‹ Noces de diamant, Séminaire de Joliette, 1846-1910 [microforme]Chapitre 62 sur 80 · SR RE · texte numérisé non relu

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Encore une fois, comme aux Noces d'Or de notre Collège, 11 aurait désiré partir de sa retraite lointaine, et Malgré les 85 hivers qui ont alourdi ses pas, Îl aurait traversé les mers pour bénir, une fois encore, ses enfants bien-aimés, revoir le théâtre de ses pre-

jours jeune, et dire lui-même de ces bonnes et douces Paroles qui Pénètrent jusqu’au plus intime de l'âme ; mais il a Craint de tenter la Providence Par un voyage qu'il croyait téméraire et fatal à sa vieillesse, et 1] a fait à Dieu ce douloureux sacrifice. N'ayant pu venir, il envoyé, pour le rempiacer, son autre lui-même, le Vi- Caire Général de sa Communauté, le distingué et sympathique Père Robert qui voudra bien être, auprès de lui, le chaleureux interprète de nos sentiments d'affection et d’attachement.

Oh } bon Père ! nous vous attendions, nous Vous espérons pour. tant ! En Vous voyant et en vous entendant, nos Coeurs eussent été satisfaits, notre fête nous aurait semblé plus complète ; Car en Vous est résumé le passé, le présent, l’histoire entière du Collège Joliette !

laudare Sufficis ! En voyant l'épanouissement de son oeuvre, ce beau Séminaire, l’orgueil des élèves anciens et nouveaux et l’orne-

avec allégresse le Te Deum de la reconnaissanee, nous aurions été tentés de lui demander : “Père, êtesvous Content de vos enfants?” Sans attendre sa réponse, nous lui aurions offert, du plus profond de notre Coeur, notre hommage reconnaissant.

Oh ! mes chers Condisciples ! unissons-nous dans un même €lan de coeur ; formons amoureusement un bouquet de nos meilleurs sentiments d’admiration, d'amitié, de respect et de reconnais. Sance ; joignons-y DOS souhaits ardents de santé et de bonheur, afin

d'en tresser une splendide couro 11e que notre y 'été6 filiale, Dar l'en. tremise du R. Père Robert, Vi. sir Généra!

Trois religieux se lèvent Successivement pour répondre

à cette triple santé : les RR. PP. Roberge, Robert et Ducharme.

LeR. P. Su perbe ; tout le

AR. BP. F.:M. Roberge, C. Se LA

Réponse à Ja Santé de l’Alma Mater Monsieur le Président, Messeigneurs, Messieurs, Veuillez me permettre en commençant, de dire à Monsieur l’abbé Bonin, que ses bienveillantes paroles et leur accent de sincér#é

m'ont profondément ému ; et je lui sais gré des éloges qu’il décerne à notre commune Alma Mater.

Vous avez, bien cher Monsieur Bonin,

mConté avec émotion les Les diverses transformations , date de sa fondation,

Pour tous ces éloges, veuillez agréer le merci le plus cordial.

Nous nous plaisons à le reconnaître et à.Je redire, la divine Providence a visiblement répandu sur nous. ses faveurs signalées, Les hommes sèment et plantent, les hommes arrosent et Cultivent, Mais c'est Dieu qui donne aux oeuvres humaines leur accroissement, c'est Dieu qui les féconde de ses grâces, c'e’; Dieu qui les dirige vers le développement décrété dans son infinie sagesse.

Toutefois, ces grâces de prédilection, ces bienfaits multipliés et sans cesse renouvelés, ces attentions Maternelles de la Providen. ce, n'en sommes-nous pas redevables, après Dieu, au dévouement, à l'esprit de sacrifice et d'abnégation, aux héroïques vertus de nos Pieux fondateurs et de nos dévoués bienfaiteurs ?

Ah oui ! certes, au grand patriote et au fils soumis de l’Eglise que, tous, nous saluons dans l'honorable Barthélemy Joliette, d’immortelle mémoire, redisons notre amour et notre reconnaissance Par de vibrantes acclamations ! k

De ses Propres deniers, j'allais dire de ses propres Mains, il Construisit la modeste maison qu'il destinait à recevoir les premiers élèves de soixante-quatre &énérations aCCcourues ici, et réunies en ca &rand jour de réjouissances et de souvenirs.

Au vaillant évêque, dont l’âme ardente et l’activité inlassable Voulurent seconder les nobles vues de M. Joliette, au Vaillant prélat qui passa en France,

“Terre du dévoûment, de l'honneur, de Ja foi”,

Saint-Viateur qui dirigeront désormais le Collège Joliette, à Monsei- &neur Bourget, le Puissant organisateur et notre fidèle défenseur, amour, reconnaissance et acclamations !

A l’humble religieux de Saint-Viateur qui connut, lui plus que tout autre, les difficultés inhérentes à la fondation, à l’organisation et au maintien d’une maison d'éducation, surtout à ses premières années, à celui qui disparut de nos rives en 1874, mais que l’affec-

‘ion filiale a ramené parmi nos chers défunts au Champ du Repos, au Très R, P, Champagneur, à lui aussi amour, reconnaissance et acclamations !

À côté du R. P. Champagneur, dont il fut l’un des premiers disciples et des plus remarquables par ses talents et ses vertus, il m'est bien doux de rappeler celui qui dirigea si habilement Collège :celui que tout Joliette et tous ceux qu de Joliette écrit dans leur Coeur, père ; Celui que nous serions si heureux de voir et d'entendre, et que nous avions espéré posséder durant ces fêtes, mais que la vieil. lesse a qû retenir là-bas, en Belgique : celui que vous nommez avec amour le Vénérable, le bon vieux Père Lajoie !

Voici qu'à l'évocation de ce nom vénéré du R. Père Champagneur surgit aussitôt, Mais cette fois, des éternelles régions de l’Au-delà, A son souvenir, tout mon être s’émeut jusqu'aux fibres les plus intimes, et ma bouche reste sans voix €n Voulant prononcer le nom de ce saint Prêtre, qui fut, de la plu- Part d’entre vous, le Condisciple, le directeur ou le supérieur, et de tous assurément l’ami sincère et dévoué : de ce Prêtre z616 et ares plus aimés à si juste.

ment appelé l'Apôtre de la communion fréquente, le Révérend P, Cyrille Beaudry.

Mgr l’Archevêque, daigne votre modestie me perm frir à Votre Grandeur, au nom du “cher disparu”,

que l'Esprit-Saint et votre désir avaient désigné à Rome pour deveair le chef de la nouvelle église de Joliette. * *X x N

Mgr l’Evêque de Joliette, il me fait plaisir d'affirmer, ici, devant cette brillante assemblée, ce que j'eus l’occasion d'affirmer en d’autres circonstances. Depuis la mort du regretté P. Beaudry, Votre Grandeur a daigné se faire l’Ange tutélaire de cette maison, devenue votre Séminaire diocésain. Ce jour ne suffirait pas, si je voulais redire toutes les faveurs, tous les encouragements, tous les secours que, durant ces six années écoulées, votre bonté toujours débordante a déversés sur nous.

Aujourd’hui encore, vous voulez bien honorer notre Alma Mater en décrétant, de concert avec otre distingué Chapitre, que le Supérieure du Séminaire:de Joliette sera désormais chanoine honoraire de votre cathédrale. Si je ne considérais que ma propre personne, je me sentirais plutôt humilié d’une si délicate attent'on de la part de Votre Grandeur, mais je porte plus haut mes pensées et mes sentiments et je vous remercie, avec toute l’effusion d’un coeur reconnaissant, de ce nouveau témoignage de touchante sympathie à l’a. dresse de votre Séminaire,

Pour tant de dévouement à la grande cause de l'éducation, pour tant de marques d'affection et de générosité envers notre maison, pour cette science, ces vertus et ce zèle qui ont déjà tant fait pour l’Eglise de Joliette et celle du Canada tout entier, nous voulons vous dédommager, en quelque manière, par notre filiale soumission et notre profond attachement à votre auguste personne.

Amour et reconnaissance à vous aussi, anciens professeurs ; à vous qui, dans l'obscurité d’une classe et l’abnégation de l’enseignement, avez consacré à nos jeunes gens le meilleur de votre vie ; à vous qui nous avez si pssamment aidés à former, à affermir l’esprit, le coeur, la volonté des nombreuses générations qui ont répon-

du à nqre pressant appel pour vous dire leur vive et profonde gratitude.

Amour et reconnaissance aussi à vous, généreux Bienfaiteurs, qui nous avez apporté votre secours pour nous permettre de continuer l'oeuvre à laquelle nous sommes heureux de nous dévouer. Grâce à votre générosité bien reconnue, notre maison s’est agrandie, complétée au point d'oser se placer au rang des premiers Sé minaires de notre Province. Chajue pierre chantera vos libéralités qui donnent toujours et sans compter, quand il s’agit de notre Alma Mater ; et leurs échos vous répètent par ma bouche : Amour et reconnaissance à nos fidèles et dévoués Bienfaiteurs.

Je croirais manquer à l’un de mes devoirs, en omettant de prononcer le nom de celui qui, depuis deux ans surtout, s’est dépensé, sans trève et sans merci, pour mener à bonne fin le vaste développement rêvé par le R. P. Beaudry. Pour son zèle, son activité et ses habiles combinaisons, reconnaissance au R. P. Léger, procureur de notre Séminaire,

Mais tant de protection du côté du Ciel, tant de soutiens du côté de la terre, nous obligent à faire tous les efforts possibles Pour perfect'onner sans cesse nos méthodes et nos programmes d'enseignement et d'éducation. A cette nouvelle étape de notre existence, nous sommes résolus à toutes les initiatives, à tous les labeurs, pour nous rendre à vos désirs, Messeigneurs et MM. les anciens élèves ; et, répondant à l’idée de notre blason, faire, du Séminaire de Joliette, une ruche ardente et intimement unie dans la charité du Sacré-Coeur ; une ruche d’où s’envoleront, pour les luttes de demain et la gloire de l'Eglise et de la Patrie, de nombreux essaims puissamment préparés et bien décidés à faire, avant tout, régner le Christ-Roi dans les âmes et sur la société.

ns

Avant de reprendre son siège, quand le calme qui succéda à la tempête des applaudissements et des acclamations fut rétabli, le distingué Père Supérieur présente à l'auditoire le Très R. P. P. Robert, Vicaire général de l'Institut, un fils

de la France, “Terre du dévouement, de l'honneur, et de la foi”.

Aux vifs applaudissements qui l’accueillent comme représentant du T. R. P. Général et de la F rance, le R. Père Robert répond par le discours suivant qui nous a tenus sous le charme du “doux parler de F rance”’, et dans l'admiration de la très haute portée philosophique et littéraire de cette allocution. Notre coeur et notre attente n'ont pas été trom-

pés.

T, R, P. Robert, c. s. V.

Réponse à Ia Santé du T. R. P.'Lajoie

Messeigneurs, Messieurs, Parmi les Personnages invités et attendus à ces fêtes, il y a un absent : parmi les places marquées à cette table d'honneur, une reste vide : parmi les voix que vous auriez le plus ardemment

grets, qui vont à lui unanimement, vos Yeux, qui le cherchent sans le trouver, vos Coeurs et vos lèvres ont nommé le T. R. P. Lajoie, Supérieur général des Clercs de Saint-Viateur.

A lui seul, il résume, dans sa personne aimée et vénérée, toute l'histoire des soixante-quatre années que nous fêtons : la période des débuts, humble et modeste, mais héroïque et féconde, où, malgré la pénurie des ressources et des hommes, la foi en Dieu, l’espérance en l'avenir, un dévouement à toute épreuve posèrent solidement les fondements de l’oeuvre actuelle ; la période de développement et de croissance, dont il fut l’ouvrier principal : période, pendant laquelle, tour à tour, et parfois en même temps, Professeur, Supérieur, Curé, Provincial, grâce à une activité qui se multipliait Sans s’affaiblir, qui savait garder, dans le tourbillon des affaires, une maîtrise de soi et un calme imperturbables, le P. Lajoie put

voir, sous son impulsion, marcher du mêine pas, grandir d'une méme poussée, son Collège, sa province, sa paroisse ; la période d'a. chèvement, dont je me garderai bien de ravir l'honneur à la grande mémoire du P. Beaudry, mais dont je puis bien affirmer que le T. R. P. Lajoie ne fut pas seulement le témoin sympathique. Ne l’avait-il pas préparée par ses élèves et ses enfants spirituels ? Et ne Continua-t-il pas d'exercer ici une salutaire influence par le souvenir des services rendus, par ses encouragements, ses conseils, et par le prestige d’une autorité toujours si sage et si respectée ?

Aussi, Messieurs, vous sentez et je sens, avec vous, que l'absence du T. R. P. Lajoie fait {ci aujourd’hui un vide irréparable, On peut bien avoir l'honneur périlleux de le représenter à Joliette: On n’a pas la sotte prétention de l'y remplacer.

Jusqu’à la dernière heure, ce cher et vénéré Père avait caressé l'espoir de se rendre aux pressants appels de ses enfants bien-aimés. Mais ses forces ont finalement trahi son Courage et son affection : s’il conserve, grâce à Dieu, une «erVeilleuse jeunesse d'esprit et de Coeur, il n’en porte Pas moins sur ses épaules le poids de quatrevingt-cinq ans. Et ce poids, déjà lourd par lui-même, il a craint, laissez-moi vous le dire,—car l'aveu est tout à votre honneur,—il a craint que votre piété filiale ne l’'aggravât encore. Je suis sûr d'interpréter vos sentiments comme les miens, en lui envoyant d'ici, Par delà les mers où son grand âge seul l’a retenu, avec l’expression de nos plus vifs regrets pour son absence, l’hommage de notre plus profonde Vénération.

Ce premier devoir rempli, il m'en reste un second, celui de dégager, en son nom, au point de vue de l’Institut de Saïnt-Viateur en général, la signification et la portée de ces fêtes jubilaires.

La médaille commémorative des Noces d'Or portait sur sa face, le Collège primiti: couronné de cette devise :Dum spiro, spero ; et, au revers, l'édifice restauré en 1888, avec ces mots en exer- Bue : Seminarium Joliettense. Devise et exergue me Daraïissent de la plus heureuse inspiration.

“Dum spiro, spero”, Ce n’est pas précisément qu'on doive admirer cette devise, parce qu'elle se lit autour d'une pauvre maison en bois. L'avenir sourit à tous les berceaux. A l'enfance d'une oeuvre, comme à celle d'une personne, toutes les espérances sont possibles et permises. Mais, rappelée en 1897, cette devise allait rece-

voir des événements une confirmation im} révue, vraiment providentielle.

Quelques années plus tard,

la hache de la persécution s’abattait sur l'arbre de Saint-Viateur,

le frappant à coups redoublés, ou-

n tronc, en projetant les éclats aux quatre vents du cel. N'était-ce pas la ruine et la mort ? Eh

bien ! non. Cet arbre avait heureusement poussé dienne, ici même, à Joliette, un rejeton vigoureux, duquel étaient sortis, comme autant de rameaux, les nombreux et beaux établisse. ments de la province. Il se dit donc, sous les Coups de la hache meurtrière : “Tant qu'une vie si abondante coulera dans mon rejeton canadien : tant qu'une respiration si normale palpitera en ses veines, qu'ai-je lieu de désespérer ?” Dum spiro, spero ! Il greffa, sur ce rejeton, quelques-uns des rameaux dont la tempête l'avait mit à circuler en lui, aussi régulière, aussi pleine qu'auparavant. Joliette ava:t contribué à nous sauver, en nous permettant l'espérance. Dum spiro, Spero !

__ Tournons Ja médaille..... “Seminarium Joliettense”, ]isons- ROUS, autour du Collège agrandi. Qu'est-ce à dire ? Que, si 1897 avait comblé, en les dépassant, les espérances de 1846, 1910 comblerait et dépasserait à son tour, dirai-je les espérances ? non, les ambitions ? encore moins, les secrets Pressentiments de 1897,

Seminarium Joliettense ! Au sens étymologique du mot, pépinière ; et Joliette méritait bien ce titre, après avo:r fourni près de trois cents prêtres au clergé séculier et régulier sens ordinaire et ecclésiastique du mot, Sémina! nante intuition ou quelle audace n'avait-i] pas fall pour baptiser ainsi son collège dès 1897 !

en terre Cana-

; Mais aussi, au re. Quelle étonu au P. Beaudry Sans doute, ce n'était

un secret pour px ‘sonne, que le grand erchidiocèse de Montréal allaït être bientôt aivisé. Mais pouvait-on escompter sûrement pour Joliette, l'honneur de devenir le siège du nouvel évêché ? Sans doute, Monseigneur de Joliette, tout le monde savait et disait dès lors, que votre science théologique, votre distinction, vos mérites, votre vertu, votre précoce maturité, l’excelionte préparation que vous aviez reçue à l’archevêché de Montréal, où vous étiez à si bonne école, vous désignaient d'avance Pour l'épiscopat. Sans doute encore, l'exquise délicatesse de vos sentiments, une bonté débordante, qi cherche toutes les occasions dé se répandre, et qui ne s’épuise jamais en se répandant, promettaient à la ville qui aurait le bonheur de vous posséder, les témoignages les plus touchants de votre b'enveillance. Mais le P. Beaudry seul pouvait lire dans l'avenir et vous voir déjà assis sur votre siège épiscopal ; il pouvait seul lire dans votre coeur et appeler d'avance son collège, Seminarium, avec la certitude qu’une de vos premières pensées serait de ratifier et de confirmer ce titre, en faisant du Collège Joliette votre Séminaire officiel.

Vôtre, vous ne cessez de prouver qu’il l'est, par l'intérêt que Vous prenez à tout ce qui le touche, par la sollicitude avec laquelle vous en suivez la marche, par le concours précieux que vous lui prêtez, en renforçant son personnel de l'élite de vos prêtres, et par de généreuses contributions, que je n'ai pas besoin de révéler.

Les fêtes jubilaires de 1897, en glorifiant avant tout l'oeuvre du P. Beaudry, avaient rappelé le souvenir des deux premiers fondateurs du collège ; celles d'aujourd'hui font connaître à tous que Vous en êtes le troisième. Votre nom sera désormais associé, dans notre respect et notre reconnaissance, à ceux de Barthélemy Joliette et de Mgr Ignace Bourget, et, pour ei vénérés que soient ces noms, je puis vous prédire que le vôtre n'aura pas à souffrir de leur voisinage. Merci, Monseigneur, Pour .avoir attaché définitivement

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