ES
au frontispice de cette maison, l'inscription de la Médaille de 1897 : “Seminarium Joliettense”. 11 n'est pas de titre dont l'Institut de Saint-Viateur Puisse être plus fier,
Fondé par un curé de Campagne, pour fournir au clergé séculier des auxiliaires, qui le seconderaient, sans le supplanter, depuis les ji: ! humbles fonctions de chantres, sacristains, maîtres des Cérémonies, | Catéchistes, jusqu'au Ministère, proprement sacerdotal, de Ja prédi- Cation, des missions, de l'enseignement des sciences sacrées, com. JA ment ne s’applaudirait.1] Pas de voir si bien réalisées ici les vues de 1] = son fondateur ? C'est un honneur bien gran 1h place dans Ja maison de Dieu,
I | et aux humbles, Mais collaborer avec l'épiscopat, Pour préparer Ja 11e “gens sancta” des lévites au “regale Sacerdotium”, quelle plus haute mission ! Cette mission, vous êtes venus nous la reconnaître, Messeigneurs de Montréal et de Valleyfielq ; Vous € ! j votre présence, témoigner que nous
tea venus, par ne la remplissons pas trop mal à à celui de Mgr Archambeault,
8 de gloire et la meilleure des
récompenses que nous puissions ambitionner ici-bas. Au nom de
‘ole, je vous en exprime toute notre
Merci à vous, Maintenant, chers anciens élèves, 8ieux, hommes du monde, si unis inaîtres ; à VOUS, qui êtes aCCourus si nombreux à |’ Alma Mater ; à vous, qui avez porté de Joliette et répandu son bon renom Canada :; à Vous, que j'ai vus souvent heureu Europe, de rencontrer des Viateurs
Maisons, en quelque lieu qu’elles ge trouvent, sont Partout les vo. tres : à Vous, qui voulez n'avoir, à Jo
ché ou votre Collfge ; qui avez ici votre chambre toujours prête, souvent meublée par vous : à vous enfin, qui avez apporté les plus belles de ses pierres à la nouvelle construction,
Ah ! quelle grande et magnifique famille vous nous faites ! et quel légitime orgueil on éprouve à vous saluer ! Encore une fois, merci ; merci, pour votre fidèle affection : merci, pour l’honneur que vous procurez à vos maîtres ; merci, pour les avoir si larsement aidés à élever un Séminaire qui ne fût pas trop indigne de vous.
Vis donc, Séminaire de Joliette ; ton brillant passé te présage un plus brillant avenir. Vis, développe-toi, élargis encore, s’il le faut, ton enceinte déjà si vaste, pour y abriter un nombre encore plus considérable d'élèves : vis et continue de préparer au monde de s0lides chrétiens, au pays, des magistrats intègres, au sanctuaire, de vertueux ministres : vis et produis des moissons toujours plus abondantes de fleurs et de fruits. Vivat, crescat, floreat, Seminarium Joliettense ! C'est mon voeu et ma ferme espérance !
T. R. P., Ch. Ducharme, c. s. v.
Réponse 2 la Santé des Clercs de Saint.-Viateur
Le R. P. Ducharme, provincial des Clercs de Saint- Viateur, à Outremont, prononce un discours marqué au coin de l'utilité et de la pratique.
L'on sait quelles inquiétudes et quelles transes mortelles causa à la Communauté entière, en 1904, l’Institution des Sourds-Muets, à la suite de transactions malheureuses.
Le Père provincial profite de la circonstance pour entretenir les anciens élèves de cette question. Il affirme qu'elle est bel et bien réglée, à la satisfaction générale, “gräce à Dieu et au concours intelligent des hommes dévoués qui ont bien voulu prendre cette affaire en main”. Il parle du dévouement de ses religieux, qui a confiné à l’héroisme,
ei oc a
hide AS, RIRE
de la bienveillance dont sa Communauté a été l'objet de la part du clergé canadien, et de l'admirable esprit de solidarité dont les communautés religieuses du Canada ont donné l'exemple au monde.
“Les communautés de Montréal, continue le R. Père, qui s'étaient portées Sarantes de l'emprunt de liquidation, recueillirent, sans frais, le bénéfice d’une bonne action, L'Institut des Clercs de Saint-Viateur ne leur en doit pas moins un sincère hommage de vive et profonde reconnaissance, ainsi qu’à Mer l'Archevêque dont la bienveillante intervention a été d’un si puissant secours”.
L'Annuaire de l'Institut des Clercs de St. Viateur,après avoir apprécié ce dévouement, annonce le règlement final et équitable de la famäuse affaire : “La province du Canada, dit-il, est heureusement délivrée du cauchemar qui paralysait ses mouvements. La liquidation de l’Institution des Sourds-Muets touche à son terme, et dès maintenant, on en
prévoit le résultat final : tous les créanciers seront intégrale. ment désintéressés, et lInstitution conservera encore un excédent très appréc: :'e. Pour réaliser ce règlement, nos confrères du Canada sont obligés de s'imposer de lourds sacrifices, des privations même ; Mais rien ne coûte à leur zèle, à leur dévouement, quand il s’agit de l'intérêt de l’Institut”?.
Merci au R. P. Provincial de nous avoir communiqué cette bonne nouvelle, non comme à des étrangers, mais à titre d'enfants de la Communauté qui, dans notre jeunesse, nous attirait à elle par ces paroles du divin Maître : Sinite Parvulos venire ad me (Marc, X, 12).
Le R. P. Joseph Morin, préfet des études au Séminai-
re, prend la parole, à son tour, Pour proposer la santé des
anciens élèves. Il le fit dans la courte allocution suivante, vive, nerveuse, très personnelle et fort goûtée de l'auditoire :
R. P, L.J. Morin, Ce 8 V.
* Santé des Anciens Elèves
Monsieur le Président, Messeigneurs, Messieurs,
Le Séminaire de Joliette, le vieux collège, est aujourd'hui heureux d’un bonheur qu'il vous doit, Messieurs les anciens élèves. 11 est heureux de vous compter nombreux dans sun enceinte. Ses portes vous sont ouvertes avec une affection que vous savez profonde et constante. Malgré les changements que vous constatez dans le personnel,—puisque, 1. -cessairement, les hommes se sent succédé, —les coeurs sont restés les mêmes, toujours remplis pour vous de sentiments affectueux. Pour nous, qui avons reçu la garde du foyer familial, ce nous est un grand plaisir de voir, qu'ici, vous vous sentez justement chez vous.
Il est heureux, notre Séminaire, de la joie d'une mère qui voit se ‘&rouper autour d'elle les enfants qu'elle a bercés de ses chants et entourés de sa sollicitude.
Il est heureux et fier, notre Séminaire, de la joie et de l’orgueil ‘du père qui, revoyant grands et forts ses fils dont la figure reflète noblesse de coeur et élévation de sentiments, se plaît à les compter, #e rappelle leurs succès et leurs victoires, et envisage l'avenir avec -confiance.
Il est heureux et fier, notre Séminaire, parce que vous témoi- ‘nez éloquemment de son succès dans l'oeuvre si noble qu'il s’eft- Torce d'accomplir.
Grosse de responsabilités était la tâche qu’il acceptait, quand Vos Parents, avec émotion mais aussi avec confiance, commet.
la société du ‘Christ plus tard, devenir les
a voie qu’il Plairait à Dieu us inculquer un idéal de vervous, toujours, des chrétiens
de vous Marquer, 1] Jui fallait Aussi vo
nos murs, comme à celle inaire, de suivre les traces des aînés, d'4. délité aux principes et. votre
Dr ARRETE
Re TS Re
constance dans les souvenirs doux et réconfortants. Elle sera alors et comme vous, Messieurs les anciens, notre récompense et notre orgueil.
Je bois à la santé des anciens élèves ; tous, jeunes et vieux, unis dans une commune et profonde affection pour l’'Alma Mater, levons nos verres à la glorification du souvenir et à la réalisation des espérances.
Son Honneur le Juge Louis Tellier, de Saint-Hyacinthe,—frère du député de Joliette—y répond d’une façon
très sérieuse et très savante.
L’hon. Juge L. Tellier Réponse à la Santé des Anciens Eleves
‘* Monsieur le Président,
Messeigneurs, Messieurs,
En m'invitant à répondre à la santé des anciens élèves de notre ‘Alma Mater, alors que tant d’autres, parmi mes condisciples d’autretois, et mes concitoyens d'aujourd'hui, avaient tout autant de ‘droit à cet honneur que mof, J'ai compris et je sais apprécier que l'on a voulu m'accorder ainsi un insigne pHivitége. Je tiens’ donc, tout d’abord, à offrir aux organisateurs de cette belle fête mes remerciements les plus sincères Pour une si agréable et si gracieuse invitation.
C'est bien, en effet, à nous, anciens élèves sortis de 1a phalan. 8e nombreuse de jeunes gens que cette Institution a formés pour le bien de la société, qu'il appartient d'apprécier aveé impartialité, l'importance de la saîne éducation que nous avons reçue dans notre Jeunesse, et c’est bien aussi à nous qu'il appartient également—ne serait-ce que par reconnaissance—de former des voeux pour le bienêtre et la prospérité future de cette Institution.
ÉE
contre des hommes éminents dans toutes les positions, dans toutes les carrières, dans toutes les dignités religieuses, politiques ou civiles. É
Un tel résultat ne peut raisonnablement être attribué à la seule initiative de chaque individu. Sans doute que les aptitudes, le talent, l'ambition personnelle, sont autant d'éléments de réussite; cependant, qui pourra nier que tous ces éléments de succès dans le mionde seraient bien affaiblis, s’ils n'avaient, pour les appuyer, les développer et les diriger, les connaissances saines et pratiques, tant intellectuelles que morales, que donne -üne bonne et solide éducation collégiale, :
L'on rencontre quelquefois des personnes, très bien intentionnées d’ailleurs, qui entretiennent certains préjugés contre le système d'éducation classique et commerciale qe nos collèges donnent à l'enfance dans cette Province.
Loin de moi la pensée de chercher à déprécier ou de vouloir amoindrir, à un point de vue quelconque, l'importance de l’ensei-
: &8nement primaire et l'encouragement qu'il mérite ; de mettre en . doute les avantages des écoles techniques qui, bien dirigées, sont
certainement appelées à répandre, dans nos populations, les bienfaits d’une connaissance plus perfectionnée des sciences et des arts appliqués aux besoins nouveaux d’une société toujours progressive : loin de moi l'idée de ne pas accueillir, même avec considération, tou-
te idée d'amélioration dans nos systèmes d'enseignement ; mais
je ne puis partager les opinions de ceux qui voudraient changer complètement et moderniser le système d'enseignement jusqu'ici donné et suivi dans nos collèges classiques.
Si nous consultons tous les écrivains de quelque valeur qui se sont occupés de la matière si vitale pour la société qu'est l’éducation de la jeunesse, nous voyons qu’il y a virtuellement accord pour reconnaître que les cours classiques, tels qu'ils se donnent actuelle. ment dans notre Province,ont été et seront toujours la base fondamentale de toute bonne et solide éducation, Certaines personnes
a TE
# Æ | F à & de k 1# H Î f
A l'enfance, le cours classique offre d'enseigner les éléments des études, l'explication de tout, depuis la formation des noms, la valeur des termes, jusqu'aux premiers principes de toutes les Connaissances humaines, “morales, littéraires et scientifiques.
A l'adolescence, le même cours continue à enseigner les règles pour discerner la formation des langues, l’histoire du monde depuis son origine, les beautés de la littérature, son utilité, l’art de l'éloquence, ou de persuader ses auditeurs. Enfin, au jeune. homme, le cours classique présente le Ccu-onnement de toutes les connaissances acquises jusque-là : il enseigne la philosophie, l’art de raisonner, de savoir discerner le vrai du faux ; il développe l’intelligence par les grandes études de la métaphysique, de la morale, des sciences et des arts ; 1] enseigne l’histoire des religions et, spé cialement, celle du christianisme ; c’est-à-dire qu’il forme l'intel ligence, le coeur et l'âme tout entière de l'élève et du futur citoyen. Et c'est À la suite de ce Cours « mplet, raisonné, que la s0ciété reçoit enfin un citoyen nouveau, possédant toutes les aptitudes et les connaissances voulues Pour devenir un homme utile à sa patrie. —— =
Que l'homme, dont l'intelligence a été si sagement formée et
| préparée par un enseignement sain et moral, continue ensuite à Perfectionner ses connaissances, qu'il devienne le savant ou l’hom-
me d'état éminent, rien de plus naturel. Mais ce qui est certain, c'est que, s’il atteint cette supériorité, le fait en sera toujours at-
‘ tribuable à la somme de Connaissances précieuses qu’il aura su ac.
quérir au collège, en suivant, dans sa jeunesse, un bon cours classique, seule base solide de toutes ses études futures.
Messieurs, le temps et les circonstances ne me permettent pas îe développer davantage cette pensée ; mais j'aurais cru ne-pas me faire l'interprète fidèle de tous les anciens élèves de cette Institution, si je n'avais pas su profiter de cette occasion, peut-être unfque, pour lui témoigner et affirmer toute notre gratitude pour les