CE QUI NE DURE PAS
RENE, vingt-neuf ans.
MATHILDE, vingt ans.
A Locarno, sur les bords du lac Majeur, entre onze heures e minuit, à une vaste fenêtre en marbre d'un premier étage de grand hôtel silencieux et désert. On est aux premiers jours de mai, et ils sont accoudés l'un près de l'autre.
René. — Cette promenade que nous venons de faire sur la route était bien agréable. As-tu vu là-haut, près de l'église, comme les yeux des femmes du peuple assises sur les marches brillaient dans l'ombre quand nous sommes passés près d'elles?
Mathilde. — Oui. Elles ont des yeux magnifiques, elles nous enviaient peut-être.
René. — Elles avaient raison. Te sens-tu mieux ! Es-tu moins lasse que ce matin?
Mathilde. — Je te remercie, je suis très bien. C'est le voyage qui m'avait fatiguée un peu. Ah ! hier quand nous sommes arrivés dans l'après-midi, j'étais rompue. Mais bien heureuse tout de même. Et d'une nervosité ! Tu sais, au moment où le train s'est arrêté, tout doucement, comme s'il perdait connaissance, un peu avant la gare de Bellinzona?
René. — Oui, tu avais les larmes aux. yeux. Je t'ai demandé pourquoi.
Mathilde. — Je t'ai répondu : Rien. La vérité, c'est que j'étais émue à un point dont tu ne peux pas te faire une idée. Cela m'a saisie tout d'un coup, quand le train a ralenti sa marche, et qu'il s'est trouvé soudain immobile, au milieu de la campagne, dans un silence qui m'a pris le cœur. Le ciel était si bleu que je n'en avais jamais vu de pareil; les montagnes, comme en velours lilas, se dressaient devant moi avec leurs cascades d'argent; il y avait un petit vent parfumé qui entrait par la fenêtre du wagon, qui me glissait comme un baiser sur la figure ; j'ai pensé :
« Voilà, c'est l'Italie, je suis avec René » Et puis, les rayons de ce soleil si tiède... j*ai songé aussi malgré moi aux poitrinaires, aux malades qu'on rencontre dans le Midi avec de grandes mains, à tous ceux qui meurent, en pleine jeunesse, qui ne verront plus jamais tant de belles choses, et alors j'ai eu au coin de l'œil.. . comme une petite fille. Tu sais qu'il ne m'en faut pas beaucoup?
René. — Es-tu enfant ! Pourtant je ne te gronde pas, car j'ai éprouvé à peu près la même impression que toi. Tu n'en as rien vu. Mais précisément à cet instant dont tu parles, mui je regardais du côté opposé, où il y avait tout au loin un bataillon de soldats suisses qui bivouaquaient dans les herbes. Quelquesuns agitaient des foulards de couleur. Les fumées de leurs feux montaient toutes droites parmi les fusils en faisceaux doQt les baïonnettes étincelaient. C'était vraiment joli. J'ai détourné la tête, j'ai vu d'un regard les prairies, les montagnes, l'horizon, et je n'ai pas eu d'autre idée que celle-ci :, qu'il serait dommage de venir ici tout seul.
Mathilde. — C'est vrai.
René. — A quoi penses-tu ?
Mathilde. — A tout ce qui s'est passé depuis avant-hier : les pleurs de maman, notre départ, ces grandes montagnes du Gothard sous la neige... oh ! je le retiens, l'Anglais du sleeping I notre arrivée dans cet hôtel vide où nous ne sommes que cinq voyageurs — j'ai compté tantôt. — Il me semble que j'ai vécu un an depuis ces deux jours.
René. — Et moi cinq minutes. Comment te trouves-tu ici? N'est-on pas bien ?
Mathilde. — Oh si 1 Nous y resterons toute la semaine.
René. — Tant que tu voudras.
Mathilde. — Comme on est loin de Paris, loin de tout ! Ecoute? On n'entend rien, mais pas le plus petit bruit. C'est comme à l'infirmerie, au couvent.
René. — Rien. La nuit est magnifique.
Mathilde. — Les étoiles ont l'air d'être plus nombreuses, et plus belles. Brillent-elles, mon Dieu ! Y en a-t-il ! Oh ! comme il y en a ! Beaucoup plus qu'en France. A force de regarder, on dirait qu'elles remuent, mais si peu que cela semble plutôt une respiration.
Et puis... oh! mais on découvre un tas de choses ! Sais-tu hien qu'elles ne sont pas pareilles? Il y en a des vivantes, et d'autres froides, pointues qui ne bougent pas, comme si elles étaient mortes, et puis il y en a des roses, des bleu pâle, des vertes, j'en vois des vertes, couleur de flammes de Bengale. Est-ce beau ! Est-ce haut ! Une fois qu'on a levé la tête, on est prise, on ne peut plus s'arracher de les aimer. Quand j'étais petite je trouvais qu'elles ressemblaient à des boutons de manchette. Et dire qu'on ne saura jamais. .. René. — Jamais.
Mathilde. — Et ce silence. Crois-tu que c'est du silence ! Un silence qui vous remplit, qui vous fait songer, qui vous rappelle des choses passées. As-tu remarqué, dans des moments comme ceux-ci, le soir, quand tout est calme, doux, ténébreux, qu'on est sur une terrasse, quelque part, au bord de l'eau, ou bien sous des arbres noirs, assis, qu'on ne parle que par-ci par-là pour dire un ou deux mots, que le ciel a toutes ses étoiles et qu'on laisse aller la nuit, minute par minute... René. — Eh bien, ma petite
Mathilde. — Eh bien, c'est peut-être très bête ce que je vais te dire, mais as-tu remarqué?... on se sent plus intelligent qu'en plein jour, on a de grandes pensées vagues qui flottent, qui vont très loin, on ne mentirait pas, ah non ! on ne commettrait pas de vilaines actions. J'aime beaucoup, moi, ces instants-là, mais ils n'arrivent guère qu'en province. A Paris les occasions manquent, et puis on n'y a pas Tesprit. Tiens, encore autre chose sur les étoiles que j'ai observé... je ne t'ennuie pas?
René. — Jamais, ma chérie. Voyons, qu'astu observé ?
Mathilde. — La façon dont elles arrivent au ciel.
René. — Quelle façon ? Elles arrivent dès qu'il fait nuit.
MATmLDE. — Sans doute, la grosse malice. Mais, c'est très singulier. Elles arrivent tout d'un coup, l'une après l'autre, et jamais, tu m'entends bien ? on ne peut saisir la seconde précise où elles s'éclairent et brillent. Elles ont l'air de le faire exprès, paf, de s'allumer pendant que vous avez le dos tourné. Il n'y
en avait pas; patatras, il y en a! Jamais je n'ai pu en voir une seule poindre et s'épanouir en m'écriant : « La voilà qui vient! » Avoue que c'est agaçant.
René. — Console-toi. Peut-être qu'un jour il y en aura une un peu plus bonne enfant...
Mathilde. — Ah ! ne deviens pas moqueur. Je crois que lu me trouves ridicule et je n'ose plus rien dire.
René. — Tu sais bien que non. La main à votre ami. Là.
Mathilde. — Tu me serres fort.
René. — Comme ça... je ne te fais pas de mal?
Mathilde. — Non. Est-il merveilleux, ce lac Majeur, sous la lune! Passer la nuit dessus, dans une barque, mais rien que nous deux, sans rameur !
René. — Veux-tu?
Mathilde. — Demain. Un autre soir. Il bouge à peine. Au milieu, l'eau est bleu d'argent comme le saphir que tu m'as donné, et là-bas, au pied des montagnes, elle est noire comme de Tencre. Et ces petites lumières, à droite, à gauche, en haut, en bas, dans les
villages. Ah! que j'aime tout cela! Et toi?
René. — Moi, je n'aime que toi. Tu n'as pas frais ? Tu ne veux pas que j'aille te chercher ta petite capeline? La blanche?
Mathilde. — Non. Merci. Je suis parfaitement bien. Je suis contente que tu aies choisi cet hôtel. Le directeur est très comme il faut. Notre femme de service a Pair d'une brave femme. Elle m'a dit qu'elle avait deux enfants. Et quelles belles chambres, avec de l'espace, des placards! Sais-tu aussi que c'est tout à fait commode, ce système depersiennes qu'ils ont ici? Malgré le soleil, on est au frais. Qu'est-ce que tu penses de ce vin du pays? Moi, je le trouve délicieux. Nous pourrions peut-être en faire venir un petit fût. Oh ! oh! encore une qui vient de filer! Tu n'as pas vu? Tu n'as pas vu? Elle a traversé le ciel comme un oiseau.
René. — Ta n'as pas formé de souhait
Mathilde. — Si, curieux,
René. — Lequel?
Mathilde. — Ah ! voilà I cela ne te regarde pas. Dis-moi donc : Penses-tu que cela se voit
énormément que nous sommes des mariés de trois jours?
René. — Cela ne se voit peut-être pas, mais certainement cela se devine.
MATmLDE. — A notre air?
René. — A notre air. Pourquoi me posestu cette question?
Mathilde. — Parce que j'ai remarqué ce soir, à un certain instant, que les garçons souriaient d'an air d'esprits forts, pendant que tu m.e versais à boire. Et puis, à propos, as-tu entendu, un peu après la crème renversée, la conversation de la dame anglaise avec sa fille, cette petite de seize ans ?
René. — Non. Tu oublies que j'ai eu trois ans de suite le premier prix à Stanislas. Je ne sais donc pas un mot d'anglais.
Mathilde. — Eh bien, Tenfant dit à une minute : « Cela me démange trop, il faut que je me gratte ! » Là-dessus sa mère rougit et d'un ton révolté : « Qu'est-ce que ce mot, Annie? C'est affreux! — Mais, maman, que dois-je dire ? que peut-on dire ? — Rien, Annie; vous pouvez à l'extrême rigueur dire :
<r Je suis mordue », mais pas plus. » Qu'en penses-tu?
René. — Oui, en Angleterre, ils poussent très loin la décence.
Mathilde. — Tu m'y mèneras, un jour.
Plus tard.
René. — Je ne dis pas non. C'est toi qui parleras.
Mathilde. — Ça ne me fait pas l'effet d'être un pays pour rêver et s'aimer.
René. — Pas beaucoup.
Mathilde. — Cependant, ah! qu'il y a dans Copperfield , qu'il y a de ravissantes , d'exquises...
René. — Sans doute, sans doute, mais l'Angleterre c'est avant tout un pays pour dépenser. Il faut de la poche et de l'estomac. Peu de cœur.
Mathilde. — Oh! alors non ! ça ne doit pas valoir l'Italie ! Voilà un beau pays ! l'Italie ! Et de braves, d'excellentes gens ! Comme on sent bien, rien qu'à les entendre, qu'ils nous aiment nous, la France! les Français! les Parisiens !
René. — Il ne faudrait pas creuser. Ils nous
détestent. Je t'expliquerai cela plus tard. C'est de la politique.
Mathilde. — Oui, j'ai entendu bien souvent ce pauvre père, parler politique à la maison. Il tâchait de faire comprendre à maman. Je me rappelle même une phrase qu'il avait pris l'habitude de répéter : Le terrain est brûlant !
René. — Eh bien, pour ici, je te dirai comme ton père : Le terrain est brûlant !
Mathilde. — Tant pis ! Ils ont tout de même une jolie langue, si musicale, si caressante ; on croirait qu'ils se baignent dedans quand ils la parlent. Rien qu'à l'œil les mots écrits sont sonores, et doux : Addio ! Bacci perditi ! J'adore.
René. — Mais tu prononces très bien.' Tu as l'accent !
Mathilde. — Sans rire, lu trouves ? Dès que nous serons de retour à Paris, j'achète une petite grammaire et je l'apprends. C'est très facile. Jeanne Périssac a appris ainsi l'espagnol, toute seule. Elle avait acheté une petite grammaire, elle me l'a montrée : Le nouveau Sobrino. Tiens, sais-tu comment se dit
cache-nez en espagnol ? Tapa-boca. J'ai retenu. Je parle trop. Tu me trouves trop bavarde?
René. — Va donc. Va donc, mon chéri. Dis tout ce qui te passe par la tête. Si tu savais au contraire comme j'aime t'entendre jaser ! Mais vraiment tu ne sens pas la fraîcheur? Tu ne veux pas rentrer ?
Mathilde. — Oh non î Nous avons bien le temps. Et puis on est si bien ici ! Moi je ne me lasserais pas d'y rester des heures, avec toi.
René. — Chère petite!
Mathilde. ~ Je vais te poser une question.
René. — Pose.
Mathilde. — Toi qui les a tous lus, est-ce qu'il y a des romans où on ait absolument rendu cela?
René. — Quoi cela, mon petit?
Mathilde. — Cela. Ce qui nous arrive. Un mari et une femme, jeunes, qui s'aiment et qui sont libres, seuls, une nuit de printemps, au-dessus d'un lac, sous les étoiles, et qui sont très heureux d'être heureux.
René. — Sans doute, oui, cela a été fait. Je crois bien que cela a dû être fait.
Mathilde. — Dans un livre. Dans quel livre? Comment s'appelle-t-il ?
René. — Mais...
Mathilde. — Tu me le donneras à lire.
Depuis que je suis ta femme, je sens tellement que j'aimerai lire des romans qui me feront encore penser à toi, même s'il ne s'agit pas de toi. Tu veux bien? Cela ne te contrarie pas? Je te parais peut-être un petit cheval échappé. Mais je n'ai pas été élevée gaiement. Tu ne sauras pas à quel point j'ai été bien élevée. Jamais les journaux. Quelquefois le Soleil, cependant. Jamais un mot devant moi. Les crimes même, quand on les racontait, je sentais très bien qu'on les dérangeait. Enûn, je suis une pauvre fillette ignorante. Je n'ai rien vu, rien lu. A présent, il me trotte je ne sais quoi de romanesque par l'esprit. Ah ! que cela doit être amusant, les beaux romans !
René. — Mais oui, ma mignonne, tu en liras, je te le promets. Pourtant, ce n'est pas ce que tu crois, va. Si tu fimagines que tu y trouveras ce que tu cherches, tu te trompes. Aujourd'hui, il n'y a rien de moins romanesque qu'un roman. J'ai l'air de te parler
comme si j'avais cinquante ans ; mais la plupart des écrivains actuels ignorent complètement qu'il y a des êtres qui en ont vingt-cinq. Ils ne croient à rien et ils ne vous font croire à rien, même pas à eux. S'ils nous entendaient parler ce soir, ils se moqueraient bien de nous, va I
Mathilde. — Pourquoi? Nous ne sommes pourtant pas ridicules? Cela ne peut pas être risible de se parler à cœur ouvert, comme nous le faisons, en nous tenant la main. Continue, j'aime t'entendre. Dès que tu t'apprêtes à m'expliquer quelque chose, je suis sûre à l'avance que tu vas avoir raison. Et puis je veux l'obéir toujours. Tu sais bien que tu feras de ta petite tout ce que tu voudras. Mon vrai, mon seul roman, c'est toi. Je te Tai dit quand tu as commencé à venir à la maison régulièrement, pour me faire ta cour, et qu'on nous laissait seuls après le dîner, sur le petit canapé à lyre, dans le coin. Te souviens-tu?
René. — Parle. Va.
Mathilde. — Et le soir où tu m'as apporté ma bague.,, tout le monde voulait l'admirera la fois. C'était un jeudi. Il avait plu à torrents.
René. — Ta sœur Suzanne poussait des ciis de joie; pas moyen de la coucher!
Mathilde. — J'entends le mot de papa qui avait mis son pince-nez : « Des folies ! des pures folies ! » Quand tu as été parti, je Tai mise, ôtée et remise plus de cent fois, et comme je me suis endormie heureuse ! en la serrant, ma main fermée sous le drap, contre mon cœur. Dans mon sommeil, je la touchais, je la sentais : « Elle est là, c'est lui qui l'a choisie ! Elle vient de chez Boucheron. » Voilà des événements qui restent dans la vie. (Elle regarde sa bague.) Le fait est qu'elle est hien belle. [Elle lui met la main sur la bouche.) Tiens, emhrasse-la, tu sais, comme à Monseigneur, au dîner du contrat ? Tu ne dis rien?
René. — Je ne dis rien, je t'écoute, je t'écoute et je t'aime. Tu es la plus gentille, la plus... Depuis que je te connais, je ne te vois pas un défaut, si léger soit-il. Tu n'en as qu'un : celui de trop m'aimer, car je doute que je te vaille. Enfin je tâcherai. Laisse-moi tenir ta main, cette main qui a écrit tant de fois mon nom sur tes carnets de danse. Ah ! que je t'ai aimée, mon amour, tout le temps
que je n'osais pas te le dire! Que de fois, en valsant, j'ai cru que j'allais te saisir dans mes bras, les refermer sur toi, et Remporter à travers les salons dans tes rubans de bal !
Mathilde. — Tu as bien fait de réagir, il n'en aurait pas fallu davantage pour qu'ensuite papa ne voulût pas de toi.
René. — Et que tu étais belle quand tu dansais! Et tu Tes toujours, même quand tu ne danses pas.
Mathilde. — S'il y avait seulement ici deux violons, ah! quel trois-temps au clair de lune sur cette terrasse î Tu valses bien avec moi. Nous allons à ravir ensemble.
René. — Un soir où je t'ai encore plus aimée que les autres soirs, s'il est possible, c'est dans une petite toilette de tulle mauve très clair, avec une ceinture bouton d'or, et un ruban mauve à ton cou. Ma jolie petite, que tu avais donc l'air tourterelle! Je me serais mis à genoux devant toi. Ah ! la ravissante, la délicieuse robe! Qu'elle fallait bien! Comme les plis légers tombaient gentiment, noblement, ainsi que des plis Louis XVI, jusqu'à tes mules de satin mauve au bord desquelles
luisait ton bas! Qu'en as-tu fait de la toilette mauve? Qu'est-elle devenue? J'aurais voulu, j'aurais bien voulu te revoir avec elle!
Mathilde. — Je... je l'ai apportée.
René. — Tu l'as apportée? Ici! Pourquoi?
Mathilde. — J'avais bien remarqué qu'elle te plaisait.
René. — Oh ! la fameuse et gentille idée que tu as eue là! Que je t'embrasse!
Mathilde. — Prends garde. Si on nous oit...
René. — Qui ça? Les bonnes étoiles ? Elles ne diront rien, elles en voient bien d'autres. Je t'embrasse pour moi. Je t'embrasse pour la robe mauve. Je t'embrasse pour l'Italie. Laisse-moi t'embrasser, ma douce. Et puis tu as la peau toute glacée. Rentrons. Il est très tard. Je ne veux pas que tu prennes froid.
Mathilde. — C'est si beau. Encore une minute. [Elle envoie un baiser aux étoiles.) A demain, mes belles chéries !
René. — A demain. Regarde-moi bien.
Crois-tu que je t'aime? Le crois-tu?
Mathilde. — J'en suis sûre. Et ce sera toujours ainsi?
René. — Toujours. Longtemps.
Mathilde. — N'ajoute pas longtemps. Toujours.
René. — Toujours. Tu ne bouges pas? Mathilde, qu'as- tu?
Mathilde. — Rien. C'est en dedans. Je faisais ma prière.
René. — Tu m'as effrayé. Moi je rentre. Quand tu...
Mathilde. — Maintenant c'est fini. Me voilà !