PRE OO SPP MAO Q D PR CC OT PO PRE ENRT AREE TOO OC EST PR TT A
divine et plus selon la nature ; une gardienne de nos consciences et de nos destinées qui se modernise, en descendant
des voies éternelles où elle fait si bien cheminer avec elle les
enfants de la cité de Dieu. Au lieu de convenir que le siècle, s’il veut ne pas décroître en gloire, ni s’égarer, a besoin de suivre l'Eglise, sa maîtresse et sa lumière, ils aimeraient que l'Eglise consentit à marcher moins haut vers Dieu et à se rapprocher davantage du siècle, en allant après lui.
Comme si Dieu lui-même ne devait plus marcher qu'après les hommes et qu’il eût besoin d'apprendre d'eux ce que doit être son Eglise, ce qu’il en doit faire, les pouvoirs qui lui convient d'exercer par elle sur les sociétés, et comment peut régner l’harmonie entre elle et les Etats.
Quoi ! vous trouvez que l'Eglise s'étend trop à tout ! L’accuserez-vous d’usurpation ?
L'Eglise n’a rien usurpé sur la terre ; tout ce qu'elle sst et tout ce qu’elle a lui sont venus du ciel. Ses droits, ses prérogatives, ses libertés, sa puissance, elle les a reçus d’en haut et d'un ordre supérieur aux pouvoirs de la terre. Majesté dominant toutes les majestés de ce monde, ce n’est ni des princes, ni des peuples, mais de Dieu qui règne sur les princes et les peupies, qu’elle possède son indépendance, son impérissable liberté. Mais au contraire, les princes et les Etats usurpent sur le domaine ecclésiastique et se tournent contre Dieu toutes les fois que, par un coupable antagonisme, ils violent les droits de l'Eglise, empiètent sur elle, gênent son action ou limitent sa liberté.
Quand Dieu crée les espaces et les temps, la nature dans l'immensité des unes et dans la profondeur des autres, et l’homme au sein de la nature, il opère en maître et en Dieu: nous sommes ce qu’il a voulu ; atômes sortis du néant, nous
n'avons qu’à adorer en remerciant.
du anls. :à af Su re M A afigut Sue, à RASE AIN ES, UT
Quand il vient ensuite au milieu de son ouvrage, non plus communiquer un être corruptible et fragile, mais se révéler, se donner, se communiquer lui-même, et qu’il prend l’'humanité pour base de ce plan plus vaste, et qu’il lui plaît d'ajouter, en conséquence, à cette humanité un perfectionnement ineffable qu’on appelle le surnaturel, qu’on appelle la grâce, dont la grandeur dépasse la nature, les espaces et les temps, il opère de même en maître et en Dieu ; et plus encore devonsnous adorer en remerciant.
Quand après cela, pour le maintien de ce plan sublime où l'harmonie entre la grâce et la nature veut que la nature soit soumise à la grâce, le temporel au spirituel, il prend pour organe son Eglise, la forme, la constitue dans ce but suprême, l’adapte à cet ordre divin, la fait elle-même divine, la remplit d’une lumière et d’une sagesse divines, lui prête une assistance et une autorité divines, la dote en plus d’un cœur de mére, remplissant ce cœur de toutes les richesses d’une charité divine, qu’avons-hous à dire à Dieu ? Que pouvons-nous reprocher à l'Eglise ? Et l’enseignement catholique qui résume tout cet immense et magnifique dessein en ces termes lumineux et précis : qu'en matière spirituelle, le pouvoir civil est directement soumis à l'Eglise ; et qu'en matière temporelle, le pouvoir civil lui est indirectement subordonné ; qu'offre-t-il, cet enseignement, d’hostile aux Etats, de contraire à leurs droits, d’effrayant pour les sociétés, puisqu'il ne contient rien que de vrai et de juste, et qu’il ne fait que réfléter l’ordre même voulu de Dieu.
Supposons que l'Eglise, pouvant le faire, vienne à renoncer à son droit direct sur les choses spirituelles et à son droit indirect sur les temporelles. Supposons encore que les papes, eux aussi, retirent leurs bulles, les conciles leurs Canons, les Pères et théologiens ieurs doctrines. Cessera-t-il pour cela d'être encore vrai que la nature est au-dessous de la grâce,
da cn a À Aloe Pan did de FT bide use ad LL, Nu Co ete, LP À 6 5 M “ai latte RU OO vote tad 44 4 408 . : : » .
n 272 NOCES D'OR DE LA ST-JEAN-BAPTISTE
que le témporei est subordonné au spirituel et le pouvoir humain au pouvoir divin ? Croyez-vous que Dieu changerait les assises de l'univers, et que, bouleversant l’ordre de sa sagesse éternelle, il retirerait à son tour ses propres décrets ?
Pourquoi donc cette guerre à l’Eglise ?
O sainte Eglise, divine dans votre origine, dans votre
constitution et dans votre fin, qui comptez vos années non par les siècles qui pèsent sur vous, mais par ceux qui ont passé devant vous sans vous atteindre, sans laisser sur votre front la moindre trace de vieillesse ; vous qui n’avez pour patrie en ce monde, ni un Etat ni un royaume, mais la terre entière, patrie de tous les Etats et de tous les royaumes ; sainte Eglise de Jésus-Christ, chargée de tous les intérêts de la vérité, de la morale, de la religion et du salut ; vous qui avez à veiller à ce que jamais la matière ne prévale sur l’esprit, le caprice des passions sur les lois éternelles, la force sur le droit ; élevée au-dessus des nations pour les éclairer toutes dans leurs ténèbres et les soutenir dans leurs défaillances ; appuyée sur vos miracles, forte de vos promesses, glorieuse par vos œuvres, grande comme vos dogmes, immuable comme vos principes ; en face de vos ennemis, de ceux qui ne croient pas et se prècipitent aux abîmes, de ceux qui croient mais que l'illusion égare, rendez aux sociétés chancelantes la stabilité qu’elles ont perdue, dissipez la nuit épaisse qui les environne, levez sur nos têtes le flambeau de la vérité, affirmez la doctrine invariable des siècles et que votre immortel Sy//abus devienne le: phare lumineux qui nous rallie tous et nous préserve des naufrages.
Mais, la civilisation ?— Le Sy//aèus autour duquel l’impiété s’emporte et le libéralisme s’alarme ; le Sy//abus, où le naturalisme est flétrie, la plaie du socialisme, du communisme et de sectes occultes stigmatisée, la raison remise à sa place au service de la foi, la société civile ramenée à ses principes,
l'harmonie rétablie entre les pouvoirs, l'éducation chrétienne rendue à ses droits, la morale évangélique vengée, la sainteté du mariage et de la famille sauve-gardée ; le Sy//abus, pour tout cela, n’est-il pas l'expression chrétienne et catholique de la civilisation ?
Et l'Eglise, par la sagesse qu’elle donne aux lois, la vertu qu'elle imprime aux mœurs, la vérité dont elle éclaire la science, l'Eglise qui fait régner l'honnêteté dans les arts, la probité dans les affaires, la justice et la paix dans toutes les institutions, n’en demeure-t-elle pas le foyer le plus pur et la source la plus féconde P
Quels sont les arts, quelles sont les lettres, quel est le commerce, la science et l’industrie, quel est le progrès tendant à l'amélioration de la vie humaine —pourvu que rien ne s'y trouve de contraire au vrai, au juste, à l’honnête,—que l'Eglise ne favorise, n’approuve et souvent même n'utilise pour son culte, ses monuments, ses autels, pour l'unité de son gouvernement, l'expansion de sa foi, de sa morale et de sa charité ? Dieu ne fait-il pas servir au bien de son Eglise toutes les richesses de l'humanité et tous les trésors de l'univers ?
Cette grande fondatrice des nations chrétiennes n’en restet-elle pas la puissante et indispensable civilisatrice ?
Regardez-les ces nations.
En s’attachant à l'Eglise, ells ont enfanté des génies, créé des chef-d'œuvres, couvert le monde des merveilles de leurs lettres, de leurs arts, de leurs progrès dans tous les genres et sont montées, rayonnantes d'éclat, au faîte de la prospétité et de la gloire.
En la répudiant, au contraire, elles sont tombées dans le déclin et se sont condamnées à l’opprobre. L’iniquité, quelles nourrissent dans leur sein, y éteint les inspirations du beau et la puissance du grand, et descendant plus avant aux sour-
ces de l'existence, elle attaque dans leur principe les forces vitales et cause ces convulsions terribles qui menaçent le salut public et nous remplissent de terreur. Il ne reste plus dans la vaste organisation du corps social que l’activité fébrile des couches inférieures, où l’orgueil s’exhale en louanges stériles sous les hontes déshonorantes.
O Canada, jamais tu n'auras à te repentir d’avoir été fidèle à l’église. Sois ce qu’on été tes aïeux et tu n’auras rien à porter des signes de la décadence. Que verra-t-on en toi, sinon le plein dévelonpement des vigueurs de l’âge ; la civilisation catholique coulant à pleins bords ; tout un peuple, altéré de justice, faisant sa place parmi les nations, en buvant à longs traits aux fontaines vives et fortifiantes de la vérité et de la morale évangeliques ? Les luttes même qui se trahissent au dehors n’accuseront que l’abondance de vie qui coule au dedans et ne seront que la marque des généreuses aspirations s’échappant de cette vie pure et puissante.
Quelle belle civilisation que celle du Canada catholique !
Où trouver plus de progrès P
En cent ans, les autres peuples ont à peine doublé quand encore ils n’ont pas déchu ; en cent ans, le peuple canadien s’est deux fois décuplé. Et avec cette vitalité à l’intérieur, quelle expansion au dehors ! Quelle énergie à défricher les forêts, ouvrir les chemins, étendre le territoire, multiplier les voies ferrées, accroître le commerce et l’industrie, tirer du sol ses richesses !
Mais, chose admirable ! tout ce mouvement semble avoir pour origine la paroisse, et pour point de départ la croix-
A peine la religion, par la main de l’évêque, a-t-elle donné au pays une paroisse nouvelle, qu’aussitôt les bras se déploient, la pioche se lève, la charrue trace son sillon, les pierres se posent, l’église, l’école se bâtissent et les familles se groupent. Et bientôt, au milieu des paroisses, les colléges et les pen-
net
sionnats offrent de tous côtés à la jeunesse une éducation plus élevée, tandis que, sous la même impulsion, les études supérieures de la médecine et de la loi s'étendent et sont en honneur.
C’est ainsi qu'a grandi et que grandit encore le Canada. L'immigration, si forte chez les autres nationalités, n’est là pour rien, n’y est même souvent qu’un obstacle. Tout l’accroissement se fait en partant du fond et de l’intérieur. C'est la vie même qui se développe ; c’est la sève qui monte et s’épanouit ; c’est l’arbre tout entier, planté il y a plus de deux siècles, qui triomphe des éléments hostiles et prend possession de sa part d’espace, en élevant librement sa cîme et poussant avec vigueur ses branches et ses rameaux sous l’action bienfaisante de l'Eglise.
Quel progrès remarquable !
Et que dire du patriotisme ? Où se révèle-t-il plus beau et plus noble qu’au Canada ?
Sur les champs de bataille, il a produit les immortels vainqueurs de Carillon, de Sainte Foye, de Châteauguay. Et le soir de la brillante journée de Carillon, le grand Montcalm, ce héros où, disait-on, se voyaient dans les yeux /a hauteur du chêne et la vivacité de l'aigle, fier de ces braves qui, au cri de : ‘ Vive le roi ! vive le général ! ” venaient de battre une armée cinq fois supérieure en nombre, écrivait leur éloge en ces mots simples et sublimes : ‘ Quelles troupes que les nôtres ! ”?
Dans les luttes parlementaires, le patriotisme a fait naître d’autres héros, il a créé les intrépides champions de la liberté religieuse. Prêts à mourir plutôt que de rien céder de cette chère indépendance qu’ils estimaient plus que leur vie, -ces vaillants chrétiens, gémissant sous l’épreuve, mais immobiles dans leur foi, ont passé sans faiblir à travers toutes les vicissitudes. Ils ont patienté, ils ont souffert et ils ont vaincu.
En face de ce peuple disposé au martyr, la force a reculé, tout a cédé : la liberté religieuse fut conquise. Et de cette première liberté, Dieu, par les admirables secrets de sa Providence, en a fait comme jaillir toutes les autres : liberté de la langue, liberté des lois, liberté des constitutions ; tant il est vrai que pour le Canada, tout bien doit lui venir de la religion.
Que vous devez l’aimer, peuple canadien, cette liberté reli. gieuse ! Qu’elle doit être portée haut dans vos affections ! Ne craignez pas de lui donner la place d'honneur qu’il lui faut dans toutes affaires publiques. Qu’avez-vous à redouter d’elle vous qui en avez tant reçu P Ce qu’elle a été déjà pour vous, elle le sera encore. Ce sera toujours par elle que s’affirmeront et croîtront toutes vos libertés nationales.
Après les conquêtes, le patriotisme a ses fêtes ; mais au Canada, les fêtes de la patrie sont des fêtes de la religion. Ici les deux plus grandes puissances du cœur humain, l’amour de la patrie et l’amour de la religion, se tiennent unies et s’excitent mutuellement pour produire ce que l’esprit conçoit de plus beau parmi les manifestations nationales, cette fête grandiose de St-Jean-Baptiste. Est-il, en effet, pareil événement dans le monde ?
Au souffle de la religion, la patrie s’enflamme. La religion lève sur les têtes et déploie dans les airs la bannière d’un saint, et tout un peuple ÿ voit sa bannière, et toute une nation s’ébranle et se met en marche, et tous les cœurs palpitent de patriotisme comme aux-journées de Châteauguay et de Carillon, et par un entraînement qui rappelle les temps. mémorables des solennités d’Israël, des contrées les plus lointaines des Etats-Unis, des extrémités de la province, des. forêts, des champs, des villages, des hameaux, des villes et. des cités, de tous les points, en nombre immense, les descendants des fils de la vieille France se pressent, se hâtent, se:
précipitent, s’assembient. Et que veulent-ils autour de la bannière d’un saint ? Ce qu'ils veulent, c’est dire leur amour pou. '# Canada, c'est se réjouir des origines catholiques du Canada, c’est glorifier les conquêtes catholiques du Canada. Ils veulent rendre hommage à la foi et aux sacrifices de leurs pères en faisant revivre les traditions de vertu qu’ils en ont recues. Ils veulent fraterniser entre eux et se ranimer dans l'esprit d'unité nationale en récitant tous ensemble leur Credo sous les regards d’un saint, du plus grand des enfants des hommes, du courageux et magnanime St-Jean-Baptiste.
C'est ainsi que le patriotisme sert la religion et que la religion enflammant le patriotisme, en fait l’une des plus belles formes de la majesté nationale,
Qu'on dise après cela que la religion tue le patriotisme.
Le peuple le plus religieux sera toujours le plus loyal à son souverain et le plus dévoué à sa patrie.
Peuple canadien, la brillante fête par laquelle vous célébrez les gloires de votre histoire engage pour vous l’avenir.
Vos triomphes d'aujourd'hui, vous les devez à vos pères ; ils sont l'héritage de leurs vertus. Cet héritage, il ne nous appartient pas de le dissiper ; mais vous ne le transmettrez à vos fils que par les vertus qui ont servi à vous le transmettre à vous-mêmes.
Vos pères ont tout puisé dans le respect et l’attacliement qu’ils ont toujours eus pour la religion et pour l'Eglise catholique.
Faites comme eux. Jamais ne séparez de votre foi ni vos progrès, ni vos libertés, ni votre grandeur. Vous n’avez rien à envier aux autres peuples, qui peuvent avoir à vous envier bien des choses. La foi est votre fonds commun. La perdre ou même l’altérer entraînerait tous vos malheurs. Vos ennemis sont ceux de l'Eglise. Que l’esprit du Zouave Pontifical soit toujours dans vos cœurs. Si l'Eglise ne vous appekle plus à la
défendre par l'épée, elle vous demande plus que jamais de iæ soutenir avec vaillance dans les luttes morales. Seulement, que la bonne discipline règne dans vos rangs ; c’est la condition du succès. Et pour tout dire en un mot: La patrie grandissant en faisant grandir la liberté catholique, voilà le: Canada, sa vocation, sa prospérité et son bonheur.