‹ Noces d'or de la Saint-Jean-Baptiste [microforme]Chapitre 36 sur 98 · TOURNOI · texte numérisé non relu

TOURNOI

Puis vint le tournoi ou les jeux de cavalerie tels qu’ils s’exécutaient au temps de saint Louis.

lo Le jeu de bague qui s'exécute ainsi: les baguiers, au nombre de trois sont établis en face des tribunes ; les cavaliers partent au grand galop de leurs chevaux et armés de lances sans bannières cherchent à détacher successivement les trois bagues. On fait recommencer l’épreuve aux vainqueurs pour arriver à n’en laisser qu’un seul.

20 Za guintaine--\a quintaine est une sorte de mannequin grossier que l’on dispose au haut d’un poteau, où il tourne sur un pivot, de telle sorte que le cavalier qui, avec sa lance, n’adresse pas au milieu de la poitrine, mais aux extrémités, le fait tourner, et comme le mannequin tient des deux mains un bâton, il en frappe celui qui a mal porté son coup.

Cette partie du programme a été bien rendue et les applaudissements de la foule n’ont pas fait défaut.

Plusieurs scènes comiques ont excité l’hilarité des spectateurs, car bon nombre de cavaliers n’ont pu réussir à jeter par terre le fameux mannequin et ils en ont été quittes pour leurs essais infructueux et toujours comiques.

D'autres dont les chevaux étaient moins effrayés ont réussi dans leurs essais. La palme a été accordée à M. Leblanc.

30 Ze javelot—Un cavalier au galop, lance une flèche sur un but convenu, s’il atteint le but, la flèche reste fixe, s’il le inanque, la flèche tombe à terre.

Znvestiture ou création de chevaliers, avec le cérémonial antique, et dans lequel les consécrateurs se partagèrent la besogne, l’un chaussa les éperons au récipiendaire, l’autre lui remit ses insignes qu’un page apporta sur un coussin de velours, le Roi ceignit l'épée et un autre seigneur denna la

paume, un page amena au nouvel adoublié le beau cheval fougueux sur lequel il s’élança.

5o Après l'investiture de plusieurs chevaliers, ceux-ci entrèrent en lice et l’on commença le Béourd. Béourder, c'est se battre pour rire et le béourd c’est l'escrime à cheval ; on s’apparie deux par deux ; on se jette l’un sur l’autre ; on fait tourner les destriers sur eux-mêmes ; on les lance, on les arrête court, et l’on brise joyeusement sa lance contre l’écu. de son adversaire.

Il y eut aussi quelques combats singuliers à pied entre divers amateurs dans lesquels plusieurs passes brillantes furent exécutées sans aucun danger et la victoire des vainqueurs fut proclamée par les sons d’une brillante fanfare.

60 Ces différents jeux terminés, il y eut une distribution de: récompenses à laquelle vainqueurs et vaincus eurent part.

70 Grand défilé final au pas, autour de la piste par la cavalcade, ce défilé a été très majestueux. Il fut fait au son d’une symphonie guerrière, le Roi y prenant part à cheval et sous un dais. Le cortège royal et les pages, portant sur des coussins en velours les insignes de la royauté, furent d’un effet grandiose,

80 Z'apothéose—Après quelques minutes d'intervalle, tous les chevaliers se rangèrent auprès de l’estrade sur laquelle était le trône de saint Louis. Le roi, était assis sur son trône, entouré des seigneurs et de toute la noblesse du royaume ; on reproduisit autant que les circonstances le permettaient, un chef-d'œuvre du peintre Cabanel qui se trouve au musée du Luxembourg à Paris,

Il était sept heures passées lorsque la foule se dispersa. enchantée d’un spectacle aussi nouveau et aussi splendide. Le nom de M. Beullac était dans toutes les bouches, et certes, il y avait de quoi.

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