‹ Noces d'or de la Saint-Jean-Baptiste [microforme]Chapitre 93 sur 98 · DISCOURS DE M. LE JUGE BABY · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. LE JUGE BABY

M. le Président, Mesdames et Messieurs.

En entrant ici, ce matin, je ne m'attendais pas du tout à être appelé à vous adresser la parole. J'étais venu pour écouter, admirer et applaudir, pas plus. Mais, voilà que M. le Président, de ses yeux d’Argus, m’apperçoit, assis dans un coin obscure de cette belle salle, et me fait prier de venir me placer à ses cotés, invitation à laquelle malheureusement je n'ai pas su me soustraire, et maintenant, c’est par trop cruel, on exige de moi un discours. Ne pouvant demeurer en arrière de bons procédés, force m’est de m’exécuter, mais veuillez, vu les circonstances, me pardonner les incongruités qui pourront m'échapper.

M. Chauveau vous a beaucoup trop bien parlé de moi, assurément ; ses bienveillantes paroles m'ont rendu tout confus. Je ne suis ni un littérateur, ni un historien, je regrette de le dire, au contraire de ce que M. le Président a avancé, mais je suis très-certainement un grand admirateur de l'Histoire et de la Littérature de mon pays. Si le sort l’eut

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ainsi voulu, j'étais bien disposé à me vouer à leur culte, mais il s’y opposa avec une grande obstination ! En arrivant du Collége, je me üirigai, comme tant d’autres, vers le Palais, ayant pour tuteur et patron mon honorable et spirituel ami, M. le juge Loranger qui, va sans dire, s’est toujours acquitté durant le temps requis généreusement et consciencieusement de cette tâche ardue, et je suis encore au Palais avec cette différence que j'y distribue aujourd’huide pain de la justice, au lién d'æwoir à Fy demander comme ie Je suis allé faire aussi de longues et péniblés excursions sur le domatne de la politique durant ce temps, et là, dans ce dédale, mes goûts n'ont guère reçu d'encouragement, je vous prie de le croire. ‘Cependant, j'admettrai très-volontiers que je suis un collectionneur, un collectionneur outré même ! On me dit égoïste, jaloux, envieux, soupçenneux de ce côté là et je me sens contramt de plaider coupable à l'accusation, car c'est à peine si je puis permettre à mon digne ami M. le Président, de regarder, de fort loin même, une #ourat/le faite dans le cours de mes perséverantes recherches, et il faut que je me sente de fort belle humeur pour qu’il puisse prendre dans ses mains mes coMections d'autographes canadiennes, aussi, se plaint-il hautement et amèremient très-souvent de ma conduite à son égard !

Comme la bouche parle-de l'abondance du cœur, c'est donc comme collectionneur que je m'adresse à vôus.

‘Les grandes lignes de l’Histoiïe du Canada sont toutes traeées. Garneau, Ferland, Bibaud et autres ont fait ce noble travail. Qu'il me soit permis, en passant, de remeréier le fils du premier de ces historiens, M. Alfred Garneau, que j'aperçois dans cet auditoire, de nous avoir donné une nouvelle édition de l'œuvre magistrale de F. X. Garneau; il s’est montré en cela le digne fils d'un digne père. Remercions aussi M Chauveau pour nous l'avoir présentée en

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quelque sorte sur un plat d’or, tel qu'il l’a fait. Je dis donc que ce sont les détails qui nous franquent, ces mille détails qui font l’ornementation de l’histoire et la poétise. M. de Gaspé, ce bon, modeste et charmant vieillard, dont le souvenir sera toujours cher à ceux qui ont eu le bonheur de le connaître, nous « bien laissé des ‘ Mémoires ”” qui font les délices de eux qui étudient l'histoire du pays. M. Benjamin Sulte a mis au jour dans son grand ouvrage üne fnfinité de choëes jusqu'ici ignorées. M. Marmiette, dans ses romans historiques, a su faire ressortir avec goût les mœurs et les habitudes des personnages du temps, qu’il a aussi extrêmement bien représentés. M. l'abbé Daniel a groupé ensemble les principales familles dy pays et a fait leur histoire. Bibatf, jeune, nous a donné ses ‘‘ tablettes ”’ et quantité de fragments historiques très recherchés, et les deux sociétés historiques de Québec et de Montréal ont livré à la publicité des mémoires d’une grande valeur. Mais que de choses, de faits, de traits encore complètement ignorés ou tombés dahs l'oubli! que de passages obscures où mal définis dans notre histoire! Où trouverons-nous les matériaux nécessaires pour jeter de la lumière sur ces points difficiles ? — Dans les vieux papiers, dans les papiers de famille, c’est là que se trouve la mine encore inexploitée de notre histoire ! Je ne saurais done trop vous mettre en garde contre leur destruction. Conserves précieusement tout ce qui voës en tombe sous la main depuis la lettre familière et la plusinsignifiante en apparence-jusqu'au mémoire sérieux, et quelquéfois fort lourd de l’homme po: litique, Régistres, eommissions, ordres, instructions, actes notariés, marchés, notes, reçus, factures, petits cartés de papier griffonnés, grandes feuilles eouvertes en tout ou en partie d'écritures illisibles, mettez tout cela religieusement de côté, c’est la propriété de l’histoire, cela lui appartient. Si ces papiers vous embarrassentallez les offrir à des hommes

comme l’abbé Verreau, le digne successeur de Jacques Viger, MM, J. C. Taché, Tanguay, Marmette, Bellemare ; ils sauront bien vous en débarrasser, et si, par impossible, ils n'en voulaient point, veuillez vous adresser, sans hésitation aucune, à moi, et d'avance, je vous promets un cordial accueil.

Ici, qu'il me soit permis de faire un reproche bien grave aux dames! Il m'en coûte beaucoup de le proférer, car je sens qu'il est tout-à-fait mérité et, cependant, je ne voudrais avoir que ‘des éloges à leur adresser ! Quels documents précieux pour l’histoire ont été détruits par les dames ou par leurs ordres ! Sous prétexte de faire régner la propreté dans la maison, on commence par reléguer les papiers au grenier ou dans un coin noir de la cave où ils deviennent la proie des rats et des souris, des vers et de l’humidité. Poussées de plus en plus par l'esprit de propreté, un bon jour, sous prétexte encore que ces pauvres malheureux papiers attirent la vermine ou accumulent la poussière, on les met tout-à-fait hors de la maison et instruction péremptoire est donnée à la cuisinière de s’en servir pour les besoins quotidiens de sa charge ! Quel vandalisme ! Que de lacunes dans notre histoire seraient comblées aujourd’hui si les documents nécessaires n'avaient pas servi à griller les poulets ou à allumer les feux de nos poëles dans la rude saison de l'hiver. Ce vieux papier flambe si bien, disent en cœur toutes les servantes ! Qui ne se rappelle de ce volume du journal des Jésuites trouvé dans le fonds d'un boîte à bois où il avait été jeté pour devenir la proie des flammes ! Sans l’heureuse circonstance que l’on sait, nous aurions été privé de ce jalon important dans l’histoire du pays. De grâce, mesdames, faites cesser, de suite, ces actes de vandalisme et sauvez pendant qu’il en est peut-être encore temps ce qui nous reste de ces vieux papiers. Que votre horreur pour ces précieuses reliques, je vous en conjure, se change en un respect bien senti! Je

me suis adressé à vous, mesdames, car vous êtes les Reines du foyer domestique, et y contrôlez sans conteste, Ce n'est pas die, cependant, que vos maris soient exempts de tout reproche de ce côté. Ils peuvent être assurément accusés pour le moins d’indifférence.

Il y a déjà longtemps que ce travail de dsstruction est à l’œuvre ; il a commencé lorsque, cédant pour un instant au découragement, on croyait que la race française, au Canada, n'avait plus d'avenir et qu’elle allait se fondre dans la grande famille anglo-saxonne dont les membres l’entouraient de toute part. On parlait de s’anglfier comme étant le seul moyen d'acquérir de l'avancement, de parvenir à la prospérité, Mes souvenirs sont encore assez vivaces là dessus. Dans mon enfance, c'était là la question principale dans les villes de Québec et Montréal, et Dieu sait ce qu’il en aurait été si le Clergé canadien toujours vigilant et justement alarmé n'avait point dans son patriotisme éclairé, fondé dans les campagnes ces colléges classiques, centres de lumières, d’où nous sont venus des jeunes gens pleins de force et de sève qui, donnant l'impulsion à la chose publique dans toutes ses diverses branches, ont ainsi sauvé le pays du mercantilisme, de l'anglification, en d'autre termes.

On tenait si peu aux ancêtres et aux traditions qu'ils nous avaient laissées, que papiers, meubles, argenterie tout cela était mis de côté comme inutiles, embarrassants ou démodés. Les papiers allaient au feu, les meubles chez l’encanteur pour y être vendus à vil prix et l’argenterie au creuset! Heureusement que les temps ont changé et qu'il reste encore des vieux papiers, grâce au dévouement de quelques hommes zélés et patriotiques.

Oui, Mesdames, il en reste! Encore une fois, veuillez nous donser votre généreux concours et daignez voir d’un bon œil les vieux papiers.

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Je ne puis terminer ces quelques remarques sans vous dire un mot de la numismatique à laquelle M. le Président a aussi fait allusion. En effet, il existe une société de numismates parmi nous, soit dit à l’étonnement d'un grand nombre. Fondée par M. Adélard Boucher, homme aussi modeste qu'instruit, il y a une vingtaine d'années près, elle a résisté à toutes les vicissitudes auxquelles une société de cette nature est généralement exposée, et cela grâce à nos compatriotes de langue auglaise qui s’y sont vivement intéressés. Cette société s'occupe surtout de la numismatique canadienne pourvue déjà de nombreux et importants échantillons, ainsi que l'atteste la belle collection préparée par M. Hart et qui se trouve actuellement dans la bibliothèque de la Législature fédérale, à Ottawa. La numismatique est la science des monnaies et des médailles et non point la collection des vieux boutons et des sous rouillés, tel que beaucoup très itréverentieusement le croient. Son but est élevé, Elle sa rattache intimement à l’histoire que fort souvent elle fixe, explique, éclaircit ; c’est son auxilliaire. On ne saurait donc trop en encourager l'étude. Nous comptons déjà dans la Province de Québec plusieurs numismates distingués que je pourrais vous nommer, n'était ma crainte de blesser leur modestie. Je ne puis pas m'empêcher cependant, de vous indiquer ies superbes collections de médailles, monnaies et jetons de MM. Hart, McLaughlin, Tessier, d'Orsonnens, Leroux et autres, et les ouvrages, sur le sujet, de MM. Sand: hem, Leroux et McLaughlin.

Malgré cela, notre attitude ici laisse énormément à désirer, Pourquoi les Canadiens-Français ne s’intéressent-ils pas plus qu'ils ne le font à cette excellente société, en se faisant inscrire sur ses régistres et prenant part à ses travaux? Bien souvent me suis-je posé cette question, et il m’a toujours été impossible de lui donner une solution qui fut raisonnable. Nous

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aimons notre passé, nous en sommes fiers, nous lui vouons un culte tout particulier et, fait inexplicable, à part quelques écrivains bien comnus, et dont les noms et les œuvres honorent grandement notre race, ce sont les Anglais—disonsle | leur louange—qui s'occupent le plus des choses historiques dans ce pays, eu égard surtout à leur nombre. Cela vient, peut-être, de ce que les traditions sont encore toutes fraiches parmi nous. Oui, mais un temps viendra où, affaiblies par les années, elles se perdront ou deviendront presqu'inintelligibles pour la plupart, et alors où les retrouver telles que nos pères nous les avaient transmises si ce n’est dans les travaux de ceux qui se sont occupés constamment de leur conservation, en les recueillant, les commentant et lesrectifiant bien souvent, au moyen de données alers à la portée de tous. Le plus souvent, qui est-ce qui pousse le premier cri d’alarme lorsqu'un monument du régime passé est sur le point de disparaître sous les coups de cette rage de démolition qui est le propre de notre siècle? L'’Anglais Pourtant notre place est toute indiquée, il me semble, dans cette noble mission; ce sérait la première et par droit et par devoir.

A nous, légitimes possesseurs de ces trésors, d’en avoir la garde assurément. Néanmoins, pour une raison ou une autre, il faut se l'avouer, nous faisons preuve ici d’indifférence.

Puisque nous ne voulons point prendre la place qui est la nôtre, joignons-nous donc cordialement, du moins aux compairiotes de langue anglaise, afin d'arriver avec eux au but généreux que tous se proposent. Faisons partie de la Société Numismatique de Montréal. Un journal très intéressant est publié sous ses auspices ; il s'occupe uniquement de numismatique et d’antiquités canadiennes. Donnez-lui done un encouragement libéral, afin qu’il se soutienne et puisse étendre le cercle de ses informations et les dispenser au monde:

scientifique et historique. Cet appel a, ici, devant cet auditoire, sa raison d’être, car il ne saurait être adressé à une réunion plus en état de le comprendre et d’en sentir toute la sincérité. Il a été dit que l’homme ne vivait pas seulement de pain. En effet, si nous voulons nous maintenir au niveau de ceux qui nous entourent; cultivons l’intellectuel, cultivons le aussi bien que le matériel.

Ces quelques pensées mises devant vous, permettez-moi de reprendre mon siège, tout en vous remerciant bien sincèrement de l'attention bienveillante avec laquelle vous avez daignez les recevoir.

L'Hon. M. Royal se leva après M. Lus'gnan et dit qu'il ne parierait que quelques instants pour exprimer son admiration pour ce poëme qui a été lu par M. Poisson, pour le travail historique de M. Loranzer et aussi pour les remarques qui ont été faites par M. Lusignan. Il est bien certain aue ce qui manque à notre littérature c’est une saine critique. En ce qui concerne le discours de M. Chauveau sur la bataille de Sainte-Foy, il se rappelle qu'on le faisait apprendre comme un modèle d’eloquence au Collége Sainte-Marie lorsqu'il était élève. (applaudissements.)

Le Président avant de clore le congrès fait les remarques suivantes :

‘4 J'ai le dessein de clore maintenant les délibérations de ce congrès et je ne le fais point sans quelqu’émotion. Les séances ont été bien remplies et ne restât-il de nos travaux que le projet de confédération qui doit être soumis aux différentes sociétés St-Jean-Baptiste du Canada et des Etats-Unis, il y aurait encore lieu de nous féliciter du résultat.

Les nombreuses démonstrations extérieures, les amusements de tout genre qui ont signalé ces fêies ont fait que notre

congrès n’a pas pu être organisé au moyen de commissions comme ça étéle cas dans d’autres réunions du même genre, et qu'il n’a pas été donné aussi régulièrement qu’il aurait dû l'être. Mais les discours qui ont été prononcés aux séances ont remué beaucoup de questions graves et l’effet de leur publications ne manquera point de se faire sentir avantageusement.

Pour ce qui est de cette séance en particulier j’ai à regretter encore l'absence de plusieurs de ceux que l’on désirait y voir. Un regrettable malentendu nous a privés de la présence de l'honorable M. Ouimet, surintendant de l'éducation et de plusieurs de ceux qui avaient été invités à traiter les sujets scientifiques. L'instruction publique et les sciences n’ont pas été représentées, bien que je voie dans cet auditoire plusieurs personnes qui auraient été bien en état de prendre la parole sur ces sujets.

Puisqu’il s’agit des sciences, je me permettrai de dire que tandis que dans la philosophie, dans la littérature, dans les études historiques, et däns beaucoup d’autres branches des connaissances humaines, la race française a pris ici une position très honorable, il nous reste encore beaucoup à faire pour qu’il en soit de même dans les études scientifiques. Sahs doute que ceux de nos concitoyens d’origine française qui ont été choisis pour faire partie des sections scientifiques de la Société Royale y figurent avec avantage, mais bien qu'ils aient des émules en dehors de la société, le nombre de ceux qui cultivent l’étude des sciences autrement que par amusement, ou comme complément indispensable d’une éducation libérale est très restreint. On fait très peu d’étudesscientifiques propreinent dites. La science pour la science comme l’art pour l’art est peu en vogue parmi nous. Et cela ne devrait pas être ! Quoique nous n’ayons certainement point choisi la plus mauvaise part en nous distinguant dans la politique, dans

la jurisprudence, dans les lettres, dans les études historiques nous ne devrions être nulle part inférieurs à ceux qui now entourent.

Le goût des hautes études scientifiques se développera sans doute dans nos universités, dans nos écoles spéciales. Mais les colléges ont aussi le devoir d’inspirer à la jeunesse l'amour des sciences. Je me rappelle le temps où un homme distingué qui à beaucoup contribué à élever le niveau des études dans notre pays, M. l’Abbé Holmes, ne dédaignait pas de conduire ses élèves les jours de congé sur les grèves près de Québec pour y choisir des échantillons de minéralogie ou de botannique. F

En Europe et aux Etats-Unis les élèves dans leurs vacances s'occupent d’enrithir le musée de l'institution au moyen des petites excursions scientifiques qu’il font seuls ou en compagnie de leurs professeurs. Ces débuts d'amateurs dans l'étude des mœurs laissent de bien agréables et d’ineffaçables souvenirs.

Je dois remercier tous les orateurs qui ont pris paït aux discussions du Congrès de leur concours. Je dois aussi remercier le public qui a honoré nos séances de sa présence. Nos auditeurs n'ont pas toujours été nombreux; mais la qualité on peut le dire remplace la quantité. Les membres du clergé ont toujours été en grand nombre. Nos aimables auditrices ont montré une persévérance qui nous fait vraiment honneur.

Je dois remercier tout particuliérement M. le baron de Verè» pour les paroles aimables qu’ a eues à l’adresse de notre pays. ,Ce n’est pas seulement par Jacques-Cartier, par les nombreux émigrés Bretons qui sont venus plus tard que le Canada tient à la Bretagne dont M. de Verèz a bien voulu se fre l’interprète. Nos concitoyens écossais et irlandais sont comme les Bretons, de race celtique ; la langue qu’un

grand nombre parlent encore même dans ce pays est de la même famille que celle qui se parle au pays des mentins et l’aimable poète breton Brojeur a dit avec raison

Et les filles d’brin, et les filles d’'Avor

Sont des fruits détachés du même rameau d’or (applaudissements.)

J'ai à remercier personnellement M. Lusignan et M. Royal

pour leurs bienveillantes paroles à mon égard. Le trait rapporté par M. Royal m'est particuhièrement sensible. Que d'aussf” bons juges que les Rév. Pères Jésuites aient fait un tel honneur à ce discours est plus qu’une réfutation des critiques qu’on en à faites.

. Ce congrès national qui va se terminer, est le troisième tenu dans la vieille Province de Québec. Espérons qu’il portera des fruits excellents et que ce ne sera point le dernier que l’on y verra. Le vaste développement que prend notre race dans toute l'Amérique, rendra ces manifestations plus fréquentes et plus inspirantes.

Permettez-moi, mesdames, de déroger aux usages des réunions de ce genre. Quoique président je vais me permettre de faire une proposition qui, je le sais, sera approuvée de tous. Je propose que l’on vote par acclamation des remerciements aux Révérends Pères Jésuites pour l'hospitalité qu'ils ont bien voulu nous donner (applaudissements.) C’est le second congrès national qui se tient dans cette salle, et la bienveillance que les Révérends Pères nous témoïgnent ne doit aucunement nous surprendre. En cela ils ne font que continuer les traditions de leur ordre qui a joué un si grand rôle dans l'établissement de la Nouvelle France.

Les remerciements proposés étant votés par acclamation, le Rév. Père Turgeon remercie le congrès, et dit entr’autres choses, qu’il espère bien que ce n’est pas la dernière fois que les sociétés St. Jean-Baptiste de l’Amérique se réunissent dans cette salle.

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