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d'effort sans accompagnement d‘erreur, et 1] n'y a que celui qui ne fait rien qui ne se trompe jamais.
Agir done, même st l'on se trompe, quitte à recommencer quand on s’est trompé. E
Le véritable patriote est celui qui travaille à améliorer sa st. tuation et celle de sa famille ; c'est celui qui est prêt À tous les
afin de donner à ses enfants une instruction solide qui leur permettra de mettre en valeur les talents dont la nature aura pu les douer. C'est 1 le véritable patriote. Celui-là, quel que soit son Feng Ou sa condition de fortune, il mérite de figurer au livre d’honneur où la Patrie inscrit les noms de ceux qui l'ont fidèlement servie. Mes jeunes amis, ayes foi, une foi invincible dans la survivance de votre race. Cette survivance, il faut la voulotr de toute l’ardeur de votre patriotisme. . .
Tous les êtres organisés tiennent à la vie. Ils y tiennent de toute le force de leurs fibres. Le père aime à ge voir revivre dans ses enfants, Pour eux il travaille, pour eux il amasse. C'est la famille qu'il veut perpétuer.
La nationalité n’est que le prolongement de la famille.
Notre race ne doit pas disparaître de ce sol qui partout répète un écho français.
Nous n'occupons, de par notre nombre, qu'une situation encore bien modeste.
Nous ne sommes, tant au Canada qu'aux Etats-Unis, que trois millions et demi de. Canadiens-français. Mais il ne faut pas oublier que notre population a doublé tous les trente ans. Ne double-
‘ Tait-elle, à l'avenir, qu’à tous les trente-cinq ans, nous serons quatorze millions dans soîtante-dix abs, et ‘dans un siècle ou à peu près, nous serons vingt-huit millions. Un siècle, c'est peu dans l’existence d’un peuple. Nos petits-enfants vivront encore à cette époque ; et, lorsqu'ils parleront français, lorsqu'ils parleront cette belle . langue qu'on aime partout, pour ses douceurs, ses clartés et ses
‘harmonies, cette belle langue dans laquelle ont été écrits les plus
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? = beaux chefs-d'oeuvre de l'esprit humsin, nos petits-fils seront compris par trente millions de leurs compatriotes. Trente millions de coeurs et de cerveaux français ! c’est plus qu'il n’en faut pour créer un foyer dont le rayonnement et la chaleur se feront sentir sur tous les points de cette libre et féconde terre d'Amérique.
M. Adhémar Rivet, député d'Hochelaga, lui succède à la tribune où il sut bien se tenir à la hauteur de sa renommée. Qu'on en juge !
M. L.-Adhémar Rivet, M. P.
Messeigneurs, .
| Messieurs,
En prenant la parole, dans cette circonstance, je tiens à déclarer, tout d’abord, que ma plus vive gratitude est à jamais acquise au comité d'organisation de ces fêtes grandioses, pour l'insigne privilège qui m'est offert d'exprimer publiquement mes sentiments et ceux de cette grande famille du Séminaire de Joliette qu'un cordial appel a réunie, dans une commune pensée de fidélité aux origines, au foyer de sa vie intellectuelle et morale.
Néanmoins, si flatté que je sois de cette distinction, il me vient un regret à la pensée ; c'est qu'en accomplissant l'agréable tâche qui m'est dévolue, je ne puis espérer maintenir sur les hauteurs où il n’a cessé de planer depuis hier, le verbe éloquent d'une manitestation qui a eu comme interprètes ceux d’entre les représentants les plus -émfnents de la littérature et de l’art canadien, et qui, partis de cette maison pour atteindre les sommets, y s0nt revenus célébrer magnifiquement ses gloires et ses bienfaits.
Aussi, à ce superbe témoignage de foi et d'amour au passé, À cet apothéose de l’enseignement classique et chrétien, si dignement incarné dans cette maison d'éducation par excellence ; à cet bommage éclatant de la piété filiale, offert par quelques-uns de ses en-
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Tants, au nom des autres, avec un talent et un succès qu'il est permis d'envier sane pouvoir espérer l'égaler, n'ai-je en ce moment d'autre ambition que d'ajouter le modeste tribut d’affection.et dè profond attachement d’une âme, dans laquelle les souvenirs d’une formation de sept années, dans cette institution, ont merveilleusement contribué à entretenir, et ravivent Aujourd’hui singulièrement le culte de la reconnaissance,
C’est vous dire que-mon premier devoir sera de faire écho aux justes éloges et aux remerciements bien mérités, tombés des lèvres de mes prédécesseurs dans ce Contert oratoire, à l'adresse des directeurs de ce Séminaire, de ces hommes de lumière, de foi et ae dévouement, en qui revit, toujours agissante et féconde, l'oeuvre éducatrice de l'Institut de Saint-Viateur, et qui Personnifient à nos Yeux tout un passé de sacrifices, de labeurs et de Progrès, un passé
dont la mémo're, éternellement chère à nos Coeurs, nous autorise à
Voir aujourd'hui dans la Continuité de l'effort et le succès renouvelé, les promesses d’un avenir fructueux et b:iilant.
reux erthousiasme, ou de taxer l’hyperboliques, les louanges qui
- Sont allées, depu:s bier, à cette Vaillante Communauté d'éducateurs,
‘Qui fait aujourd’hui un si chaleureux aCCueil à ses nombreux enfants,
tif ; si l’apparition de notre jeunesse d'étude, de Paix et d’heureuse insouciance dans l’incomparable décor qui vit ses ébats : gi enfin la résurrection d’une époque, tout imprégnée de ce que la vie, à son aurore, peut donner de beau, de on et de serein, ont pu arracher dés cris d'émotion, d'amour et de gratitude, j'affirme que cette explosion de sentiments n'altère en rien la vérité de l'hommage otfert par des témoins irrécusables, à l'oeuvre qui, d’abord accomplie à leur bénéfice, se Poursuit sans défaillance et avec une effi.
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cacité admirable vers le but que lui ont assigné ses immortels fondateurs.
Je désire vous féliciter aussi cordialement que possible, M. le Supérieur, de la doubl: pensée qui a inspiré la célébration du soixantième anniversaire de la fondation de ce Séminaire.
Vous avez voulu d’abord, par une: hospitalité charmante et discrète, ramener durant deux jours, les anciens élèves de cette Institution, à la vie collégiale.
Permettez-moi de vous dire que vous y avez ple‘nement réussi. Il est vrai, qu’à cette fin, vous avez mis à contribution toutes les ressources de l’art et monopolisé l'initiative intelligente et l'activité ingénieuse de vos collaborateurs. En cela, vous avez prouvé une fois de plus votre bon goût et votre grand coeur, en même temps que vos merveilleux talents d'organisation. Nous avons donc été entièrement chez nous, dans la plénitude d’une liberté dont nous ne jouissions pas toujours à l’époque de nos études, et dans le charme d'un laisser-aller et d’une camaraderie qui nous ont fait vivre des heures inoubliables.
Mais cet anniversaire répond aussi à une autre préoccupation d’un ordre plus élevé devant les aînés de la famille : les progrès et les résultats d’un enseignement dont ils suivent avec intérêt le mouvement et les vicissitudes diverses.
Ai-je besoin de vous dire que, pour ma part, je n'ai été, à cet égard, victime d’aucun désappointement.
Désireux d'apprécier l'effort éducationnel et les travaux d’une Institution qui, dans son enveloppe matérielle comme dans son âme, ne se transforme que pour s’embellir et s'améliorer, j'ai pu me rendre compte, avec un légitime orgueil et une patriotique satisfaction, du merveilleux essor imprimé à sa carrière, ainsi que de sa large contribution au succès de l'instruction classique dans ce pays.
De cette façon, j'ai pu voir avec quelle intelligence, les directeurs de mon Alma Mater savent interpréter le rôle qui incombe aux collèges et aux séminaires dans l’enseignement secondaire.
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Ce rôle,—tous 1es esprits éclairés l’admettent —a une influence <onsidérable sur les destinées de la natioi, et sur l'avenir de la ra- Ce Canadienne-française en particulier, .
Un examen des conditions du milieu dans lequel évolue notre système d'enseignement classique nous conduit aux constatations et aux conclusions suivantes: :
Le droit public de notre pays garantit Ja liberté d'enseignement la plus large, à tous les degrés, cette liberté bien entendue qui ex- <lut la licence et qui comporte seulement le droit naturel et imprescriptible, pour tous les citoyens, sans distinction de condition ou de Caractère, d'enseigner le bien et de former les générations qui montent à la vie, d'une façon qui échappe à la contrainte légale, en honneur dans certains pays.
On peut même dire qu’il n'existe pas de peuple au monde où cette l'berté soit mieux'comprise, mieux pratiquée et plus fertile “en bons résultats, À la faveur de ce régime libéral de l'instruction publique, on a vu s'élever peu à peu l’édi‘ice de notre enseignement
‘secondaire sur la double base de nos cAllèges classiques et des High Schools, selon la mentalité différente des deux races qui comdosent principalement la Population caradisnne.
De cet édifice, aux vastes et imposantes PMoportions, qui gran. dit et se transforme sans cesse, suivant la marche de la civil'sation ‘et les besoins nouveaux de chaque époque, on voit sortir, chaque année, armée de p!ed en Cap pour la lutte de la vie, une jeunesse ‘ardente, laborieuse et patriotique qui s’en va sur tous les terrains, renforcer les bataillons d'élite qui s’y disputent déjà la prééminen-
ce économique ou intellectuelle, et conquérir pour ellemême et ‘Pour l'honneur du nom canadien
dans notre vie nationale.
L'éducation secondaire de la jeunesse Catholique et Canadien- ‘ne-française a été, jusqu'ici, l'oeuvre exclusive des collèges classi-
‘ques, sous l'autorité et la direct‘on de notre clergé séculier et ré. &ulier dont on ne saurait trop ex.
une place plus ou mo:ns grande
alter les bienfaits SOUS ce rapport.
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Depuis quelques années, il semble avoir été de mode, en certains milieux, de décrier ce système d'éducation et de lui reprocher, entre autres griefs, ses méthodes routinières et ses programmes surannés, en même temps que son ignorance ou méconnaissance des conditions créées par l'esprit moderne et le développement de notre pays. Quelques-uns des défenseurs officiels ou officieux de cet enseignement le présentent, au contraire, comme un modèle de perfection et d'efficacité.
Vous me permettrez de profiter de cette circonstance pour dire à ce sujet toute ma pensée.
Je crois que nos collèges et nos séminaires ne méritent ni cet excès d'honneur ni cet excès de blâme. A tout prendre, avec ses qualités et ses défauts, attendu que la perfection n’est pas de ce monde, notre enseignement classique—l’expérience et l'observation nous autorisent à le prétendre—d’une façon générale, va de pair avec l’enseignement secondaire à base différente ; alors qu’au point de vue strictement intellectuel ou moral, il occupe incontestablement le premier rang.
J’ajouterai, pour être absolument juste, que les directeurs de cet enseignement s'efforcent loyalement et sincèrement, dans la mesure de leurs ressources financières et avec un succès que proclament les résultats, de combler les lacunes éventuelles de leurs programmes, d'en éliminer l’inutile et le suranné, et d'acquérir pour toutes les spécialités les meilleures compétences. Cette attitude est assurément digne de tous les éloges et des meilleurs encouragements ; mais on me permettra de dire que les exigences de notre temps, les progrès rapides de la science et de l'industrie, le développement économique du pays, et, par-dessus tout, la situation particulière de l’élément français au Canada, la rendent inévitable. C'est à ce dernier point de vue que je désire exalter l'oeuvre de réforme et de progrès poursuivie dans notre enseignement secondaire.
En effet, quelles sont, à cet égard, les responsabilités de nos
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collèges et de nos séminaires ? Pour Ma part, je les trouve immenses,
On ne discute plus ‘aujourd’hui l’avenir réservé à notre jeune Pays dans le concert mondial, au cours de ce siècle, D'un commun accord, les observateurs avertis et les économistes lui attribuent le premier rang. On se demande seulement, avec des préoccupations diverses, en Prenant comme acquise l'impossibilité de fusionner toutes les races et notamment les deux éléments français et anglo- SaxOn, ce que sera, dans le Canada de demain, la part aftérente à notre race, dans le Parrimoine national,
Ce problème de sociologie, fort intéressant pour l'étranger auquel il apparaît seulement comme un sujet captivant d'étude et d’observation, devient à nos Yeux une réalité vivante, une question d’im- Portance d'autant plus vitale que nous sommes actuellement et paraissons voués à rester, selon les prévisions humaines, une minorité.
Si les minorités ont des droits imprescriptibles, elles ont surtout des devoirs ; et le nôtre, en l'occurrence, n'est-il pas de calculer, d'accroître et de fortifier nos moÿens de résistance et d’expan-
Or, devant les tenants de la civilisation Anglo-Saxonne dont le flot grossit et nous environne, où devons-nous chercher ies chances de survie et d'influence de cette lumineuse civilisation française dont nous incarnons la tradition, et dont nous voulons invinciblement, sur cette terre d'Amérique, le maintien et le rayonnement ?
Pour parler d'une: façon plus explicite et Plus formelle : si la minorité Canadienne-française doit compenser son infér'orité numérique par son intime cohésion et son attachement à ses traditions, par sa culture supérieure et l'éclat de ses succès dans toutes les sphères de l'activité naticnale, quelles doivent être les sources de cette nécessaire et &lorieuse compensation ?
En un mot, si, pour être moins nombreux, nous pouvons et nous
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devons être aussi forts, aussi armés et aussi victorieux que les autres, où trouverons-nous les meilleures armes pour ‘Ja lutte ?
N'en doutez pas, Messieurs, le salut viendra d’abord et surtout de nos foyers d'éducation classique, gardiens séculaires de la pensée catholique et française, mais à la condition que la flamme en soit entretenue avec un soin vigilant qui dénote, à la fois, un souci des responsabilités de l'heure présente et la claire vision des exigences de l'avenir.
J'entends par là que nos collèges classiques, devant la concurrence de l’enseignement secondaire à base différente, se verront de plus en plus dans la nécessité d'exercer, dans l'élaboration des programmes, un choix judicieux des matières préparatoires à l'étude des d'verses carrières anciennes et nouvelles qui appellent la jeunesse, et devront, sans faiblesse et sous peine d’être distancés, recruter le personnel enseignant parmi les plus savants, les plus laborieux et les plus dignes.
Aussi, concilier la tradition avec le progrès, prévoir et préparer l’avenir sans détruire le passé dans ce qu'il a d’éternellement jeune et fécond, tel doit être, à mon avis, le sens de l’évolution de notre enseignement classique. Le triomphe des nôtres, dans leurs joutes quotidiennes avec les autres races, ést à ce prix. C'est avec cette conviction, et avec un optimisme dont je ne pus me défendre, que j’applaudis de tout coeur aux efforts et aux sacrifices que s’imposent nombre de nos collèges et séminaires pour atteindre un maximum de perfectionnement dans leur enseignement, et pour former avoc succès, en vue des besoins des milieux et de le. variété des professions, p£s:mi nos jeunes générations avides de savoir et d’action, des élites qui porteront vaillamment, sur les terrains où s’exercent le talent et l’activité de leurs émules d’origine différente, lé drapeau de la religion et de la nationalité.
Au reste, n'est-il pas évident qu’en agissant ainsi, les détenteurs de l’enseignement classique ne se montrent pas seulement les fidèles dépositaires d’un patrimoine héréditaire qu'ils ont mission
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aussi bien d'enrichir que de remettre intact, mais encore, ils justifient d'éclatante façon l'existence d'un monopole de fait, monopole bienfaisant contre lequel bien peu réclament, et que notre peuple bénit et encorage aussi longtemps qu'il est exercé avec sagesse, clairvuyance et patriotisme, et qu’il continue d'être ce qu'il doit être : la force de résistance par excellence de la race latine sur ce continent.
D'un autre côté, je vous prie de croire que ce n'est pas une mince consolation pour tous ceux qui, à un titre ou à un autre, représentent l'idée catholique et française dans l’évolution politique et économique de notre pays, de voir et de sentir que, portée sur l'ache de notre enseignement classique, cette grande idée pourra survivre au déluge qui la menace de tous les points de l'horizon, et continuer à féconder notre vie nationale.
C’est ainsi que je suis reconnaissant envers nos collèges et nos séminaires, pour la façon éclairée et progressive dont ils comprednent et accomplissent la mission d'importance primordiale qui leur est dévolue. Voilà pourquoi aussi je m'enorgueillis tout spécialement du rang honorable qu'occupe mon Alma Mater dans cette mise au point de notre éducation classique,
Je sais, par un contact fréquent èt des relations suivies avec cette maison, qu'elle n’a attendu ni la poussée des besoins nouveaux, ni les avis du dehors pour mettre son programme et ses méthodes au diapason du progrès moderne, ainsi que pour agrandir et réformer à la fois ce qu'on pourrait appeler son âme et son corps, c'est-à-dire son enseignement et les murs qui l’abritent, dans le but de rester toujours jeune, florissante et féconde, malgré !es soixantequatre années de sa vie laborieuse et utile.
Je n'ignore pes que pour empêcher la divine parole qu'ils ont adoptée pour -devise ‘“Sinite parvulos venire ad me” d'être ici, moins qu'ailleurs, un leurre ou une déception, ses directeurs ont tenu constamment à faire bénéficier la croissance physique et in. tellectuelle de leurs élèves, des derniers perfectionnements de l'art
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