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DISCOURS DE M. D. BARRY

Président de la Société Si-Patrice de Montréal.

Monsieur le Président,

Messieurs^ C'est avec un grand plaisir que je me trouve ce soir au milieu de vous, en ma qualité de président de la société St- Patrice, pour célébrer le cinquantième anniversaire de la fondation de la société St-Jean-Baptiste. Au nom de mes compatriotes, je vous remercie de l'honneur que vous faites à notre ace en m' invitant, non seulement à ce splendide banquet, mais encore à toutes les grandes démonstrations de la semaine. Au nom de mes compatriotes recevez mes félicitations du grand succès qui a couronné les efforts patriotiques que vous avez accomplis pour faire passer sous les yeux de vos compatriotes exilés les grands événements de la noble histoire d'une race qui a tant fait pour la colonisation et la civilisation de ce continent.

Comme Irlandais-canadien, il m'est impossible de ne pas sympathiser avec vous, et je suis certain que tous mes compatriotes, de la ville comme de l'extérieur, s'associent de cœur à la fête que vous célébrez.

Votre histoire sous la domination anglaise, dans la dernière partie du dix-huitième siècle et au commencement de celui-ci, ressemble beaucoup à celle du pays de nos ancêtres pendant les sept derniers siècles, bien que d'une manière moins caractérisée. Les catholiques irlandais, en Irlande du moins, et les catholiques canadiens-français de ce pays ont pu se rendre compte de l'arbitraire des lois anglaises, envers les différentes races. Sans doute l'Angleterre a adopté un autre programme, dans le cours des dernières années, au sujet du traitement politique de ses bien-aimés sujets, soit ici, soit en Irlande, et je suis assez chrétien et catholi<iue pour être porté à croire,—

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non toutefois sans entretenir quelque doute, — qu'elle a compris l'erreur de sa conduite et qu'elle est disposée à réparer les torts qui ont été causés par les funestes écarts de sa conduite. Cela est dans l'ordre des choses possibles, et lorsque nous voyons un vieux pêcheur accablé par les ans crier à tous les vents " peccavi," après avoir passé sa jeunesse, — alors qu'il possédait toute la vigueur de la santé et la plénitude de la raison, — à blasphémer Dieu et à mépriser ses commandements, nous ne pouvons nous empêcher d'admirer les voies de la miséricorde divine. Quelles que soient les obligations que nous ayions à la Providence pour les changements apportés ces dernières années à la politique anglaise, il est une chose certaine, — à moins que l'histoire et M. Brown qui vient de prendre la parole soient en défaut, — c'est que les Canadiens ont eu une rébellion, que quelques-uns d'entre eux ont été pendus, d'autres déportés, d'autres fusillés, et qu'un certain nombre ont été obligés de s'expatrier avant que l'Angleterre ait adopté un autre mode de traitement pour ses sujets.

Ce trait caractéristique de notre histoire coloniale me porte à entretenir quelques doutes, — bien que n'étant nullement " agnostique," — sur le désir qu'aurait toujours montré l'An gleterre de se conduire d'une façon maternelle envers ses sujets opprimés dans les possessions britanniques. Je puis me tromper, mais j'ai toujours été d'opinion qu'une des raisons pour lesquelles les Français dans ce pays et les Irlandais en Irlande ont eu à se plaindre de l'injustice dans le cours de ce siècle, — injustice qui a été condamnée, il n'est que juste de le dire, par les Anglais possédant des idées libérales et éclairées, — est que les Canadiens-français et les Irlandais sont catholiques. D'après mes lectures et mes quelques études, je demeure convaincu que toutes les races catholiques vivant sous le pavillon anglais ont eu à combattre contre les préjuges religieux et le fanatisme.

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La chose n'est que trop vraie en ce qui concerne l'Irlande, mais heureusement nous pouvons dire avec orgueil que malgré la triste position de la malheureuse Irlande, les adversaires ks plus nobles et les plus acharnés de l'injustice et de l' oppression sont et ont été les patriotes irlandais protestants. Heureusement pour vous, Canadiens-français, que dans les luttes que vous avez entreprises pour obtenir le libre exercice de vos droits, vous n'avez pas été divisés par les préjugés religieux et l'intolérance, et si vous avez conquis les libertés pour lesquelles vous avez courageusement combattu autrefois, vous devez être certain que c'est parce que l'harmonie des conseils de vos chefs n'était oas troublée par le fanatisme et les préjugés religieux. J'ai la ferme espérance, dans l'intérêt de notre patrie commune ; de notre bonheur futur et de la prospérité de ceux qui viendront s'établir ici, que le magnifique héritage de liberté qui nous a été légué, sanctifié par le sang de nos nobles martyrs, demeurera toujours intact et ne sera pas souillé par le souffle de la discorde religieuse.

Cela m'amène à dire quelques mots au sujet de certaines remarques qui ont été faites par des orateurs qui se sont fait ■entendre ce soir. J'espère m' être mépris sur le sens de leurs paroles. J'ai compris qu'ils voulaient dire que pour être Canadien, il fallait nécessairement être catholique. Bien que professant moi-même cette religion et croyant en son origine divine, je croîs que c'est sortir des bornes, lorsqu'il s'agit sur- , tout de questions du genre de celles qui se rattachent à la nationalité et qui sont en dehors des croyances religieuses, — que de demander que tous mes compatriotes de cette belle province de Québec qui ne partagent pas notre foi religieuse, soient privés du titre de Canadien. Je dis cela en toute humilité et avec tout le respect possible pour les opinions de ces orateurs qui ont parlé ce soir avec une si rare éloquence de l'hisloire du passé, de la prospérité actuelle du pays et de

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l'avenir qui est réservé à la race canadienne-française sur ce continent.

Je n'exprime, sur cette question, que mes opinions individuelles et je ne prétends pas me faire l'interprète de celles des autres. Il me semble que le patriotisme, l'amour du pays et de la race, ne doivent pas être circonscrits dans les bornes assignées par les sectes et les croyances, et que personne n'a le droit de me dire que parce que je n'adore pas mon créateur de la même manière que lui, je ne dois pas prétendre au titre glorieux de Canadien. Il me semble que telle n'est pas la véritable pierre de touche de la nationalité. Il me semble que tous ceux qui ont choisi le Canada pour leur patrie ont droit au titre de Canadien, sans distinction de croyance ou d'origine.

J'entends quelqu'un dire que les remarques qui ont été faites par les orateurs qui ont pris la parole avant moi au sujet de la nationalité canadienne, s'appliquaient seulement aux Canadiens-françair. Je dis, avec tout le lespect que je professe pour ceux qui ne partagent pas mon opinion, que la règle que j'ai exposée s'applique également aux Canadiensfrançais. L'hon. M. Joly est protestant, cependant peut-on dire qu'il n'est pas aussi bon Canadien, qu'il n'aime pas autant son pays, que le premier d'entre ses compatriotes d'une croyance différente. En quoi diffère-t-il de ses compatriotes dans son amour et son dévouement pour son pays et ses, intérêts ? Que pensaient ces hommes courageux et dévoués, dont nous célébrons la mémoire ce soir, de cette condition imposant la foi catholique à quiconque voulait £tre considéré comme ami et fidèle défenseur de son pays natal ou d'adoption ? L'histoire de leur vie, leur conduite les uns vis-à-vis des autres, répondent d'une manière suflisante à la question.

Dans mon humble opinion, si l'on ne fait pas disparaître ce» misérables préjuges de race et de religion, les émigrés de

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races et de croyances différentes, qui ont choisi et choisiront le Canada pour leur patrie et celle de leurs enfants, ne pourront pas s'amalgamer et ne formeront jamais un tout homogène. Que deviendra le pays à l'avenir s'il lui manque cette force de cohésion qui est essentielle à son développement ? Il est plus facile de se faire une idée du tableau que de le t»-acer. Nous laisserons à nos infortunés descendants un héritage de haine et de mésaccord ; ils se querelleront et se battront ensemble, comme les chats de Kelkenny, jusqu'à ce qu'il ne reste plus que les queues. Ce n'était pas là le but que se proposaient ces hommes braves et généreux qui ont conquis la Magna Charta de nos libertés. Il nous ont donné l'exemple de la tolérance et de l'amonr fraternel dans les efforts et les sacrifices qu'ils ont fait de concert pour le bien de leur pays natal ou d'adoption, le Canada, et c'est à nous, leurs descendants de marcher sur leurs traces.

A l'époque néfaste des troubles de 1836-7-8, Papineau, de Lorimier, Cartier, Canadiens-français et catholiques, ont-ils demandé à leurs amis les patriotes Ecossais, Irlandais et protestants qui leur ont prêté main forte dans la lutte glorieuse qu'ils ont faite contre l'injustice et l'oppression, devant quel autel ils adoraient leur Dieu. Les Irlandais catholiques, O'Callahan, Tracey, qui ont tant souffert pour cette belle et glorieuse cause qui a fait un si grand nombre de nobles victimes, ont-ils été repoussés par vos ancêtres canadiensfrançais parcequ'ils étaient Irlandais et parlaient une langue difféiente. Allez au cimetière de la Côte des Neiges et vous lirez sur ce beau monument construit par vos compatriotes, le nom de l'Irlandais Tracey. Quel est l'esprit qui animait les cœurs généreux de ceux qui ont illustré les pages de l'histoire du Canada ? Et plus tard, lors des luttes qui se sont produites au sujet de la Constitution, les protestants Baldwin et Blake ont-ils demandé au catholique Lafontaine quelle était sa croyance ?

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C'est cet esprit de tolérance, de charité, de sympathie pour les opprimés, qui ennoblit et élève l'esprit et nous rend digne de la fin pour laquelle nous avons été créés. Les sentiments qui animaient les cœurs de ces héros, sont ceux que décrit si bien le célèbre poète Moore, dans ces beaux vers :

" Shalî I ask the brave soldier, who fought by my side,

" In the cause of mankind, if our creeds agrée ?

*' Shall I give upthe friend that l've valued andtried,

** If he kneels not before the same Altar with me " ?

Tel est l'esprit qui doit nous animer si nous désirons sincèrement créer pour ce pays l'avenir que nous avons rêvé pour lui. Nous sommes tous soldats dans le combat de la vie, nous nous efforçons de faire de notre mieux, dans la mesure de nos forces, pour l'honneur et la gloire de Dieu et de notre patrie commune, mais si nous désirons sincèrement que nos efforts réunis soient couronnés de succès, nous devons fouler aux pieds tous ces préjugés de race et de religion qui ont tant contribué à retarder la prospérité et à compromettre la paix et le bonheur des autres peuples. Tout en honorant et en respectant la foi et les croyances des différentes races qui ont peuplé le pays, tout en respectant les convictions religieuses de nos voisins, — devoir que nous impose notre qualité de chrétiens, — nous devons consacrer nos efforts à établir sur une base solide et inébranlable les fondations d'une nation qui sera le précieux héritage de nos descendants.

Le jour n'est pas éloigné où ce pays sera couvert de l'Atlantique au Pacifique d'une population heureuse et prospère, qu'uniront les liens de la fraternité d'un dévouement patriotique aux intérêts de la nation semblable à celui qui animait les héros dont nous célébrons aujourd'hui la mémoire, et alors tous, sans distinction de race ou de croyance, pourront s'écrier du fond de leur cœur :

" Avant tout nous sommes Canadiens."

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J'espère que ce que j'ai dit au sujet de l'union de sentiments qui devrait exister entre toutes les classes de ce pays seront prises dans l'esprit qui me les a inspirées, c'est-à-dire un esprit de tolérance et de charité. Bien que né sous un autre ciel, je suis Canadien d'adoption et tous mes souvenirs d'enfance se rattachent à ce pays, il n'est donc que juste que je m'intéresse au Canada, à ses institutions, \ ses lois, et cet intérêt n'a d'égal que celui que portent à ce beau pays ceux qui ont eu le bonheur de naître sous le beau ciel du Canada. Je demeure au Canada depuis mon enfance, mes enfants sont Canadiens jusqu'à la pointe des cheveux, les restes de ceux que j'ai aimés et honorés reposent sur le sol canadien et lorsque moi et ceux des miens qui vivent encore, auront fermé les yeux aux vanités de ce monde, j'espère que nos cendres se mêleront à l'ombre protectrice du Mont-Royal.

Qu'il me soit permis en terminant de profiter de l'occasion de cette démonstration nationale qui me met en présence des représentants de la race canadienne-française en Amérique, de remercier les Canadiens-français, au nom de la race Irlandaise du monde entier des sympathies qu'ils ont toujours témoignées à mes infortunés compatriotes et principalement aux tristes jours de 1846-7-8, qui sont encore présents à la mémoire de bon nombre de ceux qui se trouvent ici ce soir. Je n'entrerai pas dans le détail des infortunes qui se sonc abattues, pendant cette sombre période, sur les malheureux Irlandais qui ont abordé sur nos rivages. Ils sont arrivés ici, pauvres, mourant de faim et décimés par l'épidémie, mais Dieu ne les a pas abandonnés et, inspirés par la charité que leur enseigne leur divine religion, les Canadiens leur ont tendu une main secourable. Ils étaient nus et vous les avez vêtus. Vos sœurs dévouées, vos prêtres courageux ont sacrifié leur vie pour les soigner et pour leur donner au chevet de la mort les dernières consolations de la religion. Vous leur avez

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ouvert vos bras et vos cœurs, vous avez recueilli les orphelins, ils sont devenus membres de vos familles, et aujourd'hui encore aux prières qui s'élèvent en Irlande pour les nombreuses victimes moissonnées par le choléra, se joignent des actions de grâces pour les charitables Canadiens qui ont eu pitié des malheureux.

DISCOURS DE M. AMVOT, M. P.

M. le Président et Messieurs,

J'ai l'honneur de proposer la santé des nobles fils de Guttemberg, de la quatrième puissance de l'Etat.

Qui, demain, redira au monde entier les glorieuses réjouissances de ce soir, le faste et la munificence de cette immense démonstration de notre nationalité, qui proclamera la vitalité, la puissance, et je le dis sans crainte d'errer, l'influence toujours croissante et l'immortalité de la race française sur ce continent, sinon la presse ?

Dans cette ère de progrès, d'électricité, de vapeur, à cette époque où le génie de l'homme, guidé par Dieu, pénètre abondamment et avec une rapidité vertigineuse dans les secrets inépuisables et admirables de la nature créée pour lui, que ferions-nous sans la presse ? Quel retard dans le développement de toutes ces sciences qui rapproche l'homme de son Créateur ! Il faut à notre siècle ce véhicule rapide de la pensée, cette grande artère intellectuelle de la société humaine, qui tient constamment en rapport les peuples cntr'eux, et les fait bénéficier du génie de chacun. Tout cela sert, en fin de compte, à la glorification de Dieu et au bon heur de l'humanité.

La presse a bien des titres à notre admiration et à notre support. Elle est l'historien fidèle des événements de chaque

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■jour. C'est elle qui forme et guide l'opinion, rappelle le passé, enregistre le présent, prévoit l'avenir : tel est son mode d'action.

Elle fait plus que cela encore ; elle est le boulevard de la liberté des peuples. Avec elle, il n'y a plus de tyrannie possible ; par elle la Bastille serait tombée sans entraîner la tête d'un roi. Rappeler aux gouvernants et aux gouvernés leurs droits et leurs devoirs, faire prévaloir la morale et la justice, imposer le respect à l'ordre établi, rendre chacun responsable de ses actes à une opinion publique vigilante ; tel est aussi l'un des rôles de la presse. Et je suis heureux de dire qu'en notre cher Canada, notre presse s'acquitte noblement de cette tâche.

Comme toutes les grandes institutions destinées à protégei la société, notre presse est née dans l'amertume. Ceux de nos ancêtres, qui, les premiers, se vouèrent à cette profession si noble d'instruire et de défendre chaque jour leurs compatriotes eurent à subir la persécution. On crut pouvoir les bâillonner ^n les jetant au cachot. On ne fit que redoubler leur ardeur, ajouter à l'auréole de leur gloire, à la puissance de leur prestige, à l'efficacité de leur dévouement. Comme l'a dit un profond penseur : " la justice outragée règne dans tous les •cœurs." Née au milieu des combats et des épreuves, notre presse a grandi. Elle est aujourd'hui l'émule de celle des autres nations, l'un de nos titres au respect du monde entier. Et elle peut se flatter d'avoir fourni de nos gloires nationales, les plus belles figures de notre histoire. Qui donc a conçu l'idée de cette société Saint-Jean-Baptiste qui nous permet, au sein de cette grande et hospitalière cité de Montréal de nous rassembler, de compter nos forces, de préparer la lutte •de l'avenir avec une nouvelle ardeur, sinon un membre de la presse, le regretté Ludger Duvemay ! Il avait compris lui, ce .grand patriote, qu'au peuple français en Amérique était réservé

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un grand rôle s'il savait se masser autour du drapeau, s'encourager à demeurer fidèle à l'autel et à la patrie.

Et encore aujourd'hui, à qui devons-nous le brillant succès de cette fête nationale ? A qui en devons-nous le résultat durable et pratique, sinon à la presse ? Toutes les belles et grandes idées développées ce soir, tous les projets patriotiques émis, toutes les espérances à réaliser pour l'honneur et la puissance de notre race, tout cela demeurerait lettre morte si la presse n'était pas là pour l'enregistrer, le propager, l'éterniser. Honneur donc à la presse du Canada. Honneur à la presse française qui a toujours lutté avec tant d'héroïsme, pour nos droits et nos libertés. Honneur aussi à la presse anglaise qui nous rend l'estime que nous avons pour elle. Honneur à la presse des Etats-Unis et à celle de l'Angleterre qui acclament cette démonstration. Honneur enfin à la presse de la vieille France qui ne dédaigne plus le Canada-français et nous donne avec orgueil le nom de frères d'Amérique.

Prenons donc un toast chaleureux à la santé de la presse du Canada, en y associant celle des Etats-Unis et celle del'Europe anglaise et française.

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