ANCIEN CURÉ DE BATISCAN
Révérend Monsieur,
‘ Le conseil municipal de la paroisse de Batiscan est heureux de vous féliciter, à l’occasion de votre cinquantième anniversaire de prêtrise.
‘* Pendant trente-trois ans vous avez été pour votre pa-. roisse un pasteur zélé, un père dévoué, un conseiller rempli de sagesse et de prudence. Vous avez laissé à vos successeurs un magnifique presbytère qui est l’œuvre de votre générosité. Vous avez largement contribué à l’achat d’un orgue qui est le complément d’une belle église commencée et terminée sous votre habile direction.
‘ Révérend Monsieur, la paroisse de Batiscan,et en par-
ticulier le conseil municipal, a conservé de vous le plus agréable souvenir. Votre nom est prononcé avec respect et reconnaissance par toutes les bouches. Et comment pourrait-il en être autrement ? Les anciens rappellent que vous avez prié sur la tombe de leurs pères et que vous avez baptisé leurs enfants. Les hommes qui forment la génération plus jeune ont fait, sous votre paternelle direction, leur première communion ; c’est aussi vous qui avez béni leur mariage au pied des autels, voilà des faits qui commandent l'émotion et qui nourrissent des souvenirs à jamais vivaces.
‘ Permettez-nous en cette solennelle circonstance de déposer à vos pieds l'hommage de notre filiale reconnaissance et de notre durable affection.
“ Du fond de cette retraite où vous passez les ours de votre vieillesse, vous pensez sans cesse, nous n’en doutons pas, à vos enfants de Batiscan. Nous, de notre côté, nous bénissons la Providence qui vous a accordé de longues années de sacerdoce. Nous formons les vœux les plus ardents pour votre bonheur, et nous vous prions de croire à l’attachement d’une population où votre nom et l’exemple de vos vertus ont conservé et conserveront une persévérante popularité. ?”?
J. H. TiBopEaAU, Ptre, Curé, AIMÉ LABISSONNIÈRE, Maire, ONÉSIME LEHOUILLER, FRANÇOIS MAUREAULT, GasPARD L’'HEUREUX, JosepH H. MARCHILDON, CASsIMIR MARCHAND, THÉOPHILE LAHAYE,
Nar. FUGÈRE, Marguillier.
Puis, M. Fugère, avec quelques mots bien appropriés, présenta à son ancien curé le cadeau que lui envoyaient
sis: Élus
ses paroissiens, une jolie canne en jonc, avec poignée d’or d’un très beau travail. M. Fréchette, sentant sa voix couverte par l'émotion et par les larmes, pria Monsieur le Principal de répondre à sa place ; le R. P. Vignon voulut bien aussi ajouter quelque mots très heureux. Puis le vénérable prêtre prenant la parole : ‘ Messieurs, c'est du ‘* plus profond de mon cœur, et avec un sentiment très ‘ vif de reconnaissance que je vous dis à tous merci, merci, ‘ merci. Pour les MM. de l'Ecole Normale, je dois cepen- ‘‘ dant ajouter quelque chose : vous vous êtes fati - ‘“ gués pour préparer cette fête : nous sommes dans la ‘ belle saison : nous aurons encore des journées aussi ‘‘ belles que celle-ci. J’ai demandé à M. le Principal de ‘vous accorder un grand congé: je souhaite qu’il vous soit ‘‘ aussi agréable que possible. ”
La première partie de la fête étant terminée, nous n’entreprendrons pas de raconter en détail la seconde partie, le dîner. Il nous répugne, bien que nous ne voulions critiquer personne, de suivre la coutume souvent pratiquée, de publier le menu d’un repas. Disons seulement que celui-ci fut vraiment digne de la fête, que tout le monde s’'acquitta de sa tâche avec joie et entrain, et que la plus aimable gaieté ne cessa de régner tout le temps parmi les convives. C’étaient les élèves de l'Ecole Normale euxmêmes qui avaient bien voulu se charger du service de la table. La plupart, sans doute, devaient être novices dans le métier: et cependant qui n’a remarqué la facilité, l'attention, la bonne volonté, le succès, en un mot, avec lequel ils surent s'acquitter de leur tâche ? [La bonne éducation est un peu comme la piété: elle est utile à tout ; elle brille même souvent davantage dans les emplois et les circonstances les plus modestes.
Pour couronner dignement cette belle fête des noces d'or de M. Fréchette, il restait encore quelque chose à faire. Les élèves de l'Ecole Normale Jacques-Cartier n’a-
La-tfisns
vaient pas encore eu l’avantage de présenter à Monseigneur de Montréal, leurs félicitations respectueuses sur son élévation à la dignité archiépiscopale. Pouvaient-ils rencontrer une occasion plus favorable ? Aussi, furent-ils au comble de la joie, lorsqu'ils apprirent que Sa Grandeur daignerait recevoir leur adresse aussitôt après dîner.
Monseigneur, accompagné de la plupart des membres du clergé, se rendit dans la grande salle, où la communauté s'était réunie, et monta sur le trône qu’on lui avait préparé, M. Guérin, élève finissant, s’avança alors, et lut l'adresse suivante, due à la plumg exercée et élégante de M. l'abbé Olivier Harel, de l’Ecole Normale.