CARROUSEL ET TOURNOI
On avait attendu l'arrivée, des bateaux à vapeur qui formaient la procession sur le fleuve St- Laurent, pour commencer le Carrousel et le Tournoi.
Les cavaliers, après s'être revêtus de leurs riches costumes, se divisèrent en quatre pelotons ; chaque peloton devait aller au son d'un ou de plusieurs clairons qui marchaient en tête, annoncer dans le quartier de la ville qui lui avait été assigné, le carrousel et le tournoi. A une heure fixée, tous les cavaliers se retrouvèrent à un endroit indiqué et la cavalcade fit sa rentrée triomphale sur le terrain de l'exposition, où commença immédiatement le Carrousel.
1o Défilé général autour de la piste de tous les cavaliers au son de la musique.
2o Formation des quadrilles. Les 48 cavaliers qui avaient été exercés à cet effet, se formèrent en quadrille, 4 pelotons de 12 et commencèrent les figures indiquées d'avance, se groupant et se divisant selon les règles ; ces figures pouvaient se faire au pas, au trot ou au galop et se sont prolongées pendant deux heures.
Pendant le temps des quadrilles, le roi saint Louis était placé sur un trône entouré de seigneurs et de pages, les<àitres cavaliers étaient rangés autour de l'estrade dans les positions qui leur étaient indiquées.
Un intermède de quelques minutes sépara les quadrilles qui composaient le carrousel du tournoi, et cet intervalle fui rempli i)ar la mtisique qui exécuta un des meilleurs morceaux <lc son répertoire.
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TOURKOI.
Puis vint le tournoi ou les jeux de cavalerie tels qu'ils s'exécutaient au temps de saint Louis.
1o Le jeu de bague qui s'exécute ainsi: les baguiers, au nombre de trois sont établis en face des tribunes ; les cavaliers partent au grand galop de leurs chevaux et armés de lances sans bannières cherchent à détacher successivement les trois bagues. On fait recommencer l'épreuve aux vainqueurs pour arriver à n'en laisser qu'un seul.
2o La quintaine — La quintaine est une sorte de mannequin grossier que l'on dispose au haut d'un poteau, où il tourne sur un pivot, de telle sorte que le cavalier qui, avec sa lance, n'adresse pas au milieu de la poitrine, mais aux extrémités, le fait tourner, et comme le mannequin tient des deux mains un bâton, il en frappe celui qui a mal porté son coup.
Cette partie du programme a été bien rendue et les applau •dissements de la foule n'ont pas fait défaut.
Plusieurs scènes comiques ont excité l'hilarité des spectateurs, car bon nombre de cavaliers n'ont pu réussir à jeter par terre le fameux mannequin et ils en ont été quittes pour leurs «ssais infructueux et toujours comiques.
D'autres dont les chevaux étaient moins effrayés ont réussi dans leurs essais. La palme a été accordée à M. Leblanc.
3o Le javelot— \5w cavalier au galop, lance une flèche sur un but convenu, s'il atteint le but, la flèche reste fixe, s'il le manque, la flèche tombe à terre.
Investiture ou création de chevaliers, avec le cérémonial antique, et dans lequel les consécrateurs se partagèrent la besogne, l'un chaussa les éperons au récipiendaire, l'autre lui remit ses insignes qu'un page apporta sur un coussin de velours, le Roi ceignit l'épée et un autre seigneur donna la
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pouincy un page amena au nouvel adoublé le beau cheval fougueux sur lequel il s'élança.
5o Après l'investiture de plusieurs chevaliers, ceux-ci entrèrent en lice et l'on commença le Béourd. Béourder^ c'est se battre pour rire et le béourd c'est l'escrime à cheval ; on s'apparie deux par deux ; on se jette l'un sur l'autre ; on fait tourner les destriers sur eux-mêmes ; on les lance, on les arrête court, et l'on brise joyeusement sa lance contre l'écu de son adversaire.
Il y eut aussi quelques combats singuliers à pied entre divers amateurs dans lesquels plusieurs passes brillantes furent exécutées sans aucun danger et la victoire des vainqueurs fut proclamée par les sons d'une brillante fanfare.
60 Ces différents jeux terminés, il y eut une distribution de récompenses à laquelle vainqueurs et vaincus eurent part.
7o Grand défilé final au pas, autour de la piste par la cavalcade, ce défilé a été très majestueuj. Il fut fait au son d'une symphonie guerrière, le Roi y prenant part à cheval et sous un dais. Le cortège royal et les pages, portant sur des cous- , sins en velours les insignes de la royauté, furent d'un effet î grandiose.
80 L' apothéose — .\près quelques minutes d'intervalle, tous les chevaliers se rangèrent auprès de l'estrade sur laquelle était le trône de saint Louis. Le roi, était assis sur son trône, entouré des seigneurs et de toute la noblesse du royaume ; on reproduisit autant que les circonstances le permettaient, un chef-d'œuvre du peintre Cabanel qui se trouve au musée du Luxembourg à Paris.
Il était sept heures passées lorsque la foule se dispersa, enchantée d'un spectacle aussi nouveau et aussi splendide. I^e nom (le M. Beullac était dans toutes les bouches, et certes, IL y avait de quoi.
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