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LA CAVALCADE

A la suite des officiers généraux, des anciens officizrs de l'association et des invités, venait la cavalcade qui présentait l'un des plus beaux spectacles qui se soient vus encore en Amérique. Cette cavalcade représentait le roi Saint-Louis, prenant l'oriflamme à St-Denis et partant pour la septième croisade. Elle a été le bouquet dela procession. Les 126 cavaliers étaient revêtus de riches costumes, n'ayant pas coûté moins de $ro,- 000, et ils avaient été dressés par M. G. Des Georges, le meilleur écuyer que nous ayions à Montréal.

Le cortège se composait comme suit :

6 Pages à pied distribuant des programmes et Médailles

Coimmémoratives.

Le Corps de Musique de la Cité sous l’habile direction de Mr, Ernest Lavigne,

Puis venaient ensuite : — 4 trompettes, M. Clément, chef trompette ; MM. Rouleau, Perrault, Couillard, assistants,

Grand Connétable, chef de cortège et instructeur de la Cavalcade, M. Des Georges.

2 Pages, Chevaliers, MM. Laurier, Cadoua.

Armes de France, M. L. Beauchamp.

20 Chevaliers : — MM. Bergeron, Brunette, Bayard, Barré, Boudreau, Comte, Couillard, Thibault, Claude, Contant, Courville, Dorion, Dorval, Deguire, Dubois, Derome, Deschamps, Dubuc, Desmarteau.

Grand Prévost d'Anjou, M. N. Versailles, président de la Cavalcade.

Armes d'Anjou, M. Monette.

20 Chevaliers: — MM. Desnoyers, Dupré, Foisy, ‘Girard, Giroux, Gohier, Hogue, Gougeon, Gariépy, Deguire, Hébert, Leroux, Leclerc, Lebrun, Larose, Labrèche, Lebrecent, Leroux, Lafrance, Lerotia.

Grand Prévot d'Artois, M. Telmosse, Vice-Président de la Cavalcade.

Armes d’Artois, M. Bain.

20 Chevaliers : — MM. Leblanc, Lapointe, Meunier, Maurice Aubertin, Lorange, Leclaire, Dagenais, J. Maurice, Perrault, Major, Poitevin, Parent, Perras, Paquette, Perrault, Poitras, Quevillon, Quintal, Roy.

Grand Prévot de Normandie, M. St-Germain.

Armes de Normandie, M. Lapointe, fils.

20 Chevaliers : — MM. St-Maurice, Roy, Tessier, Richard, Trudeau, St. Pierre, Versailles, Perrault, Roussin, Richard, Delorme, Pellet, Valières, Vincent, Leroux, Tessier, Leroux, Lagarde, Deslauriers, Quevillon.

Chevaliers et Maison du Roi: — MM. Grenier, Brosseau,

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Cap. Giroux, Maurice, Beaudry, Joubert, D. Rolland, Cusson, O, Rolland, Roy, Bourgoin, G. Demers, Mercier, De Lorimier, Amiot, Carrière, Racine, Beaucaire, Dubé,

Oriflamme de St-Denis portée par M. Marcel Beullac (page).

Chevaliers, MM, Giguère, Foisy.

Héraut d'armes du Roi, M. Maillot,

2 Pages, MM. Des Georges fils, Risaillon et Marchand fils.

Le Roi, M. H. Boisseau. Costume, Cotte de mailles or avec genouillières et brassards, tunique en satin blanc, semée de fleurs de lys d’or, grand collier d'ordre en pierreries, manteau, velours de soie bleue, fleurdelysée, et doublé d'hermine, couronne d'or avec pierres précieuses.

2 Pages, MM. Hurtubise, Masson.

Ducs d’Anjou et de Normandie ; M. F. Lallemant, et M. N. Bourassa.

Chevaliers, MM. Demers, Dufort, Marchand, Chevalier,

Partout sur son passage cette brillante cavalcade soulevait des tonnerres d’applaudissements. Mais c'est surtout sur le passage du roi que les acelamations étaient les plus enthousiastes. Comme on l’a vu plus haut St-Louis était représenté par M. Horace L. Boisseau, jeune marchand de talent, de la rue St- Laurent, Comme le rôle important qu’il a joué dans les fêtes. de la St-Jean-Baptiste ont répandu son nom au loin, nous croyons devoir le faire connaître ici d’une manière plus intime.

M. Boisseau est né à St-Césaire, comté de Rouville, le x 3: juillet 1855. Il est fils de M. Joseph Boisseau, meunier, et de dame Joséphine Malhiot.

Après avoir fait de brillantes études commerciales au collége de St-Césaire, il vint à Montréal en 1869 où il débuta dans les modestes fonctions de porteur de paquets dans un. magasin. En 1877, il s'établit dans le commerce de nouveautés, en société avec son frère, et depuis ce temps le nom sa maison n’a fait que grandir.

M. Boisseau est le fils de ses œuvres; il ne doit la prospérité de son commerce qu'à ses talents, son activité et son amour du travail. Sa popularité est bien établie, comme le prouve du reste la grande majorité qu’il a obtenue lorsqu'il s’est porté candidat à la royauté.

Mais il est un autre homme qui a mérité de la St Jean- Baptiste de Montréal c’est M. KR, Beullac, l’inspirateur et l'organisateur de la cavalcade,

Monsieur R. Beullac est né à Brissac, département del’ Hé. rault, France, le 23 novembre 1844. Il arriva au Canada le ter juin 1874, au moment où on se préparait à célébrer la grande Fête de la St-Jean Baptiste, Emerveillé des discours patriotiques et pleins de foi qu’il entendit et qui le convainquirent que notre sol était une seconde patrie, il résolut de fonder à Montréal une succursale de sa maison d’ornements d'églises et de s'établir définitivement au Canada.

M. Beullac est le premier qui, en notre pays, ait donné aux arts religieux cet essort artistique que nous admirons tous. Il s'est attaché des ouvriers habiles ; a su se découvrir des peintres et des sculpteurs de talent, et tous ses collaborateurs, sous sa direction, ont produit une foule de chefs-d’œuvre qui ornent maintenant nos plus belles églises.

C’est de ses ateliers que sont sortis la grande bannière de l'Association St-Jean-Baptiste et les vitraux de l’église St- Pierre, de Notre-Dame, de l’église du Lac des Deux Montagnes, etc., etc.

Le nom de M. KR. Beullac restera attaché au souvenir de la célébration du cinquantenaire comme le nom de celui qui a eu le premier l’idée de fêter cet anniversaire par des cérémonies grandioses et qui est arrivé à son but grâce à une indomptable énergie et un patriotisme ardent. Cavalcade historique, tournois, etc, tous ces éléments principaux de notre belle fête ont été projetés et mis à exécution par M. Beullac,

et c’est de ses ateliers que sont sortis les dessins, les costumes. magnifiques et les riches armures que nous avons tous admirés. Nous venons de faire une description aussi complète quepossible de la grande procession du 25 juin, 1884, procession qui a gravé dans la mémoire de ceux qui yont assisté, un souvenir impérissable. Certes, le succé: 1 pleinement répondu aux espérances que l’on entretenait depuis si longtemps. Mais ce succès il est dû en très grande partie à un homme dont nous n’avons pas encore mentionné le nom, mais que nous réservions pour la fin. Nous voulons parler de Mons. le Dr. Mount, commissaire en chef de l’Association générale.

Voilà encore un homme qui mérite une mention spéciale, et certes nous ne saurions trop lui adresser de louanges. 11 nous suffira de retracer en quelques lignes les principaux événements de sa vie, pour démontrer à ceux de nos lecteurs à l'étranger qui pourraient ne pas le connaître, que l'Association St-Jean-Baptiste avait fait en lui le choix le plus judicieux possible, comme chef de la grande démonstration dont on vient de lire la description.

M. John William Mount, M. D., C. M., naquit à St-Henri de Mascouche, comté de l’Assomption, le 4 Août, 1829. Son père M. Philip Mount, pendant au-delà de trente ans,. agent de la seigneurie de Lachenaye, était d'origine anglaise et écossaise, mais sa mère Melle. Marie Angéiique Gariépy était canadienne-francaise. Il est petit fils de feu Philip Mount, M. D., chirurgien major dans le 84ième régiment de l’armée anglaise.

Il reçut son éducation aux colléges Ste-Thérèse et de l’As-. somption, et il fit ses études médicales à l'Ecole de Médicine de Montréal et à l’Université McGill, et prit ses degrés à cette dernière institution.

M. Mount commença à pratiquer sa profession à Mascou-

che. Le 9 Février, 1854. il épousa à Kingston, Melle. Mary Jane Farrell, sœur de feu Monseigneur John Farrell, premier évèque de Hamilton, province d’Ontario

Après avoir exercé sa profession avec succès à Terrebonne et à Acton Vale il se fixa définitivement à Montréal, en 1869, etils’y fit en peu de temps une nombreuse clientèle, grâce à ses talents, à son énergie et au zèle qui l’a toujours distingué pour ses malades.

Le Docteur Mount est actuellement le médecin du couvent des Saints Noms de Jésus et Marie, Hochelaga, de l’Hospice Ste-Darie, sous le contrôle des Religieuses du Bon Pasteur, et de la Prison de Montréal, au département des femmes.

En 1882, M. Mount fut élu échevin de la ville de Montréal pour le quartier Ste-Marie, et il siége encore actuellement au Conseil Municipal de Montréal. Il a rendu à son quartier, comme échevin, d'immenses services. C’est à lui que l’on doit le parc fait avec la propriété Belle-Rive au pied du courant, et qui est l’un des plus beaux de la ville de Montréal. Ce parc doit porter le nom de celui qui en a eu l’idée, et qui à fo:ce d'énergie a réussi à le faire accepter par la municipalité.

Dès 1846, M. Mount était déjà l’un des membres de l’Association St-Jean-Baptiste.… Notre fête nationale fut cette année là fêtée avec éclat. Tous les Canadiens-Français de Montréal, riches comme pauvres, depuis l’enfant jusqu’au vieillard, tous sans distinction marchèrent dans les rangs de la procession. Il est resté de cette fête un bon souvenir dans la mémoire de M. le Dr. Mount, qui nous en parlait derniérement encore avec enthousiasme.

En 1869. l’on avait eu l’idée de célébrer encore avec plus de pompe qu’à l'ordinaire la fête du Patron du Canada, et vû l’augmentation de la population, l’on comptait naturelle-

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ment sur un spectacle plus imposant qu’en 1846 M. le Dr. Mount, pour une raison ou pour une autre, fut déçu dans ses espérances, et la procession ne comprit, non-seulement en 1869, mais chaque année depuis jusqu’en 1874, qu’une foule d'enfants des écoles, quelques officiers de !’Association, et voilà tout.

En 1872 s’opéra à Montréal le démembrement de la paroisse de Notre-Dame. Cette paroisse fut divisée en quatorze autres, aujourd’hui aussi fortes et aussi peuplées que l’ancienne. Les Canadiens-Françaissont catholiques avant tout ; ils aiment à se grouper à l'ombre du clocher et autour de la personne du prêtre. Le Canadien aime et vénère son prêtre, parce que c'est lui qui a fait de sa nationalité ce qu’elle est. Inspiré par ces faits, l’idée vint au Dr. Mount, de refondre laconstitution de la société St-Jean-Baptiste, et de la démembrer.en autant de sections qu’il y a de paroisses dans la ville et la banlieue, c’est-à-dire quatorze, et de jeter les bases d’une espèce de confédération nationale.

Tous se rappellent la grande fête de 1874. Nous n'avons pas ici à en parler, mais nous devons dire que M. le Dr. Mount en a été l’un des organisateurs. L'idée de cette fête avait été lancée par ce patriote que tout le monde connaît, M. L. O. David, et il trouva heureusement des hommes comme M. le Dr. Mount, pour le seconder. L'idée du Dr. Mount que nous venons d'exposer fut cependant mise de côté, et la société s’en tint à celle de M. David, c’est-à-dire que l’Association St-Jean-Baptiste fut divisée en autant de sections qu’il y avait à Montréal de professions, d'industries et de métiers. Nous eûmes en 1874 une spiendide procession, nul doute, mais la société se trouva avec une dette de $7,000 sur les bras, et après deux ou trois années de ce systêine, on dût en 1877 remettre à l’étude le projet du Dr. Mount. Monsieur le Dr J. P. Rottot, alors Président de l'Association St Jean-Baptiste,

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et messieurs E. U. Archambault, A. D. Lacroix, J. M. Loranger, Adolphe Ouimet, Louis Archambault, le Dr Mount etc., sont ceux qui ont le plus contribué à reviser la “constitution sur ces nouvelles bases. Ce projet fut adopté à une assemblée générale tenue en Février 1878, et la constitution actuelle de l'Association St-Jean-Baptiste fut définitivement adoptée.

L'on voit par là si M. le Dr, Mount a travaillé dans l'intérêt de la St-Jean-Baptiste, et s’il était digne d’être mis à la tête de l’organisation des fêtes de cette année. Il a reçu, pour ce qui regarde la procession, une aide efficace en la personne de M. Richmond L. de Martigny, comme député, ainsi que de la part de MM. Rolland et N. Larivée ses assistants et des commissaires ordonnateurs des sections. À eux tous revient l'honneur et le mérite du succès de la procession du 25 Juin.

LES DECORATIONS

Les arcs de triomphe érigés sur ie parcours de la procession ont surpassé par la richesse et la beauté de leur architecture tous ceux que nous avons vus jusqu’à ce jour dans nos grandes fêtes publiques.

La procession a défilé par les rues suivantes : Le point de départ était le Champ de Mars et les rues qui y font face, où les diverses sections et sociétés avaient reçu rendez-vous. Du Champ de Mars la procession défila par la rue Craig, la rue St- Laurent, la rue Ste-Catherine jusqu’à la rue Papineau, où la procession, se repliant sur elle-même, revint par la même rue Ste-Catherine jusqu’à la rue Windsor qu’elle descendit jusqu’à la rue St-Antoine. De cette dernière rue, la procession se rendit à la rue des Seigneurs qu’elle descendit jusqu’à la rue St- Joseph. Puis elle défila par les rues St-Joseph, McGill, St- Jacques, Place d’Armes, Notre-Dame, Lacroix, Craig, jusqu’à

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l'angle de la rue Gosford, où devait avoir lieu la bénédiction. de la pierre angulaire du monument national.

Nous donnerons maintenant une description aussi succincte: que possible des splendides décorations qui ornaient ces diverses rues.

Prenons d’abord les arcs construits dans la partie ouest de la ville.

Le premier que nous voyons était à l’encoignure des rues Notre-Dame et McGill. Cet arc était flanqué de deux tours. ressemblant beaucoup à celles de Notre-Dame.

Sur l’entablement on lisait l'inscription ‘ Honneur au fondateur.”?

Les portraits de Salaberry et de Jacques-Cartier, étaient placés dans l’attique qui régnait sur l’entablement.

À une centaine de pas plus loin, on avait élevé un autre arc de triomphe qui représentait les piliers du pont suspendu de: Brooklyn. La maçonnerie était admirablement bien imitée sur bois avec de la peinture à la détrempe. Une lampe électrique avait été placée au-dessus de cet arc qui portait plusieurs trophées de drapeaux français et britanniques.

Deux chaînes de fer d’une longueur de mille pieds étaient attachées au sommet des piliers et s’étendaient à une grande: distance, étant soutenues à tous les vingt-cinq pieds par des pyramides de verdure au-dessus desquelles flottaient les drapeaux de toutes les nationalités. Ces pyramides étaient au nombre de 60 et leur élévation variait de 14 à 18 pieds.

Ces splendides décorations étaient l’œuvre de MM. Lortie et Malhiot, architectes et M. F. Aubry, entrepreneur. Les citoyens dont les noms suivent avaient Contribué à en défrayer le coût : MM. Chs. Larin, J. H. Wilson, H. Hamilton, S. D. Hamilton, N. E. Hamilton, V. Girouard, P. Décary. Frs. Corbeille, KR. Dandurand et L. P. Dufresne.

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Le troisième arc érigé au coin de la ruelle Dupré était faite sur le même modèle que le premier. Le chiffre 50 en lettres d'or se lisait sur la clé de voute. On y voyait d’un côté le portrait de Montcalm et de l’autre celui de St-Jean-Baptiste, L'entrepreneur M. Lapointe mérite des éloges pour le goût dont il a fait preuve dans la construction de ces arcs.

MM. Malhiot et Lortie en étaient les architectes.

MM. Th. White, M.T. Sarault, D. Laurin, Smith, Duclos, Jolicœur et autres, avaient contribué à son érection.

L'arc de la place Chaboillez était un des plus beaux que nous ayions encore vus. C'était un massif isolé, de figure rectangulaire, percé dans le milieu d’une arcade à plein cintre et flanqué de quatre tours crénelées de 40 pieds de hauteur. Sur l’attique s'élevait un castel féodal avec quatre tourelles et des machicoulis. L’élévation totale de l’arc était de 60 pieds. Sur les courtines de la forteresse on voyait les portraits de Montcalm, Saint-Jean-Baptiste, de Maisonneuve et de Salaberry.

Au-dessus des portraits on avait placé des médaillons avec les bustes de Duvernay, Sir Geo. E, Cartier, Papineau et Letellier de St. Just. Sur l’entablement des deux côtés, on lisait les inscriptions ‘“ Arc des Nationalités,”” ‘ Souvenons-nous de nos ancêtres.”’

Des trophées de drapeaux de toutes les nationalités couronnaient cet arc aux proportions grandioses. Les plans avaient été dressés par MM. P. Lortie et F. X. Malhiot.

L'entreprise avait été donnée à Messieurs Lapointe et Lacombe.

MM. Th. Gauthier, Ls. Larin, O. Salva, Beaulieu, A. Lalonde, M. Valade, Dr. Leduc et autres avaient fourni les fonds pour la construction de cet arc.

Un cinquième arc de triomphe était élevé au coin des rues.

St-Joseph et Colborne. Cet arc était soutenu par quatre tours de verdure, Dans l’attique un personnage allégorique représentait St-Jean-Baptiste dans Le désert. Les rochers, la mousse et les ronces produisaient un effet charmant de réalisme.

L’'attique était couronnée par une pyramide de verdure atteignant une élévation de 52 pieds.

Les inscriptions étaient les suivantes :

‘ Avant tout soyons Canadiens,”?

‘“ Religion et Patrie,”

‘ Soyez les bienvenus”?

‘ Aime Dieu et va ton chemin.”

Cet arc qui était très riche avait été érigé par des souscriptions faites dans le quartier par M. Rastoul et le Dr. Roy.

En face du magasin de M. E. À. Martineau nous trouvions un arc d’une grande beauté. Sur la structure on voyait trois pyramides avec les portraits de Montcalm, Maisonneuve et Champlain. Saint-Jean-Baptiste paraissait sur le couronnement. Le centre était en forme de dôme et revêtu d'étoffes tricolores. Au centre du dôme on voyait le chiffre 50 tracé en or dans une magnifique guirlande de fleurs.

La façade de cet arc était remarquable par l’inscription faite avec des roses bianches et rouges ‘* Hommage à nos glorieux ancêtres.”

Cet arc avait été érigé par MM. C.S. Rodier, D. Labonté, C. A. Briggs, E. A. Martineau, Madame L. Lussier, A, Leblanc, A. Paradis, J. McAran, M. Doré, F. X. Thériault, G. T. Vincent, F. Ladoux, D. Léonard, J. Navert, W. Robert, L. Dorais, A. Leverrière, Delle. Trudel, T. Dubreuil, O. La- .brecque.

M. Robert était le décorateur de l'arc.

L’'arc suivant était au coin de la rue St-Félix.

On y voyait l'inscription Voces «’or en lettres d’or. Sur la

façade il y avait deux mains entrelacées et une épée qui a servi en 1812, passée à travers une couronne de fleurs. Sur des écussons on lisait les inscriptions: Æistinguons-nous, Respectons-nous, Maisonneuve, Jacques-Cartier, Frontenac, Montcaim, d’'Iberville. Une couronne de fleurs était placée au-dessus de chacune des inscriptions.

M. Germain Tessier avait la direction de la construction de cet arc. Les messieurs suivants avaient contribué aux frais : N. Larivée, O. Dauphinais, Z. Lauriault, ?. Demers, M. Desmarais, M. Marcil, Z. Deschamps, P. Lemieux et autres.

On avait dressé au coin de la rue de la Montagne un arc dans le style gothique. Des fenêtres en ogives avaient été pratiquées dans les tours pour permettre l’illumination. Cet arc portait 20 petites bannières avec les noms des Canadiens illustres et les inscriptions : ‘ Sans l'union, il ne peut exister ni force, ni esprit public,’” ‘‘ Etre utile à sa patrie est le sort le: plus digne â’envie,” ‘‘ La tempérance est la santé du corps et de l’âme,” Les tours qui flanquaient cet arc avaient unehauteur de 56 pieds.

La construction de cet arc était sous la direction de M. le Capitaine Giroux.

Un arc historique s'élevait au coin de la rue Versailles.

Sur l’entabiement on lisait l'inscription : ‘‘ Au découvreur du Canada.” L’arc était couronné par le portrait de Jacques- Cartier.

Dans des cartouches on lisait les dates suivantes :

Né à St-Malo, 1494; mort à St-Malo 1554; Il découvre le golfe St-Laurent, 10 août 1534; Il se rend au Saguenay, le 3 septembre 1535 ; À Québec, le 10 septembre 1535; Arrivé à Hochelaga, le 2 octobre 1535 ; Il monte sur la montagne qu'il nomme Mont-Royal, le 3 octobre 1535; Première entrevue avec les sauvages, 30 octobre 1535.

MM Gilbert Perrault, L. Gagné, H. Foisie, F. X. Charette...

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M. Varin, Bélanger, j. B. Giguère. J. B. Roy, Laforest et autres avaient souscrit pour la construction de cet arc,

L'arc au coin de la rue Guy, représentait le premier coion à Montréal. Sur le centre de l’entablement on avait érigé une cabane avec des croûtes de sapin. La cheminée était un tuyau en tôle rouillée. Il manquait deux carreaux aux fenêtres et on les avait remplacés par deux vieux chapeaux de paille.

A la porte de la hutte une vieilie femme filait son rouet pendant que son mari et son fils étaient occupés à scier un arbre avec un godendard. L'effet était des pus pittoresques. Sur l’arc on voyait les inscriptions : ‘ Le premier colon,” ‘‘Honneur à notre patron.’”

L’'arc au coin de la rue Richmond avait un cachet tout militaire. Ii avait l’espèce d'une forteresse ; sur l’entablement on avait placé un grand canon. Audessous on voyait le portrait du héros de Chateauguay. On y lisait l'inscription : Charles de Salaberry, né à Beauport le 18 novembre 1778, mort à Chambly le 27 février 1829. ‘‘ On y voyait à côté de ce portrait les armoiries de la famille de Salaberry avec sa devise ‘’ Force à superbe, mercy à foible.”

Un arc double se trouvait à l'angle des rues des Seigneurs et St-Joseph représentant la Place d'armes le 30 mars 1644. Sur la façade de la rue des Seigneurs on lisait l'inscription : ‘ Honneur à de Maisonneuve, à Montréal le 18 mai 1642.

A l’angle des rues des Seigneurs et St-Bonaventure les membres du club de raquettes avaient érigé un arc superbe avec tous les attributs du sport.

Les marcheurs en raquettes étaient placés sur l’arc dans leur uniforme d'hiver et chantaient des chansons patriotiques pendant le défilé de la procession.

A l'angle des rues Ste-Antoine et des Seigneurs on avai construit un arc dédié à Ludger Duvernay.

Il était surmonté de trois pyramides de verdure.

A l'angle des rues St-Antoine et Desriviéres on avait construit un arc flanqué de deux tours de verdure ornées d'’inscriptions appropriées à la fête.

A l'angle des rues Ste-Catherine et St-Philippe on admirait un arc avec un tableau représentant un navire en mer, Nous y lisions l’inscripticu ‘* À nôs compatriotes canadiens-français ; soyez les bienvenus sur le soi natal.”

Dans l'Est, les arcs ne le cédaient certes en rien à ceux des autres parties de la ville qui, toute entière, a rivalisé cette année, pour se surpasser en fait de décorations. L'occasion ne pouvait être plus elle ; aussi en a-t-on profité.

Dans la rue Ste-Catherine, un pen au-delà de la rue Saint- Dominique s'élevait un élégant arc de verdure ; deux pilliers percés de portes pour ja circulation des passants, supportaient une frise crénelée sur laquelle on lisait : ‘ Vive le Canada, notre beau pays.” Une croix surmontait le tout.

Plus à l'Est, on voyait des arcs à presque tous les coins de rues. Les plus remarquables, ceux des rues Jacques-Cartier, Amherst, Wolfe, Montcalm et Visitation, ont été fort admirés. Les citoyens de cette partie de la ville, comme nous ayons déjà eu l’occasion de le remarquer, ont fait preuve de beaucoup de zèle et se sont distingués par un ardent patrio-

tisime.

L’'arc de la rue Jacques-Cartier portait les inscriptions : Honneur et gloire à notre saint patron; Vive le Canada, mon pays, mes amours; Votre religion, notre langue, nos mœurs et nos lots.

Celui de la rue Amherst, à quatre piliers de verdure et surmonté de plusieurs tourelles, était imposant. Dars l’attique, on voyait les armes du pape ; au-dessous l'inscription : Paroisse Ste-Brigide, puis sur l’entablement, une statue de St- . Jean-Baptiste, et les inscriptions : Æéfandons partout notre

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belle jangue française ; La Patrie réclame ses enfants de l'éranger. De l'autre côté, une statue de Jacques-Cartier et l'inscription : Compatriotes des Etats-Unis, soyez les bienvenus.

A la rue Wolfe, un autre arc splendide, à grandes proportions, presque en tout semblable au précédent, excepté l’inscription : Æren de beau comme mon pays.

Rue Montcalm, arc très élégant, à tours carrées aux sommets crénelés,. supportant un entablement et un attique très bien décorés Le drapeau tricolore flottait à tous les sommets et les couleurs françaises, anglaises et américaines brillaient partout. L'attique portait la feuille d'érable et le castor. On y voyait aussi les inscriptions : ÆBienvenue à lous nos compatriotes ; © Canada, mon pays, mes amours, et les noms des. plus glorieux de nos morts: Champiain, Plessis, Maisonneuve, Montcalm, Cartier, Papineau, Lafontaine, Morin, etc. De chaque côté, l’écusson : Vi/e-Marie.

A la rue Visitation, un autre arc à proportions colossales. Les quatre piliers carrés étaient percés de portes en ogives ; le gothique dominait dans toute l'ordonnance. L'entablement était surmonté d’une tour vctogone qui s'élevait à 60 pieds. du sol, et sur laquelle se dressait un mât de 15 pieds. Le diamètre de la lanterne était de 12 pieds.

Sur l’architrave, on lisait : ‘ Ludger Duvernay,”’ © T. TJ. J. Loranger,” ‘ 50.”?

GÇà et là des inscriptions : “ Vive la Canadienne,” “ Nos institutions, notre langue et nos lois,” *‘ La colonisation, le curé Labelle.”?

Nous arrivons maintenant au chemin Papineau. Sous les. ormes immenses, on avait fait deux colonnades en verdure de chaque côté de la rue et des estrades qui ont été bien remplies durant la procession. Sur une toile traversant la rue, on lisait: Canadiens expatriés, soyez les bienvenus.

La partie Est de la ville, comme l'on voit, a puissamment contribué au succès de la fête; nous l’en félicitons cordialement. C'est là que se trouve le noyau le plus considérable de nos compatriotes, et ils ne pouvaient se laisser surpasser.

La rue St Laurent était décorée par trois arcs de verdure d'une magnificence extraordinaire. Le premier était érigé au coin de la rue Vitré et portait l'inscription : ÆZommage à Sa Gracieuse Majesté notre reine bien aimée.

Au coin du marché St Laurent on avait érigé un arc surmonté de trois clochetons en verdure. On y lisait l’inscription Vive le Roi.

Le troisième arc s'élevait au coin de la rue Ste Catherine. Il avait des proportions grandioses et son architecture ne laissait rien à désirer. Sur la façade sud on voyait l’inscription Æonneur à Ludger Duvernay. '

Chez M: H. Larin, on admirait une magnifique cloche en fleurs.

Outre les arcs de triomphe dont nous venons de donner la description, les rues étaient encore ornées de décorations de tous genres.

La ville était toute pavoisée de drapeaux, les trois couleurs et les banderolles flottaient au vent et il n’y avait peut-être pas une seule rue, dans les quartiers habités par la population canadienne-française qui n’exhibât quelque couleur en signe de réjouissances. On a pu jouir à l’aise de ce beau spectacle pendant toute la semaine des fêtes. Les décorations particulières ajoutées à ce déploiement général de drapeaux l’ont été le matin même de la procession à cause de la pluie de la veilie, de sorte qu’elles ont dû être faites à la hâte. Malgré cela, elles étaient si nombreuses qu'on a eu lieu de s'étonner de la rapidité avec laquelle tout a été accompli.

Toutes les rues, nous dévons le dire, offraient un coup d'œil

charmant et il serait difficile de décider laquelle mériterait de l'emporter sous le rapport des décorations, Nous suivrons chaque rue, en mentionnant autant que possible, les noms des citoyens qui se sont particulièrement distingués.

Rue Ste Catherine, près de la rue St-Laurent, on remarauait sur une banderole, l'inscription: Amour, Religion. Plus loin, décorations chez M. N. Mayer, et M. A. À. Labrecque, où l’on voyait un portrait de St-Jean-Baptiste et les inscriptions: Avant tout soyons Canadiens ; Loyaux mais Ærançais.

Déploiement considérable de drapeaux et de banderolles à l'école St-Jacques, à la chapelle Notre-Dame de Lourdes, chez les Drs. Mathieu et Durocher, chez MM Beauchamp et Bétournay, J. B. Labelle, G. Boudrias, Letendre et Arsenault, Jos Roy, au syndicat Dupuis, Dupuis et Cie., à la salle du cercle Jacques-Cartier, à la fabrique de savon Barsalou, chez M. J.S. Gariépy et MM. Mathias Tessier et Raymond Richard, où un balcon était orné avec beaucoup de goût et où l'on voyait le chiffre 50 en roses sur un fond noir.

La rue Notre-Dame, la vieille rue du commerce canadien, avait aussi déployé toutes ses couleurs. Près de la rue Bonse. cours, des centaines de banderolles multicolores, se réunissant au milieu de la rue à une couronne, sillonnaient l’espace dans tous les sens. C’était en face des magasins de MM. Beauchamp, Guérin, Langevin et Mondou, etc.

Presque tous les magasins avaient des drapeaux et des banderolles, et il était difficile de les remarquer tous.

Les bureaux du Monde étaient décorés aux couleurs françaises, Plus loin, les magasins de MM Moisau et Cadieux et Derome attiraient l'attention.

Cinquante drapeaux ornaient les fenêtres et la grande tour de l'édifice de Za Patrie. .

La rue St-Joseph, dans une grande partie de son étendue,a

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dût se contenter du pont de Brooklyn qui occupait un espace considérable, Le reste de la rue, dont les arcs étaient si magnifiques, a été, comme la rue St-Laurent, voies très étroites, transformée en un véritable tunnel par les banderolles et les cordons de verdures.

Partout donc, le même entrain, le même enthousiasme, C'est ce qui a fait l'immense succès de la démonstration, démonstration qui n’a jamais eu d’égale en Amérique, au dire de plusieurs étrangers venus de loin et qui ont voyagé sur le continent,

Nous ne devons pas oublier en terminant l'établissement de la compagnie de charbon et de remorquage d'Ogdensburg, dont M. James Kelly est le secrétaire. Bien que située en dehors du parcours de là procession, et bien que n'appartenant pas à la nationalité canadienne française, M. Kelly avait décoré son vaste établissement, 35 rue Olier, près du pont Wellington, de verdure et de drapeaux multicolores. Ce monsieur a fait là preuve d’une libéralité que nos compatriotes sauront reconnaître.

Au No. 2244, rue Notre-Dame la vitrine du magasin de fourrures de M. O. G. Holland et fils, attirait tous les regards. On y voyait en miniature une représentation parfaite du Palais de glace de 1883, œuvre de M. Edmond Charette, à qui il a dû coûter une somme énorme de travail. Le reste de la vitrine était ornée de riches fourrures de toutes sortes, ainsi que des bonshommes représentant des marcheurs en raquettes, des joüeurs de Lacrosse, etc. Au-dessus du Palais de glace, l'on voyait une grande couronne en fleurs, avec le chiffre 60.

Au dehors, sur la façade de la maison, outre une profusion de drapeaux, de tentures, de verdure, etc., nous lisions les inscriptions suivantes en fleurs + ‘ Soyez les Bienvenus.'" Nos Institutions, notre Langue et nos Lois." Bref, la maison de M. ‘«G. ©. Holland et fils, était l’une des mieux décorées de la ville, et nous nous plaisons ici à le reconnaître.

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