‹ Noces de diamant, Séminaire de Joliette, 1846-1910 [microforme]Chapitre 70 sur 80 · INTTRIEUR DE LA CHAPELLE DU SACRE-CŒUR · texte numérisé non relu

INTTRIEUR DE LA CHAPELLE DU SACRE-CŒUR

et des plus récentes découvertes de la science. Aussi, a jeunesse qui grandit dans l'atmosphère de bien-être matériel et moral que vous lui faites, Messieurs, répond-elle À vos soins, par une vitalité d'esprit et de corps et une formation d'essence supérieure qui se traduisent par des succès de concours où s'affirme la primauté de votre enseignement, en attendant qu'elle aille, de par le monde, faire briller le génie de la race et conquérir des lauriers plus substantiels et plus durables,

C’est de cette belle oeuvre de réforme et de progrès dans l’éducat!on que je tiens À vous féliciter et à vous remercier chaleureusement, M. le Supérieur, vous qui, après avoir ét6 à la peine devez être maintenant à l'honneur, et qui incarnez si noble 1ent à la direction de ce Séminaire les tradi:ions de vaillance, de dévouement et d'apostolat des fils de Saint-Viateur.

Je vous félicite également du superbe édifice que vous avez fait ériger pour suppléer à l'insuffisance de l’ancien, et qui, par la beauté et la grandeur des proportions, le goût architectural et le cachet d'élégance et de confort qu’il offre dans tous ses détails, fait de notre Alma Mater un des plus beaux établissements d'éducation de notre Province.

On a dit, pour rendre le symbolisme émouvant de foi, de prière et d'amour qui se dégage des imposantes cathédrales du moyen-âge, qu'elles étaient “des poèmes de pierre”.

Aussi dirai-je, en m'inspirant de cette belle figure de style, que ce nouvel édifice sera le cantique permanent du labeur intelligent ‘ et modeste, de la généreuse audace et de l’inlassable persévérance qui ont présidé À son érection.

Grâces en soient rendues à vous, M. le Supérieur, et à vos dignes collaborateurs. ‘

Vous dirai-je maintenant ce qu’à chanté à mon âme la poésie du mémorable anniversaire que nous célébrons aujourd’hui, les sentiments divers qu’elle y a fait Laître depuis mon arrivée dans cette maison ? Vous déroulerai-je les perspectives ensoleillées que l’élo-

quence des choses et des hommes a jetées au-devant de ma pensée avide de scruter ce cher passé où a vécu ma jeunesse laborieuse et Paisible ? A cet essaim de souvenrs les plus riants de ma vie, qu'ont fait lever les unes après les autres les vibrantes évocations de la journée, demanderai-je de venir vous répéter les accents mystérieux et doux qui ont mis de la joie dans mon coeur et des larmes dans mes ye'x ?

Je n'ose le faire, Messieurs, moins par égard pour vous que par pitié pour l'interprète qui se sent au-dessous de cette tâche.

Mais ce que je tiens à manifester hautement à l’occasion de ce jubilé, c'est le sentiment de profonde gratitude qui déborde de mon : coeur pour l'éducation que je terminais ici, il y a tout juste dixhuit ans.

De ma reconnaissance pour la formation reçue dans cette maïison, j'atteste que j'ai constamment fait et ferai toujours deux parts égales qui me suivront dans la tombe où dorment déjà les êtres chéris auxquels j'en renouvelle publiquement l'hommage. L'une de ces parts est consacrée à l’homme de bien, au citoyen d'élite que la mort venait subitement ravir à mon amour filial, ilya quelques semaines, et dont la sollicitude éclairée pour la préparation de mon avenir, m'ouvrit, il y a vingt-cinq ans, les portes de cet asile de paix, de science et de vertu. L'autre partie de mon affectueuse gratitude se rattache à la mémoire impérissable du vénérable vieillard, de cet illustre éducateur, ancien supérieur de ce séminaire, pàrti lui aussi pour l’au-delà, et dont la Couronne de cheveux blancs symbolisait si vivement à nos Yeux la divine auréole à laquelle le prédestinaient la sainteté de sa vie et son admirable dévouement à la jeunesse,

A ces deux protecteurs, à jamais regrettés de ma vie matériel. le et intellectuelle, unis dans la tombe comme ils l'avaient été au-. tour de mon berceau, permettez que j'offre les hommages de ce que leur oeuvre commune a mis en moi de meilleur et de plus durable, Aux directeurs et aux professeurs de ce séminaire, qui furent les

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collaborateurs du Révérend Père Beaudry dont tous honorent le souvenir en continuant avec bonheur sa mission d’apôtre éducateur, je réitère mes plus sincères remerciements et je formule, en terminant, le souhait le plus ardent qui soit sorti de mon âme : c'est que la maison qui fut mon Alma Mater reste, avec un succès croissant, la pépinière d'hommes de foi et d'action, de fidèles serviteurs de la religion et de la patrie, qu’elle a toujours été depuis sa fondation. Dans notre pays qui grandit et se développe, où la mêlée des groupes et des partis devient de plus en plus âpre et difficile, alors que le choc des ambitions et le jeu des rivalités déterminent de nouvelles sélections dans tous les camps adversaires, notre race a sans doute besoin d'hommes de lumière, de science et de talent ; mais ce qu’il lui faudra surtout, ce qui assurera son triomphe et l’efficacité de sa collaboration, ce sont des citoyens à principes sains et à convictions inébranlables, marchant droit au but, à travers les difficultés vaincues et les obstacles franchis, avec une volonté que rien n’émeut et ne décourage. :

A former les uns et les autres, Messieurs, vous vous employez, je le sais, avec un zèle et un dévouement dignes des plus grands éloges.

De les enfanter à l’avenir, j'émets le voeu que cette institution ne soit jamais lasse, de telle sorte que les générations nouvelles qui sortiront de son sein, puissent être comme les précédentes, avec un égal respect du passé et une même foi dans l’avenir, les utiles artisans de la gloire et de la prospérité de la patrie commune.

M. Labelle appelle ensuite M. A.-C. Dugas, curé de Saint-Clet, et veut bien ajouter : “qui aime tant son collè- . ge”. Le causeur intitule son travail : “Dans mon jardin”, et le communique ainsi à son sympathique auditoire :

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M. l'abbé A.-Ch. Dugas, Curé

Messeigneurs, Messieurs,

“O Maison paternelle ! 6 foyer domestique, disait Lacordaire, 2ous avons beau vieillir, nous revenons à toi avec un coeur toujours jeune”, C'est là une bonne vérité, malgré certaines apparences contraires, car il ne faut pas se fier aux visages qui souvent sont mauvaise enseigne, Et si, à l’aide des rayons X, nous examinions les coeurs en ce moment, la palme de la jeunesse ne tomberait peut-être pas dans les mains de nos jeunes frères, mais s’en irait plutôt orner des coeurs qui battent sous les cîmes du Mont- Blanc.

Mais si nos figures se teintent d’un cachet par trop antique, notre revanche éclate dans ces vers de Corneille:

“Si nos visages

Ont quelques traits un peu vieux,

Souvenez-vous qu’à notre âge,

Vous ne vaudrez guère mieux !” Car dit un autre :

“On a beau faire des prières,

Les ans non plus que les rivières,

Ne rebrousseront jamais leur cours”,

L’Alma Mater, au double dire de nos directeurs, nous attendait avec impatience pour nous presser bien fort sur son coeur maternel ; nous réchauffer à la flamme de son affection, et 1à, dans l’enivrement de ces effluves d'amour, nous porter à entonner le chant du retour des enfants à la maison paternelle, ce cri admirable du Ps. 132 : Ecce Guam bonum et quam Jjucundum habitare fratres in unum ! :

Depuis le premier coup de clairon sonnant l’appel, il me semble ‘Que les coeurs battent à l’unisson, à la pensée d’un prochain retour; nous sommes redevenus enfants dans nos calculs : “Encore une se-

maine, encore LA jour et deux nuits, et ce sera la grande tête”. Et nous y sommes maintenant, après avoir été, comme dit Saint-Paul (Thess. 2-17), “séparés de corps, mais non de coeur, et très désireux de revoir les traits de ceux que nous aimons”, et de nous attendrir au souvenir de ceux que nous pleurons. Et nous sommes venus, “légers, pimpants et guillerets”, fêter les Noces de Diamant de notre collège, applaudir à ses succès, célébrer la mémoire de nos fondateurs : l’hon. Barthélemy Joliette et Mgr Ignace Bourget auxquels nous ne craignons pas de joindre le R. P. Cyrille Beaudry : nous venons acclamer, de loin sans doute, notre vieux général d’autrefois et de toujours, le Très Révérend Père Pascal Lajoie, supérieur général des Clercs de Saint-Viateur ; nous venons inaugurer cette maison “restaurée, agrandie et plus confortable”, que soixante-quatre ans de sacrifices, de labeurs et de fatigues ont réussi à rendre complète, sous tous les rapports, et conforme aux Dians de nos directeurs et à nos rêves d'antan pour celle qui est notre ‘‘mère nourricière” ou notre Alma Mater.

Telle qu’elle se présente aujourd’hui à nos regards, avec sa chapelle, ses salles, ses dortoirs, ses musées, ses bibliothèques, ses chambres de professeurs, ses cours de récréation, elle peut soutenir la comparaison avec n'importe quel autre établissement né de l'Eglise ou de l'Etat. Et notre coeur brûlait du désir de contempler ces choses, afin de pouvoir répéter avec Lamartine :

“En ouvrant mes regards, je reverrai des lieux, Adorés de mon coeur et connus de mes yeux”.

Mais si déjà voir seul son collège, y arriver en simple visiteur isolé, soulève notre émotion, que sera-ce en ce jour jubilaire où l’armée Joliettaine s’avance en triomphe, composée des élèves de tous les cours, à la vue de l’Alma Mater avec son dôme couronné du Sacré-Coeur, ses vastes dimensions, sa hauteur imposante, ses assises solidement bétonnées ,ses parterres, ses jardins, ses. ptèces d’eau, ses arbres géants, ses statues, ses kiosques, ses jeux de balle, ses allées ombragées, cette cour immense et tout cet en-

semble de beautés qui font du Séminaire de Joliette un des plus complets et des plus vastes établissements du Canada !

N'est-il pas vrai qu'aujourd'hui, plus qne jamais, nous sommes fiers d'appartenir à la famille Joliettaine, et que notre pensée s’envole plus ardente vers les chers absents qui, après Dieu, nous ont réservé ces bienfaits ? Deus nobis haec otia fecit (Virgile).

Pourtant rien ne reste des constructions premières, ni des anciennes cours : le phénix est sorti tout entier de ses cendres.

Seul le “jardin de M. le Grand Vicaire” (Manseau), inaccessible autrefois aux élèves, étale à présent à nos regards étonnés, ses dessins et ses arabesques “à la française” que pourrait signer un Lenôtre. Après avoir vu Versailles, Saint-Germain et Saint-Cloud, on reste même surpris et émerveillé en voyant Joliette. La rivière l'Assor:: "nn, qui semble plus près de nous depuis qu'elle sert de limitx + notre domaine, continue toujours de dérouler à l'infini le ruban de ses eaux bleues ; Mais la transformation de ses rives tient du prodige, et la vue de la scène entière nous prouve que Dieu et l’homme, la nature et l'art, ont agi de concert pour nous préparer ce point de vue si admirable. L'antique église à deux étages, le modeste et étroit presbytère “imité en ocre jaune” comme disait le R. P. Lajoie, ne sont plus là ; Mais sur leurs ruines s'élèvent l’opulente cathédrale de Saïint-Charles Borromée et le charmant palais épiscopal.

Ces tableaux ne sont-ils pas, après tout, l’histoire de notre maison, de nos devanciers, de nous-mêmes et de nos suivants ? Et ne

nous prend-il pas envie d’imiter Lamartine visitant la maison de son père ?

“J’allais d’un arbre à l’autre et je les embrassais, Et je croyais sentir, tant mon âme a de force,

Un coeur ami du mien, palpiter sous l’écorce.

Je m'asseyais un peu ; je tournais mon visage

Vers la place où mes yeux retrouvaient son image”.

Jadis on disait “l’ancien Collège”, pour désigner la maison bâtie

par M. Joliette : “l'aile de M. Langlais” où les infirmeries ont régné longtemps : la “Chapelle du P. Beaudry” ; le “jardin de M. le Grand Vicaire”, cette partie de la cour bornée par le Collège et les plus &rands ormes : la “sucrerie de M. Läjoie” ; le “petit bois de M. de Lanaudière” dont les frais ombrages nous récréaient si bien aux jours de demi:-congés : “les deux ponts” dont nous faisions le tour dans nos “campagnes” : Je “source du vieux Longpré” ; la

“pointe aux Pins” ou “à Gravel” où les pique-niques avaient lieu d'ordinaire.

Le P, Jules Peemans, professeur de rhétorique, de 1875 à 1886, nous a peint, dans la Voix de l’Ecolier, avec son admirable pinceau et ses couleurs si vives, un de ces dîners au bois. Permettez-moi de citer en passant : “Les plats vigoureusement attaqués, furent enlevés à la points de la fourchette, avec un entrain admirable, avec une rapidité dont les fastes de la gastronomie offrent peu d'exemples ! Qu'ils sont loin de valoir ce repas Champèêtre, assaisonné des plus joyeux lazzis, avec la terre nue pour table et pour siège, ces festins cérémonieux où l’on ne mange que du bout

des lèvres et auxquels président si souvent le mensonge et l’hypocrisie !”

. Mais je m'attarde trop au souvenir des choses, et je semble négliger celui des hommes dont il faut rappeler la mémoire,

Mon Dieu ! qui choisir dans cette armée d'amis et de bienfaiteurs, vivants ou ‘disparus ?

Je me bornerai à sept d’entre eux qui, pour moi, personnifiené

les sentiments et la mentalité qu’un élève remarque pendant son cours d’études. È

“Vraiment, disait le R. P., Lajoie—et c’est par lui que je commence, puisque “à tout seigneur tout honneur”’—exqliquant le règle- : ment de la grande réunion de 1878, vraimeut, Sisait-i], que nos dtrecteurs sont devenus conciliants !”

Vous verrez qu'à son exemple, je veux l'être moi aussi, en ne

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vous présentant que sept noms, lorsque j'en aurais un monde à produire. ;

Le vénéré Père Général ne pouvant faire sa visite canonique en 1908, délégua un des nôtres, le R. P. Remi Coutu, pour le remplacer au Canada. Malgré son grand âge, il a voulu lui-mêr:- assister au départ de son délégué, et, en le pressant sur sa poitrine, les larmes aux yeux : “Père Coutu, vous direz à mes fils d'Amérique que je leur envoie mon coeur”.

Nous le recevons aujourd'hui, et doublement, ce coeur paternel par l'entremise et la présence du T. R. Père Robert, vicaire de l’Institut des Clercs de Saint-Viateur, le représentant officiel du Pè Général, son bras droit et une partie de son coeur ; un de nos bons amis, comme j'ai pu'in'en convaincre à ma visite à Lyon, en 1909, de sorte que vraiment le Père Général ne pouvait mieux chol-

sir et confier à de meilleures mains le don qu'il nous envoie

Après le R. P. Lajoie vient naturellement le R. P. Beaudry, le vénérable “disparu” comme l'appelle le R. P. Supérieur dans sa lettre de convocation. Tout l'établissement de Joliette, si j'en exeepte la façade neuve qui, à cause de ses proportions, s’appellera peut. ( être un jour la “façade du P. Léger”, comme on disait “l'aile du M. Langlais”, tout cela, dis-je, est son oeuvre. À Saint-Paul de Londres on voit un marbre ti>s simple, élevé en l'honneur de Christophe Wren, architecte de la cathédrale anglaise, et sur lequel on lit : Si quaeris monumentum, circumspice, “Si vous désirez voir le monument de ce grand homme, levez les yeux et regardez autour de vous”. Si, à Jeliette, on cherche le monufhent du Père Beaudry, on n’a qu'à regarder: ce monument nous entoure de toutes parts; il couvre en entier le terrain du collège. Sa chapelle pourtant renferme son coeur caché dans la pierre, derrière le marbre suspendu à |

‘ l'endroit fameux de son confesstonnal.

Ici, en troisième, se place le bon Père Michel (Eucher) Laporte qui fut Michel toute sa vie et jusque dans la mort, puisque Mgr

de Joliette, en chantant l’absoute du défunt, l'a nommé Michaelie sacerdotis.

Que vous en dirai-je ?—Un de ses mots en classe.—Le berger

se doit à la garde de son troupeau; s'il s'endort, le loup vient commettre des dégâts. Un jour donc, notre maître cède à la fatigue et au sommeil et “il ronfle comme un moine”. Alors la contagion, plutôt fente que réelle, se propage de proche en proche et, le temps de le dire, voilà toute la classe, moins un (Grégoire, un sobriquet), couchée sur les tables. Parfois le bruit réveille, en vertu de a loi des contrastes ; mais ici, en vertu de la même loi, ce fut le silence de mort qui sonna le réveil. Comme Madame de Sévigné, je vous offre cent chances de deviner les premières paroles du bon Père..... : Vous n'y êtes pas ! aussi déroutés que nous par cette apostrophe : “Tu n'es pas couché, toi aussi, Grégoire ; vite ! couche-toi comme les autres !”

Un autre jour, une affaire importante l’oblige de s’absenter de la classe ; alors il demande au professeur d'en face “de garder ses petits dindes” pendant quelques minutes.—“Oui, dit un de ses élèves, car notre inère s’en va !”

A présent, pour prouver une fois de plus que les extrêmes se touchent, je place ici le Frère Vadeboncoeur, la délicatesse même, le bon ton fait homme, une sorte d'arbitre des élégances, comme Petrone dans Quo Vadis. Par sa dignité, sa tenue impeccable et sa gravité, il décrocha un titre qu'aucun Frère ne porta avant lui, ni après : on l’appelait ni plus ni moins que “l’abbé Vadeboncoeur” ou “l'abbé de Luxeuil”.

Il avait un goût exquis pour l'architecture ; Mais ses plans, ir. réalisables pour la plupart, parce que trop coûteux, prenaient le plus souvent le chemin des vieilles lunes. Vollà pourquoi un de ses confrères — le P. Peemans — parlant des plans nombreux du Frère Vadeboncoeur pour la chapelle du Père Beaudry, s’écria : “Le Frère Vadeboncoeur mourra d’un plan rentré, c'est sûr !” Je pense rourtant qu'il est mort de mort naturelle.

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Comme il était la sentilhommer:e et la dignité et aussi ccmme il possédait un goût très raffiné pour la musique, il n’avait rien de plus expressif pour qualifier les gros Jean en musique, comme dans la vie sociale, que ces mots : “Ah ! les ioinons !” De même,voulant exprimer sa bonne humeur, à la vue d'une grande gaieté comme celle de ces Noces, il disa't : “Ah ! les gens des noces !”” De son voyage en France, il avait apporté “un sabre ae bois” dont il se servait souvent, moins redoutable à tous égards que la

“règle de bois” du professeur de plain-chant ou du maître des cérémonies.

par excellencs,

De ce pas j'arrive au bon frère Narcisse Guay, un gros Chantecler qui, du moins, voyait toujours lever le les maîtres et les élèves par son Benedicamu de sa cloche dont le P. Peemans disait :

“De la règle je suis l'inflexible gardienne”.

Quand je songe au Frère Guay, je pense aussitôt à la fable de La Fontaine : La Vieille et les deux Servantes,

soleil et faisait lever 8 Domino, et la voix

“Dès que l'aurore, en son char remontait, Un misérable coq à point nommé chantait”,

Alors le professeur

ER a on Courait droit au lit

Où, de tout leur Pouvoir, de tout leur appétit, Dormaient les pauvres écoliers.

L'un entre-ouvrait un oeil, l’autre étendait un bras, Disant entre leurs dents : “Maudit coq ! tu mourras !”

Mais là s’arrêtait la fureur des mauvais instincts de nos étu-

diants, car le bon Frère comptait un monde d'amis parmi ia ‘“‘gent écolière”’,

La gêne lui inspirait bien des gaucheries et des réflex!ons très CoCcasses. Ainsi, appelé un jour à fournir une information, 11 donna la suivante qui vaut ce qu’elle vaut : “Frère Guay, quelle distance y a-t-il entre Joliette et Lanoraie ?—“T] y a quatre lieues pour aller ct

quatre lieues pour revenir, Ca fait huit lieues”. —"g1 tu ne m'achè-

tes d’autres claques, disait-il un jour à un Procureur, je vais être obligé de porter mes neuves”,

Le regretté M. Jos. Lévêque lui avait caché des liasses de journaux destinés à l'achat d'une bannière du Sacré-Coeur pour les enfants de son école ou de “chez moi”. En retrouvant son papier, fl s'écria : “C'est pas faire, Ça ! il cache mon pap'er, fans re dire où il le met”.

En 1875 arrivaient au collège deux professeurs distingués, gradués tous deux, l’un à l’université de Louvain, Belgique, et l’autre, à l’Université Laval, à Québec : j'ai nommé les FF. Peemans et Marcoux de regretté mémoire. On leur confia la rhétorique : au premier, le français, au second, le latin et le grec, pendant que les mathématiques revenaient de droit au Frère Jos. Séguin. Cette classe de rhétorique (1875-1876) se composait comme suit : Samuel Kelly, Wilfrid Désy, Maxime Olivier, Martin Kehoe, Louis Lavallée, Joseph Delcourt, qui ne sont plus de ce monde, mais ancrés au plus profond de notre mémoire : François Lefèbvre, Camille Hogue, Stanislas Gareau, Henri Flamand, Arsène Aubin, Elie Bellehumeur, Joseph Caisse, Sylvestre Sylvestre et Charles Dugas, en tout quinze élèves.

Le Frère Peemans réussissait à merveille, mais son compagnon n'eut jamais le talent de communiquer ses connaissances, ni de maintenir son autorité.

J'arrive à la course pour ainsi dire, au Père Tancrède Archambeault, dont le bon Mgr Fabre disait : “Voyez le P. Archambeauit, il court pour arriver trop tard !” et dont les mots joyeux sont utiles :

“Car ils ôtent le noir penser, Deuil et ennui font oublier”,

Tout le monde n’a pas connu le bonhomme Archambeauit pendant ses études, mais beaucoup plus ont lié connaissance avec le Père Tancrède pendant sa cléricature et durant sa carrière sacerdo-

Part eniruntic soma berrenssannns vemeenmnunenmn mere

tale. Cet ancien élève est bien à ROUS, et nous somms heureux ‘de le réclamer comme membre de notre famille collégiale, car c’est ni plus ni moins qu'un héros.

Mais ce n'est pas le moment de faire son histoire ; égrenons plutôt ensemble, si vous l'agréez, une sorte de chapelet sur les grains duquel, au lieu d’Ave, nous placerons un des mots au bonhomme : “Chacun mon tour, j'aurai son tour’, et comme “c'est fête aujourd’hui, on va glisser (hisser) tous les pavillons”, On voit par les préparatifs de cette fête que le Père Léger n'est pas “un mas. quin” (mesquin). “Ce cher M. Derome, il ne peut plus chanter, {1 a le pympan (tympan) brisé”.—Parlant d'un écolier fin de classe, “il n'aurait pas dû commencer ses études, dit-il, 11 est trop manus habens (minus babens). “Pour moi, continue-t:il, je prépare mes cé. rémonies, pour la messe bassè, dans Globensky (Baldeschi), avec mon ami, Avila Lapalme, mon aliter ego (pour Alter ego)”, —En parlant du Frère Vadeboncoeur il disait : “Ce cher Frère a fait sa remarque (marque) dans la communauté”. Racontant la mort du R. P. Léon Lévêque, ancien directeur et préfet des Etudes à Joliette, chez les Pères Trappistes de Tracadie, en Nouvelle-Ecosse : ‘“j] est mort, soupirait-il, en allant dire la messe chez les Trapines (Trapistines), homme d’une grande séance (science) qui n’aimait pas du tout les fieffrés (fieffés) paresseux, et qui tançait de la bonne facon, les trois derniers des Eléments français, formant un triste truo (trio)”. Comme 11 suivait les questions du jour, il disait dans le temps : “La question des écoles du Manitoba vient d'entrer dans une nouvelle phrase (phase)”. “Malgré mon voto (veto), mon frère est parti, et il a trouvé la mort dans la guerre de Succession entre le Nord et le Sud (Sécession). Mais aujourd'hui, il faut être déplomate (diplomate), car on nous esple toujours (épie)”—I] s'élevait fortement en chaire “contre les bons-à-rien et les bonnes-à-riennes”, ce qui ne l’empêchait pas d'aller conjuguer (conjurer) les sauterei. les au besoin.—Un prédicateur avait dit : “Quelquefois 11 est bon d’avoir une marotte, comme qui diraît, une occupation surérogatot-

re” ; et le Père, de répéter : “On nous l'a bien dit : Chacun sa mar. motte”

Je n'omettrai pas les noms de la “bonne Marguerite” ni de maître Jérôme (Olivier), car on m'accuserait d'oubli, et “je me souviens d'eux”.

Mais je finis en remerciant nos supérieurs actuels—les RR. PP. C. Ducharme et M. Roberge—de cette belle fête, si délicieuse et si bienfaisante pour le coeur ; nOS anciens maîtres, des services rendus ; nos confrères, anciens et nouveaux, de leur franche sympathie et de leur bon accueil.

Pour la grande famille Joliettaine je rappelle un souvenir his. torique, et je finis à l'instant,

Saint Louis de France avait pour devise, ces trois mots : Dieu, Patrie, Marguerite. A son doigt, brillait un anneau entrelacé d’une guirlande de lis (Louis) et de marguerites (Marguerite de Provence) ; sur le chaton, émergeait un crucifix gravé sur un saphir, avec ces mots : “Hors cette annel point d’amour”.—‘"Dieu, Patrie, Famille”, furent aussi les derniers mots du président du Brésil mourant. Qu'ils soient aussi notre devise À tous. “Dieu, le premier servi”, comme disait Jeanne d’Arc ; la Patrie, aimée et respectée ; la Famille, considérée, et l’Aima Mater ou la famille Joliettaine, toujours chère à nos coeurs d'anciens élèves.

Et ainsi se réalisera sûrement ce souhait exprimé en 1878 par le Juge de Montigny, un de nos meilleurs élèves : “Espérons, disaitil, qu'il ne nous sera jamais donné d'entendre dire qu'un élève du Collège Joliette a déshonoré son nom, son collège, sa famille ou son pays”.

M. l'abbé Georges Bélanger, curé de Dannemora. N.- ÿ qui a le redoutable honneur de préparer les condamnés à mort exécutés au Pénitencier d'Etat bâti en sa paroisse, est à son tour appelé. Tout le monde désirait l'entendre, et la lecture. de sa causerie prouvera qu'on avait raison,

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M, l'abbé Georges Bélanger, Curé

Messeigneurs, Messieurs,

J'espère que vous ne vous attendez pas à entendre un discours de moi ce soir, car, si oui, vous seriez désappointés “pas pour rire”, Quand, il y a une disaine de jours, je fus informé que le Comité d'or. &anisation des Fêtes Jubila:res m'avait fait l'honneur de me mettre sur la liste des Causeurs, j'eus un frissonnement. Faire une causerie, moi qui suis naturellement taciturne, et qui puis à peine causer à deux, comment causer seul, et devant un auditoire aussi d'stingué. Puis, circonstance Aggravante, outre mes occupations ord'naires du ministère paroissial, J'avais alors cinq condamnés à mort sur les bras, J'ai conduit l'un d'eut à la chaise électrique, bier, à six heures du matin. C'était mon quinzième, dont six convertis, y compris les trois frères Van Wormer exécutés le même jour, le premier octobre 19083.

On dit qr'n s'habitue À tous les métiers, c'est vrai ; Mais je crois que mon métier, à mot, est l’un de ceux auxquels l’on ne peut Jamais s’habituer parfaitement : préparer et conduire à la mort un homme plein de santé et souvent plus fort que vous, c’est toujours quelque close d'impressionnant et qui absorbe presque ent'èrement votre esprit, surtout pendant les derniers jours qui précèdent l’exécution, Il est presque Impossible alors de penser à autre chose qu’à ce sombre drame qui se déroule d'avance dans votre imagination. Voilà, Messelgneurs et Messieurs, l'état peu enviable où je me trouvais ces jours derniers, Que faire alors ? Je me disais : gi je décline l'invitation, l’on me taxera peut-être de mauvaise volonté, et,

Pour cela, je m'en défends, 1] ne me restait donc qu’A accepter. Et me voilà devant vous, Messeigneurs et Messieurs, implorant votre indulgence : car je n'ai pas même la mince consolation de ce jeune homme qui, appelé à prendre la parole, dans un banquet, à New-York, se leva, la figure joliment enluminée, et dit : “Mes-

sieurs, quand je suis entré dans cette salle, j'avais un beau discours de p:éparé, 11 n'y avait que Dieu et moi qui savio"ss ce que J'étais Dour dire, et maintenant..., Dieu seul le sait”, Je ne Pourrais pas dire que j'ava’s un discours de prépcré, seulement certaines idées entassées, pêle-mêle, dans ma tête fatiguée et maintenant fortement bouleversée par les émotions éprouvées depuis hier soir. Voyons si je pourrai trouver, au moins, encore une de ces idées... Tiens, je ne cherchais pas à la bonne place. Ce n'est plus à la tête que je dois m'adresser, mais au coeur. Et là, je trouve, non une idée, non une pensée, mais un désir, un dés!r ardent, et ce désir, c'est que le beau mouvement de reconnaissance envers notre Alma Mater, commencé hier et continué aujourd’hui, ne s'arrête Pas là. Je souhaite qu’il s'accentue encore davantage. Je désire même qu'il devienne contagieux. Et, mes chers confrères et a:nis, si Vous vous sentiez atteints de la maladie—et j'espère que plusieurs le seront—n'allez

pas chez le Docteur Dubé demander : ;s remèdes Pour vous guérir :

Îl n’en a pas de cette espèce-là : « “d même il en aurait, {l ne

vous en donnerait certainement ». Alors, prene. donc l'avis

de l'un des vôtres qui commence à vieillir Je n° suis pas médecin

et, par conséquent, je n'ai pas le droit de donner des prescriptions. ;

Mais j'espère que la noble faculté de Médecine ne m'inquiètera pas, si j'ose prescrire ce qui suit : si donc vous Vous sentiez atteints de la :naiadie susmentionnée, soufflez aux oreilles des confrères, et t ufflez bien fort, afin que la contagion se répande autant que possible. Plus ça s'attrappera, mieux ce sera. Et si la maladie menace de tourner à l’état d'épigémie, tant meiux, et ne craignez pas le bureau d'hygiène. Je connais celui qui, le cas échéant, sera responsable de cet heureux fléau, et je Pourrai, au besoin, preuves en mains, le citer au tribunal du bureau d'hygiène. Le CouP.... pardon ! j'allais dire le Coupable.—Quand on a été pendant plus de vingt-huit ans en contact journalier avec des milliers de prisonniers, le mot “coupable” vient si naturellement à l'esprit —Je voulais dire que celui qui aura été la cause première de cet heureux “: ‘u, c'est le di-

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gne, le bien-aimé et vénéré évêque de Joliette ; c’est Monseigneur Archambeault qui, par sés contributions si généreuses et si souyent ‘ répétées en faveur de son cher Séminaire, a jeté la bonne semence, une semence qui devait produire dans les coeurs de tous les anciens élèves des fruits abondants de générosité, je dirai même de sacrifices. Nous aimons notre Aima Mater, nous en sommes fiers, et à juste tite. Nous la voulons prospère, et sur un pied d'égalité avec les autres maisons d'éducation du même genre dans tout le Dorniaion. Or, pour cela, 11 faut lui venir en aide d’une manière efficace.

J'aime beaucoup l'idée exprimée par Monsieur Omer Héroux dans le Devoir. En voici la substance. 11 y en a peu, dit-il, parmi les anciens élèves du Séminaire de Joliette, qui pourraient donner un gros montant à la fois ; silais il y en:a un grand nombre qui pourraient verser chaque année une petite somme, soit dix ou quinze dollars. C'est une idée Qui devrait être mise en pratique. Donc à l'oeuvre, confrères !

Messeigneurs et Messieurs, j'aurais encore bien d’autres choses à dire : je pourrais mentionner cette merveilhieuse transformation de l’ancien collège bâti par l’Honorable Barthélemy Joliette, en c: Magnifique Séminaire où il ne reste plus un seul pouce de l'antique édifice dans lequel j'ai fait mes études ; je pourrais exalter la mémoire du Révérend et regretté Père Beaudry qui fut, durant tant d'années, l'âme de cctte maison. Mais tout cela a déjà ét6 fait par des bouches plus éloquentes que la mienne. Je ne puis cépendant m'empêcher d'exprimer le regret que j'éprouve de l'absence de Monseigneur Prosper Beaudry, Prélat Domestique, et Vicaire Général du diocèse de Joliette, l’un des bienfaiteurs insignes de ce Séminaire, et dont la maladie l'empêche d'assister À ces fêtes fra: ternelles. Son absence et celle de son vénéré frère, Cvrille, n’en font qu’une, à la vérité. Leurs deux coeurs, qui battaicnt si bien À l'unfsson, n'en faisaient qu’un. Leurs deux âmes, qui se comprenaient si parfaitement, n’en faisaient qu’une ; et je pourrais dire,

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dans un sens moral, que leurs deux personnes n’en faisaient qu'une aussi. |

Maintenant, comme nous sommes ici “pour raviver les vieux souvenirs”, permettez-moi d'en rappeler un qui date de plus de quarante ans, et qui est un trait caractéristique du bon Père Lajoie. C'était au temps où la communauté, professeurs et élèves, assistait aux offices publics à l’église paroissiale, Le Frère Vadeboncoeur, de douce mémoire—pas toujours cependant—était maître des cérémonies, et il nous recommandait fortement d'aider le célébrant à prendre et à déposer les ornements. Or, un beau dimanche, —je ne sais pas si je devrais l'appeler beau pour moi—je servais comme cérémoniaire ; après la messe, je me mis en frais d'exécuter les iistructions du Frère Vadeboncoeur, et il me semblait pourtant que je ne m'acquittais pas trop mal de ma tâche, lorsque, tout à CO:1p, le Père Lajoie, avec ce sourire habituel qu'il savait si habilement dissimuler qu'il en restait à peine quelque trace sur sa figure, se tourne de mon côté et me dit, sans préambule : Çà que ça va bien mieux tout seul !”’—I1 n'avait encore fait connaître que “la moitié de sa pensée”, ma:s j'avais compris ; et, sans lui donner le temps d’exprimer l’autre moitié, je tirai ma révérence, comme vous me permettrez de la tirer présentement.

Son Honneur le Juge Israël Bélanger, de Cohoes, appelé à prendre la parole, vint faire ses excuses, disant “qu’il avait perdu la voix” : mais sa plume nous reste : elle va nous régaler quelques bons moments.

L’hon. Juge I. Bélanger

Messeigneurs, ; Révérends Messieurs, Messieurs, En réponse à l'invitation du R. P. Morin, de parler au Concertcauserie, je lui d'sais qu'il me ferait plaisir de venir mêler ma voix

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au concert harmonieux des anciens, et de chanter, dans la mesure

de mes faibles Ccapacités,. les louanges si méritées de mon Alma Mater.

Ce n’est pas sans émotion, mes chers confrères, que je revois ces murs, ces arbres, cet étang et ces allées, si pleins de souvenirs: ce n'est pas sans émotion que je revois ces vénérés professeurs d'it ÿ a vingt ans, qui, maintenant blanchis et courbés par le travail que leur impose leur sublime mission, nous reçoivent avec tout le char. me et toute la généreuse tendresse d'un zère Pour . :: - fants,

Oh ! c’est bien toi, Joliette ! C’est bien dans tes murs que j'ai laissé la meilleure partie de DIOn Coeur ! C’est bien {ci que sont mes Plus doux souvenirs ! O ! mon Collège, c’est le coeur rempli de re- Connaissance que je baise, avec tout l'amour filial dont mon âme est capable, ton front tant aimé ! C’est dans un délire de joie que je re-

viens vers toi, ma mère tant aimée, honorée et respectée !

Mes chers confrères, si j'ai bien compris l'esprit qui a présidé à la préparation de ce Concert-causerie, le but en est de faire connaftre quelques-unes de nos aventures, tragiques, sério-comiques, ou simplement comiques, que nous avons eues pendant notre séjour au collège ; et comme je ne veux pas prendre plus de temps qu'il ne m'en est alloué, je me bornerai à trois de ces incidents qui, je l’espère, räppelleront des souvenirs agréables, ou peut-être même désagréables, à quelques-uns de mes confrères.

A mon entrée au collège, :1 m'est arrivé une aventure assez piquante.—]Il faut vous dire que j'avais vingt ans, grand comme une perche et maigre comme un clou.—La seule personne que je connaissais au collège était un mien cousin, Liguori Laporte, aujourd’hui curé à Sainte-Clotilde, dans le diocèse de Valleyfield.—Le nom des classes, pour moi, c'était tout du noir. Mon cousin m'informa que si j'étais bien chanceux, j'entrerais peut-être en Eléments fran- Cais.—Je savais lire, et écrire.... peut-être, En tous cas, ma callgraphie n'avait rien d'extracrdinaire, loin de là ; et je tiens à

vous dire, en passant, qu’elle ne s’est guère améliorée.—Enfin on nous avertit—les nouveaux—de monter à l'étude pour subir une espèce d'examen qui prouverait notre savoir.

Le Père Peemans était alors Préfet du cours classique, et le Père Corcoran, Préfet du cours commercial.—“Ceux qui veulent entrer en Syntaxe française”, dit le P. Peemans, “suivront le Père Corcoran au troisième étage, et ceux qui désirent subir l'examen pour les Eléments resteront ici”’.—Mon cousin m'’ayant recommandé les. Eléments, je restai à l’étude où, pendant tout un avant-midi, je luttai de toutes mes forces avec une dictée de quatre pages, couvrant toutes les règles, si compliquées, de la grammaire française.

Ma dictée n’a pas dû être un succès. Je quittai l’étude, bien persuadé que ma place était toute désignée, en Préparatoire. Aussi, je vous laisse à juger de ma stupéfaction lorsque, dans l'après-midi, on vint donner le résultat des examens et que j'appris qu’on me mettait en Syntaxe française, Mon cousin manifesta sa surprise par l’expression très en vogue alors : “T'as ben massé çà !”

Vous comprenez, n’est-ce pas, que, dans mon ignorance, j'avais concouru pour les Eléments latins au lieu ” ‘s Eléments français ; et ne me trouvant pas assez fort, on m'avait renvoyé en Syntaxe française.

Un autre inc'dent qui me revient à la mémoire et qui faillit tourner au tragique, c’est l’histoire de la “citrouille de Nadeau”.

Nous avions, de mon temps, deux gros gars qui venaient de Saint-Paul, Minnesota, les deux frères, du nom de Nadeau. L'un d’eux, très brillant élève des Eléments français, m'avait choisi comme confident. Je dois avouer que dans ce temps-là, je devais avoir l’air un peu naïf ; car les faits ou les blagues qu'il me racontait me font croire aujourd'hui qu’il me prenait pour un fier imbécile.

Un jour, dans une de nos promenades habituelles, où son esprit vantard et ingénieux était en ébullition, il s'arrête tout à coup et me dit : “Sais-tu, mon cher Israël, que chez nous,l’an dernier,nous avons récolté une citrouille tellement grosse que ça prenait quatre hommes

Pour la charger dans une voiture ?”.., Je fis semblant d’avaler tout d’une pièce cette monstruosité, et je m'extasiai d’admirat'on devant : une telle munificence de la nature. | Aussitôt séparé de “mon” Nadeau, j'allai, à la hâte, raconter à mes confrères cette bourde qui aurait pu faire mourir d'envie l'in. comparable Baron de X... Ce soir-1à, au réfectoire, Joseph Trudeau, aujourd'hui médecin à Saint-Remi de Napierville, à qui j'avais raconté l'h'stoire, se tournant vers Nadeau, d'un air très sérieux lui dit : ‘“‘Sais-tu, “mon” Nadeau, qu’à la fonderie de Montréal, on est à construire une chaudière en cuivre tellement grande que les hommes qui y travaillent, bien qu’ils frappent à tour de bras avec des

sur les bords de la chauaière ?” — “Hein !” s'écria Nadeau, “me prends-tu pour un fou RE que veux-tu qu’on fasse avec une pareille chaudière ?” — “Faire cuire les citrouilles du Minnesota !” répliqua Trudeau. Il faut vous dire que ce fut la fin de mon intimité avec Nadeau.

Le troisième et dernier incident que je veux vous raconter s’est passé alors que j'étais Finissant. Nous avions comme confrère, Gaston de Montigny. Son père était un ancien Zouave pontifical et grand ami du Général de Charette, son ancien commandant (1). Or, en 1889, au mois de décembre, le Général de Charette écrivait à M. de Montigny, lui demandant s’il ne pourrait pas lui envoyer quelques jeunes Canadiens, à l'esprit hardi et aventureux, pour une expédition en Afrique, afin de porter secours à certaines missions dont on n’entendait plus parler,

Monsieur de Montigny écrivit aussitôt à Gaston, lui offrant de se joindre à l'expédition ; Celui-ci accepta avec un enthousiasme ns

gny, jadis élève du collège oliette, loire d'êtie le premier canadien rançais Lens voient a ns Su REZ ine et même plusieurs écoliers partirent du « n pagn r le R. P. Joseph Mir 14, c. s. v

> ‘esseur au co ème détachement, * : 2vise des Zouaves fut : ‘“‘Aime , et à Rome on les appelait : Diables du bon Dieu’,

digne de la noble cause qu'il allait embrasser. Ce fut les larmes aux yeux que nous le vimes partir. 11 nous qu'tta, comblé de nos souhaits, et avec l’assurance de nos plus ferventes prières... |

Deux mois s’écoulèrent sans no'velles de Gaston. Un jour, au dîner,—je pensionnais en ville—une de ces folles idées dont on ne connaît pas la provenance me traversa l'esprit.—Chose assez rare dans ce temps-là : nous nous payions le luxe d’un téléphone.—J'appelai le Collège, et demandai au Frère Pigeon, alors portier et infirmier,s’il voulait bien avertir E.D.... qu’un monsieur de Montréal désirait lui parler. Après quelques minutes d’attente, mon confrère et ami était à l’autre bout du téléphone, et vo:ci l’intéressante conversation qui eut lieu : “Hello ! est-ce toi E...? — Oui. — Sais-tu qui te parle ? — Non. — C'est Gaston de Montigny. — Oh ! oui, je reconnais ta voix : où es-tu donc ? — Je suis à l'Hôtel Windsor, à Montréal ; les officiers du 65e me donnent un banquet à l’occasion de mon départ pour l’Afrique. Je pars ce soir, et je voudrais te saluer et, par toi, toute la classe avant de faire mes adieux, qui seront probablement les derniers à notre cher Canada”.

Mes chers amis, vous dire ce que je souffris les quelques jours suivants est presque impossible : car mon confrère ne nous laissait plus avec “son Gaston de Montigny” ; et il prenait un plaisir toujours nouveau à nous raconter la conversation qu'il avait eue avec lui, conversat‘on qu'il amplifiait à chaque narration ; et si tout ce ce que mon confrère nous contait avait été dit, cela aurait duré au moins trois heures au téléphone. Peu s’en fallût qu'il ne fit recommander Gaston aux prières.

Ce n’est que trois semaines plus tard qu’un indiscret me vendit. Il est plus facile d'imaginer que de dire l’assaut terrible que j'eus à subir. Mais l'incident tourna à bien lorsque je répondis à mon confrère que s’il avait tardé à découvrir le truc, je l’aurais appelé au téléphone pour lui annoncer que j'étais en pleine mer.....

Messeigneurs et Messieurs, avant de m’asssoir, permettez-moi de vous offrir mes plus sincères remerciements pour votre bienveillan-

te attention et votre aimable Condescendance.

Les fêtes de Joliette laisseront en nous des souvenirs ineffaçables,

et c’est les larmes aux Jeux que nous nous séparerons Pour continuer les luttes de 1a ‘vie.

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M. Pierre Sylvestre, chanoine et curé de Saint-Gabriel de Brandon, l'ami de Coeur du R. P. Beaudry, son bras droit pendant Plusieurs années, son confident, son conseil-

ler, fut appelé par M. Labelle ; toute la foule des anciens, parmi lesquels M. Sylvestre est

un des mieux connus, l’acclama d'une façon agréable, sympathique et significative. Voici son discours :

M. l'abbé bp. Sylvestre, Chanoïine Messelgneurs, Mes chers Confrères, :

Dans le cours de l’année dernière, tous ont lu avec un véritable bonheur la belle biographie du R. P. Beau-

dry, portant pour épigraphe : Un Educateur Apôtre. À ce beau titre

de gloire, si bien mérité, ne Pouvons-nous pas en ajouter deux au-

tres qui brillsnt avec non moins d'éclat dans la couronne qui ceint

le front de notre Père : Apôêtre du Sacré-Coeur et Apôtre de la Communion fréquente ?

Entré au Collège Joliette en 1866, j'en suis définitivement parti

en 1899. Pendant tout ce laps de temps, j'ai eu le bonheur de vivre côte à côte avec le P. Beaudry et sous sa bienveillantc égide. Pendant vingt ans, j'ai été, comme professeur, associé à ses travaux, J'ai partagé ses joies et. ses peines, j'ai été son humble mais toujours dévoué serviteur ; Pendant vingt ans, j'ai été le- confident intime de ses pensées et de ses projets. Je crois donc pouvoir affirmer que nul d’entre vous h'a connu comme moi la oelle et grande âme qu'était celle du P. Beaudry. Or, où a-t-l toujours puisé ses lumières, sa force, son Courage ? Dans la dévotion au Sacré-Coeur de Jé.

les élèves du Séminaire

sus et dans la Sainte Eucharistie. Nous pouvons donc le saluer comme l’Apôtre ardent, z616 et toujours éclairé de ces deux dévotions.

Je sais que vous tous, chers confrères, qui l’avez connu, vous le regard'ez comme un saint ; et moi, en toute sincérité, je déclare que jamais, dans tout le cours de ma vie, je n’ai rencontré un homme dont la sainteté, à mes yeux, surpassât et même égalât celle de notre Père bien-aimé. Il a pratiqué la charité, l’obéissance, la pauvreté, l’humilité, la mortification, en un mot toutes les vertus chrét'ennes, à un degré héroïque.

Aussi, comme Mgr de Joliette, je porte en mon âme la douce espérance qu’un jour, l'Eglise le placera sur ses autels ; qu’elle permettra de rendre un culte public et d'adresser des prières à Saint- Cyrille de Joliette, Supérieur de notre Alma Mater.

Mes chers confrères, en attendant et pour hâter ce jour de gloire incomparable pour le Séminaire de Joliette, montrons-nous toujours les dignes fils d’un tel père.

Qu'on nous trouvé toujours au chemin de l’honneur et de la vertu ! Que la Religion et la Patrie nous comptent toujours au nombre de leurs plus-vaillants défenæurs. Enfin, pour räppeler le nom par lequel Mgr Fabre, de douce mémoire, désignsit les élèves du Collège Joliette, regardons comme un honneur d'être reconnus pour des “petits Beaüdry”. :

Mes chers confrères, je vous prie de voir, dans ce court éloge du P, Beaudry, un hommage rendu à sa mémoire et un témoignage de sincère reconnaissance et de filiale affection.

M. L.-J. Doucet, “généreux poète au coeur naïf”, auteur de la Jonchée Nouvelle, lut ensuite avec beaucoup de succès :La Cloche du Vieux Collège, une de ses meilleures pièces.

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— 296 — La Cloche du Vieux Collège

La voix du souvenir est parfois éternelle, Le temps ne peut tuer ses accords souverains :

‘ Au coeur qui veut l'entendre, un s0n, quelques bruits d'aile, Emeuvent à l'instar des Carillons d'airain.

Aussi combien de. fois, dans le secret des veilles,

? N'ai-je pas évoqué l'âme des jours défunts ? Et mon rêve, à l'assaut d'illusions vermeilles, Remontait en chantant, à travers des parfums.....,

Cloche du souvenir qui clames dans l'espace

Le rappel attendri des Jeunes et des vieux, Cloche des Angelus au clair d’aubes vivaces, Clsche des âges d'or qui chantes vers les cieux,

Nous t’avons entendue aux heures de prières, Quand novembre pleurait sur le repos des morts : Nous t’avons entendue aux heures coutumières Comptant pour l'avenir le fruit de nos efforts.

Dans les matins d'hiver, parfois la voix éteinte, chantait plus doux, emprise de verglas.

Mesurant notre somme au fr:sson de sa plainte,

Nous reprenions la vie et plus fiers et moins las.

Emue à ses accents d’espérance et de gloire,

Notre âme a retenu son appel matinal,

Lorsque nous reprenions quelques pages d'histoire :

De Lycurgue à César, d’'Homère à Juvénal.

Disant notre réveil aux échos de la rive, Joyeuse sous le ciel des matins de pr'ntemps,

Tressaillant comme un coeur aux pulsations vives, Telle était notre cloche en son clocher d'antan.

Bien des fois depuis lors, dans les heurts de la vie, Notre oreille a perçu les échos du passé ;

Aux parfums de jadis notre âme inassouvie S’abreuve encor, les sors, en son vol inlassé.

Bien qu'éloignés de toi, de tes appels sincères, Nos coeurs n'ont pas cessé de vibrer avec toi : Fiéèles au passé, fidèles à nos frères,

Malgré les vents mauvais, nous gardons notre fc

Vieille cloche d'antan qui sèmes ton délire, Emiettant tes chansons sur le fuite des jours,

Ne puis-je à tes accords harmoniser ma lyre Pour dire : ALMA MATER, nous t'aimerons toujours.....

Le frisson de nos coeurs, c'est le frisson des choses. Cette cloche a chanté notre joie et nos deuils,

Et dans les soirs joyeux et dans nos soirs moroses, Nous l'avons enteudue : Allons à l’ancien seuil !

En sonnant les retours elle apprend les absences ; En pleurant les absents elle dit : souvenir ; Nous unissant alors aux deuils, aux espérances

De son dôme béni qui nous a su bénir.

La voix du souvenir, c'est la cloche qui pleure Sur ceux qui nous ont fuis pour une éternité... Pourtant iis seront là, revenus à cette heure Où nous les nommerons bien haut, avec fierté

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Leur âme a voltigé vers nous, elle se penche

Pour nous dire : “Sursum ! allez dro't le chemin !” . Jeunes fronts trépassés, vieillard À barbe blanche, Nous ont dit que la vie a de fiers lendemains.

Allons à l'ancien seuil marqué de leur empreinte, Un vieil arbre y grandit gravé de notre nom, Près des drapeaux flottants la vieille cloche tinte Sur les chemins d'antan où nous retournerons,

Cloche égrenant encore au tournant de la route Ton appel argentin au Passant qui s’émeut, Notre coeur se souvient, et notre oreille écoute Tes échos attendris qui montent au ciel bleu.

Mélant ton harmonie à nos heures lointaines

Nos voix se tourneront vers ton dôme béni :

L'hymne de Car:llon, “A la Claire Fontaine”,

Mettront au fond des Coeurs un frisson d'infini. anne

Les élèves nous ont servi des intermèdes charmants de Chant et de musique, entre autres la Cantate, bien connue et toujours aimée, à l’hon. Barthélemy Joliette, des extraits de Christophe Colomb et du Désert , enfin les Chants Canadiens harmonisés par M. Ernest Gagnon, de Québec, ancien élève. M. Gagnon assistait à cette exécution de ses C hants, qui fut très réussie,

Le chant de l’“A/ma Mater”, exécuté par tous les élèves actuels du Séminaire, nous a profondement émus. Qu'on me permette d’en citer les paroles que nous devons à la plume du R. P. J. Charlebois, C.s.v., Provincial de l’'Obédience de Chicago, et qui fut, pendant dix ans, professeur et préfet ‘des études au Séminaire de Joliette. =

‘“L'Alma Mater ’” REFRAIN

L'Alma Mater, À ses fils d'âge en Age, Lègue sa foi, son esprit et son coeur.

. De nos aînés, nous gardons l'héritage, Nous aimons Dieu, la patrie et l'honneur.

Nous l'aimons bien notre vieux Séminaire, Où les anciens ne sont pas inconnus ; C'est un foyer d'étude et de prière, Où les nouveaux sont toujours bienvenus.

Dans cet asile où la paix règne et brille, Vivons gaîment et la main dans la main ; Préparons-nous, au sein de la famille, Préparons-nous aux combats de demain.

U Nous l’aimons bien notre sainte chapelle, Où nous trouvons le pain de chaque jour ; Au rendez-vous quand Jésus nous appelle, Nous accourons pleins d'espoir et d'amour.

Sous ses regards nous fourbissons LOS armes, Nous les voulons tremper au feu divin ; Et nous irons, sans peur et sans alarmes, Servants de Dieu, tout droit notre chemin.

Nous l’aimons bien ,notre cour, vaste arène, Où nous luttons pour affermir nos bras; Où, plus souvent, à l'ombre d’un grand chêne, Nous devisons de luttes, de combats.

Si la patrie, au jour de la bataille, Fait un appel au coeur de ses enfants, ous serons prêts à braver la mitraille, Au champ d'honneur toujours fiers et vaillants.

Nous l'aimons bien cette maison bénie, Où nous puisons Ia science et la foi :

Elle a formé des chefs Pour la patrie Et des pasteurs à la divine lot.

81 nos aînés nous ont léçué leur gloire, Conservons-la pour ceux qui nous suivront ; Et notre page, aux Fastes de l'histoire, Sera tracée en un style fécond, V a Nous l'aimons b'en ce pieux sanctuaire, Où l'on nous dit la &loire des Aïeux.

31 leur valeur nous a gardé la terre, Par lecrs vertus ils ont conquis les cieux ; Nous avons d'eux reçu double héritage :

Nous somnies tous d'abord de fiers Chrétiens, Et grâce à yieu ! honneur à leur courage !

Nous sommes tous de vaillants Canadiens.

Et si jama!s, les Loges maçonniques Lans leurs filets veulent nous enlacer, Nous leur crierons : Nous sommes catholiques : Courbez vos fronts et laissez-nous passer ! : Francs matelots sur la barque de Pierre, Nous sillonnons en paix la haute mer, Et nous crions, fils d’une race fière :

Vive Jésus ! Gloire à l’Alma Mater !

On ne m'en voudra pas, je pense, si je glisse ici, à la bonne place, ce chant de bienvenue exécuté par le choeur des élèves, en 1888, à l'inauguration du collège entièrement restauré. Je l'extrais du numéro doré de l'Etudiant, de M. l'abbé

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