LE GÉNÉRAL CHARETTE À ANVERS
Le général de Charette est arrivé hier, à Anvers, avec M. Woodward, ancien Zouave ponlifical, officier de l'armée anglaise, de retour du Soudan, pour célébrer les noces d'argent des zouaves pontificanx.
I y a un mois, pareille cérémonie réunissait les zouaves français à la Basse- Motte, chez le général; aujourd'hui il a donné plus spécialement rendez-vous aux Zouaves non français, à Anvers.
Cinq cents zouaves belges, hollandais, anglais, allemands et quelques-uns fran-
çais, se sont rendus, ce matin, en cortège à ln Cathédrale, drapeau pontifical en tête. Après la messe, dite aux intentions du régiment, ils se sont réunis au Cercle catholique, où un banquet leur était préparé.
À son entrée dans la salle du banquet, un tonnerre de hourras a accueilli Charette; les clairons ont sonné aux champs.
La décoration de la salle accentuait le caractère cosmopolite du régiment; les drapeaux de toutes les nations y flottaient.
Un excellent orchestre s’est ensuite fait entendre.
A la table d'honneur ont pris place autour du général, les officiers et aumôniers du régiment. Le doyen des aumôniers, Mgr Sacré, a porté un toast à Léon XIIT; en termes éloquents, il a relié aux croisades les croisés du XIX° siècle et promis des défenseurs au pape. Le capitaine de Résimond, commandant des zouaves
belges, a raconté le passé du régiment et salué son avenir, désormais personnifié en Charette, Après quoi, Charette s'est levé, au milieu d'une émotion indesceriptible, et a prononcé le discours suivant :