FONDATION ET PREMIERES ANNEES
Fondé en 1846, le collège Joliette était, dès l’année suivante, confié à l’habile direction des Clercs de Saint-Viateur qui n’ont
cessé depuis, suivant la parole élogieuse ‘2 37, le juge de Montiæ&ny, “de s'’immoler constamment dans le sanctuaire :'e l'ense!gnement pour former des enfants à l'Egli à et de digne. citoyens à la patrie.”
Mais avant d'en jeter les bases,—on nous permettra ici une parenthèse : nous la croyons nécessaire pour mieux apprécier le mérite de l’homme et l'excellence de son oeuvre— connaissant par intuition à quelles rudes épreuves sont parfois assujetties les entreprises humaines, le fondateur résolut de s'assurer l’appui et le con- Cours de son ordinaire.
Le grand et saint évêque qui présidait à cette époque aux destinées du vaste diocèse de Montréal, souriant à la pensée de deveair le protecteur d’une fondation si éminemment religieuse et patriotique, acquiesça de tout coeur—ce qui éta:t la consécration de sa durée—à la demande qui lui était faite avec autant de naïve confiance.
En agissant ainsi, l'honorable B. Joliette voulait prouver aux tenants de l’école laïque, ‘“‘que la religion n'exclut pas le progrès matériel, et que l'accord de l’une et de l’autre fortifie l'accompl!ssement d'oeuvres merveilleuses.”
L'histoire s'est chargée de montrer combien il avait eu raison.
Et quand, quelques années après sa mort, certains esprits <ssayèrent de détruire ce qu'ils étaient convenus d'appeler par dérision, “le petit collège,” on ne fut Pas pèu étonné de vo'r se lever, pour prendre sa défense, le vaillant champion de toutes les nobles causes, celui dont le Canada, après un quart de siècle, ne cesse d'évoquer la mémoire, nous avons nommé à nouveau Mgr Ignace Bourget.
Devant les arguments décisifs et la résolution nettement arrétée du rudé jouteur, les contempteurs durent battre en retraite et s’avouer vaincus.
Ce geste d'éloquence épiscopale en faveur de l'opprimé n'était que la simple réponse à l'engagement contracté en 1846, en mé-
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“En quittant ce collège, disait Mgr Prince, ;’ Coeur la douce pensée qu'il
dra plus tard une des plus
Non, ainsi que beaucoup de maisons d la première Partie du dernier siècle, nes du collège Joliette.
’éducation établies dans bien humbles ont été les origi.
Sources, il n'hésita Pas ; et l’on vit bientôt Sortir du 80]—‘“monumentum aere perennius”’—jJ'un de ces “foyers” destinés, il] est vrai,
à répandre Par tout le Pays les rayons bienfaisants de la science,
ie temps (1846) fort modeste, bâtisse de 80 Pieds par 40. 11 r sur les dimensions gigantesau dire de l’un des anciens, les chantaient, étudiaient Comme on le fait . ils obtenaient quelque succès.
Mais qui n’en était pas moins dans puisqu'il consistait en un Corps de n'y avait donc pas lieu de s’extasie ques du nouvel édifice. Cependant écoliers d'alors jouaient, aujourd’hui et même. .
En 1850, Joliette avait grandi et la population écolière s'était multipliée. Les directeurs se virent contraints de bâtir une aile en bois de 60 pieds par 35, à deux étages, à l'endroit de la chapelle actuelle,
Malheureusement, un incendie arrivé au milieu de ja nuit du 18 mars 1857 détruisit cette première adjonction. I1 n'est pas besoin de raconter combien professeurs et élèves eurent à souffrir de cette épreuve. Le courage toutefois fut à la hauteur de l'épreuve, et l'année suivante (1858), comme un juste retour de la commune ré. signation, “majestueuse et grandiose” s'élevait une aile de pierre de 60 x 35, à trois étages.
Détail intéressant : la bâtisse de 1846 fut préservée d’une destruction complète par la prompte intervention des écoliers. Ceuxci engagèrent une lutte homérique contre l'élément destructeur : seulement, au lieu de se ruer sur l'ennemi avec tous les appareils de vrais Sapeurs-pompiers, ils se tinrent à distance, lançant de leurs ‘bras formidables... des boules de neige (mars 1857).
Dans sa fierté dédaigneuse, l'aile récemment Construite semblait se moquer des humbles Proportions du corps principal et lui dire malicieusement : “Jusqu'où ne monterais-je pag ?”
Importuné des prétentions de son orgueilleuse voisine, le corps principal fit entendre un jour des réclamations : et si habilement fut conduite lu cause que l’humilié, en 1863, était exhaussé : tant il est vrai que
“Pour changer notre sort il ne faut qu'un moment ”
En 1867, le collège de l'Industrie était littéralement débordé. Que faire ? On éleva une Construction de 100 pieds par 40, en briques, sur l'emplacement de la chapelle incendiée.
La chronique prétend que la gent écolière se trouvait très à l'aise... Nous le voulons bien, excepté—des survivants de cette époque fertile en rhumes de cerveau, le peuvent dûment attester—
à la chapelle, où le “Bonhomme Hiver” à souffler par les intersticès du toit e ses larges poumons. ES
prenait un trop malin pla:sir t des fenêtres l'air froid de
Comme il convient, d’après maître Despréaux, de
“Toujours vers la justice aller d'un pas égal”,
nous ne troublerons pas les mânes de 1
illustre défunt en palliant la vér'té. Au contraire,
nous nous ferons un scrupuleux devoir d'ajouter qu'un vieux serviteur venait assez régulièrement, au commencement de la messe, avec “ripes” et Charbon..., mais
si le pauvre vieux—son exactitude du moins nous autorise à le
temps de sa blonde jeunesse porté le mousquet, durant ses vongés , il n'avait certes pas décroché ses di-
plômes de chauffeur : Car—le vrai peut quelquefois n'être pas vrai-
semblable—à peine le feu Commençait-il à répandre sa Chaleur, que
le prêtre, lui, en était le plus souvent rendu à l’ite Missa est.