‹ Noces d'or de M. l'abbé W. Fréchette [microforme]Chapitre 3 sur 9 · À SA GRANDEUR MONSEIGNEUR L'ARCHE- VÊQUE DE MONTRÉAL · texte numérisé non relu

À SA GRANDEUR MONSEIGNEUR L'ARCHE- VÊQUE DE MONTRÉAL

MoNSEIGNEUR,

‘ Votre Grandeur brille d’un nouvel éclat depuis la dernière visite qu’elle a daigné faire à l’Ecole Normale. Elle se trouve encore plus rapprochée des suprêmes honneurs.

‘ Les hauts sommets s’illuminent longtemps avant la plaine, et leur éclat fait, autour d’eux, tout sortir des ténèbres, depuis la colline qui dresse modestement la tête auprès d’eux, jusqu’au brin d’herbe caché au plus profond de la vallée. Ils font ainsi naître partout l'espérance d’une lumière abondante dont ils dispensent eux-mêmes les premiers reflets.

‘* Les tempêtes viennent-elles les assaillir, le coup, si prompt, si violent qu’il soit, ne saurait les ébranler. Le faîte invincible épuisant l'effort des ouragans a préservé de leur fureur les champs qui s’étendent à ses pieds.

‘ Si leur front se couronne de neïges abondantes, ils de-

viendront la ressource providentielle des plages inférieures. Sous l’action d’un soleil ardent et de chaudes haleines, la crête éblouissante se change en sources inépuisables qui porteront partout la fraîcheur, la fécondité et la vie la plus luxuriante.

‘* Aussi le murmure de mille ruisseaux limpides, l’épanouissement d’une exubérante végétation, l'éclat tendre ou étincelant de fleurs aux teintes variées jusqu’à l'infini, la saveur exquise des fruits sans nombre sont-ils comme un mystérieux, mais éclatant concert de reconnaissance qui s'élève de ce mont bienfaisant vers le père puissant et bon, dont les incessantes faveurs sont le principe et le charme de leur existence.

‘* Telle est, Monseigneur, la condition de Votre Grandeur à l'égard de l'Ecole Normale ; telle est celle de ses maîtres et de ses élèves envers elle.

‘ Votre dignité vous fait recevoir en abondance les lumières d’en haut, et nous aimons a marcher à leur salutaire rayonnement. Vous vous faites gloire de reflêter fidèlement les splendeurs sans ombre de Rome, et nous sommes fiers de suivre vos doctrines toujours sûres.

‘* Les orages s’élèveront en vain autour de votre trône, appuyé que vous êtes sur la pierre inébranlable, et l’église du Canada vous voit avec un orgueil bien légitime grandir jusqu'aux honneurs de l’Archiépiscopat.

‘* Dirons-nous, Monseigneur, que vous avez été pour l'Ecole Normale le constant protecteur qui, après l'avoir soutenue dans les jours d'épreuve, lui redouble sans cesse les effets de sa délicate sollicitude ?

‘ Plus l’homme s’identifie avec le divin Maître, plus la croix lui est nécessaire. Nous sommes heureux de reconnaître que, si vous n’échappez pas à cette loi, vous recueillez les avantages d’une autre loi aussi précieuse : le

nid

mérite et l'influence sont toujours proportionnés à la générosité qu'animent la foi et la douceur :

In fide et lenitate.

‘* Agréez donc, Monseigneur, nos félicitations. Nous nous réjouissons avec l'Eglise de Montréal, avec tous les cœurs qui vous sont attachés, de vos honneurs qui sont aussi les nôtres, et nous disons de toute notre âme, en vous priant de nous bénir :

Ad multos annos ! ”

La réponse de Monseigneur fut d’une bienveillance toute particulière pour M. le Principal et pour les élèves de l'Ecole Normale Jacques-Cartier. Sa Grandeur insista surtout sur l'esprit de piété qui règne et qui a toujours régné dans cette belle institution. Elle apporta à ses paroles, l'appui de son témoignage personnel, rappelant avec bonté qu’'Elle avait eu occasion autrefois, en maintes circonstances, de connaître à fond les élèves de l'Ecole Normale, et de les voir à l’œuvre, sous la direction sage, pieuse et éclairée de leur digne Principal, qui, depuis plus de trente ans, se dévoue à l’éducation de la jeunesse. Elle ne doute pas qu’ils ne continuent toujours à marcher dans les voies de la vertu et de la piété. Elle en a la preuve, et les sentiments qu’ils expriment dans leur adresse sont des plus consolants. Puissent-ils persévérer dans la pratique de la vertu! Que de bien est appelé à faire dans une paroisse un instituteur pieux et éclairé ! Il est là, pour ainsi dire, comme le collaborateur du prètre ; l’école est le vestibule de l’église ; l’enseignement du maître est un acheminement sûr et efficace vers celui du pasteur.

Monseigneur prit alors congé de Monsieur le Principal et des membres du clergé qui avaient assisté à la fête, non sans laisser aux élèves un témoignage sensible de sa bien-

x: Mes

é- veillance. Il leur accorda un congé, à condition, ajouta Sa Grandeur, que vous ne le preniez que l’année prochaine. Il se retira chargé des bénédietions de tous, mais surtout du vénérable prètre auquel il avait fuit un si vif plaisir

en venant présider à la célébration de ses noces d’or. us FX és Nous donnerons ici, comme souvenir, les noms de toutes Los les personnes qui prirent pari à ce banquet de famille. nt

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