GLORIA IN EXCELSIS
—‘" Where have vou come from, Mabel mine, While the sta: still shi’e, the stars still shine, With a happv dream in those eves of thine, Early, this Christmas morning ?
—"* J've just come back from Slumber-land ; l've come from the night in Slumber-land ; l've come from the stars in Slumber-land ; l've come from the music in Slumber-land ;
à irlv, this Christmas morning,
-—‘" What did you see there in the night, Mabel mine, Mabel mine ? ’
—‘*" I saw a stable and star-lamp's light, Early, this Christmas morning.
‘“ I saw a stable in Slumber-land, And a little Babe with a snow-white hand, A..d ‘round the Babe the dumb beasts stand, Early, this Christmas morning.'*
—‘* What did you hear in Slumber-land, Mabel mine, Mabel mine ?
—** Music, mother, a song divine, Early, this Christmas morning."
—"{ What was the song that the voices sung When over the stable the low stars hung ? ‘’ —‘* I can almost hear it still in the sky, Listen, listen, —the strain draws nigh !
‘* Glory in the highest ! Glory ! ”
—‘* What else did you see in Slumber-land, Mabel mine, Mabel mine ? ?”
—‘* I saw the shepherds listening stand, Early, this Christmas morning.
—* What said the shepherds there on the plain ? ‘’
—‘{ They touched their reeds and answered the strain :
‘* Glory in the highest ! Glory ! ”
When the Angels ceased, the shepherds sung :
‘ Glory in the highest ! Glory ! ”
And the Earth and Sky with the anthem rung :
‘* Glory in the highest ! Glory ! ”’
—"* O Mabel, Mabel, your dream was sweet, And sweet to my soul is your story :
Like the shepherds'’ reeds, let our lips repeat : ‘ Glory in the highest ! Glory ! ”’
el
ON
A l'instar de la chanson bachique, la chanson populaire a pris une revanche éclatante sur le noël religieux à qui l’a proscrite et détrônée. J'en tiens la preuve irré- “| cusable dans l’existence d’un royal document historique. On connaît universellement, dans le monde des lettres, la célèbre romance qu'Henri IV, le monarque-troubadour, composa en l'honneur de sa favorite, Gabrielle D’Estrées.
(x) Mais on ignore, généralement aussi, que l'air de cette chanson, maintenant immortelle, est la musique même d’un pieux noël du seizième siècle, composé par François- Eustache du Caurroy, sieur de Saint-Frémin. Originaire d’une famille noble et ancienne, Du Caurroy entra dans les ordres, devint chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris et fut successivement maître de musique de la chapelle des rois Charles IX, Henri III et Henri IV. La place de surintendant de la musique du roi fut créée pour lui en 1599. Il jouit. de son temps, comme compositeur,
d’une grande réputation ; au point qu'on l'avait surnom-
train : ; re
mé /e prince des musiciens. Il] mourut le 7 août 1609, œ : et fut inhumé dans l’église des Grands-Augustins où on
lui érigea un tombeau dont l’épitaphe fut composée par | 5: le cardinal Du Perron, son protecteur. On connaît de fe
ce musicien: Æfissa pro defunctis, une messe à cinq | voix, qui fut, pendant longtemps, la seule que l’on chan- | tât à Saint-Denis aux obsèques des rois de France. Elle
L: n’a jamais été publiée, mais elle existe, en manuscrit, à la Bibliothèque Nationale de Paris. Ses autres œuvres publiées sont : — Precum ecclesiasticarum libri X1, Paris, | 1608 ;—Preces ecclesiastice ad numeros musices reducte,
(1) Elle inspira une telle passion à Henri IV qu'elle faillit devenir reine de France. Un crime prévint ce scandale. Elle (à mourut empoisonnée, le samedi saint, 10 avril 1599, à l'âge de } 28 ans. Elle a laissé dans l’histoire une réputation de grande beauté.
liber Z, à cinq voix, Paris, 1609 ;— Mélanges de musique, contenant des chansons, des psaumes ct des noëls, Paris, 1610 ; (c’est dans cet ouvrage que se trouve la mélodie du noël qui nous occupe) enfin des antaisties à trois, quatre, cinq et six parties; Paris, 1610. (1)
Grétry, dans ses Æssars sur la Musique, a, plus que tout autre, contribué à propager l'erreur, généralement répandue, qui désigne Henri IV comme l’auteur de l’air touchant sur lequel il adopta les paroles de sa romance, toute remplie de grâce et de sentiment. Comme il ne faut pas donner à César ce qui n'appartient pas à César, il est juste de restituer cette mélodie à son véritable père, à Du Caurroy qui la composa spécialement pour la poésie d’un pieux noël de son époque, cantique que la profane mais Charmante Gabrielle fit aisément oublier.
L'abbé Pellegrin ne voulut pas croire au triomphe définitif de la chanson populaire d'Henri IV sur le noël religieux de Du Caurroy. Avec une audace et un courage qui lui font le plus grand honneur, il voulut recommencer la bataille, reprendre sur l’éternel ennemi, —le monde et ses mille artifices, —le terrain perdu par l'Eglise, venger la mort du noël ancien par la résurrection d’un noël nouveau écrit sur la musique de Du Caurroy et dont la ferveur ascétique l’emportât sur l’ardeur passionnée de la romance. Il rêva de composer une prière, idéale de candeur, très humble, très douce, très sereine, qui dominât, de toute la hauteur d’une âme éprise de Dieu seul, les joies charnelles et les désirs orgueilleux de l’amoureuse ballade, un cantique enfin supérieur à sa rivale par la noblesse et la distinction des pensées, la délicatesse exquise des sentiments, le bonheur même de l’expression poétique égal à celui de la phrase musicale dans la mélodie tricentenaire.
Donc le vaillant abbé Pellegrin entra en lice contre le chevaleresque Henri IV. Ce remarquable tournoi litté-
(1) Cf: Vouvelle Biographie Générale, tome 9, pages 256 et 257. Firmin Didot Frères, éditeurs, Paris, 1854.
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raire compta sept passes d'armes, c’est-à-dire sept strophes, fort intéressantes à comparer. Les voici :
NOËL DE PELLEGRIN
Bel Astre que j'adore, Soleil, qui luis pour moi.
C'est Toi seul que j ’implore, Je veux n'aimer que Toi ;
REFRAIN
C'est ma plus chère envie Dans ce beau jour,
Où je ne dois la vie
Qu'à lon amour.
Du fond de cette crèche Où Tu te laisses voir, Ton amour ne me prêche Qu'un si tendre devoir ;
C'est pour sauver mon âme Que Tu descends des cieux ; De ta divine flamme.
Que je brûle en ces lieux !
Du monde qui me presse Je ne suis plus charmé,
Je veux t’ aimer sans cesse Comme Tu m'as aimé ;
Je m'attache à Te suivre, Toi seul peux m' ‘attendrir.
Pour Toi seul je veux vivre, Pour Toi je veux mourir;
lon nom de ma mémoire Ne sortira jamais,
Je chanterai ta gloire
Et tes divins bienfaits ;
Sorti de l'esclavage
Où j'ai longtemps été,
Je Te veux, en hommage, Offrir ma liberté.