guillaume l’ont vue, et ajoutez qu’elle est solide. »

De Vogué, l'un des trois Vogué qui ait versé son sang en 1870, tué à Loigny.

De l'Estourbeillon, Huygen. |

« Chers parents, écrit le jeune Lasserre, si après les affaires il m'est donné de revoir la France, j'irai me faire tuer pour ma patrie ; car je m'engagerai parmi les zouaves d'Afrique qui sont les premiers au feu, et l'on verra bien que je n'ai pas renié mon drapeau, et qu'un zouave pontifical n'a pas peur de la mort. » Tué au siège de Rome.

Mercier de la Villebrune, capitaine de Beaurepaire, d'Adhémar, Dubois, de Taillart.

Et le marquis de Coislin! A soixante-deux ans, il s'engage comme soldat aux zouaves pontificaux pour la campagne de France. Il porte le sac, .il ragaillardit les jeunes par ses plaisanteries. À Brou, on commande aux tirailleurs : « Couchez-vous! » De Coislin, impassible, reste debout, servant de cible vivante à l'ennemi et continuant à tirailler.

— Pourquoi ne vous couchez-vous pas? lui crie un commandant qui passe.

— Mon commandant, à mon âge, quand on se couche, c'est pour ne plus se relever.

Il ne voulut pour toute récompense que les galons de laine du soldat de première classe. Le ministre de la guerre le décora de la médaille militaire. 11 mourut des fatigues de la campagne, en priant ceux qui l'acclamaient de dire à ses camarades « qu'il ne les oublierait pas auprès de Dieu. »

ne » de leur uves peau peuut roy sstre

eau, c lui sort ns la lime, Sen

écite it, au

iel, »

té au orze.

leurs liront -leur

ance, tles ifical

ontiisanreste

. Le agne, ès de

Voici maintenant le duc de Chevreuse, qui arrive avec son grand-père, le due de Luynes. Le vieillard meurt bientôt en faisant son service d'infirmier, et à vingt-deux ans, le duc de GChevreuse, devenu duc de Luynes, possesseur d'une fortune immense, fiancé à une adorable jeune fille, vient chercher la mort à Patay à côté de son frère le due de Chaulnes et de son beau-frère le marquis de Sabran. I est foudroyé par un éclat d'obus, On rapporte son cadavre à sa mère, la duchesse de Chevreuse.

Le commandant de Troussures, au moment où le général de Sonis enlève les zouaves à Putuy, lui dit : « Mon général, vous nous menez à une bien belle fête, » 1 s'élançait à lu tête de ses hommes et tombait foudroyé.

Avant la charge ‘était descendu de cheval, s'était mis à genoux duns la neige et avait fait le signe de la croix.

A côté de lui mouraient le capitaine de Gastebois, le lieutenant Vetch, de la Begassière, de Freron, de Lagrange, de Bellevue, tous frappés en pleine poitrine,

A côté d'eux aussi tombait Lucien Saulnier, presque enfant : « Je suis bien triste de tout quitter, disait-il; mais l'honneur m'appelle, Que tous nos amis se souviennent de moi, prient pour moi, J'étais léger de tête, mais bien aimant de cœur, »

La pauvre mère, folle de douleur, court redemander le cadavre de son fils aux Prussiens, l'obtient, l'emporte et arrive chez elle avec ce corps mutilé, pour apprendre que son second fils vient de partir pour s'engager aux zouaves, comme le premier!

Nolet, de Bligny, de Woelmont-d'Hambraine, de Limminghe, comte d'Alcantara, de Lanascol. *

Ce dernier fut frappé à Castelfidardo; son agonie dura un mois. Sa mère était accourue à son chevet. Et quand la mort arriva, elle lui dit simplement :

— Mon enfant, récitons le Te Deum, Lu sais que ton père le récite souvent.

Les deux frères Dufournel. Le pape Pie IX disait à leur père : « Vous m'avez donné deux soldats; je vous rends deux saints. »

De Veaux, tué à Mentana; Pierre Guérin, de Barry, foudroyés à Loigny; Houdet, mort des suites de sa blessure, reçue sur le même champ de bataille; Neyron. Ils étaicat trois frères Neyron engagés pendant la campagne de France. Un seul est rentré au foyer paternel. Le Lièvre de la Touche, tué à Patay.

Wagner, un Lorrain qui, la veille du combat de Patay cù il allait trouver la mort, écrivait : « Je vous embrasse, mes chers parents, en vous priant de me pardonner toutes les fautes involontaires que j'ai pu faire contre vous, en vous demandant votre bénédiction et celle de ma bonne grand'mère... Si vous saviez loutes les horreurs de la gucrre! Je vous renvoie mes décorations et souvenirs de Rome, que je ne veux pas voir tomber entre les mains de l'ennemi. Vous les partagerez entre mes frères ct sœurs en souvenir de moi. »

Thébaud. Blessé à Patay, il reste dix-huit heures dans la neige, Un chirurgien vient pour l'amputer : « Commençons par prier Dieu ensemble, puis faites. » De Feligoude, Collingridge, de Boissieu, tué devant Orléans; capitaine de Bellevue. A Patay, son uniforme fut percé de sept balles et son sabre faussé par une huitième ; il mourut au plateau d'Auvours.

De Quelen, Guillemin, Viaud-Grand-Marais, tué à Auvours; Hébrard, de Bonrepos, de Parceveaux, qui meurt, en disant à ses camarades : « Je suis mort, mais ça m'est égal. » De Grave, Duvelle, de Geoltre. On va charger près du Mans. Gougeard donne aux zouaves l’ordre de se déployer; de Geolfre agite son képi, et d’une voix très forte, récite le Pater, auquel répondit la compagnie entière. Il mourut là d’une balle dans la tête.

De Ralfelis de Soissau, le Mesre de Pas, de Retz, le sergent Serio, Pons de Murard, de la Barre de Nanteuil, de Bæœcke, Bernard de Quatrebarbes, Le Page du Boischevalier, de la Guiche,

de Wawrin, vicomte Doynel, Serie, Bernardini, Joseph Guérin, de Fougeray, de Suisy, de Kerampeil, ce dernier tué à Brou.

Delalande, de Pontourny, Melin, Rialan, Galbaud du Fort, de Foucault des Bigottières, de Géry, du Bourg, tué au plateau d'Auvours; van den Boom, Legroux, Saucet, Pascal, Burel, l'icou, Chevalier, van Bambost, Heykamp, Peters, Clayeis, de Momet, Guillet de la Brosse, tué à Cercottes. Son frère, en apprenant sa mort, s'engage à son tour et vient mourir à Loigny; Armand du Bourg, mort à Loigny.

Voilà le martyrologe, voilà la liste glorieuse et incomplète des zouaves qui sont morts pour leur foi et leur patrie; car ce qui les distingue, ce qui est la caractéristique de ce corps d'élite, qui se survit à lui-même, c'est qu'il ne sépare pas, dans son amour et dans son dévouement, Dieu de la France.

Voilà pourquoi la fête de ce jour force le respect de tous. Car il n'est personne en France, à quelque parti qu'il appartienne, qui puisse trouver mauvais que des gens qui ont risqué leur vie pour la patrie se rassemblent et ravivent, pur un mutuel contact, la flamme des grands sacrifices, jalousement entretenue par eux.

Si demain la patrie avait besoin de ses enfants, Charette, « Le général, » retrouverait encore les héros de Patay, d'Auvours, de Cercottes. Voilà surtout ce que signifie la cérémonie d'aujourd'hui. Fête militaire, fête chrétienne, fête patriotique, fête nationale, ajouterais-je, si ces deux mots ne servaient pas déjà aux ébats funambulesques que vous savez.

1 est bien peu de nos lecteurs qui ne le connaissent pas, « le général, » et ce qu'ils en savent vaut mieux que ce que je pourrais leur en dire.

Charette est un magnétiseur d'hommes. C'est un aimant puissant, qui attire à soi les pauvres petites aiguilles humaines. 11 n’y a que lui au monde pour avoir conçu l'idée de faire venir, de tous les coins du pays de France, l'élite qui se pressait autour de lui, dans un endroit situé en dehors des grandes routes, et où les courants humains ne passent jamais, comme il n'y a que lui au monde qui soit capable de réussir une telle entreprise. C’est l* force de son aimant,

Si cet homme s'installait au sommet du Canigou, la Chambre serait forcée de décréter un chemin de fer d'utilité publique, pour empêcher les gens qui grimperaient derrière lui de se casser les os. S'il a le don d'attirer, il a le don de retenir et aussi celui de commander. C'est un des humains de jour en jour plus rares, par ce temps de parlementarisme, avec lesquels on n'est jamais tenté de discuter. Il vous ferait exécuter, sans protestation, toutes les folies imaginables, au sens héroïque, s'entend, parce qu'il vous inspire celle crainte de le voir accomplir tout seul, et sans vous, ce qu’il vient de vous ordonner.

MEmon.

LE GAULOIS

80 juillet

Détails complémentaires de la fête de la Basse-Motte, par dépêche spéciale : « Journée terminée comme elle avait commencé, au milieu d’un enthousiasme indescriptible. Véritable triomphe pour le général de Charette et le colonel

, de

s, de jurel, , tué gay;

pour élite, ment,

ce, à ur vie sacri-

ncore d'ausi ces

su vent

uvr'es ir, de ué en ue lui

er un de se C'est ls on magipmplir

iale :

asme lonel

d'Albiousse, On s'est promené très tard dans le pare, et beaucoup sont restés et ont reçu la plus gracieuse hospitalité dans les châteaux voisins, notamment au château de Châteauneuf, appartenant au marquis d'Audiffret-Pasquier.

» Dans le château, situé dans un pare merveilleux, près du vieux manoir d'Anne de Bretagne et du duc de Mercœur, sont logés la comtesse, le marquis et la marquise de la Ferronnays, le marquis et la marquise du Pavillon, vicomte et vicomtesse du Puget, vicomte de Champeaux-Verneuil, comte et comtesse Jacquemont, M" de l'Espinois, M. de Saint-Sernin, M, de Largentaye, M'e de Saint-Victor, ete.

» Aujourd'hui mercredi, grande fèle chez le comte de Kergariou, au château de Bonaban.

» Tout le pays se réjouit de cette animation et fête avec nous le général, »

LE TEMPS ET LE JOURNAL DES DÉBATS ® 29 juillet LA FÊTE DES ZOUAVES PONTIFICAUX

La fête donnée aux anciens zouaves pontificaux, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de la création du régiment, par le général de Charette, dans son château de la Basse-Motte, près de Saint-Malo, a eu lieu aujourd’hui.

Favorisée par un temps superbe, elle a été très brillante. Le programme portait au verso cette inscription : « Noces d'argent du régiment des zouaves pontificaux, 1860-1885. La Basse-Motte, 1885. » Le tout encadré dans une fort jolie vignette représentant une vue de Rome, surmontée d’un trophée formé d’un drapeau blanc croisé avec l'étendard des zouaves portant le Sacré-Cœur et la tiare pontificale.

Au recto, les noms des batailles auxquelles a assisté le régiment, depuis Casteltidardo en 4860, jusqu'à Orléans, Cercottes, Patay, Brou, Yvré-l'Évèque, en 4870.

A dix heures du matin, une messe a été dile par Mgr Sacré, prélat romain, en remplacement du Nonce du pape, Mgr di Rende, empêché, sur un autel dressé dans le parc, devant une foule de plusieurs milliers de personnes.

Après cette cérémonie, le général de Charette a adressé au Nonce et aux repré-

(1) Le Zemps et le Junrnal des Débats ont inséré dans leurs colonnes un compte rendu semblable.

| 1 Li — 162 — sentants de son ancien régiment un discours dans lequel il retrace La brillante

rue

il arrière des zouaves pontificaux..,

| À Après ce discours, qui provoque un enthousiasme indescriptible, un banquet 5 à de plus de seize cents couverts est servi aux anciens zouaves, parmi lesquels on remarque des représentants de toutes les nationalités : Hrlandais, Hollandais, Canadiens, ete.

La fête continue toute la journée de la façon la plus cordiale.

Mgr Sacré, qui à dit la messe, est un prélat romain, curé de la cathédrale d'Anvers, ancien aumônier des zouaves depuis Castelfidardo. I a donné après la messe la bénédiction pontilicale avec autorisation de Léon XIE envoyée par télégramme.

Au pied de l'autel étaient le colonel d’Albiousse, portant la bannière pontificale, et M. de Cazenove de Pradine, portant la bannicre des zouaves, qu'il a prise à ’alay des mains de Verthamon et des deux Bouillé, tués en la défendant. Lui-

SE même est privé de l'usage du bras et de la jambe droits, par suite des blessures SE 47 reçues à celte affaire.

ÿ à À côté de lui se tenait le jeune fils de Fernand de Bouillé, tué à Patay. 24 EN La veuve du général de Lamoricière assistait à la messe, ainsi que le général ï ih de Biré, l'amiral Véron, le nouveau sénateur, et”. x do Dans l'assistance il y avait un grand nombre de jolies femmes en toilette aux Le couleurs pontiticales, or et blanc. Je n'ai vu aucun emblème politique. ; L Ho LE SOLEIL L) IP 30 juillet NOCES D'ARGENT DES ZOUAVES PONTIFICAUX À ! {a de M. le général de Charette, il Y a quelques jours, avait écrit à notre directeur, ; M. E. Hervé, l'invitant à assister à la fête donnée par lui à ses anciens zouaves Li pontificaux, à l'occasion du vingt-cinquième anniversaire de la fondation de ce ile brave régiment.

| Notre directeur, relenu encore pour quelques jours loin de Paris, a télégraphié f à M. le général de Charetie pour lui exprimer tous ses regrets de ne pouvoir se Ale rendre à son aimable appel.

Jh Le Soleil aura néanmoins été représenté à cette belle journée : un de nos d Di %.

GE

rale s la par

sale, se à Luiures

aéral

aux

teur, 1aves le ce

iphié ir se

Nos

amis, M. L. de la Brière, qui fit partie des zouaves pontificaux, a bien voulu accepter celte tâche ; il nous adresse le télégramme suivant :

La Basse-Motlle, ?8 juillet.

Les noces d'argent du régiment des zouaves pontificaux ont été célébrées d'une manière très brillante.

Tout ce charmant pays qu’arrose la Rance était en fête, et le général de Charette a royalement reçu ses hôtes; son château de la Basse-Motte, où à eu lieu la fête, avait été aménagé de la facon la plus pittoresque. A la porte du pare flotte l'étendard du Sacré-Cœur; sur la verte pelouse qui s'étend devant l'habitation, l'autel se dresse avec éclat sous un dais de soie bouton d'or; de chaque côté, de gros cierges à la romaine — un souvenir d'antan — et derrière le sanctuaire l'orgue qui accompagnera tout à l'heure une maitrise de cinquante choristes.

A dix heures Mgr Sacré — qui remplace le Nonce du pape, Mgr di Rende, empèché — monte à l'autel au milieu du recueillement général de l'assistance, évaluée à plusieurs milliers de personnes : au premier rang tous les évêques de Bretagne, l'étendard de Patay porté par M. de Cazenove de Pradine, mutilé à la bataille, le jeune fils du comte de Bouillé, qui mourut sur le champ d'honneur, et sept cents zouaves pontificaux; beaucoup de dames en toilettes aux couleurs pontificales, or et blanc; puis des groupes de paysans bretons en costume et de paysannes voiffées de bonnets pittoresques.

Mgr Sacré transmet aux assistants, dont l'enthousiasme est immense, la bénédiction du Saint- Père parvenue par dépêche.

Après cetle touc'ante cérémonie on se dirige vers l'immense tente dressée derrière l'habitation et où aura lieu le repas; là encore, décoration des plus réussies, ce qui n'a rien d'étonnant quand j'aurai dit que l'initiative en revient à la baronne et à M'e de Charette.

Au fond, au-dessus des places d'honneur un grand portrait de Léon XHL; au sommet des mâts qui soutiennent le velum flottent des étendards aux couleurs pontificales; des guirlandes de feuillage et de fleurs courent autour de l'enceinte; au milieu les écussons pontificaux se mêlent aux armes de France, du Ganada, de Hollande, de Belgique, d'Irlande et d'Angleterre — tous pays qui ont fourni des zouaves.

Les tables recoivent douze cents convives. Sur chaque assiette au livu de menu, un charmant pregramme portant au recto une vue de Rome avec un trophée très élégant dù au crayon de la baronne de Charette; au verso l'énumération des glorieuses batailles — Castelfidardo, Orléans, l'atay, Yvré-l'Évêque — auxquelles a pris part le régiment depuis vingt-cinq ans, en Mtalie et en France. Malgré le grand nombre des convives tout le monde se place avec facilité et tout se passe avec un ordre parfait.

À la table d'honneur, auprès du baron de Charette, on remarque Me de Lamoricière, veuve du général qui créa le régiment des zouaves pontificaux, la comtesse de la Ferronnays et les délégués des zouaves canadiens, anglais, irlandais, ete. La plus grande cordialité mêlée à la camaraderie la plus touchante ne cesse de régner pendant tout le banquet, à la fin duquel le général de Charette prononce un discours dont, à notre grand regret, nous ne pouvons donner que les principaux passages...

La péroraison du général de Charette est accueillie par de chaleureux vivats; Mgr Sacré, ancien aumônier des zouaves, depuis Castelfidardo, prononce ensuite quelques mots qui sont également couverts d'acclamations; enfin le colonel d'Albiousse porte un toast au régiment, au

00 re ARE

û i L l # À 1 | MAG 1 général, à Mme et Mie de Charette. Ce toast, mettant le comble à l'enthousiasme de l'assistance, L 11 n . . . ” L) os £ | provoque une émotion indescriptible, et c'est à regret que l'on se sépare en emportant le plus | précieux souvenir de cette fête unique et de l'amabilité des hôtes. À , [ Ar: à ; y ny ù VALPARAISO LU ‘hili — 22 septic re | k 4 Chili — 22 septiembre pe RL

LAS BODAS DE PLATA DE LOS ZUAVOS DE CHAREITE

Traducido para a Union

D RP a © om Em À Le, pR RASE D

Hace hoi dia, veinte anos que fué creado el rejimiento de los zuavos pontificios. Su hoja es mui brillante y aunque no esté en servicio activo el rejimiento, esta siempre formado y pronto à entrar en campana à la menor senal de su jefe, æ: por Dios, como dice su divisa, y por la patria.

El jeneral Charette que en Halia y Francia ha tenido el mando de los zuavos, ha creido hacer un acto de patriotismos al convocar a estos mil quinieatos o dos JET mil valientes con ocasion del vijésimo quinto aniversario, Los ha Hamado à | 4 Basse-Motte cerca de Châteauneuf y casi todos han ido; se cuentan como nove-

li cientos y muchas centenas de cartas Ienas de fé ardiente que demuestran los

EE sentimientos de aquellos que no han podido assistir.

La Basse-Motte no es de facil acceso, es un sitio esencialmente campestre, encima de Saint-Suline; se Hega a él, desde algunos anos aca, por un camino de | tierro que une Châteauneuf con Saint-Malo, pero los trenes son raros y lo mejor LETTRE es irse en carruaje o en botes por el Rance, que corre uo léjos de ahi. Es lo que

4 ha hecho la mayor parte de los invitados; unos ‘an ‘dquilado las prehistoricas U cabexas con cocheros de blasa azul, que hacen el! enc:nto de los que desembar-

can en Saint-Malo; otros, lo mas selecto, han orgenizado un viaje por vapores

Ex à desde Saint-Malo hasta el puertecito de Saint-Suliac. À las diez de la manana,

[ARE 0 hora senalada para la misa al aire libre en la pradera de la Basse-Motte, mas de

k dos mil invitados de ambos sexos venidos de todos los puntos del globo se pre-

Le sentaban à la entrada del valie. Los hombres en trajes de banos de mar, y las

mujeres en toilettes de lo mismo, es decir, de blanco, rojo, azul y amarillo con

Ur un sol ardiente, bajo un cielo de azul profundo y a la sombra de arboles jigantescos, ofrecian una vista encantadcra.

El jeneral Charette, fiel observante de las leyes de su pais, no queria transformar en reunion publica la misa a la cual podian entrar unicamente los invitados,

PL IT ous

stance, le plus

pontiiento, u jefe,

uavos, 0 dos ado à hovean los

pestre, ino de mejor lo que toricas pbarapores ANANA, nas de se pre- ,Y las lo con

jigan-

nsforitados,

quienes eran recibidos por una comision de zuavos que hacian de secretarios, teniendo a la cabeza al fiel ÿ bravo du Puget. A la entrada de la casa los invitados encontraban las dos hadas del lugar : la baronesa de Charette y la senorila Charette, hija del jeneral, ambas vestidas de blanco, con grandes cintas amarillas, cubiertas sus cabezas con sombreros de paja amarilla y plumas blancas, que son los colores pontificios. Se dejaba la firma en el libro de oro, despues de haber saludado a las senoras de la casa, y en seguida se dirijian en busca del jeneral por entre grandes alamedas v verdes praderas, luego se le encontraba mezclado con la multitud y charlando con todos.

Charette, vestido de huzar, sombrero negro de paja y la pipa en el bolsillo derecho, daba ejemplo de esa confianza sin la eual las fiestas de campo dejeneran ridieulas cortesias.

Citar nombres de los ahi presentes, seria imposible; habia, como se ha dicho, novecientos zuavos, Canadienses, Trlandeses, Holandeses, Ingleses, Espanoles, y entre los Franceses, el coronel del rejimiento, el bravo d’Albiousse, los comandantes o simples soldados, los amigos, MM. Le Gonidee, de Belmont, de Lambilly, de Largentaye, de la Ferronnays, de Bélizal, de la Borderie, de l'Angle-Beaumanoir, l'amieral Véron, Gustave Kolb-Bernard, d’Audiffret, de Polignac, la senorita Lamoricière, hija del glorioso fundador de los zuavos del papa, y otros nombres ilustres de la antigua nobleza que renuncio a enumerar : una lista de nombres propios euando pasa por el telégrafo jamas queda intacta.

El Nuncio del papa, Mgr di Rende, debia dar bendicion de Léon XIIT à los zuavos, pero el Gobierno se sintio conmovido por esta manifestacion inofensiva y el Nuncio permanecio en Paris no sin haber enviado antes al jeneral Charette, por el telégrafo, una eseusa plausible de la inasistencia; siempre hai para estos casos una eseusa plausible,

Es necesario decirlo, en esta fiesta intima y cordial nadie ha dicho una palabra sobre politica ni se ha pensado en preocuparse de los partidos militantes; es pues un temor mui infundado el del Gobierno, si, como se dice, ha invitado al Vaticano a que haga permanecer en Paris a su embajador el dia de la fiesta.

En el prado, al frente de la casa blanea, que sirve de castillo al magnifico parque de la Basse-Motte, un dosel de verdes abetos entrelazados cubria el altar en que se celebro la misa por el cura de Châteauneuf y dio la bendicion Mgr Sacré, primer capellan de los zuavos, hoi obispo.

En este momento, primera emocion del dia, en cada lado del altar estan de pie dos porta-estandartes : el uno es el coronel d’Albiousse que sostiene la bandera del papa, el olro es M. Cazenove de Pradine, quien Ilr"4 la bandera blanca de los zuavos, aquella que estuvo en Mentana, Patay e Ivré y que estuvo en Frohsdorf en el lecho mortvorio del conde de Chambord. Al lado de M. Cazenove

de Pradine esta el joven Guillermo de Bouillé, un adolescente de quince anos, hijo y nieto de esos dos Bouillé muertos combatiendo bajo las ordenes del Gobierno de la Defensa nacional en 1870. Todos senalaban a ese joven de pié con el estandarte manchado con la sangre de su padre, literalmente manchado en el campo de batalla, y miéntras que la musica, oculta detras del altar, modulaba un himno relijoso, todos los pensamientos de esa multitud recojida se dirijirian a los martires de la guerra franco-alemana, a los combatientes de Orléans, Brou, de Loigny.

Oida la misa, se paso al almuerzo en el aire libre; habia mil cubiertos, diez 0 doce mesas, una de honor presidida por la baronesa de Charette, Y era de maravillarse al ver la destreza con que se habia organizado el banquete en Châteauneuf; si el jencral Charette no fuera militar por naturaleza, habria hecho carrera como organizador de festines. A los postres el jeneral que no habia cesado de andar de mesa en mesa, comiendo en una y bebiendo en otra, sube al estrado en donde se encontraba la mesa de honor y nos lee con voz clara el mas bello trozo de elocuencia patriotica y relijiosa que he oido durante mi vida,

Pasando en revista las diversas faces del rejimiento, Charette que no es ni orador ni escritor, se ha elevado en este ditirambo a las rejiones de lo sublime, tan cierto es que los grandes pensamientos viven del corazon : con su corazon ha escrito estas veinte o treinta pajinas que no estarian mal en un compendio de moral practica para uso de los jovenes.

Hai frases breves y vibrantes como los alejandrinos de nuestros grandes trajicos que hacen pasar por nuestras venas el deleitoso estremecimiento de lo bello. Su descripcion de los estrenos del rejimiento, sus recuerdos de cada uno de los valientes muertos por el papa y por la Francia, su Ilamado a los muertos y su profecia para el porvenir, han hecho Ilorar a mas de un escéptico, y hé aqui el mas bello elogio que pudiera hacerse de ese discurso.

Despuces de Charette, el bravo d’Albiousse ha hallado con facundia, con una facilidad de clocucion meridional, templada por el sentimiento militar con mesura y sobriedad. Admirable fuë tambien esta arenga del segundo jefe de los zuavos llena de rasgos valientes y de pensamientos grandiosos.

Decididamente, esas jentes no son jentes ordinarias, y yo me pregunto cuanto se obtendria de esos mil hombres el dia en que, a una senal de Charette, se reunieran bajo su estandarte lejendario.

La fiesta termino con un brindis de d’Albiousse a los senoras de Charette, a las dos de la tarde.

&Quién vera las nupcias de oro de los zuavos despues de haber visto las de plata? Tendran lugar el 28 de julio de 4910.

A. VIOLLIER.

OS, Go-

con nel laba ia l'OU,

eZ 0 HUE ES Ieuf ; omo r de onde o de

»s hi lime, n ha o de

traello.

e los y su

ui el una Psura

avos

1anto

LA MINERVE

Canada — 15 août

Basse-Motte, 8 juillet 1883.

Notre fête vient de se terminer, J'ai encore les yeux tout enflammés des larmes versées pendant les heures délicieuses que nous avons passées sous le toit hospitalier du général de Charette.

Mon récit sera court, diffus et incomplet, vu le peu de temps que j'ai à ma disposition et les distractions bien légitimes qui traversent mon esprit.

Arrivés à Paris, le 27 au matin, nous avons, M. Richer et moi, pris lundi le train pour Saint- Malo, douze heures de marche par express."

Entrés dans notre compartiment, quatre Messieurs viennent prendre place à côté de nous. Nous nous regardons, et de suite le cœur nous dil que nous ne sommes pas étrangers : nous nous embrassons fraternellement, car nous sommes tous zouaves, frères... d'armes. Le capitaine de Résimond est à; avec quelle sympathie il s'informe de suite de Prendergast, de de Montigny, de Desilets, ete. Sur tout le parcours nous arrivent des connaissances, des amis. A Saint-Malo, nous trouvons les hôtels déjà encombrés. Nous descendons à Saint-Servan, où M. de Charette avait eu l'obligeance de retenir des chambres pour nous. Nous passons la vcillée avec des Français, des Belges, des Hollandais. C’est à se croire aux beaux ‘jours de Rome, d'autant plus que Saint-Servan, par ses rues, ses places, ses maisons et sa population, ressemble beaucoup à ces villes des anciens États pontificaux, dans lesquelles nous avons eu l'honneur de tenir garnison pour le Saint-Siège.

Le 98, à sept heures du matin, nous prenions un petit bateau, la Rance, où nous rencontrons Guérin, Tuccimei, Durand, Arts, Kinvina, ete., etce., et après une heure superbe passée sur l'eau, nous abordions à Saint-Suliae, et de là nous nous rendons à pied sur une voie absolument romaine jusqu'au château de Basse-Motte, enveloppé dans la verdure au fond d'un splendide ravin. Les abords sont déjà encombrés d'une foule immense, et par toutes les voies arrivent des groupes d'amis. L'entrée au château se fait régulièrement par l'appel de tous ceux qui ont répondu par lettre à l'invitation; mais dès que l'on apprend que les Canadiens sont R, de suite on oublie commandants, adjudants, tous autres officiers et on les appelle, Nous entrons dans un immense et riche parterre à l'entrée duquel nous attend le général qui nous tend les bras, nous embrasse, les larmes aux yeux, et nous remercie cordialement d'être venus au premier son du clairon.

Une fois entrés nous étions à peu près sept cents zouaves, sans compter des milliers de nobles et de paysans bretons en l:'1r costume pittoresque, venus pour entendre la sainte messe. Cette messe a été émouvante : Charette, le petit-neveu du grand ehouan, est A le chapelet à la main, à côté de lui prient dans le silence les descendants de tous ces nobles Français, de ces nombreux paysans qui combattirent si valeureusement pour Dieu et le roi. A l'autel officia Mgr Sacré, doyen de l'église d'Anvers et l'un des premiers aumôniers du régiment, Au pied de l'autel flottent à travers la verdure (car nous sommes en plein air) les drapeaux du pape porté par le

LE

Page 1