LUCIEN BRUN
Paris, 9 juin 1884, Monsieur,
Je vous suis bien profondément reconnaissant de votre bonne lettre du 19 mai et de votre gracieuse invitation à la fête du 24 juin prochain.
Le Canada. si près de la France par le cœur, est malheureus-ment trop éloigné géo raphiquement, pour me permettre d'entreprendre à nouveau une excursion parmi vous.
Ai-je besoin de vous en exprimer tous mes regrets? Ai-je besoin de: vous dire avec quel plaisir je serais retourné sur les bords du St-Laurent, jan revu votre magnifique pays et entendu par delà les mers
‘éloquente expression des sentiments si élevés de vos compatriotes ?
La fête de Québec m'a laissé des souvenirs trop vibrants pour que e ne: déplore pas amèrement de me trouver dans 1 impossibi ité d assister à celle de Montréal ; et Montréal luimême m'a accoïdé ‘une trop chaleu--
reuse hospitalité pour que mon désir de revoir votre bonne et belle ville ne soit pas décuplé par la nouvelle des grands et imposants préparatifs que vous faites pour la solennité de la St-Jean-Baptiste,
Je vous remercie de bien grand cœur, Monsieur, d’avoir pensé que je ne pourrais rester indifférent à cette touchante démonstration religieuse et patriotique.
Pourquoi faut-il que je ne puisse vous exprimer ma gratitude autrement que par lettre! J'espère au moins que vous pourrez lire entre ces lignes l'attachement profond et sincère que j'ai conservé et que je conserverai toujours pour le cher Canada,
Mon plus vif désir est de retourner un jour vous rendre visite. Quand on a connu Montréal, Québec et les Canadiens on ne peut que souhaiter de les revoir.
Veuillez bien être l'interprète de mes sentiments les plus cordiaux auprès des membres de votre comité, et agréez, Monsieur, l'assurance de mon dévouement bien réellement et sincèrement reconnaissant et confraternel.