LE BANQUET NATIONAL
Le banquet qui a eu lieu le 27 au soir au Windsor, a été le plus brillant qui ait encore été donné à Montréal. La grande salle à dîner de l'hôtel était littéralement remplie, 500 convives environ s'étant donné rendez-vous à ces agapes fraternelles.
Le corps de musique du 65me avait été chargé de la partie musicale et nous n'avons pas besoin de dire ici, que, comme toujours, il s'en est acquitté à merveille.
Le fauteuil présidentiel était occupé par le président de la St Jean-Baptiste, l'hon. T. J. J. Loranger. A ses côtés nous avons remarqué :
L'Hon. J. L. Beaudry, Hon. J. A. Chapleau, Hou. W. Laurier, Hon. Juge Baby, M. C. O. Perrault, Vice- Consul de France, M. S. P. Stearns, Consul Général desE.U., Hon. Juge Sicotte, Hon. Juge Routhier, M. Joseph Tassé, M. Joseph Royal, M. Ferdinand Gagnon, M. P. A. Landry, Hon. L. O. Taillon, Hon. J. Wurtele, Hon. G. Ouimet, M. Frs. Langelier, Hon. H. Mercier, M. T. S. Brown, M. L. D. Duvernay, M. J. L Tarte, M. P. C. Casgrain, Baron de Verrez. A la droite du président étaient Son Honneur le Lieut- Gouverneur Robitaille, Sir Hector Langevin, Rév. Abbé Sentenne, Rév. C. A Dauray, Rév. Abbé Gaboury, M. J. K. Ward, M. D. Barry, M. W. W. Ogilvie, M. M. Schwob, Hon. P. J. O. Chauveau, Hon. C. J. Coursol, M. J. A. Ouimet, M. J. Amyot, M. L. H. Fréchette, M. H. Beaugrand, M. J. A. N. Provencher, M. Louis Allard, M J. B Resther, Hon. R. Thibaudeau, M. Ed. Lareau, M. F. Benoit, M. H. Roy, M. J. P. Rhéaume.
Les messieurs suivants occupaient les sièges de vice-président : — MM. Louis AUard, H. A. Lemieux, Frs. Benoit, J. Aid. Ouimet, Jos. Aid. Ouimet, Jos. Tassé, L. O. David, R.
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Préfontaine, H. Beaugrand, G. Boivin, N. H. Bourgoin, A J. Corriveau, H. Mercier, P. H. Roy, H. B. Rainville et E Lareau.
A part ces messieurs nous avons remarqué au nombre de personnes présentes MM. J. J. Curran, C. R., M. P., M. P Ryan, Louis Desève, C. Glackmeyer, L. Perrault, Jacque Grenier, L. Beauchamp, Alph. Christin, A. De Martigny, C. A Dugas, M. Desnoyers, W. O'Hara, John Lewis, P. B Mignault, A. Lacoste, A. Gosselin, H. Jeannotte, I. A. Beau vais, Dr. Mount, Dr. Lachapelle, échevins Dubuc, Rolland e* M. Robidoux, M. P. P.
Parmi les dames présentes étaient Mesdames Chapleau, Thibaudeau, Lareau, Olivier, Langevin, Armstrong, Archam bault, Fréchette, Mercier, Dubuc (Manitoba), W. Prévost, Laberge, Rolland, Mlles Archambault, de L'Assomption, Mlle Olivier, et Madame A. Lusignan.
Voici d'ailleurs la liste complète des convives :
Allard Louis, Amyotte G., Aubry Etienne, Armstrong C. M., Archambault C. H. L., Auger J. C., Alexe M., Archambault P. R., Archambault L. H., Archambault U. E.
Bourque Dr. E. J. J., Boivin Guillaume, Bourrassa J. P., Bourdon Charles, Beaudry Hon. J. L. Maire, Baby Hon Juge, Benoit François, Bourdon D. E., Beaudry Napoléon, Blanchard M. l'Abbé E., BeaNbien Hon. Louis, Bruntt Joseph, Barbeau Henri, Bourassa Noé, Bcaudin Siméon, Boudria Dom, Beaudry N., Bourdon W., Beaudoin Joseph, Béliveau A., Brossard M., Béliveau Armand, Bain M. M. P., Brosseau C., Bélanger G., Bélanger W., Burland W., Beaudry N., Beaugrand H., Baillargé M. l'Abbé T., Bourassa François, Blondin J, A.,
Beauchène J. A., Benoit François, Bourret Arthur, Bélanger L, C, Beauvais I. A., Beauvais N.,Beauvais M., Brien E., Bourgouin O., Barrette L. A., Biron J. B. S., Brosseau A., Bisaillon J., Bourret P., Bergeron J. G. H., M.P., Beauchamp L. E., Brown T. S., Barry D. Président de la Société St-Patrice, Beaudry Hercule, Beaudry J. N., Bélanger G., Beauvais M., •Beauvais M., Beauvais M., Bernier L. A., Bédard A., Beaudoin Antoine, Brosseau A., Beausoleil C.
Cressé L. G. A., Chauveau Hon. P. J. O., Comte Joseph, Coursol Hon. J. C, Chauveau Alexandre, Charette P. Ph., Cassils Charles, Choyer M., Cusson A. L., Chagnon M. l'Abbé Crépeau E., Curran J. J. M.P., Coutlée J. C, Champagne, Charles, Champagne Isidore, Champagne P. O., Cyr J. E., Cousineau, L., Crevier F. X., Casgrain Dr, Casgrain Charles U., Chapleau Hon. J. A., Corbeille François, Cousineau J., Charbonneau M,
Durocher Isidore, Desroyers M. C, Dubreuil T., Drapeau T., Dauray M. l'Abbé M., de MartignyR., Dumontier Alph., Dansereau Louis, Dansereau M. E., Desjardins André, Du val M., Dupont Dr., Dubuc Hon. Juge, Demers L. T., Demers A. E., Drolet J., De Tonnancourt L. C, Dorion J., Desjardins Charles, Dupuis J. O., Dupont T., Duvernay, L. D., Deslauriers, J. E., Dorion Sir A. A., Dubuc Dr., Duckett Dr., Dubuc^ A., Dufresne J. M., Dutaz R.
Ethier M., Emard J. M.
Faure Ferdinand, Faucher O., Fréchette H., Fortin Hon. M. P. P., Fowley, J. B., Forget R., Filiatreault, T. J.
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Gravel J. C, Gravel S. M., Gagnon Ferdinand, Grây J. W., Galaire Cléophas,Glackmeyer Charles, Greffier de la Cité, Gauthier Thomas, Gosselin Alphonse, Granger T, J., Grant J. O., Gagnon capt. S., Gagné C, Gabourry M. l'Abbé C. A., Goyer Rémi, Grenier J., Granger A. D., Gosselin F. X., Gill Juge, Glackmeyer Chs. fils, Girardot E., Gohier A., Gagnon M., Guilbault Ed., Cuddy M., Giroux C. A., Grenier W. A., Gravel A.
Hétu J. A., HamiltonH., Hamilton N. E., Hamilton S. D., Hamelin A. S., Hamilton N. C, Howley James, Hills Dr J.
^2iX\%oxi, Journal dti Dimauc/ie Le^]ea.i\notte H., Jayse D. A., Jodoin M. l'Abbé M. Joyal.
Lionais J. D. E., Larin Henri, Lacoursière Stanislas, Labelle capt. J.B., Lionais Alfred, Langevin Sir Hector L., Laurier Hon. W., Landry Hon. A. R. A., Langelier Hon. François, La Minerve^ La Patrie, Le Monde^ V Etendard^ Le Star, La Gazette^ Le Herald^ Le WilmsSy Le Post, La Bruyère Hon. L. P. B. de., LeCavalier N. M., Lemieux H. A., Lynch Hon , Lareau Edmond, Labrecque O. père, Lacroix Joseph, Laurier J. E., Lavoie Jean, Lemieux Gustave, Lachapelle J. G. L., Lanctôt Théotime, LaRocque Armand, Lemieux H. A., Lapierre A., Laurier M., Lebœuf B,, Leclerc C. E., Labonté David, Lacaille Charles, Lorimier S.A. de, LaRocque C. A., LefebvreS., Ivcfebvre A., Lcl)run H., Lamarche Joseph, Larocque M. l'abbé P., Labrie Armand, Louthood A., Lonergan J.j Labrecque A., Laurent G., Laurent M., Lacroix P.fils, Lapoiiite François, Léger Antoine, Laporte A.,Lefebvre M., Leclerc
NOCES d'or de la ST-JEAN-BAPTISTE 1i'7
F. J., Larose E., Lavallée N. L., Lacoste Alex, Lesage S , Leclerc Joseph, Labelle H., Lessard M. l'abbé A., Lalime Charles.
Ménard Albert, Morin P. S., Marchand L. W.. Meunier C, Munderloh, Martigny R. de, Melançon Joseph, Morgan Henry, Mellin J. W., Mireault Gilbert, Martin J. B. A., Mathieu A., Mathieu E., Mathieu Dr., MelocheF. X., Mossel, Meunier J., Métivier M. M., Monk F. D., Marcil M. l'abbé J. N., Macdonald M., Mackay A. L., Mackay A. L., Mackay J. A. A,, Mackay J. A. N., Malo Jean, Miller W,, Montigny B. A. T. de, Martin François, Mount J. W., Mathieu A., Masson Hon. L. R., Manal G., Murphy P. S., Moreau Ed., Mignault P. B., Martel H., Mignault Dr. V.
Ouimet S.,Ogilvie W. W. Président de la société St-Georges, 'Ouimet Lt-Col. Aid. MP., Ouimet A., O'Hara W. J., Ouimet M.i'abbéF.,OuelktteJ. A., OuelletteP., Ouellette T., Ouimet Louis, Olivier D., Ostigny J. H.
Perrault Louis, Pagnuelo N., Premio-Réal, Provencher J. A. N., Perrault C. O., Paradis H., Pelletier L. C, Pouliot B., Peltier Pierre, Plante Elie, Perodeau N., Paré Dr. LA., Pambrun H., Prieur F. X., Paquelte J. P., Parent C. C. B. E., Perreault Jéréraie, Parent A. D.
Raza A., Routhier Hon. juge A. B., Rhéaume M., Robitaille Son Excellence le Lt. -gouverneur de la Province de Québec, Roy Joseph, Racine Alphonse, Roy Victor. Roy Alfred fils, Riendeau Joseph, Robillard A., Resther J. Z., Resther J. B.,
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Ryan M. P., Robbins C. G. C, Robillard Jos., Richard V.^ Robillard H., Rolland J. D., Rivet J., Roy F. X., Riopelle Cy Rolland J. B., Roy P. H.
S Savigny J. R., St-Pierre H. C, Sicotte L'Hon. Juge L. V. Sentenne M. l'Abbé, Schwob M. Président de la société Française, Starnes Hon. Henry, Sauvé François, St-Louis Emmanuel, Senecal L. A., St-Jean E. N., Senecal L. H.. St- Denis Ed., Soulière O., Sarrazin T. T. S., St-Louis J. B.,Sauriol M. l'Abbé M.
Tremblay A. A., Tarte J. J., Trudel Hon. F. X. A. sénateur,. Thibeaudeau Hon. sénateur J. R., Tessier M. J., Tassé Em.^ Thibault Charles, Taché L. H., Thomas Alphonse, Tassé J., Tourville Louis, Toussignant N., Têtu Cerice.
Vilbon M. C, Vannier J. E., Veriheart H., Verez Baron de^ Valade Dr. , Vincent A., Villeneuve J. O.
Ward J. K., Président de la société St-André, Wiman, Erastus, Wurtele Hon. J., Wilson J. C, Wilson H.
Après que tous eurent fait dûment honneur au menu, le président proposa la santé de la Reine et du Gouverneur-général. Ces deux santés furent bues avec enthousiasme, la musique jouant Dieu sauve la Reine et St-Pairicks Day.
T^ santé de Son Honneur le lieutenant-gouverneur Robitaille fut accueillie par des applaudissements prolongés, la musique jouant La Marseillaise. Son Honneur en répondant remercia sincèrement et cordialement les convives de l'accueil qui lui avait été fait. Il félicita les Canadiens-français de Montréal du zèle qu'ils avaient déployé en organi^nt
NOCES d'or de la st-jean-baptiste 129
< ette démonstration. Il espérait que tous vivront encore assez longtemps pour voir un grand nombre de fêtes semblables. (Applaudissements.)
M. Louis Fréchette proposa alors en ces termes la santé de la France :
DISCOURS DE M. FRECHETTE.
M. le Président^ Messieurs^
C'est une tâche grave que celle de se lever un des premiers pour prendre la parole dans cette occasion solennelle, occasion peut-être unique dans l'histoire de notre pays. Mais je bénis ma bonne fortune, et je remercie cordialement messieurs les organisateurs de ce banquet dem'avoir imposé cette tâche, puisqu'il s'agit de porter un toast à notre chère et glorieuse mère, la France (applaudissements).
Dans cette réunion où l'on célèbre les noces d'or d'une société qui fut fondée, il y a cinquante ans, pour perpétuer ici le nom, le souvenir et les traditions de la France, et, qui a réussi à rendre ces trois grandes choses impérissables en Amérique, le premier toast de circonstance appartenait bien à la grande nation, et s'il ne m'appartenait pas autant de le proposer, je sais bien que personne ici, je sais bien que personne au monde, ne saurait le faire avec un cœur plus filial, avec une émotion plus sincère ! (applaudissements).
J'ai rencontré plusieurs fois, en Europe et ailleurs, des gens qui s'étonnaient de ce que nous fussions, nous les Canadiens, restés si français, — français par la langue, français par les mœurs, français par le tempérament, et surtout français par le cœur. Il n'y a pourtant pas là matière à grande surprise. Si nous sommes restés français, le miracle n'a rien que de tout là fait naturel. Existe-t-il un homme sur la surface du globe qui ait eu le bonheur et l'honneur de naître français, et qui n'ait pas été fier de conserver ce titre toute sa vie ?
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Nous sommes restés français, parce que nous sommes fiers d'être français. On ne renonce pas à ce nom-là. (Longs applaudissements).
Ah ! si l'on nous montrait une patrie d'origine qui fût plus belle, plus noble, plus chevaleresque, plus glorieuse que la
France, peut-être Mais non ! cela ne ferait pas pour nous
un iota de différence. Nous tenons à la France par toutes les fibres du cœur, et elle serait la pliis humble des nations que nous lui dirions encore : Nous sommes à toi, ô sainte France 1 Généreuse protectrice ou mère oublieuse, nous t'avons aimée, nous t'adorons encore, et nous te chérirons toujours. Nos pères sont morts pour toi, nous sommes tes enfants, et nous roulons mourir tes enfants ! (applaudissements prolongés).
On ne déracine pas un sentiment comme celui-là. Messieurs. Toute la diplomatie de l'Angleterre intéressée à faire de nous un peuple anglais, toute l'habileté, je dirai même l'astuce de ses hommes d'Etat les plus roués, se sont heurtées sur lui. Ni les menaces, ni les persécutions, ni les échafauds, ni même les récompenses — Danaos et dona ferentes — n'ont pu l'ébranler. (Applaudissements).
Et les fils des soixante mille Français arrachés violemment à la France, il y a cent vingt-cinq ans, sont aujourd'hui deux millions de patriotes parlant le français, s'appelant des Français, et imposant le caractère distinctif de leur race depuis Boston jusqu'à San Francisco, depuis le golfe du Mexique, je dirai presque jusqu'au pôle nord. Si mon brave ami François Mercier, le grand voyageur du Nord-Ouest était ici, présent, il pourrait témoigner de ce dernier détail. Mais il est en ce moment sans doute occupé à tirer du canon en l'honneur de la Saint-Jean-liaptiste, sur les remparts du fort Saint-Michel, l'un des postes les plus avancés de la civilisation dans les jcgions hyijerboréennes 1 (applaudissements prolongés).
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Non, mille fois non, le sentiment français ne se détruit pas. Il est gravé en caractères indélébiles au plus intime de notre être, et ceux qui ont été les témoins de la solennelle démons, tration d'hier ne doivent plus avoir de doute à cet égard, s'ils en ont jamais eu.
Ce sentiment, chez nous,a subi toutes les phases de l'épreuve. Quand la France nous laissait seuls ou presque seuls, chargés de garder intact l'honneur de son nom, nos ancêtres lui ont ■donné leur vie, et sauvèrent par une victoire suprême, sinon sa puissance, du moins l'honneur de son drapeau. Plus tard,
• elle nous oublia. Alors, nous nous mîmes à l'œuvre, et, poignée d'enfants abandonnés, réduits à nos seules ressources, nous avons fondé sur ce continent un peuple qui sera la France de l'avenir. (Longs applaudissements). Quand, victorieuse et superbe, la France éblouissait le monde par l'éclat de ses triomphes, personne n'applaudissait avec plus d'enthousiasme que nous à sa puissance et à sa gloire ; et quand vinrent les jours sombres, quand l'oiseau du malheur s'abattit sur son
• drapeau vaincu, il n'est pas un Français d'Europe qui ait plus vivement ressenti l'affront, et plus sincèrement pleuré la défaite, que les Français des bords du Saint-Laurent ! (Applaudissements prolongés).
Oui, nous aimons la France; nous l'aimions monarchique, nous l'aimons' républicaine. Son drapeau est notre drapeau. Que ce soit le drapeau blanc ou le drapeau tricolore, il suffit qu'il soit le drapeau de la France pour avoir le plus sacré des titres à notre vénération. (Applaudissements).
De quel droit demanderions-nous compte à la France des institutions qu'elle se choisit? Est-ce que la grande et glorieuse nation française n'aurait pas le privilège de se gouverner comme elle l'entend? C'est la France qui passe : est-elle .monarchique ? est-elle républicaine ? qu'est-ce que cela nous
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fait? C'est notre mère à genoux! (triple salve d'applaudissements).
Oh ! il avait certainement tort cet homme d'Etat, que je n'ai pas à juger ici, et qui disait : " Nous sommes des Anglais qui parlons le français." Non, au contraire, nous sommes des
Français qui parlons l'anglais quand nous ne pouvons
pas faire autrement. (Rires et applaudissements).
Je ne voudrais pas que mes paroles fussent interprétées comme défavorables à l'Angleterre.
Nul plus que moi n'a d'admiration pour le grand peuple dont le drapeau a porté la civilisation dans les parages les plus reculés du globe ; nul plus que moi n'apprécie les libertés dont nous jouissons à l'ombre de la constitution britannique ; je remercie surtout mes compatriotes anglais, de ce que je puis si librement manifester ici mon attachement pour la France, sans éveiller aucune susceptibilité de races. Mais sans cesser d'être loyaux sujets britanniques, nous resterons toujours les enfants dévoués de la France. Il serait impossible pour nous qu'il en fût autrement. Les deux grandes nations ont chacune une part de nous-mêmes, suivant l'expression de notre grand poète Crémazie :
Albion notre foi, la France notre cœur ! Messieurs, à la France 1
Voici les couplets inédits chantés par M. Maillet :
O Canadien, race féconde, Si noble aux grands jours du péril, Sous le soleil du nouveau monde Tu touches à l'âge viril !
Tu peux, le cœur plein d'espérance.
Dire en regardant l'avenir :
Nous sommes enfants de la France, Vive à jamais son souvenir !
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Privés de sa sainte tutelle, Perdus sous un autre horizon, Pleurant sa bannière immortelle, Nous avons gardé son blason !
Ni les revers ni la souffrance, En nos cœurs n'ont pu le ternir.
Nous sommes enfants de la France, Vive à jamais son souvenir !
D'autres drapeaux couvrent nos têtes ; Pour eux notre foi sans détour !
Qu'ils flottent jusque dans nos fêtes ; Mais à la France notre amour !
Nul ne parle de délivrance ; Car nous n'avons plus qu'à bénir.
Nous sommes enfants de la France :
Vive à jamais son souvenir !
M. le vice-consul de France, M. C. O. Perrault avait été , hargé de répondre à la santé de la France. Il le fit en ces termes :