CHAPITRE VII Réception Officielle
C'est sous la tente attenant à celle du banquet qu'eut lieu,après le premier Souper auquel chacun fit honneur, l’assemblée de la famille Joliettaine, pour la réception officielle et les compliments d'usage. Deux adresses et un discours firent les frais de cette séance. Le P. Roberge, supérieur, et M.-A. Guibauit, maire, souhaitèrent aux anciens élèves la bienvenue au Séminaire et dans la ville de Joliette ; puis Son Honneur le Juge Wilfrid Mercier, de Beauharnois, répondit, au nom des anciens élèves, à ces deux adresses.
Comme le faisait remarquer quelqu'un : “Rien de petit, de faible, ni de mesquin n’a été remarqué dans les préparatifs de ces fêtes, mais tout fut grand ; et tous ceux qui ont pris la parole, à ces Noces, ont fait honneur aux organisateurs et aux invités.”
Le Père Saperieur
souhaite d’abord la bienvenue à ses hôtes, en ces termes dont l’éloquence n'échappera à personne :
Monsieur le Président, Messeigneurs, Révérends Messieurs, Messieurs, ;
Le Séminaire de Joliette, qui a l'honneur de vous offrir la plus cordiale hospitalité, aura donc désormais cette Consolation et cette fierté de pouvoir dire qu'il a vu des jours où, merveilleuse, s’est manifestée à son égard l'intervention bienveillante de Dieu.
11 suffit de contempler ce brillant concours de prélats et de personnages distingués » il suffit d'admirer cette foule plus nombreuse que les feux multicolores qui se balancent dans l'espace,
Devant l’éloquence d'un tel Spectacle, nos âmes émues ne se contiennent plus de joie : et, à l'adresse de Celui qui a daigné ajouter une nouvelle splendeur aux antiques prodiges de sa sSagesse et de sa puissance, directeurs, professeurs et élèves, nous L'a- VOns qu'une voix Pour clamer : bénédiction, louange et action de grâces infinies !
Monseigneur l'Evêque de Joliette,
En ces fêtes jubilaires, où tous, “tête blanche, ou brune ou blonde”, viennent se &rouper et ge rajeunir,il est bien de mise, ce nous semble, de soulever le voile du passé......,,.. +. C'était en 1906. Vous veniez de Prononcer une de ces allocutions toujours si fécondes en enseignements de toutes sortes, lorsque le Vaillant dé. puté de Joliette (1) vous fit cette belle réponse: “Monseigneur, permettez que nous Vous disions tout l'attachement que nous avons Pour votre auguste Personne, Vous êtes Pour Joliette, non seulement le bon pasteur qui connaît ses brebis et que ses brebis connaissent ;: mais Vous êtes aussi le bon père qui chérit ses enfants et que ses enfants aiment de tout leur coeur. Et comment pour.
Vouez si généreusement à tous nos intérêts les plus chers, Vous n'êtes que d'hier, et déjà vous avez Couvert notre ville de vos oeuvres bienfaisantes et profitables : notre temple restauré, remis à neuf et tout resplendissant de beauté : un nouvel orphelinat en pleine opération ; Un jardin de l'enfance qui compte déjà plusieurs petits élèves : un hôpital qui aurait comme par enchantement ; un noviciat dont vous allez bénir 1: Piecre angulaire... +. Voilà des
ms () M.J.-M. Tellier,
oeuvres qui comptent et qui suffiraient à vous mériter le titre de second fondateur de Joliette, Ah ! nous serions des ingrats si nous méconnaissions tout ce que vous avez fait pour nous....... e
Monseigneur, à l'exemple des citoyens de Joliette, nous savons reconnaître vos soins vigilants, vos attentions multiples et déli- Cates..... Insister davantage serait troubler votre modestie..... Qu'il nous soit Cependant permis de rappeler aux anciens élèves
influences de votre zèle, Et Puisque l’homme Pondéré et plein de tact qui dirige aujourdhui l'opposition dans le &ouvernement de notre chère Province, a cru juste de vous nommer le ‘second fondateur de notre ville” : notre devoir, à nous, est de proclamer que Vous êtes le protecteur et le bienfaiteur insigne de notre Sémincire.
A ce double titre, Monseigneur, Vous avez des droits Darticuliers à notre gratitude. Aussi, tenons-nous, en cette mémorable circonstance, à vous l’exprimer ouvertement, en vous adressant à vous tout le premier, la plus affectueuse bienvenue.
Soyez aussi le bienvenu, Mgr l'Archevêque de Montréal.
Il ne nous faudrait Pas entreprendre un long Pèlerinage au Pays des souvenirs, afin d'y retracer les semences de bienveillance et de sympathie dont vous n'avez cessé de nous entourer,
Avec ce charme exquis qui Caractérise chacun de vos actes, derechef, vous avez tenu à nous affirmer votre sincère attache. ment. Nous en sommes profondément touchés. Et veuillez croi. re que si, sous l’action dissolvante des années, tant de choses dis. Paraissent er nous-mêmes pour ne plus refleurir, il en est une qu’en ces heures de Joyeuses réminiscences, nous voulons raviver de notre souffle filial ; c'est, Mgr l'Archevêque, la douce mémoire de vos bontés et de vos bienfaits,
Pour le moment, Puissiez-vous, vous reposant sous les frais
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ombrages de l'amitié, &oûter auprès de notre évêque bien-aime,
toute la Chaleur d'une affection vraiment fraternelle,
Bienvenue à vous, Messeigneurs, en Qui nous saluons les légitimes successeurs de cette belle lignée d'illustres Pontifes,qui depuis Laval jusqu’à nos jours, ont si noblement représenté l'Episcopat ca. Dadien. Faisant taire la voix de vos multiples OCCupations, em- Pressés, vous êtes accourus prendre part à nos réfouissances, Inex. primable est notre Contentement » Car, dans ce témoignage de géné. rosité de Vos Grandeurs, nous Constatons, une fois de plus, combien vous vous intéressez à Ja 8rande cause qui nous est chère : la cause de l'éducation,
A tous les siècles —l'histoire en fait foi—prépondérant a été le rôle des évêques. Et ce fut toujours au profit de l'Eglise qu'ils
nation.
En vain les flots de tous les abîmes essayèrent-ils de les submerger et de les détruire—tels des chènes robustes—i]s surent résister
Et Pourquoi en est:{] ainsi ? Ah! c’est que les évêques, en fondant ou en propageant ces foyers, d’où s’échappent, sur toute la surface d'un pays, les rayons régénérateurs de la vérité, y ont
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déposé ce principe vital qui ne meurt Point : la charité de. jeur âme et l’abnégation de leur coeur,
Les tempêtes qui soufflent par de-là l'Océan sont encore loin de nous, il faut du moins l'espérer. Toutefois, rappelons-nous qu'aussi longtemps que nous nous conformerons aux sages préceptes de nos pontifes ; aussi longtemps que notre Episcopat se recrutera parmi des esprits profonds et éclairés : aussi longtemps nous continuerons à marcher dans les sentiers de la paix et de la concorde ; et, par suite, nos collèges et nos séminaires où se façonnent les intelligences et les coeurs virils de demain, ne verront pas de sitôt s’épuiser leur sève féconde avec la floraison des vertus les plus hautes et les plus pures.
Messeigneurs, en cette profession de foi et de soumission respectueuse à votre autorité, vous avez la mesure de notre reconnaissance,
*X x x Excellence, (1)
A l'égal de nos évêques, nous vous adressons la plus Cordiale bienvenue.
Il est des hommes—<t on l'a dit avec raison—qui gagnent à se produire, parce que la beauté naturelle de leur vie, la noblesse de leur caractère, le ton constamment généreux de leurs affections, les élèvent et en font un sujet d'admiration, Pour tous ceux qui ont l'avantage de les approcher.
A ces quelques traits, Excellence, refuseriez-vous de vous reconnaître, que vous ne nous refuseriez d'ajouter : depuis votre entrée dans la vie publique, ne vous êtes-vous pas toujours proposé d'aller droit votre chemin ? La fixité de votre foi, ’amour inalté-
mais avant tout, le désir constant de réaliser la plus grande somme
de bien, ne sont-ce Das des choses que vous aimez Passionnément mais
(1) SirC.-A.p. pelletie-. Lieutenant-Gouverne -.
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ntéte. PRO RL IH (NNE
et qué vous Pratiquez honorablement ? Après cela, faut:il s ner—la vertu recevant même ici-bas sa récompense—que les honneurs et les dignités soient venus à vous Comme pour vous inviter à les cueillir ? Avocat, Sénateur, mitistre, juge, &ouverneur, quelque fut le rang par Vous occupé dans ja hiérarchie sociale, en toutes circonstances, Vous vous êtes attiré l'estime et le respect, parce
que, partout et toujours, vous Vous êtes montré le type du vrai gentilhomme et du parfait chrétien.
Aujourd’hui encore, ne voulant pas bitudes, vous avez compris Combien ce
'éton-
en retour de votre Courà la &ouverne de notre
es coeurs, Puissiez-vous, Au Cours de votre terme d'office, vous Bagner tous les Coeurs cana-
diens comme vous avez déjà conquis les nôtres. *X x * Très Révérend Père Vicaire (1),
gué apportant à la famille Joliettain maternelle, ”
Emus et ravis d'une telle Condescendance, nous éprouvons le besoin de vous Communiquer, dès notre première entrevue, que, nulle part en Canada, Ja France n’est oubliée. Son histoire, nous l'avons apprise, et nous nous flattons d'y avoir écrit une page patriotique.... Bien que séparés d'elle par la volonté de Celui qui dirige les évènements et les peuples, DOUs ne cessons point de nous Y intéresser: ses joies sont nos joies ; ses tristesses sont nos tris-
tesses, et jamais nous n'avons tant souffert que lorsqu'elle a été +
à nos yeux vous êtes le délé.
e le chaud baiser d'affection
(1) TR. P. Robert, c, s. v.
persétutée..... Cette participation à ses malheurs comme à sa bonne fortune, s'explique facilement : nous l'aimons ! Nous l'a mons, parce qne c'est elle qui nous a donné la vie ; nous l’aimons parce que c’est elle qui nous a transmis la foi, et, avec la foi, un peu de la fraîcheur de son idéalisme ; Mais, suivant l'expression de l’un de nos bardes,
“Nous l’aimons surtout cette France admirable —
Qui lutta pour le Christ et pour la liberté—
Quand elle nous envoie, au pays de l'érable,
La fleur de ceux qui font sa force et sa fierté.” |
Soyez donc le bienvenu, T. R. Père, au milieu de vos frères les Canadiens, et, à leur contact, vous ne tarderez pas À vous apercevoir que les coeurs battent aussi chauds sur les rives de l’Assomption que sous le beau ciel de votre patrie.
Chaleureuse bienvenue à MM. les Supérieurs des Séminaires ou des Collèges, aux représentants des communautés religieuses ainsi qu’à tous nos invités !
De sa plume habituée aux énergiques pensées, Joseph de Maistre traça un jour cette sentence très douce : “Après la communion des saints, il n’y a rien de plus puissant que la communion des amis.” |
Il serait difficile, MM., de mieux illustrer la pensée du philosophe savoisien que vous ne le faites présentement.
A une manifestation aussi spontanée de bienveillance, venant de tant d’âmes d'élite, surtout d’illustres frères d'armes — ce qui ne laisse pas de nous impressionner vivement — nous répondons joyeux par ce cri inspiré âu prophète : “Stemus simul” : “Restons unis !” Oui, restons unis, marchons la main dans la main, dans
‘un concert parfait d'amitié ;: que les éloges, se mêlant aux chants
de triomphe des vainqueurs, sur le théâtre de nos labeurs et de nos luttes pacifiques, soient en tous lieux un gage réel de notre constante harmonie.
En communiant ainsi aux sources de la Charité, plus de Courage à Poursuivre notre tâche s d'éclairer les esprits des rayons de de Dieu en les élevant.
nous aurons ublime, qui est celle la vérité, et de les approcher
Bien chers Anciens élèves,
L'Alma Mater vous félicite et vous remercie d'avoir répondu avec autant d'empressement à son appel, -
Redevable au même titre que vous de ses bienfaits, nous voulons nOUS appliquer le Conseil du sage : “Esto in illie Quasi unus ex ipsis ; ” “Ne Manque pas d'être au milieu d'eux Comme l’un d'eux.” C’est donc en qualité d'interprète de ses sentiments et des vôtres que nous nous présentons devant vous.
Laissez-nous vous dire, bien chers anciens Mater vous tend amoureusement les bras sur son sein avec une émotion bien vive, En Vous, elle reconnaît ses enfants qu’elle aima tendrement, et qui furent les objets de sa Constante sollicitude. Depuis votre entrée dans l’âpre lutte pour l'existence, elle n'a cessé de vous suivre, se réjouissant de vos succès, s’affligeant de vos revers. Parfois, i] faut bien l'avouer, de
Vous séparée trop longtemps, elle a pleuré aujourd’hui, combien vite elle oublie ses
élèves, que l’Alma et vous presse chacun
otre jeunesse se plaît à saluer en vous des fils, qui, après avoir fait sa
en ce jour les plus suaves consolations.
Partagez donc l'allégresse qu’elle éprouve à vous ouvrir portes hospitalières, et recevez par notre bouche la bienvenue Vous adresse son Coeur de mère.
Désireux de correspondre à notre attente — ot jei nous nous
gloire, lui procurent
pr © — 156 —
faisons l'interprète de vos propres sentiments—vous vous ête dit : oublions les exigences, les tracasseries, les inquiétudes du présent, et. allons revoir la gracieuse image du repos plein de sécurité chanté par le poète ; et vous êtes venus
“Pour revivre ce temps de douce quiétude,
Heures dont nul souci n'assombrissait le cours,
Cette époque où les jeux, la prière ot l'étude
D'une inégale part se partageaient nos jours.”
Déjà, nous n'en doutons point, à l'ombre de ces arbres, d'où se sont envolés les essaims de vos plus beaux rêves, vous avez retrouvé le calme tranquille d'autrefois.
Au milieu de charmants confrères, “que l'on n'oublie point, parce que la première aube a toujours une fraîcheur que rien ne remplace,” vous avez déjà entrevu le long cortège de vos joies et de vos plaisirs d’écolier. à
Oh ! combien nous voudrions, pour compléter ce tableau, vous rendre cette figure amie, ce coeur débordant d'affection prévenante, qui, pendant l’espace de trente ans, n'a cessé de verser dans la plupart d'entre vous, sa foi, son amour, en un mot tous les germes d’une vertu qui, même après sa mort, continue de se dilater et de s'épanouir...
Parti pour un monde meilleur, le R. P. Beaudry assurément ne reviendra pas sur la torre. Cependant, 11 nous est loisible de caresser une illusion : à savoir que son esprit vit encore au milieu de nous. Oui, c’est bien lui qui préside, en ce moment, à l’apothéose de son cher Collège Joliette ! Nous verrons, durant ces trois jours, sa grande ombre planer sur notre réunion de famille, se mêler à nos chants de fête ; et, témoin radieux de notre fidélité dans le souvenir, comme de nos attaches dans notre commune fraternité, le bon et vénéré Père Beaudry ne manquera pas, en ces Noces de Diamant de l’Alma Mater, de nous obtenir dons et faveurs signalés.
Bien chers anciens élèves, à ces souhaits de bienvenue et À
êtes
ille, déliune
ces fa-
ces voeux de bonheur, nous serions tentés d'ajouter quelques ré-
flexions, mais ROus n'abuserons pas davantage de votre complatsance À nous écouter, Terminons par ces mots qu'un illustre prélat prononça dans une circonstance analogue à celle qui nous réu. ait ; et vous nous saurez gré, à tout le moins, de vous avoir dit une bonne parole.
“Messieurs, à la vue de ces murs qui ont protégé votre enfance, redevenez jeunes : jeunes par la foi, jeunes Par l'espérance et Par l'élévation d'une âme qui croit avant tout à ce qui est éternel et invisible, Demandez à l'expérience de la vie ce qu'elle vous Aura appris en fait de Prudence, de sage réserve et de maturité, Mélangez ces deux éléments contraires des deux âges différents É alors votre vie redeviendra ce qu'elle doit être dans la pensée de
Dieu : un printemps perpétuel qui lui Communiquera une sorte d'’immortalité.”
M. d.sA. Guibault
Adresse de Blenvenue Quand le tonnerre des a vibrant discours du P. Su quente du R. P. C. Beaud
pplaudissements soulevés par le périeur et par l'évocation si élo-
ry se fut calmé, Son Honneur le Maire prit la parole
; il fut à la hauteur de sa tâche.
Son adresse est remarquable de concision, de chaleur et de vie ; la voici :
Excellence, Messeigneurs, Messieurs les Anciens Professeurs et Elèves, Messieurs, Le jour qui vous réunit sous ce toit hospitalier
liette, un jour de réjouissance publique. Les souvenirs qu cette fête de famille,
est, pour Jo-
’évoque les émotions qu’elle crée, les sentiments dont
elle est la source fécoude, tout est sujet de joie et d'orgueil pour la population de cette ville, dont le coeur, si de puis m'exprimer ainsi, ; vibre à l'unisson du vôtre.
Au nom de la ville de Joliette que Je représente, je vous souhaite la bienvenue la plus cordiale et je vous offre, dans nos murs, la plus fraternelle hospitalité,
Que nos visiteurs veuillent bien accepter nos plus respectueux hommages et l'expression sincère de notre reconnsissance.
Aux anciens professeurs et élèves, fidèles à l'appel de leur Alma Mater, j'offre de nouveau le droit de cité dans notre ville où nous 128 saluons comme des frères.
Tout ancien élève de ce collège n'a-tl pas deux patries : la sienne, et puis, Joliette ? .
Notre ville, Messieurs, a grahdi avec ce vieux collège : et nulle institution n’a contribué davantage À la prospérité et au bon renom de Joliette, que cette maison que vous appelez du titre si doux d'Alma Mater.
Le Collège Joliette, devenu depuis quelques années le Séminaire de Joliette, s'est merveilleusement transformé, et, sous le soutfle apostolique de notre premier évêque, il prend son essor vers les plus brillantes destinées.
Au nom de Barthélemy Joliette, le fondateur de cette jeune ct. t6, je vous salue avec émotion en ces lieux où l'ombre de notre bien. faiteur commun semble se lever triomphante et d'où rayonne son génie tutélaire. :
Ce n'est plus le rêve généreux de 1846 qui vous inspire ces fêtes solennelles, mais c'est la réalité radieuse et bienfaisante qui donne aujourd’hui son éclat à cet inoubliable jubilé.
L'oeuvre créée par Barthélemy Joliette, bénie par le saint évé. que Bourget, poursuivie avec un zèle et un dévouement admirables par l’Institut des Clercs de St-Viateur, se manifeste en ce jour dans tort son épanouissement et sa splendeur,
Dressez donc vos tentes sur ce sol. Le repos est doux après
le travail et la jutte ; et la victoire demande des hymnes d'allégrosse.
L'hon. Juge W. Mercier Réponse aux Adresses
Chargé, par le Comité général, de répondre à ces deux bienveillantes adresses, au nom des anciens, Sa Seigneurie, le Juge W. Mercier, nous fit le gentil discours suivant :
Messeigneurs, Monsieur le Supérieur, Monsieur le Lieutenant-Gouverneur, Messieurs,
La tâche qui m'incombe en ce moment, bien qu'elle soit très agréable, n’en est pes Moins, dans les circonstances, excessivement onéreuse pour moi. Je m'explique. Je suis actuellement convalescent d'une maladie très grave, dont on meurt très souvent, mais dont on revient quelquefois, J'en suis revenu, et je remercie publi- Auement Celui qui préside aux destinées de l'humanité, de m'avoir épargné, et de me donner ainsi l'avantage d'assister à l'inauguration de ces fêtes jubilaires qui auront un rententissement considérable dans les annales de cette belle et grande Institution.
En acceptant de répondre, au nom des anciens Elèves, aux
Puis vous cacher l'émotion très naturelle et bien légitime qui m'en. : Alma Mater : à la pensée, dis-je, que je suis dans ces murs que je
n'ai pas revus depuis un grand nombre d'années, dans l'enceinte desquels j'ai vu s’écouler les meilleures années de mon existence,
+ ” . J LE ETS Ro annee uen à DOS deu me ‘ . ;
sans aucun souci du mystérieux avenir, n'en ayant eu alors que les illusions et les rêves dorés,
Je le dis sans arrière-pensée. Ce que je viens d'exprimer, d'autres l'ont dit avant moi, Je me rappelle l'avoir entendu, maintes et maintes fois, de mes propres oreilles, alors que j'étais élève de ce Séminaire, et d'avoir, en ce temps-là, souri de ce sourire d'incrédule en entendant exprimer ce que je considérais à cette époque un quasi-blasphème,
En effet, Messieurs, 11 faut avoir vécu la vie réelle, en avoir fait et en avoir subi tous les combats, en avoir goûté les jouiseances et en avoir éprouvé les déboires, pour pouvoir comparer avec justesse les diverses phases de l'existence humaine et les upprécier à leur juste valeur.
Je donne rendez-vous, dans 15 ans, aux élèves d'aujourd'hut:; et, sans poser au prophète, je leur prédis que ces hommes de demain, quels que soient leur succès, leur fortune et leur prospérité, partageront mes idées d'aujourd'hui.
L'Alma Mater : deux mots bien courts, mais deux mots pleiss de grâce, d'amour et d'éloquence, comportant en eux-mêmes des trésors de sollicitude et de tendresse. Aussi, quelle dette d'affection, de gratitude et de piété filiale ne devons-nous pas à notre Alma Mater 7...
N'est-ce pas notre Alma Mater qui a dirigé nos premiers pas dans les sentiers éblouissants de la vie intellectuelle ? N'est-ce pas elle qui a façonné nos jeunes intelligences à la conception du vrai, du beau et du bien ? N'est-ce pas elle qui, la première, a mis dans nos mains encore débiles, les armes puissantes dont nous aurions besoin pour combattre courageusement les combats achar. nés de notre existence, et conquérir notre place au soleil de notre beau pays ?....
Soyons reconnaissants envers notre Alma Mater, et soyons-en fiers ! Les hommes qu’elle a produits ne sont pas et n'ont jamais été les derniers. Qu'on les prenne dans la magistrature, dans le
clergé, dans la politique, dans le barreau, dans la médecine, dans le notariat, dans les arts, les lettres et les sciences, dans le commerce, l'industrie et l'agriculture, toujours et partout ils brillent au premier rang, et portent avec honneur le drapeau de leur Alma Mater.
I fait bon, de ie:1ps en temps, de se revoir, de se compter, de jeter un coup dec 1 sur le ch rain parcouru, de constater les vides qui se sont créc: autoir de nous, de considérer le progrès de nos aînés, les :8pé-ances: des c: ets et les illusions des jeunes, de ceux qui ioulen*, à l'heure rn£me, je sol hospitalier de cette maison bénie, étendart 2e: nilzs protactrices sur cette brillante jeunesse, tout exhubérante le roeur, de promesses et d'espérances...
Les Noces d'Argent, le: ‘iocss d'Or et les Noces de Diamant sont autant d'occuson: cui nous fournissent le précieux avantage de faire cet intéressant inventaire, Ces fêtes sont surtout, pour les anciens, autant d'oasis qu'ils rencontrent sur les routes arides de la vie, autant de relais, je pourrais dire, qui leur permettent de se reposer, et de se relancer avec plus d'énergie, de coura-
.8e et de succès, dans les luttes absorbantes, incessantes et f1é-
vreuses de l’activité huma'ne...
Monsieur le Supérieur, n°us avons répondu à votre chaleureux appel, avec l’empressement que mettrait un fils à l'appel de sa
-mère dont il aurait éêté séparé depuis de longues années. Nous
sommes sous le toit hospitalier du Séminaire de Joliette, Autrefois, nous disions “Collège Joliette”... Que s'est-il donc passé
- depuis notre départ ? — Une révolution ? — Non. — Une évolu-
tion ? — Oui. Le Collège Joliette n'a jamais été une Institution rétrograde, mais une Institution de progrès. Et voilà pourquoi, comme la jolie et coquette ville de Joliette dont 11 est le plus bel orne: ment, il n'a pu échapper à la poussée ascendante que lui a donnée la direction des hommes «upérieur: que les autorités suprèmes, dans leur sagesse toujours prévoyante, ont préposés au gouvernall de l’Institution.
Nous l'acceptons cette bienvenue avec toute la cordialité que vous mettez à nous l'offrir, comme ‘d’ailleurs, en 1897, nous l'offrait le Révérend Père Beaudry, votre illustre prédécesseur.
Je viens de prononcer 1e nom d'un homme dont la vie entière a été intimement liée et consacrée à ce Séminaire. A l’heure où Je vous parle, sa grande ombre plane avec complaisance au-dessus de nous, et ses mânes tressaillent de joie et d'allégresse à la vue de l'immense famille qu'il a formée pour le Plus grand bien de la Religion, de la Société et de la Patrie,
Trouverais-je, dans les circonstances, de plus belles idées et de plus belles Paroles que celles qu’il prononça alors et que vous, M. le Supérieur, avez insérées dans votre lettre de convocation du 20 janvier dernier.
Je me permettrai de les lüt emprunter et je vous dirai, au nom des anciens élèves dont j'ai l'honneur d'être du nombre : “Nous venons revoir, et notre splendide sanctuaire du Sacré-Coeur, confident de nos saintes aspirations, et nos salles d'étude et, de jeux, témoins de nos efforts intellectuels et de nos bruyantes récréations, et notre cour spacieuse, ombragée, verdoyante, qui semble avoir gardé quelque chose de nos joyeux entretiens. Nous venons revivre les heures délicieuses d'un passé plein d'enthousiasme, et
‘reprendre nos conversations intiries, suspendues à notre sortie du collège...” Nous venons enfin revivre tout un passé ; et cette fête grandiose à laquelle nous sor:mes conviés laissera dans nos âmes d’impérissables souvenirs, Nous vous remercions donc du plus profond de notre Coeur.
Maintenant, vous me permettrez d'ouvrir une parenthèse et d'accoler aux noms du Révérend Père Lajoie, du Révérend Père Beaudry et du Révérend Père Roberge, auxquels, trop modestement peut-être, j'ai fait allusion, il y a un instant, le nom d'un- di- &nitaire ecclésiastique qui n'a pas.été étranger aux transformations qu'a subies le Collège Joliette : je veux parler de Monsel- &neur Archambeault, une des Personnalités les plus cons‘dérables
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de l'Episcopat. canadien, et dont la présence au mHieu de nous rehausse davantage l'éclat de cette manifestation familiale. Recevez, Monseigneur, nos respectueux hommages, et nos remerciements sincères pour la grande part que vous avez prise dans le dévelop- Pement de notre Alma Mater..
Je ne puis, Messieurs, fermer cette parenthèse sans jeter mes regards vers Sa Grandeur Mgr Bruchési, archevêque de Montréal, une autre personnalité importante du monde épiscopal, qui a bien voulu nous honorer de sa présence et prendre part à nos réjouis. sances de famille. Qu'il soit le bienvenu !
Saluons, maintenant, par delà les mers, l'auguste viéillard qui, parvenu à un âge où on ne voyage plus, n'a pu affronter les fatigues et les périls de l'océan pour revoir une dernière fois le pays qui lui est cher à plus d’un titre, et assister à ces fêtes mémorables. Soyons fiers de-cet octogénaire dont les facultés, encore vives, diri-
gent avec l’habileté et l'assurance d’un jeune pilote, la grande Institution des Viateurs.
Je franchis maintenant, Monsieur le Maire, le seuil de cette Institution pour entrer sur votre territoire et vous tendre cordialement la main. Décidément, nous sommes des enfants gâtés ; du moins nous le serons durant notre séjour ici. Non seulement notre Alma Mater nous tend les bras à notre arrivée, mais la ville de Joliette, par la voix de son premier mag'strat, nous souhaite le plus cordiale bienvenue.
Monsieur le Maire, nous vous remercions de cette gracieuseté. Si nous sommes fiers de notre Alma Mater, nous sommes également orgueilleux de votre ville. Nous suivons constamment ses développements et sa marche ascendante dans la voie du progrès. Nous vous félicitons cordialement, et nous n'avons aucun doute que sous l’habile direction que la présente administration municipale saura lui donner, ce développement et cette prospérité ne
Je ne puis reprendre Mon siège sans m'acquitter d'un devotr en agréable à remplir : celui de présenter nos hommages ot nes ; 2. ns à Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur de 1s Provines 1e Québec, à l'hôte distingué qui à bien voulu honorer de sa pré. ne olticielle le Séminaire de Joliette, et prendre part à ces agapes fraternelles. L'autorité civile donne, dans ces circonstan. “0e folemnelles, la main à l'autorité religieuse, démontrant éloquemment l'union intime qui existe en cette province, entre l'Etat D ne N8ien : la Patrie marchant sur le bras de la Religion : je Neon se reposant sur le bras dela Patrie : quel spectacle super. be ! Sureum Corda ! “Elevons nos coeurs 1” — Majora canamus ! “Chantons des chants plus élevés !”—Bénissons cette précieuse armonle qui seule peut faire!un-peuple fort, vigoureux et prospé.
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