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DISCOURS DE MONSEIGNEUR FABRE

Des applaudissements prolongés saluent Sa Grandeur, lorsqu'P^ile se lève.

Ma position d'évêque de Montréal m'ayant imposé l'obligation d'accepter l'invitation d'adresser la parole à cette auditoire d'élite, je crains réellement de ne pouvoir dire rien de nouveau, lorsque tant d'excellentes choses viennent déjà

NOCES d'or de la st-jean-baptiste

<ie vous être dites. Je puis néanmoins constater que cette assemblée représente en quelque sorte la tendance qui prévaut par toute l'Europe à former des unions, mais, grâce au ciel, cette tendance se manifeste ici dans un sens bien différent. Notre réunion de ce soir, loin d'être organisée pour une fin de destruction, l'a été pour le bénéfice général de nos compatriotes. Nous avons appelé nos frères de la terre étrangère, non pour les inciter à la révolte, mais pour les unir et les affermir dans leurs travaux pour la bonne cause. Nous voulons stimuler le sentiment catholique partout où il y a des Canadiens-Français.

Je me rappelle qu'étant à Paris, en 1879, j'ai entendu le vénérable cardinal qui est à la tête de l'église de France, dire aux élèves d'un lycée, en ma présence, et en me désignant ■comme représentant le Canada : ** C'est là que nous devrions aller pour retrouver la France qui n'est plus ici. (Applaudissements prolongés.)

Voyageant en Angleterre, à la question plusieurs fois répétée d'où venait notre attachement au drapeau britannique, je répondais invariablement : "■ Nous sommes des sujets fidèles parce que nous sommes catholiques."

Lorique je vois les groupes canadiens-français des Etats- Unis demander des prêtres canadiens-français, je n'ai aucune crainte sur leur prospérité et sur leur bonheur futur, car lorsque, parmi les Canadiens-Français, le sentiment religieux est vivace, tout va bien.

Nous vivons au milieu d'une population mixte sans néanmoins venir en conflit avec nos frères protestants, et pourquoi ? Parce que nous sommes catholiques, et que, comme tels, nous avons appris à aimer tous les hommes.

Le respect que les Canadiens-Français témoignent pour les lois sacrées du mariage est une autre garantie de leur prospé-

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rite et de leur bonheur futur, et c'est une grande consolation. de voir les nombreux enfants de nos nombreuses familles.

Je suis heureux de saisir l'occasion de remercier ici Thon, juge Loranger, ici présent, et les honorables juges Papineau et Jette pour les services rendus aux lois sacrées du mariage par leurs écrits et leurs jugements.

En terminant, permettez-moi d'exprimer l'espoir que nos compatriotes de la terre étrangère perpétueront les saines traditions qu'ils ont reçues de leurs parents canadiens-français. (Applaudissements prolongés).

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